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Live Report   

Trilogie suédoise


Suède, terre de metal ? La question est presque indécente tellement on connaît tous la réponse. Depuis ABBA et ses tubes, le pays a sacrément durci le ton et produit des références, des groupes évoluant dans des registres différents, de Bathory à Ghost. A nous les fromages qui puent, aux Suédois, les formations qui tuent.

Venant du Nord justement, ce soir, trois formations suédoises. Soilwork en ouverture et In Flames qui partage la tête d’affiche de cette tournée Rising From The North avec Arch Enemy. Si elle était initialement prévue à l’Olympia, le succès de ce plateau l’a déplacée au Zénith. La France, en tous les cas Paris, pour ne pas vexer nos chers amis provinciaux en réduisant la France à la capitale, semble aimer le death metal mélodique suédois.

Artistes : In FlamesArch Enemy
Date : 8 octobre 2024
Salle : Zénith Paris
Ville : Paris [75]

19h00, Soilwork ouvre la soirée, sur une scène assez réduite. Ce qui ne les empêche pas de proposer une prestation énergique et percutante. Björn Strid, figure de proue physique, assure son rôle de maître de cérémonie. Ses acolytes sont mobiles. L’ensemble vit. Et offre à un Zénith qui s’est vite rempli durant leur concert une très belle entrée en matière.

Aux avant-postes !

Setlist Soilwork (source setlist.fm) :

Stabbing The Drama
Arrival
Exile
Distortion Sleep
Spirit Of No Return
Övergivenheten
Death Diviner
The Ride Majestic
Stålfågel

Qui va suivre ? In Flames ? Arch Enemy ? A priori, à ce moment de la soirée, personne ne le sait. Le suspense est de courte durée comme un premier musicien apparaît sur un court petit air du répertoire d’In Flames. D’abord Chris Broderick. Silence. Liam Wilson. Silence. Björn Gellote. Silence. Tanner Wayne – il faut avoir de bons yeux. Puis Anders Fridén qui hurle : « Are you ready Paris ? » Le rideau qui masquait la scène tombe et « Cloud Connected » lance la soirée. Il est 20H10.

L’ambiance est au bleu sombre, fendue de rais de même couleur. Pas le plus bel habillage lumineux qu’il ait été donné de voir. Sur scène, au niveau du haut des marches, des éclairages horizontaux soulignent le propos. Anders est en haut, au fond, au centre. La scène possède plusieurs niveaux. Côté jardin, en haut, les claviers. Côté cour, toujours en haut, la batterie. Le bassiste occupe le milieu de la scène, niveau bas. Avec lui, sur les côtés, les deux guitaristes, qui échangeront leur place rapidement, à plusieurs reprises. Sur ce début de concert, la voix un peu en vrac. Aïe ! Anders descend enfin et se place devant, au contact des fans. Malgré quelques imperfections – le son ne sera pas terrible tout du long – l’entrée en matière reste percutante. « Take This Life » qui déboule ensuite, tout de vert vêtu, maintient la pression.

Meneur de revue né !

« If you love your friend throw him or her up in the air ! » propose le chanteur avant « Deliver Us ». Sacré Anders qui a toujours de bonnes idées pour motiver les fans. Après le bleu et le vert, l’ingénieur lumière teste le rouge orangé. Toujours dans une pénombre contrôlée. Beau démarrage avec quatre titres énergiques ! En introduisant « Voices », le chanteur remet une couche sur le fait de lancer ses amis en l’air, que c’est le moment, que demain cet ami appellera pour vous remercier.

Le public scande des « In Flames ! In Flames ! » spontanés. L’ambiance est là, dans la fosse, dans tout ce Zénith qui apprécie la prestation, la vit. Ce qui fera dire à Anders : « Shut the fuck up, we fuckin love you guys but we don’t have all the time in the world, alright », et de se lancer dans un gros monologue, à sa façon. Sans oublier de haranguer le public sur la gauche, sur la droite, au milieu, au fond, et de préciser que s’il était à un concert, il serait au fond avec une bière, donc les spectateurs du fond ne doivent pas avoir mauvaise conscience, toujours dans un mélange d’humour et de provocation amicale (« fuck you »). Il lance alors « Food For The Gods » qui va titiller les années quatre-vingt-dix et accueillir en fond de scène le logo In Flames qui remplace la peinture représentant la mascotte du groupe.

Les fans sont présents, répondent à chaque invitation. Le groupe reste dans les années quatre-vingt-dix avec un titre issu de Colony, « Coerced Coexistence ». Suit l’excellent « Trigger », à l’interprétation pas des meilleures ce soir, avant que « Only For The Weak » ne fasse se lever les gradins directement comme un seul homme. Quand nous disions qu’il y a une ambiance spéciale ce soir ! Ce titre est un grand moment de la soirée. « Stand up and enjoy the party ! », « Nobody stands still everybody jump ! » lance Anders qui maintient la foule en éveil. Le chanteur remerciera le Zénith avec force de : « Thank you ! Thank you ! Thank you ! » Il est indéniable qu’il apprécie la réaction des spectateurs. Agréable à voir.

Nouveau venu

« Meet Your Maker » arrive, accompagné d’un Jester gonflable sur le côté cour de la scène. Gros succès pour ce titre qui prouve que le public adoube la dernière publication des Suédois. « Alias » est soutenu par les applaudissements en rythme d’un Zénith qu’Anders n’a de cesse de motiver. « How do you feel inside ? I said how do you feel inside? », « Scream for me ! » Et cela fonctionne, car quand il lance « open up that fuckin pit » sur « The Mirror’s Truth », le public exécute un braveheart et enchaîne sur un circle pit.

Le chanteur dira à nouveau son amour pour ce public, évoquera la célébration du metal de ce soir, l’amitié avec Soilwork et Arch Enemy avant de présenter les musiciens et de demander à nouveau au Zénith de hurler, de se lâcher avant de lancer l’excellent « I’m Above ». Mais quel titre n’était pas percutant ce soir ? En dehors de nouveaux qui ne peuvent se targuer encore de l’appellation classique, ils sont tous imparables. « Merci de nous avoir laissés faire partie un tout petit peu de votre vie », dira enfin Anders alors que des « In Flames ! In Flames ! » montent dans la salle de la Porte de la Villette. « My Sweet shadow » clôt une belle prestation qui aurait été parfaite avec un meilleur son. Il est un peu avant 21h30, le calme revient dans le Zénith. Les fans peuvent souffler un instant. La soirée n’est pas finie !

Setlist In Flames (source setlist.fm) :

Cloud Connected
Take This Life
Deliver Us
Paralyzed
In The Dark
Voices
Food For The Gods
Coerced Coexistence
Trigger
Only For The Weak
Meet Your Maker
State Of Slow Decay
Alias
The Mirror’s Truth
I Am Above
My Sweet Shadow

Le Zénith est très honnêtement rempli. Pas de rideaux. La scène est plus avancée que dans certaines configurations mais quand même, cette assemblée est belle à voir.

21h50 passées. Un rideau rouge et blanc flanqué du leitmotiv « Pure Fuckin Metal » masque la scène. Décidément, le rideau est le thème de la soirée. Les éclairages dansent dessus pendant l’introduction. Féérique. La musique accélère, les lumières bougent plus rapidement, un pentagramme apparaît, clignotant. Les téléphones filment. Puis, pendant un court laps de temps, obscurité et silence. Etrange. Le rideau réapparaît, la machine reprend, lumières et son. Un tantinet long peut-être. Le rideau tombe enfin, découvrant la scène et les jets de fumée qui accompagnent « Deceiver, Deceiver ». Le public est tout de suite mis à contribution sur ce premier titre.

Le jeu de lumières est déjà plus élaboré que pour In Flames. Visuellement, c’est percutant. Pas dans les façades en excès, mais vu des gradins, cela a de l’allure. Le son est aussi meilleur, même si la voix pourrait être mieux mise en avant. Point commun avec la formation précédente : quelques marches sur la scène avec une élévation de la batterie qui se prolonge à droite et à gauche permettant à Alissa d’y évoluer. Ce début de prestation est dynamique, guitaristes et bassiste présents, mobiles. Pas trop d’effusion mais quelque chose se dégage de cette scène.

Michaël en action

« The World Is Yours » qui suit nous amène un album en arrière dans la discographie du combo. Sur ce titre, la chanteuse qui avait plutôt pris le devant de la scène à son compte sur le premier morceau se perche sur l’élévation, boycottant clairement les avant-postes. Curieuse attitude. Liée à l’arrivée des photographes dans la fosse ? Heureusement, Joey Concepcion et Michael Amott prendront l’espace laissé vacant. Le morceau est habillé de grands rais blancs qui partent du bas de la scène ou du niveau batterie, dirigés vers la salle. Joli. Le fond de scène se pare d’une grande tenture, dans les noir, rouge, blanc. Elégant. Alissa reste tout de même en contact avec le public. « Plus fort, je ne vous entends pas », dit-elle en français pour motiver les fans à chanter les « oh ! oh ! oh ! » sur la fin du morceau. « Merci Paris, ça va bien ? Nous sommes Arch Enemy », lance Alissa – toujours à distance – avant d’expliquer qu’arrive une de ses chansons préférées. Retour à la dernière production avec « House Of Mirrors ».

Sur « My Apocalypse », Michaël se poste devant la scène pour le tout début du morceau, les fumées reviennent et la chanteuse invite le Zénith à sauter. Les musiciens se rassembleront un court instant autour de la batterie. Ils sont effectivement mobiles, ne restent pas scotchés à leur place. La chanteuse, mobile elle aussi, évolue toujours en retrait, sur ces plateformes qui courent des deux côtés de la batterie. Elle invite le public à soutenir le solo de Michaël de ses chants. Les lumières des téléphones s’allument dans la salle. « C’est ça, c’est magnifique, allons-y ensemble. » Alissa s’exprime en français. A nouveau, sur ce titre, les deux guitaristes se postent sur le devant de la scène.

Une chanteuse qui joue à cache-cache avec les photographes

« Dream Stealer » du futur album déboule, ajoutant un degré d’agressivité. Débridé, le morceau se pare d’atours punkisants dans son ambiance. Les slammeurs continuent leur flux vers la scène, récupérés par les hommes de la sécurité. Le morceau permet à la chanteuse de montrer sa puissance vocale, particulièrement efficace sur les derniers « Dream Stealer ! ». Et vous savez quoi ? Elle a repris les avant-postes. Les photographes sont partis. Ceci expliquerait-il cela ? « War Eternal » qui suit continue de parcourir la discographie « Alissa » du groupe dont sera issue la majorité des morceaux joués ce soir. La fin sur la version instrumentale de « Fields of Desolation » fait office d’exception – ok, avec les titres issus de Doomsday Machine – et de clin d’œil aux débuts de la formation.

« France, are you still there ? » Bien sûr que la France est toujours là, répondant à chaque sollicitation. Peut-être y a-t-il moins d’effervescence dans le public que pour In Flames mais les spectateurs restent mobilisés, lançant spontanément des wall of death comme sur « As The Pages Burn » ou « Handshake With Hell ». Alissa continue en demandant si l’auditoire est au courant qu’un nouvel album est prévu dans six mois. Le groupe aimerait savoir si les fans vont l’aimer. Du coup, il pense en jouer encore un peu. Et d’expliquer que le prochain morceau n’a été entendu qu’au Royaume-Uni jusqu’à présent. Le mot clé Royaume-Uni déclenche quelques huées. Pour quelles raisons ? Allez savoir ! Ce qui interpelle Alissa qui précise que les gens sont cool côté U.K, qu’il n’y a pas de problème. Lors de ces propos, Alissa demande de laisser la salle dans la pénombre parce que, selon elle, les spectateurs seront plus attentifs ainsi. Ce fameux titre est « Liars And Thieves » qui possède aussi cet esprit punkisant constaté sur « Dream Stealer ». Intéressant. Le public suit, soutenant cet inédit de ses applaudissements.

Alissa en action

Toujours attentif, le Zénith accueille avec enthousiasme « The Eagle Flies Alone » et ne se fait pas prier pour applaudir quand Alissa l’y encourage. La chanteuse reste au contact et s’exprime en français : « OK, Paris, je crois que vous connaissez cette chanson. J’aimerais qu’on chante ensemble les paroles. » « As The Pages Burn » voit le retour des colonnes de fumée. Ambiance rouge-jaune appuyée de rais bleus, l’habillage lumineux de ce titre est chouette. La voix ici peut-être un peu moins ajustée. Les deux guitaristes se présentent à nouveau devant la scène, Alissa se saisit d’un drapeau noir flanqué du visuel blanc du groupe… Il se passe des choses sur scène !

« Sunset Over Empire » qui suit offre un bel échange entre le public et le groupe comme les fans sont invités à chanter à la suite des riffs que Michaël décoche. On aimerait en avoir encore un peu plus tellement cette communion est le cœur des concerts ! « Nemesis » verra aussi un bel échange entre le groupe et la salle qui scandera les « Hey ! Hey ! Hey ! », applaudira pour soutenir le morceau sur la fin duquel des ballons rouges et noirs sont lâchés. Certains fans en ramèneront un chez eux. Espérons qu’ils aient un grand appartement !

Il est vingt-trois heures passées quand la fête se termine. Elle était belle. Pure metal. Avec un public enthousiaste et acteur de sa fête. Alors, oui, In Flames doit améliorer le son, oui, Alissa en fond de scène pendant trois morceaux, ce n’est pas génial, mais le metal était à l’honneur avec cette superbe trilogie suédoise. Alors, ne boudons pas notre plaisir !

Setlist Arch Enemy (source setlist.fm) :

Deceiver, Deceiver
The World Is Yours
House Of Mirrors
My Apocalypse
Dream Stealer
War Eternal
Liars & Thieves
The Eagle Flies Alone
First Day In Hell
As The Pages Burn
Sunset Over The Empire
Handshake With Hell
Nemesis
Fields Of Desolation (version instrumentale)



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  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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