Hervé, c’est le genre de gars qu’on ne peut pas manquer. Avec son blouson de cuir noir, ses lunettes de soleil vissées sur le nez, sa moto pétaradante et son éternel sourire en coin, il dégage cette énergie brute propre aux passionnés qui vivent à fond ce qu’ils aiment. Biker dans l’âme, fan de musique, organisateur d’événements et éternel touche-à-tout, Hervé est un personnage à part, de ceux qui transforment leurs passions en moments de partage.
Installé en l’Ariège, il est le cerveau et le moteur du Metal Fest 09, un festival qu’il organise avec son équipe pour la troisième année consécutive à Saverdun. Un rendez-vous devenu incontournable pour les amateurs de décibels et de bonne humeur, où se croisent groupes locaux, têtes d’affiche et toute une communauté de fans de metal venus célébrer l’esprit du rock dans ce qu’il a de plus authentique. Mais Hervé ne s’arrête pas là : il est aussi à l’origine du Motor Show, un grand rassemblement de voitures et de motos qui anime régulièrement Saverdun. Deux événements, une même philosophie : la passion, le partage et le plaisir de faire vibrer les gens.
C’est autour de quelques bières, attablés dans un petit rade de Calmont, une minuscule bourgade de Haute-Garonne, tout près de l’Ariège, que nous avons taillé une bavette avec ce personnage haut en couleur et ô combien truculent, pour parler musique, cambouis et esprit rock’n’roll.
« L’idée est née au cours d’une soirée bien arrosée entre potes. Nous parlions de musique, de concerts, et nous nous sommes dit : ‘Pourquoi on ne ferait pas notre propre festival ?’ De cette soirée est né le Metal Fest 09. »
Radio Metal : Comment est né le festival Metal Fest 09 ?
Hervé : Alors, à la base, tout est parti du Motor Show. Nous organisons cet événement depuis huit ans maintenant. C’est un grand rassemblement autour de la moto, de la voiture et de la musique. Comme nous sommes tous passionnés de son, nous avons eu envie d’aller plus loin, de créer un vrai festival dédié au metal. En fait, l’idée est née au cours d’une soirée bien arrosée entre potes. Nous parlions de musique, de concerts, et nous nous sommes dit : « Pourquoi on ne ferait pas notre propre festival ? ». De cette soirée est né le Metal Fest 09. Cette année, nous en sommes déjà à la troisième édition, en novembre.
Le Metal Fest 09, c’est la même équipe que le Motor Show ?
Exactement. C’est quasi la même équipe, la même association. Nous sommes restés dans le même esprit. Je suis président de l’asso et à l’initiative du projet. Je coordonne un peu tout, mais nous restons une équipe très soudée, chacun apporte sa pierre à l’édifice.
La première édition du Metal Fest 09 était un test, en quelque sorte ?
Oui, exactement. Nous avons commencé avec pas mal de groupes locaux, histoire de voir comment le public réagissait, de prendre la température. Nous avons la chance d’avoir une belle salle à Saverdun, la salle de La Laure — un ancien Bricomarché — où on peut accueillir environ neuf cents personnes.
Comment est l’acoustique dans cette salle ?
Elle n’est pas parfaite, mais elle reste correcte. La mairie est propriétaire de la salle. Elle a fait quelques aménagements à l’intérieur et nous avons trouvé pour cette année une bonne sono. Nous avons changé d’ingé son — c’est une première — mais nous gardons pratiquement le même matériel et le même ingé lumière que l’an dernier, parce qu’il faisait un super boulot.
Tu es président de l’asso, mais comment se répartit le travail au sein de l’équipe ?
Je m’occupe de la partie générale, de l’organisation, de la gestion globale. A côté, j’ai Guillaume — le chanteur de Worselder — qui m’épaule et chapeaute toute la partie technique. Il est musicien, pas moi, donc il gère tout ce qui concerne la scène, la logistique, le son, le matos, etc. Nous sommes une équipe dans laquelle nous avons tous la patate et ça se passe vraiment très bien. L’année dernière, nous avons décidé que l’ours des Pyrénées serait notre emblème. Cette année, c’est la troisième édition, mais la deuxième année avec l’ours. La première année, c’était un visage avec un cerf, un clin d’œil aux montagnes. Guillaume se charge de la partie graphique. Je trouve ça super, parce que ça donne une identité au festival et nous nous y tenons.
Pour la programmation, c’est toi qui choisis les groupes ?
C’est un travail à plusieurs. Nous nous en chargeons tous les deux avec le bureau de l’asso. Nous sommes cinq à décider, donc nous faisons à la majorité. Nous essayons toujours de mélanger les styles pour ne pas avoir trop de similitudes dans le son. Quand ça bloque, je n’aime pas trop trancher. Je préfère la discussion. Je peux relancer une heure de débat pour convaincre quelqu’un de mon point de vue, plutôt que de simplement trancher. En général, ça se passe souvent autour d’un verre, ou deux… ou trois ! [Rires] Nous sommes tous ouverts et de la même génération, donc ça aide. Bon, moi je suis le plus vieux… mais il ne faut pas le dire ! [Rires] Cependant, la programmation est un boulot énorme. Nous avons beaucoup de sollicitations. Pour cette année, j’ai dû envoyer environ trois cent quarante mails de refus ! C’est fou ! Nous recevons des demandes de partout. Certaines passent par des managements ou des boîtes de prod, d’autres directement par les groupes — de plus en plus. D’ailleurs, j’ai des groupes qui me contactent eux-mêmes. Depuis que nous avons commencé à faire venir des groupes internationaux, comme Killus l’année dernière, le bouche-à-oreille a bien fonctionné : le mot est passé et maintenant nous recevons des demandes d’Autriche, d’Italie, de Suède, de Norvège, d’Allemagne, du Danemark… c’est impressionnant !
Comment se fait le choix de la programmation parmi toutes ces sollicitations ?
Ce n’est jamais simple, parce que nous recevons beaucoup de propositions, mais cette année, nous avons eu un super coup de chance avec Troops Of Doom, le groupe de Jairo « Tormentor » Guedez, le premier guitariste de Sepultura à l’époque de Bestial Devastation et Morbid Visions. Nous venons juste d’avoir la confirmation de leur venue ! Ils font leur tournée européenne avec trente-six dates, dont seulement deux en France… et nous en faisons partie ! Franchement, c’est le top. C’est un beau coup de chance. Juste après, nous avons eu Drakkar, grâce au même booker. Nous cherchions un groupe de heavy metal et il m’a proposé Drakkar. C’est un groupe belge, hyper rodé : ça fait plus de quarante ans qu’ils tournent ! Je crois qu’il ne reste plus que le batteur ou le chanteur d’origine, mais le groupe existe toujours. C’est énorme ! A côté, nous avons aussi des formations plus jeunes, comme Sujin. L’année dernière, nous avions eu leur batteur du groupe sur un autre projet, Darken, et cette fois, nous avons pris le groupe complet. C’est une formation toute récente, super dynamique, avec un son bien à eux. Nous avons aussi Persefone – un autre nom connu et reconnu. Nous nous sommes positionnés sur eux parce qu’ils n’avaient pas trop d’actualité en ce moment et ça correspond bien à l’esprit du festival. L’objectif du Metal Fest 09 est justement d’éviter les groupes qu’on voit partout, sur tous les festoches tout au long de l’année. Nous voulons proposer autre chose, des noms qu’on n’a pas forcément l’occasion de voir dans le coin.
Dans la programmation, il t’arrive de faire des découvertes ?
Oui, carrément. Nous avons fait une très belle découverte cette année : un groupe ariégeois qui s’appelle Chaotic Circus. C’est normal si vous ne connaissez pas : le Metal Fest 09 sera leur première vraie scène ! [Rires] Franchement, j’ai craqué en les écoutant. Ça sonne super bien, il y a une vraie énergie. Quand je leur ai annoncé qu’ils ouvriraient le festival, ils étaient flippés complet, mais maintenant, ils sont à fond ! Nous avons aussi Blind Wisdom. Ils ont joué cette année au Pyrenean Warrior Open Air et nous connaissons déjà un des musiciens : il était bénévole chez nous l’année dernière. Nous nous entendons super bien avec lui, donc c’est un vrai plaisir de les avoir sur scène bientôt, et puis, honnêtement, ils envoient du lourd. Il y a une vraie énergie sur scène, ça va bien déchirer !
« L’objectif du Metal Fest 09 est d’éviter les groupes qu’on voit partout, sur tous les festoches tout au long de l’année. Nous voulons proposer autre chose, des noms qu’on n’a pas forcément l’occasion de voir. »
En ce qui concerne le style de la programmation, il y a une volonté de garder une certaine ouverture ?
Oui, toujours. Par exemple, nous avons Th3ory, un groupe de nu metal que j’aime beaucoup. C’est un peu mon petit côté punk qui ressort [rires]. J’ai la soixantaine, donc j’ai connu les bonnes années du punk rock, et ça me parle forcément. Th3ory est un groupe qui ne fait pas qu’envoyer du son : ils ont une présence physique sur scène, une vraie attitude. Un peu comme Killus, que nous avions fait jouer l’année dernière — dans la même mouvance, très visuelle, très brute. Ca, nous voulons le garder dans l’identité du festival : chaque année, essayer d’avoir des groupes avec une vraie personnalité scénique, pas juste de bons musiciens. Après, bien sûr, je choisis les groupes qui me plaisent, mais pas uniquement. Même des groupes qui ne sont pas ma came peuvent m’impressionner. L’année dernière, par exemple, Nihilism n’est pas du tout mon style, mais j’ai pris une grosse claque.
Comment gérez-vous l’équilibre entre les groupes peu connus, comme Chaotic Circus, et ceux plus établis comme Troops Of Doom ?
J’ai bossé longtemps dans la restauration, j’ai rencontré beaucoup de musiciens, des gens connus… Je suis plutôt dans cette philosophie : peu importe le niveau, peu importe la notoriété. Par exemple, Chaotic Circus, pour leur première grande scène, se retrouve sur la même soirée que Troops Of Doom. Je leur dis : « Calmez-vous les gars, ce sont juste des musiciens, comme vous ! » Pour moi, c’est ça le festival : un mélange d’expérience et de découvertes, où l’on respecte tous les artistes et où chaque groupe peut briller, peu importe sa notoriété. Pour l’hébergement, nous logeons tout le monde dans le même gîte, environ trente personnes. Ils ont leur espace et nous les laissons se gérer. Il y a une cuisine pour le matin : nous amenons juste le pain frais et ils se débrouillent pour le reste. Ça crée des liens fédérateurs entre les groupes. L’année dernière, nous avons proposé un cassoulet aux Grecs de Misty Route, et voir leur tête… ils y sont revenus deux fois. Là, tu te dis : « J’ai gagné mon pari ! » Les groupes s’éclatent, et ça, c’est énorme.
Tu travailles sur le festival tout au long de l’année ou seulement à certains moments ?
Tout au long de l’année. C’est un énorme travail, vraiment. Même si nous en sommes à la troisième année et que nous commençons à être un peu rodés, il y a toujours beaucoup de choses à caler. Pour te donner un ordre d’idée, par exemple avec Persefone, ça a été trois mois de négociations avec le booker et le groupe. Au lieu de passer directement par le groupe, nous avons été obligés de passer par le booker cette fois. C’est lui qui négocie les conditions, le cachet, l’accueil, etc. Bref, ça prend du temps, mais c’est nécessaire.
Au niveau de l’équipe et des bénévoles, comment ça se passe ? Qui fait quoi sur le festival ?
Nous allons repartir un peu sur nos fondamentaux. L’année dernière, nous avions essayé un autre fonctionnement, mais nous avons vu que ce n’était pas terrible. Cette année, nous reprenons un schéma simple : une partie de l’équipe est derrière le bar, moi je suis partout — je ne peux pas être cantonné à un poste — et Guillaume me seconde derrière la scène. Il s’occupera aussi des changements de plateau et de tout ce qui touche à la logistique scénique. Après, nous laissons aussi un peu de liberté aux musiciens, nous ne nous prenons pas trop la tête, parce que la vie est déjà assez compliquée comme ça. Nous nous donnons donc environ trente minutes de changement de plateau, ce qui est largement suffisant pour gérer le timing et faire en sorte que tout se passe bien. Nous sommes une petite équipe mais ça fonctionne bien entre nous, et ça facilite vraiment les choses. Au niveau des prestataires, nous avons Buddy Drum Shop à Portet-sur-Garonne, près de Toulouse, qui nous fournit une batterie complète pour tout le festival. Pour certains groupes, comme Persefone qui joue sur sa propre batterie, il faudra parfois déménager la batterie, mais ce n’est pas un problème. L’année dernière, nous avons eu le même genre de situation avec un autre groupe, donc ça roule. Ensuite, il y a nos compagnes et amis qui viennent aider, en plus de nos bénévoles. Pour la sécurité, nous devons évidemment passer par un SSIAP, etc. De toute façon, nous sommes un peu rodés sur ce genre de gros événement. J’ai déjà fait la sécurité sur pas mal de festivals, comme le Freewheels vers Clermont-Ferrand, organisé par les Hells Angels, avec des milliers de motos. J’ai aussi eu l’occasion de faire la sécu pour Motörhead, avant le décès de Lemmy.
Tu arrives à gérer le Motor Show et le Metal Fest en même temps ?!
Oui. Le Motor Show, ça roule quasi tout seul maintenant. Après huit ans, ça se gère sans problème. C’est toujours dans la même veine, donc ça facilite beaucoup l’organisation. Les gens viennent, posent leurs véhicules, et partagent un bon moment sans prise de tête. Au Metal Fest 09, c’est exactement le même esprit : partage et convivialité. C’est pour ça que nous faisons très attention à la programmation. Nous voulons éviter de tomber dans le travers de beaucoup de festivals où l’on retrouve toujours les mêmes groupes un peu partout. Nous voulons aussi garder l’identité metal du festival. Il y a beaucoup de demandes de groupes punk ou rock, mais pour nous, le punk, ce n’est pas la même chose que le metal. Je respecte tous ces groupes, mais nous souhaitons préserver l’étiquette metal. Parce que malheureusement, ça se perd parfois. Il n’y a qu’à voir certains gros festivals comme le Hellfest : le départ était bien, mais la ligne artistique s’est un peu diluée au fil des années.
C’est quoi l’ambition du festival ? C’est de grandir ou de rester à taille humaine ?
Rester à taille humaine, clairement ! C’est beaucoup plus convivial. Tant que nous pourrons trouver des groupes intéressants et proposer un prix d’entrée correct, nous resterons sur ce format. Actuellement, nous sommes au prix maxi pour nous : quarante euros le pass sur deux jours. J’ai fait pas mal de festivals dans ma vie et quand je vois le Hellfest, par exemple, avec cent quarante groupes sur quatre ou cinq jours, c’est trop. Tu ne peux pas voir tout ce que tu veux, ça coûte ultra cher, sans compter le logement, la bouffe, les boissons et le merch. En plus, tu passes ton temps à courir entre les scènes pour voir les groupes. Je préfère un festival plus humain, plus intime, où tu peux profiter pleinement de chaque groupe.
Tu habites Le Vernet, une petite bourgade d’Ariège, pourquoi avoir choisi d’organiser à Saverdun, à quelques kilomètres de chez toi ?
Parce qu’il y avait à Saverdun la salle qui correspondait exactement à ce que nous cherchions. Il y a aussi un gîte pour accueillir les groupes, en bordure de Saverdun, en rase campagne. La salle dispose aussi d’un immense parking, où les gens peuvent venir tranquillement. Tout est pensé pour que le festival reste convivial et accessible. En plus, la salle est située dans une zone semi-industrielle, donc on peut faire du bruit sans déranger personne, c’est plutôt cool. Elle est proche des axes principaux de la Nationale 20, de la sortie d’autoroute de Mazères et pas trop loin de Toulouse. Nous recevons en plus le soutien de la mairie de Saverdun qui nous prête beaucoup de matériel gratuitement, ce qui est vraiment précieux. Pour le reste, nous nous autofinançons via l’association. Par exemple, l’année dernière, nous avons sorti les cachets des groupes de notre poche !
« Pour moi, c’est ça le festival : un mélange d’expérience et de découvertes, où l’on respecte tous les artistes et où chaque groupe peut briller, peu importe sa notoriété. »
Cette année, tu sens un réel engouement autour du festival ?
Oui, carrément. Nous avons lancé l’affiche en avril et, déjà, les réactions étaient bien positives. Les préventes sont ouvertes sur HelloAsso, mais comme chaque année, ça démarre doucement, ça se réveille progressivement et c’est la folie en général à quelques jours du festival.
Vous avez changé votre système de préventes cette année ?
Oui, nous avons fait un petit ajustement. Nous avons mis en prévente uniquement les pass deux jours, parce que l’an dernier, nous avons vendu très peu de places pour les soirées individuelles. Nous gardons donc des places au guichet pour tous ceux qui viennent seulement pour une soirée. L’année dernière, par exemple, nous avons eu cent vingt entrées sur place, ce qui était pas mal et inattendu.
Côté capacité, vous êtes sur combien de spectateurs ?
Nous avons environ neuf cents places à l’intérieur. Sur les deux éditions précédentes, nous avons tourné entre trois cent vingt et trois cent cinquante personnes. Cette année, avec les groupes que nous avons programmés, nous aimerions faire au moins une centaine de spectateurs supplémentaire. Franchement, il y a moyen, ça va être super !
Comment se positionne le Metal Fest 09 par rapport aux festivals déjà implantés en Ariège ?
Nous nous entendons super bien avec les autres. Par exemple, en ce qui concerne Les Voix Sonneuses Sud de France, je connais Fred Coux, nous nous entendons bien et tout se passe très bien entre nous. Nous partageons chacun nos expériences et nos astuces. Au début, pour mon premier festival, j’ai eu besoin de quelques conseils techniques et Fred m’a donné quelques ficelles, avec un super esprit. Il m’a aussi expliqué qu’il ne voulait pas agrandir les Voix Sonneuses pour rester à une taille humaine, et c’est exactement la même idée pour le Metal Fest. Nous sommes sur la même longueur d’onde : nous savons ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas. Pour cette édition, on verra comment ça se passe, mais je pense qu’il y a moyen de faire un beau week-end, avec des groupes intéressants et une programmation assez diversifiée.
Au niveau des spectateurs, vous avez des demandes particulières sur des styles musicaux, des groupes ?
Oui, on me contacte beaucoup et on me demande pas mal de faire jouer des groupes de thrash. C’est vrai que nous n’en n’avons pas eu dans nos programmations, parce que c’est assez particulier. C’est un revival qui marche, mais souvent on retrouve les mêmes groupes comme Municipal Waste, par exemple. C’est assez ciblé. Nous voulons rester éclectiques dans le metal. C’était un peu notre idée de départ : ne pas se fermer, rester ouverts à différents styles. Pour le moment, nous n’avons pas eu de thrash ou de black metal en trois ans, mais pourquoi pas pour 2026 ? Même si ce n’est pas trop ma came, il y a une demande, et ça fait partie de ce que nous voulons proposer. Il y a d’ailleurs un groupe italien de black metal qui nous a contactés et qui mérite d’être vu. Nous ne nous fermons jamais aux propositions et c’est ça qui est bien : même si ce n’est pas mon style, si le groupe apporte quelque chose, nous le programmons.
Vous avez déjà dû refuser des groupes intéressants ?
Oui, mais ce n’est jamais dramatique. Par exemple, il y a un groupe de Toulouse que nous voulions absolument faire jouer cette année. Il était prêt à faire un effort financier, mais le booker, lui, ne voulait pas. Nous nous sommes dit : pas grave, peut-être une autre année. Nous ne fermons jamais la porte, nous ne nous fâchons pas. Si on ne tombe pas d’accord, c’est juste un report potentiel.
Comment fais-tu vivre un festival metal dans un milieu rural comme l’Ariège, même si Saverdun est une ville assez grande pour ça ?
Oui, Saverdun fait environ neuf mille habitants, donc ce n’est pas Toulouse, mais ce n’est pas non plus tout petit. C’était un pari au départ : nous avons regardé ce qui existait autour… et il n’y avait rien. Entre Toulouse et Perpignan, il y a des soirées et des concerts ici et là, mais pas de petits festivals comme le nôtre. Perpignan a un festival, le Pyrenean Warrior Open Air, mais axé sur le heavy des années 80, et Montpellier a un festival similaire à notre taille, le Just’N’Fest où je vais me rendre pour rencontrer les organisateurs et échanger avec eux. Donc notre position est stratégique : Saverdun est à quatre-vingts kilomètres de Toulouse, quarante de Carcassonne, ce qui permet d’attirer des gens de la région, même si ce n’est pas un bassin urbain énorme.
Le public des deux premières éditions était plutôt local ?
Oui, beaucoup de spectateurs venaient des environs : Toulouse, Carcassonne, Perpignan… Nous avons réussi à attirer un public régional, ce qui est parfait pour un festival de notre taille. Nous avons même eu l’année dernière des Parisiens, des Bordelais, des Lyonnais… J’ai discuté avec eux et j’étais sur le cul de voir que notre petit festival pouvait attirer des gens d’aussi loin. Cette année, avec Troops Of Doom qui joue seulement deux dates en France, ça risque de faire bouger du monde car l’aura Sepultura, ça attire du monde aussi. C’est un peu le but : faire connaître notre petit festival.
Quels sont les autres attraits du Metal Fest 09 pour le public ?
Nous faisons en sorte de faire attention à plein de choses que tu ne retrouves pas forcément dans tous les festivals. Par exemple, nos tarifs sont assez bas et les boissons sont à trois euros, alors que souvent c’est plutôt quatre euros. Nous soignons vraiment l’accueil, et ça paye : les gens viennent et sont contents. Nous cherchons à aller un peu plus loin pour la qualité : la bière est artisanale et vient des Alpes. Nous voulons proposer des produits de qualité à prix raisonnable, que ce soient les boissons ou la nourriture. Pour les foodtrucks, je veille à la diversité et au goût. Je suis un ancien cuisinier, donc ils ne peuvent pas me mettre à l’envers ! [Rires] On est sur une moyenne de douze à treize euros pour manger, avec des produits locaux et des préparations honnêtes. J’aime bien mélanger les saveurs et proposer des choses originales. Cette année, par exemple, j’ai une crêperie bretonne et un hot-dog ariégeois avec de la vraie saucisse locale, pas des Knacki ! Nous aurons un troisième food truck cette année. Ca ressemble à des burgers, mais ce n’en est pas. Je préfère laisser la surprise aux gens, parce que c’est un vrai délice.
Interview réalisée en face à face le 2 octobre 2025 par Vincent BN.
Retranscription : Vincent BN.
Site officiel de Metal Fest 09 : metal-fest-09.e-monsite.com.





























Et ben c’était bien nul