Vingt ans : c’est ce qu’aura duré l’aventure Urfaust. Fondé en 2003 par IX (guitare, claviers, voix) rapidement rejoint par VRDRBR (batterie), le groupe, qui a su se faire une place dans l’underground en reprenant les principes fondateurs d’Isengard – pour le black metal lo-fi, éthylique, rudimentairement folk – et y ajoutant une bonne dose de Burzum – pour l’ambiant et l’esthétique – a en effet décidé de retourner à l’obscurité d’où il avait émergé après un septième et dernier album, Untergang, sorti cet été. Entre temps, le duo hollandais aura égrené les sorties – splits, live, EPs – et créé un univers singulier, sombre et mélancolique, où l’ivresse et l’errance sont à l’honneur.
Au fil des années, les deux musiciens se sont à l’occasion éloignés du black metal pour traîner leurs guêtres du côté du néo-classique ou de la musique psychédélique : Untergang retrace tout ce parcours, des premiers pas du groupe dont on entend des échos tout au long de l’album jusqu’au très Geist ist Teufel « Abgrund » à ses expérimentations ritualisantes plus tardives (« Atomtod »), le tout sans lambiner. Les morceaux sont relativement courts et permettent aux musiciens d’explorer les différentes nuances d’Urfaust, qui sait se faire lourd et hypnotique (« Untergang » et « Leere »), bourdonnant et méditatif (« Höllenkosmos »), et proprement funèbre à l’occasion (« Reliquienstaub »). On ne sait jamais vraiment ce que disent les déclamations et les hurlements de IX, mais on suppose qu’il s’agit de disparaître en beauté : après deux décennies à arpenter les ténèbres, les clochards ont en effet bien mérité leur repos, et laissent avec Untergang non seulement la bande-son de leur propre cérémonie funéraire, mais aussi une version distillée de leur art derrière eux. Un concentré d’Urfaust qui est paradoxalement une porte d’entrée idéale dans l’univers du groupe.
L’album en écoute :
Album Untergang, sorti le 218 août 2023 via Ván Records. Disponible à l’achat ici





























Je connaissais juste 2-3 titres que j’avais écoutés il y a quelques années, sans que ça me marque plus que ça. Avec la sortie de cet album, ça fait un mois que je me suis plongé dans leur discographie en entier, et je n’arrive plus à décrocher, je n’écoute que ça! Très belle (re)découverte, aucun album n’est à jeter. Des ambiances très particulières, un chant singulier pour un black que je trouve très doom par moments.