The Birthday Massacre est un groupe extrêmement occupé. Le sextuor originaire de Toronto sillonne inlassablement les routes du monde entier depuis maintenant près de vingt ans, tout en conservant un rythme de production stakhanoviste. Pathways, son dixième album – si l’on prend bien en compte Nothing And Nowhere, premier enregistrement indé dont cinq morceaux seront réutilisés pour des disques ultérieurs – aura d’ailleurs été publié entre deux grosses séries de dates. Peu de promo, pas de chichi. The Birthday Massacre reste impeccable sur disque, mais semble vivre pour le frisson du live.
Parvenir à arrêter un créneau d’interview avec la charismatique chanteuse Sara « Chibi » Taylor s’apparente de fait à une bataille de longue haleine, et ce malgré toute la bonne volonté de l’attaché de presse du groupe. Lorsque ce dernier revient vers nous avec un unique créneau de trente minutes à peine vingt-quatre heures plus tard, c’est à prendre ou à laisser. Quelques mois après la sortie de Pathways, la frontwoman revient dans l’entretien qui suit sur l’approche artistique de son groupe, son amour des années 80 ainsi que sur le temps qui passe. Un temps dont elle semble parfois manquer, ce qui ne l’empêche pas de se prêter au jeu de l’interview avec une bonne humeur communicative.
« J’aime la musique très sombre, et il y a beaucoup d’obscurité dans celle de The Birthday Massacre, mais personnellement, je me focalise davantage sur le positif. Je ne peux pas me complaire dans les ténèbres. »
Radio Metal : Pathways a été annoncé à peine quelques semaines avant sa sortie. Vous avez également fait le choix de ne publier que deux morceaux en amont. A l’heure où les groupes peuvent avoir tendance à dévoiler énormément de contenu avant la sortie d’un disque, est-ce qu’il vous semblait important de conserver une certaine part de mystère autour de l’album ?
Sara « Chibi » Taylor (chant) : Absolument. Il faut que le public l’attende avec une certaine impatience. L’album est sorti pendant notre tournée, et nous avions commencé à jouer les deux morceaux dévoilés lors de nos concerts (« Sleep Tonight » et « All Of You », NDLR). C’est intéressant de constater que les gens les connaissent déjà bien avant la sortie du disque. Mais c’est tout. Nous ne voulions pas dévoiler tous les titres, il faut que le public conserve l’envie d’écouter l’album. En tout cas, c’était plutôt appréciable que le disque sorte alors que nous étions en pleine tournée et de jouer ces nouveaux titres.
Ne pas trop en dévoiler permet également au « format » album de conserver toute son importance. Est-ce que tu regrettes que la musique soit désormais davantage distribuée via des singles étalés dans le temps ?
Je pense qu’il est important de conserver un maximum de chansons pour l’album, et éventuellement en diffuser une ou deux qui le représentent dans son ensemble. C’est une pratique plus ou moins classique. Tu choisis un ou deux titres que tu penses être forts, tu les mets en avant et tu espères que les gens auront envie de se poser pour se plonger dans l’album, de se faire une idée de l’ensemble.
Avec Pathways, The Birthday Massacre conserve sa patte, son identité. L’album sonne cependant plus heavy que Diamonds et Fascination, les guitares étant vraiment poussées en avant dans le mix. Est-ce qu’il s’agissait d’une orientation artistique claire dès les premières sessions d’écriture ?
Je ne crois pas que nous prenions ce genre de décisions à l’origine. Nous écrivons ce qui sonne bien, et nous nous laissons porter par les chansons. Évidemment, lorsqu’on compose pour un album, on veille à ce que les morceaux puissent fonctionner ensemble, mais on part de ce qu’on a déjà fait et on laisse les choses évoluer naturellement et s’harmoniser. On veut toujours que ses albums forment un tout cohérent, tout en restant familiers et reconnaissables par rapport à ses sorties passées. En tant que compositeurs, c’est notre façon de faire, sans que ce soit vraiment planifié ou prémédité, du genre : « Il faut absolument que ça sonne comme ci ou comme ça. » C’est juste le résultat de notre manière d’écrire, tout simplement !
Vocalement, tu reviens avec des morceaux comme « Whisper » et « Faces » à des hurlements qui peuvent rappeler les débuts de The Birthday Massacre. Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’exprimer de nouveau à travers un chant plus viscéral et saturé ?
Ce que tu dis est intéressant. Tu as raison. Parfois, un chant plus rauque et agressif semble à sa place sur un morceau – c’est le cas sur une chanson ancienne comme « Blue », pour laquelle j’ai enregistré des lignes de chant heavy –, mais souvent, ça ne convient pas du tout. « Whisper » me permettait d’utiliser de nouveau ce type de chant. Mais je n’aborde pas l’écriture ou l’enregistrement de mes voix en me fixant l’objectif d’intégrer un chant hurlé. Il faut que ça serve la musique, or ce type de voix ne convient pas à un grand nombre de nos chansons. Il ne faut pas le faire juste pour le faire.
Tes paroles évoquent les différents chemins de vie que chacun peut être amené à emprunter, les choix qu’il faut faire ou qu’on cherche parfois à éviter. Malgré ta longue carrière dans la musique, est-ce que tu considères toujours ta vie comme une quête permanente vers l’inconnu ?
Bien sûr. Je pense que c’est le cas de tout le monde. Quand on est jeune, on se dit qu’à un certain âge tout deviendra plus clair, que les choses s’équilibreront, mais ça n’arrive jamais véritablement. En tout cas pas en ce qui me concerne, ni pour personne que je connaisse. On ne peut jamais savoir ce qu’il va se passer, il faut toujours prendre des décisions. On n’aura jamais soudainement la sensation que tout a une logique. Ça ressort assurément dans l’écriture de mes paroles : « Que fait-on ici ? Qu’est-ce qui vient ensuite ? Je ne sais pas ! »
« Il y a comme une résurgence de l’esprit des années 80 dans la culture. J’ai grandi dans les 80’s, donc je trouve ça excellent, mais du coup, on pourrait se demander si nous ne jouons pas de la musique vintage. »
Tes paroles sont en ce sens un jeu permanent d’équilibriste entre lumière et obscurité, douceur et agressivité. Est-ce que tu conserves cette dualité en toi, et est-ce que tu vois l’une ou l’autre de ces facettes s’accentuer avec l’âge ?
Je pense que la vie est faite de contrastes. Il y en a toujours. Mais s’il y a bien quelque chose que j’ai appris avec les années, c’est à ne pas me focaliser sur le négatif. J’essaye d’être plus positive. Il faut garder le moral, être heureux et conserver le sens de l’humour. J’aime la musique très sombre, et il y a beaucoup d’obscurité dans celle de The Birthday Massacre, mais personnellement, je me focalise davantage sur le positif. Je ne peux pas me complaire dans les ténèbres, ce n’est pas une bonne perspective pour moi. Je pense que beaucoup de gens peuvent y puiser de la force et une confiance en eux, et je trouve ça formidable, je peux le comprendre. Mais à titre personnel, j’aime juste rire et être un peu plus optimiste.
Violet, l’album qui a révélé The Birthday Massacre, a fêté ses vingt ans l’année dernière. Est-ce que cette date anniversaire vous a donné envie de revenir à un son un peu plus agressif et proche de vos débuts ?
Il pourrait y avoir un peu de ça, comme une envie de revenir aux origines. C’est très étrange de se dire que Violet est sorti il y a vingt ans. Nous n’avons pas le sentiment que c’est si loin, donc nous n’avons pas envisagé Pathways en nous disant : « Ça fait vingt ans que nous n’avons pas fait ça. Pourquoi ne pas revenir à ce son ? » Pour moi, Violet pourrait avoir cinq ans. C’est incroyable comme le temps passe vite. Il y a beaucoup de sonorités sombres et heavy sur Violet, et je crois que nous avons utilisé beaucoup d’éléments similaires pour Pathways. C’est peut-être lié.
Une réédition en vinyle de Violet a également été annoncée pour janvier 2026. Quel regard portes-tu sur ce disque ?
J’adore cet album. Nous avions sorti Nothing And Nowhere avant ça, mais Violet était un véritable accomplissement pour moi. Nous avions eu beaucoup de temps pour composer les morceaux de notre premier album. C’était différent pour Violet, car il a fallu écrire rapidement. C’était le premier album que nous faisions sans avoir des années à notre disposition pour le concevoir. Je me souviens d’avoir été traversée par un immense sentiment de fierté. J’étais excitée que nous ayons réussi à le finaliser et j’adorais l’artwork. Vingt ans, c’est une longue période. J’étais bien plus jeune à l’époque, évidemment, mais comme je l’ai précisé, je n’ai pas l’impression que ça fasse si longtemps. Je ressens encore très fortement cette fierté pour ce disque, comme pour tous nos albums d’ailleurs. Il a vingt ans, mais je me souviens parfaitement de l’écriture et de l’enregistrement, de la satisfaction d’avoir réalisé ce disque en groupe. C’était notre première vraie réussite.
Le style de The Birthday Massacre a toujours associé des guitares saturées à des ambiances synthpop ou darkwave. Ces sonorités typées 80’s reviennent fortement dans les tendances et la musique, notamment via une série comme Stranger Things. Es-tu étonnée de ce phénomène ?
Il y a, en effet, comme une résurgence de l’esprit des années 80 dans la culture. C’est logique, non ? Les tendances vont et viennent. J’ai grandi dans les 80’s, donc je trouve ça excellent, mais du coup, on pourrait se demander si nous ne jouons pas de la musique vintage. Les synthés et les sons des années 80 sont considérés comme des éléments rétro maintenant, alors que de mon côté, j’adore ça. C’est la musique, l’atmosphère et l’ambiance avec lesquelles j’ai grandi. On voit beaucoup de synthpop et ce genre de chose émerger dans la musique, ça a pris une place importante ces dernières années. C’est super, car c’est le type de musique que j’aime écouter et que nous avons toujours composé. J’aime la culture populaire. Je n’écoute que très peu de choses contemporaines et ce retour des vieilles sonorités me fait du bien, j’aime beaucoup.
Votre musique est également extrêmement cinématographique, quelque part entre rêve et cauchemar. Le groupe affiche une direction artistique forte, notamment en conservant une continuité en matière de visuels et de couleurs. Quels sont les films ou réalisateurs qui vous ont influencés pour Pathways ?
Ce sont des choses qui remontent aux années 80, comme tu le disais. Nous avons grandi avec les films d’horreur et fantastiques ainsi que les bandes originales de cette décennie. Je pense que ça a toujours fait partie de notre musique. Ce que l’on découvre étant jeunes nous marque. Nous aimons nous replonger dans cette nostalgie. Nous étions tous de grands cinéphiles, nous regardions les mêmes films, car c’est ce qu’il y avait à l’époque, et ça continue à nous influencer. C’est indéniablement présent dans Pathways et tous nos albums. Des films comme Labyrinthe (sorti en 1986 et produit par George Lucas, NDLR) ou encore Legend (réalisé par Ridley Scott en 1985, NDLR), des artistes comme David Bowie, Madonna ou The Cure sont des influences sentimentales. Elles n’ont pas pris une ride, du moins pas pour nous.
« J’aime beaucoup le nu metal, mais ça n’a pas sa place dans The Birthday Massacre. Nous avons créé une ambiance, et je ne vais pas débarquer et demander à faire du Limp Bizkit, même si j’adore ce groupe. Nous tenons à préserver l’intégrité de ce que nous avons construit. »
Le visuel de Pathways évoque inévitablement tout un pan du cinéma horrifique américain, et notamment ce passage un peu angoissant où les personnages marquent un arrêt dans un motel isolé et sordide. C’est le cas dans des films comme Psychose, Une Nuit En Enfer ou plus récemment Motel (Vacancy en version originale). Quels étaient vos souhaits et réflexions concernant cet artwork ?
Nous voulions à la fois qu’il soit très sinistre et effrayant, et qu’il puisse promettre un moment d’aventure amusant et excitant. L’idée était qu’il puisse amener un contraste. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec Stefan Koidl, l’artiste qui a conçu le visuel, car beaucoup de nos pochettes d’albums s’inscrivent dans ce style. Nous cherchons toujours à installer un contraste entre un aspect inquiétant et quelque chose de très innocent. J’ai le sentiment que l’artwork de Pathways parvient à retranscrire ce contraste. On peut aussi bien se dire qu’il s’agit d’une situation inquiétante et dangereuse que d’un très doux souvenir d’enfance, quelque chose d’excitant et de rassurant. Ce visuel peut être interprété dans les deux sens, selon le contexte. C’est une ambivalence que nous aimons proposer avec nos artworks.
On peut y percevoir un sentiment de danger qui parlera aux amateurs de cinéma des années 80…
Ce qui est intéressant également est que les enfants étaient les personnages principaux d’un grand nombre de films fantastiques ou d’horreur des 80’s : Génération Perdue (Lost Boys en version originale, 1987), Les Goonies (1985) ou encore Stand By Me (1986). Ce sont des petits enfants qui se retrouvent dans des situations périlleuses ! On retrouve ça aussi dans la série Stranger Things.
Votre goût très prononcé pour le visuel a donné lieu par le passé à des vidéoclips très travaillés. Votre dernière vidéo date cependant de 2017, pour le titre « One ». Pourquoi ne rien avoir sorti depuis ?
Mon Dieu, cette vidéo a déjà huit ans… C’est une excellente idée et nous en parlons justement. Nous avons très envie de faire un nouveau clip. Pour l’instant, c’est surtout une question de timing et de budget. Il y avait beaucoup plus de clips auparavant. Aujourd’hui, ces vidéos sont uniquement destinées à YouTube. Par le passé, c’était une étape incontournable de la sortie d’un album, mais ce n’est plus forcément le cas. Nous devons nous concentrer sur ce qui compte vraiment en ce moment : écrire l’album, diffuser les singles et assurer la tournée. Il y avait l’étape du clip avant, mais on a tendance à la reléguer au second plan. C’est un peu dommage, car nous avons vraiment envie d’en faire. C’est drôle, car nous avons eu des discussions avec Dan Ouellette, qui a réalisé certaines de nos vidéos. Nous avions plein d’idées, mais nous en venons d’un coup à nous dire : « OK, il faut faire un autre album. » C’est terrible car j’adore les clips. J’ai du mal à croire que huit ans se soient déjà écoulés depuis le dernier !
Si le groupe avait l’opportunité de produire une nouvelle vidéo, autour de quel morceau souhaiterais-tu qu’elle s’articule ?
Nous avons plein d’idées, tout comme Dan. Nous avons longuement hésité sur les morceaux de Pathways que nous ferions en clip. Nous en avons déjà joué un certain nombre en live et je pense que le choix serait à faire parmi ceux-là, des titres comme « All Of You », « The Vanishing Game » ou « Sleep Tonight ». Ce sont les trois que nous jouons en concert, donc nous nous focalisons naturellement dessus. D’un autre côté, ça fait maintenant six mois que l’album est disponible. Est-ce pertinent de faire un clip ? C’est un planning un peu étrange et confus. Il faut également que les idées puissent se combiner, ce n’est pas forcément simple à concrétiser. C’est un vrai bazar, et le temps passe tellement vite… Sans nous en rendre compte, nous allons de nouveau nous dire : « Bon, on devrait écrire un autre album » ! [Rires]
Vous passez de plus énormément de temps sur la route…
Nous avons en effet beaucoup tourné cette année. Planifier et budgétiser une tournée, c’est difficile et chronophage. Nous n’avons pas eu le temps de nous en rendre compte, et nous sommes déjà à Noël. On se dit : « Mais que s’est-il passé ? Ce n’était pas déjà Noël dernièrement ? » [Rires] C’est dingue.
« Je déteste aller au concert d’un groupe qui ne joue pas ses morceaux connus, alors qu’il sait pertinemment que c’est ce que le public veut entendre ! C’est faire la sourde oreille. »
Votre musique a évolué avec le temps, mais comme nous le précisions précédemment, le groupe a toujours travaillé la continuité, aussi bien visuelle que sonore. Est-ce qu’il vous est arrivé à certains moments de vouloir sortir du cadre, de prendre une « voie » différente ?
J’ai le sentiment que nous aimons tous explorer différentes voies musicales, en fonction de nos centres d’intérêt et goûts musicaux. En ce qui me concerne, j’ai joué pendant un temps dans un groupe de reprises des années 90 juste pour le plaisir. J’aime beaucoup le nu metal et la musique de cette période, mais ça n’a pas sa place dans The Birthday Massacre. Nous avons créé une ambiance, et je ne vais pas débarquer et demander à faire du Limp Bizkit, même si j’adore ce groupe. Je ne vais pas intégrer des éléments de Limp Bizkit à The Birthday Massacre, ça ne fonctionnerait pas. Chacun a ses propres goûts en matière de musique, mais avec The Birthday Massacre nous tenons à préserver l’intégrité de ce que nous avons construit.
Vous aimez travailler en famille. Michael Rainbow ainsi que M. Falcore ont enregistré tous vos albums, et Dave Ogilvie en assure le mixage. Est-ce que vous pourriez envisager de faire intervenir des personnes extérieures à l’avenir ?
Je crois que c’est ce qui caractérise ce groupe. Nous savons ce que nous voulons, et les gens qui travaillent avec nous également. Ça fonctionne. Il y a une sécurité, un confort et une fiabilité qui nous rassurent car nous savons que les personnes qui sont à nos côtés ont les mêmes objectifs que nous. Elles sont avec le groupe depuis de nombreuses années. On ne peut pas s’entendre avec tout le monde, tout le monde ne va pas comprendre ce que nous essayons de faire et tout le monde ne sera pas une personne formidable. Lorsque l’on rencontre des gens qui nous comprennent, qui se soucient de nous et en qui on peut avoir confiance, ils rentrent dans la famille. Et je pense que c’est vraiment important pour un groupe qui veut durer. Nous sommes là depuis longtemps, et nous devons cette longévité à nos relations de travail, nos collaborations d’écriture et aux personnes que nous avons rencontrées en chemin qui comprennent et se soucient réellement de notre musique. C’est très important.
Le groupe est également très respectueux de son public dans la constitution de sa setlist. Chaque album y est représenté, ce qui est extrêmement rare chez les artistes qui disposent d’une large discographie. Est-ce qu’il est important pour vous de présenter un aperçu complet de l’histoire de The Birthday Massacre en concert ?
Oui. Il y a beaucoup de chansons que le public adore depuis des années. C’est également notre cas. Nous les jouons, car l’objectif en concert est de faire plaisir au public, de lui témoigner notre gratitude pour son soutien. Nous avons évidemment envie de jouer de nouveaux morceaux, tout en conservant une place pour ceux qui sont déjà connus. C’est un équilibre difficile. On est tous déjà allés voir un groupe que l’on apprécie et qui ne joue pas les titres qu’on aurait aimé entendre. On connaît cette sensation ! On peut jouer un titre populaire plus tard dans le set, c’est une façon sympathique de terminer la soirée, tout comme il est possible de commencer par une chanson familière. Lorsque l’on joue devant un public, on instaure une relation. C’est un moment où on voit les gens qui nous soutiennent, où on peut les remercier d’avoir acheté les albums et d’être présents au concert. Personne n’a envie de venir pour écouter douze chansons qu’il ne connaît pas. Nous voulons que les gens passent un bon moment en concert avec nous, et nous adorons aussi nos morceaux populaires. Je déteste aller au concert d’un groupe qui ne joue pas ses morceaux connus, alors qu’il sait pertinemment que c’est ce que le public veut entendre ! C’est faire la sourde oreille.
Est-ce qu’il y a malgré tout certains morceaux auxquels vous pouvez vous sentir moins connectés, ou que vous hésitez à jouer ?
Il y a surtout des chansons plus difficiles à retranscrire en live que d’autres. Mon chant est parfois dans les aigus, et lorsque nous partons en tournée, je peux être fatiguée vocalement. Si je suis malade, il y a certains titres que je risque de ne pas pouvoir chanter. Il y a donc des chansons que nous ne jouerons probablement pas parce qu’elles peuvent être un peu délicates. Il y en a aussi qui ne rendraient pas forcément très bien en live. Un morceau peut très bien sonner sur disque et ne pas fonctionner en concert. C’est l’une des questions que nous nous posons lorsque nous répétons et préparons la setlist. « Est-ce que cette chanson fonctionne ? Est-ce qu’elle nous plaît ? Est-ce qu’on prend du plaisir à la jouer ? » Au fond de moi, je ne peux pas m’empêcher de rajouter : « Si j’attrape un rhume, est-ce que je vais être en capacité de chanter ce titre ? » Si ce n’est pas le cas, je préfère que nous en choisissions un autre.
The Birthday Massacre vient de terminer une tournée à guichets fermés en Angleterre. Vous allez repartir sur les routes en janvier 2026 avec Lord Of The Lost. Quels sont vos projets pour la suite ?
Nous pourrions être amenés à jouer dans quelques festivals en Europe l’été prochain. Nous sommes en train d’y réfléchir et ce serait super, nous n’avons pas eu l’occasion de jouer en Europe depuis longtemps. Nous allons peut-être tourner un clip [rires]. Et puis nous allons continuer à écrire, retourner en studio, bouger et donner des concerts. Les tournées se passent bien et nous nous amusons toujours beaucoup sur scène.
Interview réalisée en visio le 3 décembre 2025 par Benoît Disdier.
Retranscription & traduction : Benoît Disdier.
site officiel de The Birthday Massacre : thebirthdaymassacre.com.
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Toujours à la recherche de nouveaux sons, j’ai tenté Pathways en Mai dernier. J’ai adoré. le dosage est subtil entre l’électronique, le Metal, les mélodies et bien sûr cette petite voix douce de Chibi, parfaite pour l’ensemble.
J’ai essayé ensuite d’autres précédents albums mais sans succès. A croire que parfois, la magie opère sur une œuvre à un moment donné , un rdv en fait.