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Live Report   

Scorpions : toujours la deutsche qualität !


Le moins que l’on puisse dire, c’est que le festival de Carcassonne n’a encore une fois pas lésiné pour inviter des grands noms du rock au fil de sa programmation 2024. Ainsi, après le passage de Greta Van Fleet, Shaka Ponk, Status Quo, The Stranglers et l’arrivée prochaine de Toto et Sting, c’est au tour des Allemands de Scorpions de venir faire chauffer leurs amplis sur la scène du Théâtre Jean-Deschamps, dans un cadre somptueux, au cœur de la cité médiévale de Carcassonne. Quand un mythe de l’histoire du hard rock rencontre l’Histoire…

Avec seulement trois petites dates en France dans le cadre de sa nouvelle tournée pour fêter les quarante ans de son album classique Love At First Sting, la bande à Rudolph Schenker et Klaus Meine peut compter sur un public venu nombreux dans cet amphithéâtre au sein de l’enceinte de la Cité. En effet, dès l’annonce du concert il y a quelques mois, les fans se sont jetés sur les places en vente, si bien que les quelque trois mille sièges de l’amphithéâtre ont trouvé preneurs en un rien de temps !

En ce mardi 23 juillet 2024, les spectateurs trépignent déjà d’impatience à l’idée de (re)voir le groupe en live. En effet, dès 19h, les fans se massent vite aux abords des grilles d’entrée et attendent impatiemment l’ouverture des portes. Certains jouent des coudes dans les files d’attente pour bien se placer et sont sur les startingblocks, prêts à rentrer au pas de course et à choisir les meilleurs sièges… Retour sur une soirée ô combien mémorable durant laquelle les Allemands ont encore une fois fait montre de leur (d)étonnante vitalité scénique. Les Scorpions sont encore redoutables, qu’on se le dise !

Artiste : Scorpions
Date : 23 juillet 2024
Salle : Théâtre Jean-Deschamps
Ville : Carcassonne [11]

Après son énorme concert de 1983 à l’US Festival devant plus de cinq cent mille personnes, la sortie de l’album Love At First Sting l’année suivante a assis de façon pérenne la notoriété de Scorpions. Avec ce disque mythique qui a posé les bases solides d’un hard rock moderne et dont l’influence vivace résonne encore, nombreux sont les ados de l’époque à être tombés dans la marmite du heavy metal. Autant dire que l’annonce d’une tournée faisant la part belle à Love At First Sting était une bonne manière pour les Allemands de boucler la boucle et de faire plaisir à ses fans des années 80.

Au regard des tempes grisonnantes et des cheveux d’argent (quand il en reste…) de la grande majorité du public présent à Carcassonne, on sent que ces ados d’antan sont encore présents dans le cœur et les jambes des spectateurs cinquantenaires voire sexagénaires de ce soir. Habillés pour la plupart aux couleurs de Scorpions (t-shirts, casquettes et même pancartes faites à la main pour accueillir les héros du jour), ils sont prêts à en découdre comme à la belle époque.

Après une petite cinématique, le groupe entre en scène sur le fracassant « Coming Home » de 1984 avec un son très bon. Et si Klaus Meine, du haut de ses soixante-seize ans, semble avoir une démarche un peu hésitante à son arrivée sur les planches, il se reprend vite derrière le micro. Le chanteur démontre d’ailleurs qu’il est plutôt en voix, même si l’accordage des instruments est un peu plus bas depuis quelques années. En seulement quelques petites minutes, c’est un Scorpions virevoltant sur scène qui se rappelle au bon souvenir de l’audience. Du coup, certains n’hésitent pas à se lever de leur siège (provoquant un effet domino avec ceux qui étaient assis derrière) afin de donner de la voix.

Forcément, Love At First Sting est mis à l’honneur avec pas moins de huit titres sur les neuf qu’il contient, à l’instar de « Bad Boys Running Wild ou « I’m Leaving You » en première partie de set. Bien entendu, les autres réalisations phares que sont Animal Magnetism ou Blackout ne sont pas oubliées, puisqu’on aura droit à quelques pépites comme « Make It Real », « The Zoo » et « Blackout » qui font toujours leur petit effet.

Toutefois, même s’il est clair qu’une bonne majorité du public attend les gros hits « Wind Of Change » ou « Still Loving You », les moments forts sont indéniablement « Crossfire » et « The Same Thrill » joués pour la première fois en live quarante ans après avoir été écrits. Frissons garantis ! Qui plus est, cela permet aussi à Scorpions de renouveler sa setlist et de proposer de la nouveauté. Inutile de dire que les fans de la première heure réagissent comme un seul homme et n’hésitent pas à chanter en chœur pour accompagner un Klaus tout sourire, ravi de partager ce moment avec le public.

Les Allemands alternent les plaisirs (l’instrumental « Coast To Coast », notamment) et après le solo de guitare de Mathias Jabs (« Delicate Danse ») accompagné pour l’occasion par un roadie, le groupe revient pour s’attarder sur le mythique album Crazy World de 1990 avec « Send Me An Angel », « Tease Me Please Me » et bien entendu « Wind Of Change » repris par tout le public du Théâtre Jean-Deschamps avec les téléphones portables levés au-dessus de la tête en guise de briquet.

Mais loin de se reposer sur ses lauriers ou de servir une prestation réchauffée en pilotage automatique, les musiciens de Scorpions ont à cœur de délivrer un show digne de ce nom, et ce même si sa scénographie est plus restreinte qu’à l’accoutumée. On sent qu’ils sont là pour passer du bon temps sur les planches et communier avec l’assemblée. L’intenable Rudolph Schenker multiplie les poses pour les premiers rangs, serre des mains, distribue des médiators, tout en jouant et en occupant bien l’espace. Klaus Meine et Mathias Jabs n’hésitent pas non plus à donner de leur personne. Il faut dire que la configuration de l’amphithéâtre permet aux spectateurs du carré or d’être au plus près des artistes, pour la plus grande joie des fans… mais aussi du groupe !

Derrière, l’ex-Motörhead Mikkey Dee (qui a rejoint les rangs de Scorpions en 2016) délivre une prestation des plus énergiques. À soixante ans passés, le batteur en a encore sous le pied et parvient lui aussi à faire le show derrière son énorme kit (« Gas In The Tank » ou son temps solo sur « New Vision »). Le cogneur en chef réussit le tour de force d’imposer sa patte sur les morceaux de Scorpions sans pour autant les dénaturer et trop s’éloigner du jeu de ses prédécesseurs, Herman « The German » Rarebell ou feu James Kottak. L’alchimie live entre Mikkey Dee et Scorpions est bel et bien réelle !

Après environ une heure dix, le groupe se dirige vers la fin du set en proposant les classiques « Blackout » et « Big City Nights » qui finissent de mettre tout le monde à genoux. Après quelques petites minutes d’attente (et de distribution de médiators, baguettes, serviettes pleines de sueur, etc.), les Teutons reviennent pour un rappel des plus attendus avec l’hymne « Still Loving You » qui voit ici et là des couples se former pour danser et le tube « Rock You Like A Hurricane » qui clôt à merveille un set intense et haut en couleur.

En fin de compte, après plus de cinquante ans de carrière et malgré une moyenne d’âge de soixante-quinze ans pour les deux piliers du groupe, la machine Scorpions a toujours une mécanique bien huilée et percutante. Rudolph Schenker et Klaus Meine possèdent encore de beaux restes et prouvent qu’ils sont loin d’être à la traîne dans le petit monde du rock amplifié. De toute façon, on connaît la rengaine : à la fin, c’est toujours les Allemands qui gagnent !

Setlist :

Coming Home
Gas In The Tank
Make It Real
The Zoo
Coast To Coast
I’m leaving You
Crossfire
Bad Boys Running Wild
Delicate Danse
Send Me An Angel
Wind Of Change
Tease Me Please Me
The Same Thrill
New Vision
Blackout
Big City Nights

Rappel :
Still Loving You
Rock You Like A Hurricane



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  • Merci pour ce compte-rendu. Crossfire, cela devait être quelque chose !

    Par contre, je voulais signaler une erreur…vous avez associé Greta van Fleet aux grands noms du rock aux côtés de the Straglers et de Status Quo…

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