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Interview   

Novelists : laboratoire des émotions


Novelists enfile sa troisième peau. Un album et puis s’en va : l’idylle du groupe avec le frontman Tobias Rische aura rapidement tourné au vinaigre. Un mal pour un bien, tant l’identité de Novelists semble désormais indissociable de sa pétillante chanteuse Camille Contreras. En misant sur une voix féminine, le groupe a amorcé une mue profonde et audacieuse. CODA, leur cinquième album, vise bien au-delà des terrains de jeu déjà aventureux développés sur leurs précédents travaux. Il est le fruit d’une parfaite symbiose entre les musiciens et sa chanteuse, un travail collaboratif qui n’hésite jamais à prendre le contre-pied de ce que Novelists avait pu proposer à ses débuts.

A quelques heures de la sortie de l’album (l’entretien a été réalisé le 15 mai 2025), Camille Contreras a pris le temps de retracer avec nous son aventure humaine avec le groupe, depuis son intégration jusqu’aux changements récents qui s’imposent désormais dans sa vie, en passant par l’enregistrement de CODA et la touche très personnelle qu’elle a été en mesure d’y apposer. Un échange sincère et extrêmement passionné, à l’image de la musique de son groupe.

« Ils ont écouté mes idées, mes opinions sur la composition. Je me suis sentie très vite intégrée. »

Radio Metal : Tu as intégré Novelists en septembre 2023. Tu avais déjà eu l’occasion de travailler avec le groupe, puisque tu intervenais en featuring sur le titre « C’est La Vie ». Comment as-tu été amenée à reprendre contact avec eux suite au départ de Tobias Rische ?

Camille Contreras (chant) : En 2019, je suis montée à Paris pour enregistrer toutes les harmonies de l’album C’est La Vie (Arising Empire, 2020). C’est à la suite de cette session d’enregistrement, qui s’était bien passée, qu’ils m’ont proposé de faire un featuring. Après cette collaboration, je suis redescendue à Marseille et j’ai vécu ma petite vie tranquillement. En 2023, Nicolas [Delestrade], qui est le bassiste et manager du groupe, m’a envoyé un message sur Instagram ou Messenger pour m’inviter à boire un verre car il voulait me parler d’un projet. Au final, il m’a proposé de rejoindre Novelists. J’étais assez choquée car je ne savais même pas que Tobias partait. Je l’ai pris comme une très belle opportunité. Nous avons passé l’été suivant à composer, enregistrer et tourner des clips afin que nous puissions annoncer officiellement mon arrivée en septembre.

Novelists était un groupe déjà bien installé, doté d’une fan-base conséquente. De ton côté, tu intervenais au sein de divers projets locaux. De quelle manière as-tu abordé ce changement de vie ainsi que la mise en avant qui a découlé de cette intégration ?

J’ai été très bien préparée par les gars, qui avaient l’expérience de la notoriété et du fait d’être exposés à des commentaires parfois désagréables. Je jouais de la musique en amateur, j’ai fait des petits concerts et j’ai sorti des clips. C’était avec un très faible niveau de professionnalisme et j’avais mon job à côté. Ils m’ont beaucoup répété au cours de l’été qu’il ne fallait pas m’inquiéter, qu’il y aurait des « haters » qui interviendraient dans les commentaires des vidéos, qu’il ne fallait pas le prendre personnellement. Je crois que j’étais tellement contente de faire partie du projet, que je vois comme la meilleure opportunité de ma vie pour faire et vivre de la musique, que je n’ai pas fait attention à ces commentaires. Je ne les prends pas personnellement. Ce n’est pas grave, ça ne m’empêchera pas de faire des concerts, de sortir des chansons et de m’amuser avec passion. Actuellement, je clôture mon autre activité professionnelle. J’avais créé un laboratoire de cosmétiques – je suis ingénieure chimiste. Je suis en train d’arrêter parce que ce n’est plus possible d’avoir cette double vie de directrice d’entreprise et de laborantine tout en étant chanteuse dans un groupe de metal. Nous partons trop souvent en tournée, je ne peux jamais être au labo. La pression est encore au maximum puisque je clôture en ce moment tous les contrats afin de pouvoir me consacrer pleinement à Novelists. J’étais déjà à cent pour cent, mais je délaissais mon laboratoire. Je vais pouvoir être tranquille, sereine, prendre du temps pour me reposer dans l’objectif d’être plus créative, de mieux m’échauffer et travailler ma technique vocale. J’ai hâte d’être à cette rentrée de septembre où je vais être à fond sur Novelists.

Beaucoup de musiciens français, particulièrement dans le metal, se voient contraints de cumuler plusieurs activités. C’est une vraie chance de pouvoir vivre pleinement de sa musique aujourd’hui…

C’est vrai. En France, on a le statut d’intermittent du spectacle qui permet d’en vivre dès qu’on fait suffisamment de concerts. Nous avons cette chance avec Novelists. Si j’avais été en CDD, voire même en CDI, sur un job quelconque, je l’aurais quitté plus tôt. Comme il s’agit d’une entreprise que j’ai créée, j’ai des étapes à respecter afin de pouvoir la fermer. C’est sport, cette double vie est épuisante. J’ai été malade pratiquement de février à avril, mon corps n’en pouvait plus et m’imposait de me reposer. Mais je mesure la chance que j’ai de pouvoir vivre de ma passion.

« Nous voulons être créatifs et sortir des sentiers battus le plus possible. Nous voulons choquer les auditeurs. Si tu ne le fais pas, c’est que tu as échoué, tu donnes juste aux gens ce qu’ils attendent, ce qu’ils ont entendu avec les albums précédents. »

Vous avez fait le choix d’annoncer ton arrivée en dévoilant directement un premier titre, « Turn It Up ». Le clip de « Prisoner » a été mis en ligne quelques semaines plus tard. Est-ce que ces morceaux avaient été composés dans l’optique que Tobias intervienne sur le chant ou êtes-vous partis de zéro ?

Le groupe avait commencé à travailler dessus avant mon arrivée, mais Tobias n’était déjà plus vraiment inclus dans l’écriture de ces morceaux, du moins il ne s’y investissait pas. Ils composaient donc juste des parties instrumentales et c’est Nicolas, le bassiste, qui se chargeait des voix. Ils ont au final pris la décision de recruter une nouvelle personne pour le chant. Quand je suis arrivée, la chanson « Turn It Up » était presque terminée, il ne restait que quelques passages à finaliser. Ils avaient proposé un refrain, mais j’ai amené une autre ligne. A l’origine, cette ligne devait être une harmonie, mais elle a tellement plu qu’elle est finalement passée en lead. Le refrain d’origine est pour sa part passé en harmonie. J’ai donc pu prendre mes marques, et ils ont vraiment été bienveillants envers moi. Ils ont écouté mes idées, mes opinions sur la composition. Je me suis sentie très vite intégrée. Je ne me suis pas imposée, j’ai participé discrètement, tranquillement. Ça s’est très bien passé ; nous avons pris nos marques avec les cinq premiers morceaux. Nous sommes contents de proposer l’album CODA, qui résulte d’une collaboration à cinq, du début à la fin et sur l’ensemble des titres.

« Turn It Up » et « Prisoner » s’inscrivent vraiment dans la continuité de ce qu’avait pu proposer Novelists avec son disque précédent. Les deux titres suivants, « Mourning The Dawn » et « Okapi », sont plus expérimentaux. Le groupe avait-il besoin de conforter ce nouveau line-up, et peut-être de rassurer le public, avant d’évoluer de façon plus marquée ?

Je ne pense pas que c’était une volonté de se rassurer puisque pour eux, c’est quand même assez osé de sortir un morceau comme « Turn It Up », qui est très catchy. C’était une prise de risque. Ce qui est sûr, c’est que nous avons eu cette réflexion-là tous ensemble. Nous voulons être créatifs et sortir des sentiers battus le plus possible. En suivant l’évolution des morceaux qui sont sortis depuis mon arrivée, on constate que l’écriture est de plus en plus folle. Nous voulons choquer les auditeurs. Si tu ne le fais pas, c’est que tu as échoué, tu donnes juste aux gens ce qu’ils attendent, ce qu’ils ont entendu avec les albums précédents. Les membres originels n’ont plus envie de proposer ce qu’ils faisaient il y a dix ans. Ils ont évolué et refaire la même chose, c’est peut-être bien pendant un temps, mais ça ne fait pas tourner un groupe. Nous réfléchissons déjà à l’album suivant, avec l’objectif d’être encore plus bizarre et créatif. C’est difficile de créer du neuf dans la musique, tout a déjà été fait, mais on peut essayer de prendre des idées à droite et à gauche, quitte à s’éloigner parfois du registre metal.

Pourquoi avoir fait le choix de réunir ces morceaux sur un EP au préalable, plutôt que de les intégrer au tracklisting de CODA ?

Il n’y a pas de raison artistique à ce choix, c’est purement contractuel. Nous étions sur le label Out Of Line et nous souhaitions poursuivre avec une autre structure. Nous ne pouvions donc pas utiliser ces titres, qui ont donné naissance à un EP avant la sortie de l’album.

Cet EP n’a pas bénéficié d’une sortie physique. Est-ce que ce n’est pas décevant pour le groupe ?

Non, parce que ces morceaux peuvent toujours être écoutés sur les plateformes. On nous les a demandés en support physique, mais il y a de moins en moins de personnes qui écoutent des CD. La plupart écoutent plutôt des vinyles, or envisager un vinyle pour quatre morceaux, c’était un peu maigre. Nous avons donc pris la décision de ne pas les sortir en physique, mais ils restent audibles et disponibles sur les plateformes.

« Au quotidien, je vais plus facilement écouter du punk hardcore, de la pop, du RnB, de la soul ou du rap. Je pense que ma méconnaissance des codes du metalcore a été un atout. »

Vous sortez CODA par l’intermédiaire du label Ackor Music. S’agit-il de votre propre structure ?

Le label a été créé par Nicolas Delestrade de Novelists et Nicolas Exposito, guitariste de Landmvrks. C’est leur projet. Ils nous ont proposé le contrat et nous avons accepté. C’était la volonté du groupe de poursuivre en indépendant, mais ça reste un vrai label.

CODA marque une évolution notable pour le groupe. L’aspect technique et progressif reste une composante essentielle de votre musique, mais les mélodies et les ambiances planantes ont gagné de l’ampleur avec ton arrivée. Est-ce que tes influences larges, et notamment pop, ont amené le groupe à penser l’écriture sous un angle nouveau ?

Je compose les lignes de chant, donc elles vont forcément être plus représentatives de mes influences, qui sont différentes de celles des deux anciens chanteurs. Les instrumentations sont écrites par les gars, surtout Pierre Danel en ce qui concerne ce nouvel album, qu’il a par ailleurs mixé. Les sonorités ont évolué suite à son arrivée, puisqu’il n’avait pas participé aux trois premiers albums. Les autres musiciens ont également changé, ils ne souhaitent plus composer de la même façon qu’il y a dix ans. Nous voulons continuer à écrire en développant notre créativité.

Tu as notamment déclaré que tu n’écoutais pas énormément de metalcore, genre auquel Novelists est rattaché. Est-ce qu’il s’agit pour toi d’un atout, dans le sens où une fine connaissance de la scène peut amener à se poser des limites, parfois involontairement ?

Je suis complètement d’accord avec ce que tu dis. J’aime le metalcore, mais je n’ai pas une culture « metal » à proprement parler. Je vais à des concerts de metalcore, mais ce n’est pas forcément le genre que j’écoute pour agrémenter ma culture musicale. Au quotidien, je vais plus facilement écouter du punk hardcore, de la pop, du RnB, de la soul ou du rap. J’apprécie plus le metalcore dans le cadre des concerts, même si j’écoute désormais de plus en plus de groupes du genre. Le fait de ne pas avoir les codes basiques évite de faire du déjà-vu, de reprendre les mimiques existantes, notamment au niveau du chant. C’est un exercice difficile quand tu as déjà tout dans les oreilles, que tu as entendu de nombreux groupes le faire. Je suis arrivée toute fraîche, un peu innocente et sans connaître ce qui se faisait. J’ai pu proposer des choses un peu bizarres et elles ont été acceptées. C’est en effet un album assez riche et très éclectique, et je pense que ma méconnaissance des codes a été en ce sens un atout. Compte tenu que j’écoute de plus en plus de metalcore, je vais peut-être devoir faire un travail là-dessus pour l’album suivant !

L’album part en effet parfois dans des directions inattendues, à tel point qu’il semble presque trop restrictif de le définir comme un disque de metalcore. Certaines idées, notamment en ce qui concerne le chant, ont-elles suscité du débat au sein du groupe ?

Nous avons notamment une chanson avec des paroles en espagnol, « Maldición De La Bruja ». Quand j’ai proposé ce titre, les gars ont trouvé ça un peu étrange – c’est quelque chose qu’ils m’ont avoué récemment –, mais au final, ils ont bien aimé l’idée et ont été d’accord pour prendre le risque. Surtout que Novelists a une grosse communauté de fans espagnols et brésiliens, nous avons de nombreuses demandes pour venir jouer dans ces pays. Je pense que lorsqu’ils vont découvrir ce morceau, ça va les toucher. Je suis d’origine espagnole, ça me tenait à cœur de chanter dans cette langue. Les gars n’y avaient jamais pensé, donc ils ont forcément été un peu surpris par la proposition. Aucune de mes idées n’a été rejetée. Même si je n’ai pas tous les codes, elles restent cohérentes. Ils peuvent éventuellement les modifier légèrement afin qu’elles rentrent davantage dans le moule. Mais je n’ai jamais été confrontée à un refus catégorique.

« Je ne suis pas un savant fou, mais quand je m’enferme dans la cabine, je propose un milliard d’idées et parfois ça part n’importe où. De son côté, Nicolas Delestrade va retenir ce qu’il juge utile, une mesure, trois notes de la ligne… »

Tu chantes en espagnol mais également en français, en plus de l’anglais. Ce « melting-pot linguistique » est une nouveauté pour Novelists. Est-il important pour le groupe, qui s’exporte aujourd’hui très bien, de conserver une identité typiquement européenne ?

Nous n’imiterons jamais ni les Américains, ni les Anglais ou les Allemands. Nous sommes français, et notre musique est ce qu’elle est. Pour ma part, je suis assez fière de la scène française, qui est parmi les plus importantes du style en ce moment. Quand tu te présentes comme un groupe français, les gens sont agréablement surpris. Ils te demandent d’où tu viens, c’est quelque chose de positif pour eux. Nous allons continuer d’écrire en anglais mais également d’intégrer plus de français, dans l’objectif d’exporter notre langue à l’international.

Tu travailles notamment avec Nicolas Delestrade sur l’écriture et l’enregistrement de tes parties. En plus de la basse, il intervient occasionnellement sur les voix. As-tu besoin d’être épaulée par quelqu’un, d’autant plus qu’il s’agit d’un membre fondateur, dans ton approche du chant ?

Nicolas est producteur, il sait quand une idée fonctionne ou non. Je ne suis pas un savant fou, mais quand je m’enferme dans la cabine, je propose un milliard d’idées et parfois ça part n’importe où. De son côté, il va retenir ce qu’il juge utile, une mesure, trois notes de la ligne… Il fait son micmac afin de trouver une ligne adéquate. Il a le recul nécessaire pour déceler les bonnes idées. Je ne sais pas comment font les chanteurs qui parviennent à composer et à s’enregistrer sans personne pour les aiguiller. Quand tu es tellement dedans, arrive un moment où tu ne sais plus si ce que tu fais est bien ou pas. J’ai donc beaucoup reçu son aide là-dessus. Il a également proposé des lignes vocales et corrigé mes textes, puisqu’il est parfaitement bilingue. Je n’ai aucune difficulté en français et en espagnol, mais je parle un peu moins bien anglais que lui. Il a retouché les petites fautes ou les tournures de phrases qui ne collaient pas avec de l’anglais natif. Bosser avec Nicolas sur les voix était très confortable. C’est justement lui qui m’a avoué que pour « Maldición De La Bruja », il avait eu un peu peur. Il n’est pas intervenu sur la partie en espagnol, mais après avoir réécouté le résultat, il a validé le choix.

Les nouveaux titres sont émotionnellement très puissants. Les contrastes peuvent parfois être vertigineux sur ce disque, entre passages solaires réconfortants et élans mélodiques nostalgiques. On sent que tu t’es énormément investie dans le chant, qu’il y a une certaine mise à nu. As-tu vécu cet enregistrement comme une expérience cathartique ?

Complètement. C’est un album qui a été écrit il y a un an. 2024 a été l’année de ma vie la plus heureuse et en même temps la plus triste. J’ai été confrontée à des événements assez difficiles : des décès, une rupture ainsi que des maladies. A la même période, je vivais des concerts avec des gens qui crient ton nom, qui sautent et qui sourient. Tu partages beaucoup d’émotions avec le public. Le fait de vivre ces émotions fortes mais opposées m’a beaucoup inspirée. J’ai pleuré en chantant et en enregistrant cet album. J’en suis très fière, c’était libérateur d’écrire ces morceaux.

Le groupe n’a pas hésité à décharger certaines instrumentations, à faire reculer les riffs pour laisser une place importante à ta voix. Un morceau comme « 78 rue… » est notamment très atmosphérique. Étant toi-même musicienne, de formation classique, as-tu eu l’occasion de proposer des accompagnements en partant de certaines lignes de chant ?

C’est un fonctionnement que nous envisageons pour le prochain disque. La composition des parties de chant s’est vraiment faite en deux mois au cours de l’été 2024, entre une tournée aux Etats-Unis et une série de dates en Europe. Nous avions des délais très serrés, il fallait livrer les chansons pour le label et les plateformes avant de repartir sur la route. Certains morceaux étaient donc déjà terminés sur le plan instrumental. Nous avons des musiciens très talentueux dans le groupe, ce sont eux qui écrivent la musique. Mais je leur ai dit que, dès que j’aurais terminé mon activité avec mon laboratoire, j’aimerais m’investir dans la composition instrumentale, partir de quelques accords ou d’une ligne de chant, envoyer des semblants de démos à Pierre ou Florestan [Durand] afin qu’ils puissent étayer ou les enrichir. Pour la chanson « Mourning The Dawn », j’ai enregistré une partie de violoncelle. J’avais envie d’ajouter mon instrument dans ce titre, et j’aimerais pouvoir le refaire à l’avenir. En ce qui concerne CODA, j’ai envie de dire qu’il est assez brut au niveau du chant, même s’il y a beaucoup d’effets. La chanson « 78 rue… » a été entièrement composée par Pierre, instrumentalement comme vocalement. Il avait d’ailleurs enregistré le chant en yaourt. C’était assez drôle, il faudrait peut-être que nous sortions cette version un jour ! Nicolas a écrit les paroles et moi, j’ai juste enregistré la session, qui a été rapide. Il s’agit d’une des dernières chansons que nous avons ajoutée à l’album. C’est une sortie d’interlude, il y a en effet très peu d’instruments. Je ne sais pas comment nous pourrions l’intégrer au set live. Nous allons y réfléchir !

« 2024 a été l’année de ma vie la plus heureuse et en même temps la plus triste. J’ai pleuré en chantant et en enregistrant cet album. J’en suis très fière, c’était libérateur d’écrire ces morceaux. »

Pierre Danel et toi avez proposé à plusieurs reprises au cours des derniers mois des versions acoustiques capturées en une prise, spécialement pour les réseaux sociaux. Peut-on imaginer à l’avenir que ces réinterprétations acoustiques puissent donner lieu à des enregistrements en studio ?

Beaucoup de personnes nous demandent de sortir un album acoustique. C’est du travail. Pierre est un peu un dictateur de la musique. Quand nous faisons des sessions, si les notes ne sont pas parfaites, si je ne suis pas dans le rythme ou dans le fond du temps, nous allons le refaire encore et encore. C’est vraiment un bosseur. Quand nous aurons un petit peu de temps, nous enregistrerons sûrement des versions acoustiques écoutables sur les plateformes de streaming ou rassemblées sur un disque physique. Pour le moment, nous voudrions essayer de composer pour une version « deluxe » de CODA, avec des chansons supplémentaires. Par la suite, proposer des versions acoustiques pourrait permettre de faire vivre les morceaux d’une autre manière.

Avez-vous déjà des ébauches ou démos engagées dans le cadre de cette éventuelle et future ressortie deluxe ?

Pas vraiment. Nous n’avons pas de matériel prêt, mais j’aimerais pouvoir être dans les premiers à proposer une nouvelle chanson. Il faut que je clôture mon activité au préalable avant de pouvoir m’y remettre. Et puis, nous commençons la nouvelle tournée dès la semaine qui suit la sortie de CODA.

CODA bénéficie d’une direction artistique soignée sur le plan visuel. On retrouve des thématiques, des couleurs ainsi qu’une ambiance futuriste et dystopique récurrente dans vos vidéos. L’album a-t-il été pensé dès son écriture avec cette dimension très cinématographique ?

C’est venu après coup. Nous n’avons pas composé l’album avec cette ambiance futuriste en tête. En réfléchissant à l’identité visuelle, nous avons voulu créer un genre de personnage avec cette perruque rose – qui représente à la fois une de mes nombreuses personnalités et une de mes influences musicales – dans une atmosphère de science-fiction. Nous avons essayé de trouver des idées pour mettre en valeur les chansons, en essayant d’écrire des petites histoires. Nous conservons un fil conducteur, même si les instruments sont quand même au centre de vidéos, sauf pour le clip de « All For Nothing », dans lequel le groupe n’interprète pas la chanson. Ça avait été filmé, mais nous avons retiré les séquences. Nous avons pour le coup opté pour un scénario très futuriste. L’identité visuelle a vraiment été travaillée après l’enregistrement.

De qui viennent ces orientations artistiques ?

Ils m’ont laissé proposer toutes mes idées, donc j’ai géré la partie clip, qui était bien sûr chapeautée également par Nicolas. Le clip de « All For Nothing » est inspiré du film Le Cinquième Element. J’avais envie de rendre hommage à cette œuvre, notamment avec la cage aquarium. C’est la seule influence pour cette vidéo. Pour les autres clips, il s’agit d’idées que j’avais en tête et que nous avons réussi à concrétiser visuellement avec le réalisateur, Pavel [Trebukhin].

Quels sont les projets à venir pour Novelists ?

Beaucoup de concerts. Nous allons démarrer une tournée après les festivals, les dates seront annoncées rapidement. Nous prévoyons de jouer aux Etats-Unis, en Asie, en Europe et en France. Le programme va être chargé !

Interview réalisée en visio le 15 mai 2025 par Benoît Disdier.
Retranscription : Benoît Disdier.

Site officiel de Novelists : www.facebook.com/NovelistsFR

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