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Chronique   

Opeth – The Last Will And Testament


Ils l’ont fait probablement quand on ne s’y attendait plus : les growls sont bel et bien de retour dans la musique d’Opeth. Voilà un argument qui devrait ramener au bercail nombre de brebis égarées depuis 2011, comme si une composante vocale déterminait, en soi, la qualité d’une œuvre ou sa capacité à nous émouvoir. Le fait, vu sous le prisme marketing, est anecdotique. Il l’est toutefois moins sous le prisme artistique. The Last Will And Testament est un concept mélodramatique, se tenant dans les années 1920 et détaillant le testament – chaque chanson, à l’exception de la dernière, en étant un paragraphe – d’un patriarche qui révèle de choquants secrets de famille. Un terreau idéal pour voir Mikael Åkerfeldt revêtir différents costumes. Jamais il n’aura fait preuve d’autant d’incarnation, s’amusant à moduler son expression, y compris, donc, dans son registre saturé et, certes, avec l’aide de quelques invités (Ian Anderson, Joey Tempest et sa propre fille).

Cette théâtralité n’est sans doute pas uniquement la résultante du concept. Si, en effet, le death metal est de la partie dans une ambiance des plus claustrophobes (« §1 » et ses voix fantomatiques), le disque s’impose paradoxalement comme le plus prog des Suédois. Un grain de folie s’est emparé du groupe. Le propos musical fait feu de tout bois, de couches orchestrales (la partie orientale de « §5 ») à une myriade de rythmiques (Waltteri Väyrynen est intenable derrière sa batterie) et de cassures facétieuses dans la tradition des pères fondateurs, en passant par une panoplie de sonorités vintage et évocatrices. Chaque élément contribue à l’immersion et à l’intensité du récit, à l’instar des percussions sur le final angoissant et hypnotique de « §7 », avant l’effet de soulagement du doux et joli épilogue « A Story Never Told ». Opeth n’a pas eu besoin d’avoir recours à de quelconques longueurs : les titres n’en sont que plus percutants. Il démontre que le prog est autant un héritage qu’un état d’esprit, une libération. The Last Will And Testament, exempt du moindre défaut, captivant de bout en bout, a tout pour devenir un nouveau classique, voire un nouveau tournant, dans la discographie du quintet.

Chanson « §3 » :

Chanson « §1 » :

Album The Last Will And Testament, sortie le 22 novembre 2024 via Reigning Phoenix Music. Disponible à l’achat ici



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