Wings Of Steel, c’est l’histoire de deux amis qui se rencontrent à l’école de musique de Los Angeles et décident de redonner vie à l’âme du hard rock et du heavy metal qu’ils ont tant vénérés en grandissant. Portés par une vision commune et un rêve d’enfance, le chanteur suédois Leo Unnermark et le guitariste américain Parker Halub profitent du confinement pour écrire, enregistrer et produire ce qui deviendra leur tout premier EP, paru en 2022. Depuis, le duo avance à vive allure : un premier album studio en 2023, un live capté en France, un second disque, Winds Of Time, tout juste sorti du four et une série de concerts qui leur ont permis d’imposer leur signature, mélange d’énergie brute et de passion sincère pour un heavy metal racé et intemporel. Indépendants et sans label, ils apprennent sur le tas, refusant de sacrifier leur liberté créative au profit d’un confort illusoire.
À l’aube d’une tournée monumentale aux côtés des géants suédois du genre moderne Sabaton, nous avons échangé avec Leo et Parker, dont la complicité artistique et humaine se reflète dans chaque note. Leur credo : suivre leur instinct, honorer les maîtres d’armes et prouver que l’acier du heavy ne rouille jamais. La machine Wings Of Steel semble bien lancée pour passer avec brio les épreuves du temps qui l’attendent!
« Notre but n’a jamais été d’imiter ce que faisaient les groupes de cette époque. Ce n’est pas une copie, ni un hommage. C’est simplement dans notre ADN. »
Radio Metal : Vous vous êtes rencontrés à l’école de musique en 2019. Pouvez-vous revenir sur ce moment formateur et expliquer ce qui vous a conduits à former Wings Of Steel ensemble ?
Leo Unnermark (chant) : J’ai quitté la Suède pour m’installer à Los Angeles avec une idée bien précise : je voulais créer un groupe de rock, ou plus précisément de heavy metal. J’ai choisi d’aller à l’école de musique parce que c’était, selon moi, l’endroit où ce genre de rêve pouvait devenir réalité. Une fois sur place, je suis tombé un peu par hasard sur Parker — il faisait partie des très rares personnes là-bas à s’intéresser à ce style de musique, ce qui m’a beaucoup surpris. Je savais aussi que Parker fréquentait la même école avec la même idée en tête : rencontrer des gens et former un groupe, plus que d’y aller vraiment pour étudier [rires].
Parker Halub (guitare) : Nous étions tous les deux à cette école de musique en espérant rencontrer des gens avec qui lancer un groupe ou un projet, mais en réalité, il n’y avait pas beaucoup de monde là-bas qui aimait le même style de musique que nous. Je me souviens avoir pensé en voyant Leo : « Ok, ce gars a l’air cool. » Et un jour, l’un de nous a simplement lancé : « Eh mec, t’aimes ce genre de musique ? » « Ouais ! » Nous nous sommes tout de suite bien entendus et nous avons commencé à écrire ensemble. J’avais dix-sept ans à l’époque, et je n’avais encore jamais rencontré quelqu’un qui s’intéressait aux mêmes choses que moi. C’était génial. Après l’école, le Covid-19 est arrivé, nous nous sommes retrouvés coincés à la maison, à Hollywood, et nous avons passé notre temps à écrire de la musique. Nous avons écrit plein de morceaux, que nous avons produits, mixés et masterisés professionnellement, et nous avons sorti notre premier EP Wings Of Steel. On connaît la suite !
Votre musique capture parfaitement l’esprit du hard rock et du heavy metal de la fin des années 70 et des années 80. Comment êtes-vous parvenus à recréer cette esthétique sans tomber dans la simple nostalgie ? Comment avez-vous évité d’en faire un pastiche ?
Leo : C’est une très bonne question. Je pense que la grande différence, c’est que nous n’avons jamais cherché à composer de la musique des années 70 ou 80. C’est simplement dans notre ADN, car c’est la musique avec laquelle nous avons grandi. Elle fait partie de nous, que nous le voulions ou non. Quand nous nous posons pour composer, ce qui sort… sort, tout simplement. Et c’est pour ça que ça sonne comme ça – c’est naturel.
Parker : En fait, notre but n’a jamais été d’imiter ce que faisaient les groupes de cette époque. Ce n’est pas une copie, ni un hommage — même si j’aime beaucoup. Pour nous, la différence fondamentale est que, quand on pense aux grands groupes comme Rainbow, Black Sabbath, Iron Maiden, Scorpions… aucun d’eux ne s’est dit : « On va copier exactement tel style. » Ils étaient inspirés par la musique qu’ils aimaient et ça se reflétait dans la musique qu’ils composaient. C’est exactement notre approche. Nous aimons beaucoup de musiques différentes, la plupart issues des années 70 et 80, donc forcément, notre son en hérite. Quand nous trouvons une bonne idée — un riff, une section —, nous la transformons en chanson simplement parce que nous aimons le faire, sans calcul. Individuellement, nous avons aussi joué dans des groupes de reprises et fait d’autres choses, mais nous n’aimons pas procéder autrement que la façon dont nous procédons maintenant. Nous faisons juste notre propre truc, je suppose !
Le heavy metal n’est pas le genre le plus populaire aujourd’hui, mais quelques groupes essaient de raviver l’esprit du passé. Qu’est-ce qui rend encore cet esprit pertinent en 2025 ?
Leo : Le heavy metal n’est jamais mort, il n’a jamais disparu. D’autres genres sont apparus et l’industrie musicale a changé, c’est tout. Si on regarde aujourd’hui, je dirais même que le heavy metal est plus présent que jamais, notamment grâce à Internet : les gens peuvent écouter de la musique partout, plus facilement. Ce n’est plus mainstream, certes, mais l’accès est bien plus large, et les gens sont engagés. Il s’agit simplement de trouver la meilleure manière de présenter ta musique au public et d’assurer sur scène pour permettre au public de revivre ce qu’est vraiment le heavy metal — surtout en concert, car c’est là que ce genre est le plus électrisant.
Parker : La bonne musique est intemporelle. C’est aussi simple que ça. Il y a une raison pour laquelle on écoute encore Bach ou Beethoven des siècles plus tard : parce qu’ils ont écrit une musique incroyable. C’est pareil pour chaque époque – si c’est expressif, authentique, qualitatif, la bonne musique perdure. Ce qu’on appelle le « mainstream » dépend surtout de l’endroit où l’industrie met son projecteur. Dans les années 80, les grands groupes comme Iron Maiden, Metallica, Mötley Crüe dominaient la scène en faisant leur propre truc, puis beaucoup d’autres ont suivi la vague, créant toute une scène et un véritable élan. Puis les tendances ont changé… Ça va, ça vient, mais tant qu’il y aura des artistes capables d’écrire – objectivement – de bonnes chansons, peu importe le style ou l’étiquette, la musique trouvera toujours son public. Aujourd’hui, beaucoup de nouveaux artistes jouent du metalcore ou du hardcore – c’est typiquement ce qu’ils font maintenant. A titre personnel, j’aime plein de groupes de ce genre, même si ça ne s’entend pas dans ma musique, mais il y en a moins dans le style que nous défendons, donc quand ça arrive, ils se démarquent et les fans de metal traditionnel se disent : « Attends, qu’est-ce qui se passe là ? » C’est familier, mais rare — et c’est ce qui rend ça excitant.
« La réalité est que quatre-vingt-dix pour cent de notre travail aujourd’hui, c’est de la gestion, de la logistique, du business. Quand nous sommes sur scène, c’est là que nos vraies couleurs ressortent. C’est pour ces moments-là que nous vivons. »
Votre premier EP sorti en 2022 a été rapidement suivi en 2023 par un premier album, Gates Of Twilight, puis un album live, et maintenant un deuxième album en 2025. Comment avez-vous vécu cette transition, d’un format court à long, à un rythme aussi soutenu en trois ans ?
Leo : Quand nous avons écrit l’EP, c’était simplement le résultat de nos premières sessions ensemble. Nous composions des démos sans trop savoir comment faire, nous expérimentions. Nous voulions juste les sortir, alors nous avons appris comment les publier sur les plateformes numériques, et plus tard comment les presser en CD. Cet EP était vraiment un test pour nous – qui a bien marché. Ensuite, nous avons vite commencé à écrire Gates Of Twilight – c’était pendant le confinement, donc nous n’avions rien d’autre à faire que composer et enregistrer. L’EP nous a permis d’explorer notre son, mais Gates Of Twilight nous a donné deux fois plus de morceaux, donc une bien meilleure occasion de montrer ce que nous savions faire. Ça nous a aussi permis de partir en tournée, car cette fois nous avions un set complet, plus long que quatre ou cinq chansons. C’est pendant cette première tournée européenne que Live In France a été enregistré, sans que nous le sachions d’ailleurs [rires]. C’est ce qui rend ce live si spécial : il est totalement spontané. Nous sommes arrivés sur scène, nous avons tout donné, et tout a été capté sur le vif. C’est l’enregistrement le plus authentique qu’on puisse avoir. Quand nous avons découvert que le concert avait été enregistré, nous avons décidé de le sortir. Nous n’avions pas encore tourné aux États-Unis, en Amérique du Sud ou au Japon, donc c’était une façon de partager l’expérience live avec nos fans partout dans le monde. Cette tournée nous a beaucoup appris sur ce que nous voulions inclure dans notre musique à l’avenir, et elle a directement influencé la composition du nouvel album. Nos prestations live ont vraiment façonné ce dernier.
Parker : Pour être honnête, entre 2020 et la sortie de l’EP en 2022, nous avions déjà écrit beaucoup plus de chansons que celles que nous avons publiées. Quand nous avons attaqué Gates Of Twilight en 2022, nous avions donc déjà de l’expérience et un processus d’écriture bien rodé – il s’agissait juste de composer le temps qu’il fallait jusqu’à obtenir un album dont nous étions satisfaits. La différence principale entre l’EP et le nouvel album, c’est notre expérience du processus global mais aussi notre expérience individuelle en tant que musiciens et compositeurs. Nous avons mûri et nous sommes beaucoup plus perspicaces. En conséquence, il y a une plus grande attention aux détails. La production de Winds Of Time est plus claire, plus polie — pas surproduite, mais équilibrée. Que ce soit les lignes de basse, les voix, les guitares, etc., nous voulions que tout rende justice à la musique. Nous nous sommes améliorés dans notre manière de composer et de structurer les chansons, mais aussi individuellement, Léo en tant que chanteur et moi comme guitariste, mais aussi bassiste, puisque je joue les lignes de basse sur le disque. Si je devais résumer le chemin entre l’EP et le nouvel album, c’est ça : plus d’expérience, plus de maîtrise, et une vision plus claire de ce que nous voulons exprimer.
Votre album live a été enregistré en France. Pensez-vous que l’Europe reste une « terre du heavy metal traditionnel » plus marquée que les États-Unis ?
Leo : C’est dur à dire. Evidemment, les origines du heavy metal viennent en grande partie du Royaume-Uni et ses racines y sont restées. C’est globalement plus accessible en Europe, vu tous les festivals et concerts qui s’y tiennent – pas seulement à grande échelle, mais également à moyenne et petite échelle, ce qui permet aux groupes de venir montrer ce qu’ils ont. C’est ce qui est génial avec le heavy metal en Europe. Aux US, ça reste présent, il y a plein de groupes et une grande volonté de la part des gens de venir aux concerts. C’est juste qu’il faut que plus de festivals se développent, mais ça vient. Ça va dans le bon sens. J’ai l’impression qu’on rentre dans une bonne période pour le type de musique que nous faisons en Europe et aux US.
C’est rare qu’un groupe sorte un album live si tôt dans une carrière. Que représente pour vous le contexte live ? Est-ce votre environnement naturel ?
Le live, c’est là que nous aimerions passer tout notre temps. Si je pouvais ne faire que composer et jouer sur scène, ce serait parfait. C’est ce que nous aimons par-dessus tout. Mais la réalité est que quatre-vingt-dix pour cent de notre travail aujourd’hui, c’est de la gestion, de la logistique, du business. Quand nous sommes sur scène, c’est là que nos vraies couleurs ressortent. C’est pour ces moments-là que nous vivons. Et quand nous ne sommes pas sur scène, nous préparons toujours le prochain concert.
Parker : Pour te donner un peu de contexte, nous ne savions pas que le live était enregistré ! En fait, je ne sais pas si tu peux le voir, mais voici l’affiche du show (montre une affiche écrite en français, NDLR) qui a été enregistré à Lille. Nous avons donné deux superbes concerts en tête d’affiche en France l’année dernière. Nous ne l’avons appris qu’après le concert, mais grâce à Olivier [Garnier], ils avaient enregistré le son du concert et il nous a donné les fichiers en nous disant d’en faire ce que nous voulions. Nous avons pris certaines des chansons et avons fait un album live ! C’était vraiment cool, surtout à cette époque – c’était en 2024 et nous l’avons sorti en décembre –, car nous n’avions pas beaucoup joué en live. Ça s’explique en grande partie par la situation géographique. Je vis aux États-Unis, mais Leo vit entre l’Europe et les États-Unis, et tout le monde est un peu dispersé. Même si nous étions actifs en tant que groupe depuis deux ans, je pense qu’après avoir donné trois concerts à Los Angeles, puis onze lors de notre première tournée européenne l’année dernière, il y avait encore beaucoup d’endroits dans le monde où nous n’avions pas joué. En tant que groupe, nous faisons essentiellement deux choses : nous écrivons, enregistrons et produisons de la musique, et nous la jouons en live. Je considère que ces deux aspects sont tout aussi importants, mais le live est légèrement plus important, car lorsque tu composes de la musique en studio, c’est de la création artistique en soi, mais tu le fais pour pouvoir ensuite aller la partager. Jouer en live, c’est le moment où tu partages enfin tout ça et l’exprimes avec le public. C’est une partie très sacrée et très importante de ce que nous faisons. Avec l’album live, même si nous étions dans une situation particulière à l’époque avec le groupe, il était très important pour nous de pouvoir au moins partager quelque chose de cette expérience avec notre plus large communauté de fans à travers le monde. Nous voulions vraiment le faire et pouvoir montrer cette facette de notre travail.
« C’est inhabituel de sortir un single de dix minutes, mais justement, c’est pour ça que nous l’avons fait, car qui ose faire ça aujourd’hui ? Wings Of Steel ! [Rires] »
Vous avez choisi de rester indépendants, sans label, en produisant vous-mêmes vos chansons. Quels sont les plus grands défis que ça implique, et quelle liberté ça vous donne que vous n’auriez pas autrement ?
Leo : Le plus important pour nous, c’est la liberté créative. Je suis vraiment heureux que nous ayons réussi à la préserver et à suivre notre propre vision. Bien sûr, au départ, cette vision semblait ambitieuse — on veut toujours viser les étoiles — mais on apprend beaucoup et tant qu’on reste fidèles à ce qu’on croit, on peut y arriver. Le fait d’avoir tout gardé en interne, d’être propriétaires de nos œuvres, est un énorme avantage aujourd’hui. Si nous signons un accord maintenant, nous le ferons avec de meilleures cartes en main. Si nous l’avions fait juste après l’EP, nous aurions probablement dû supplier un label pour un contrat minimal qui nous aurait limités. Honnêtement, nous ne serions sans doute pas là où nous en sommes aujourd’hui. Cela dit, ça entraîne plein de défis : dans un label, il y a des pros pour chaque tâche — marketing, booking, communication, etc. Pour nous deux, tout gérer seuls est un travail titanesque. Ça signifie que nous n’avons pas eu le temps d’avoir un boulot à côté. C’est plus qu’un travail à plein temps : c’est entre huit et quatorze heures par jour. C’est dur d’équilibrer ça avec sa vie personnelle. Je pense que nous avons réussi, mais je pense que nous avons poussé le modèle aussi loin que nous le pouvions. Aujourd’hui, nous sentons – depuis un certain temps – qu’il y a une vraie dynamique à exploiter, et que nous avons besoin de professionnels — pas pour travailler à notre place, mais avec nous.
Parker : Fondamentalement, ce qui est difficile, c’est que ce groupe, c’est moi et Leo, et nous gérons tout. La musique, c’est-à-dire composer, enregistrer et faire des concerts, ne représente en réalité qu’une petite partie du travail total. Ça ressemble beaucoup plus à la gestion d’une petite entreprise, avec toutes les responsabilités que ça implique, y compris le côté label. Le plus gros inconvénient, c’est que nous ne sommes que des êtres humains, qu’une journée ne compte que vingt-quatre heures et qu’il y a des limites à ce que l’on peut faire. En tant que label indépendant, c’est un peu comme tout dans la vie, c’est une spécialisation qui nécessite de l’expérience, et de constituer un réseau de contacts pour avoir une base solide sur laquelle s’appuyer. L’une des choses que nous avons faites est que nous avons mis en place des partenariats, de sorte que ce n’est pas comme un contrat complet avec un label, où ils nous donnent une grosse avance mais où ils sont propriétaires de toute notre musique, et ainsi de suite. Nous continuons à tout financer et produire nous-mêmes, et nous détenons les droits, mais nous concluons des accords pour fabriquer et distribuer nos albums sur CD et vinyle sur certains territoires. En Europe, nous avons un partenariat avec High Roller Records, un label allemand. C’est vraiment génial, car ça reste notre musique, notre production, nous gardons le contrôle créatif sur notre travail, mais ils disposent d’un réseau qui leur permet de diffuser notre musique plus largement et qui permet à nos fans européens d’acheter nos CD et nos vinyles à un prix abordable. Nous avons fait la même chose au Brésil, au Japon… Nous continuons à nous occuper nous-mêmes de nos affaires aux États-Unis, car c’est plus facile puisque j’y vis et que ce n’est pas aussi difficile que dans d’autres pays.
Ce qui est bien dans tout ça, c’est que c’est très cool de savoir que nous avons fait ça nous-mêmes. Le plus important pour nous, c’est l’intégrité de la musique, tout ce que nous faisons en tant que groupe est construit autour de la musique. Notre mission est d’écrire la meilleure musique possible et de la diffuser autant que possible. C’est très important pour nous sur le plan artistique de pouvoir faire ce que nous voulons. Ça ne veut pas dire que travailler avec un producteur, avoir des informations privilégiées sur la manière de sortir ses chansons, sur le type de chansons à inclure dans un album, etc. n’est pas une perspective précieuse, car c’est absolument le cas, mais en tant qu’artistes, il est très important de pouvoir faire ce que nous sommes capables de faire. C’est l’essence même de notre groupe. Sur le plan commercial, à moins de travailler avec des personnes vraiment importantes, il n’est parfois pas garanti que les petits labels ou les petites structures mettront tout en œuvre pour assurer la promotion maximale de ton travail.
Même si notre capacité et notre expérience en tant que label sont limitées, nous savons au moins que nous faisons tout pour que ça aille le plus loin possible. Nous avons l’intention de continuer ainsi jusqu’à ce que nous nous retrouvions dans une situation où nous travaillons avec des professionnels très qualifiés qui partagent notre passion pour ce que nous faisons et qui peuvent le faire à une échelle bien supérieure à ce que nous pouvons imaginer. Voilà un aperçu général de la situation. Bien sûr, il y a une raison pour laquelle les personnes qui travaillent et dirigent les labels sont des professionnels, ils sont spécialisés dans ce domaine. Leo et moi sommes musiciens, c’est notre spécialité. Nous devons juste faire preuve de flexibilité afin de pouvoir faire connaître notre musique au public et, espérons-le, arriver à un point où nous pourrons établir des relations avec certaines de ces personnes qui travaillent et occupent différentes fonctions au sein d’un label.
« Le heavy metal est avant tout une déclaration personnelle, et ça doit le rester pour chaque artiste, car la musique ne vaut que si elle est authentique. »
Pendant plusieurs années, Wings Of Steel est resté un duo, avec des musiciens additionnels pour les concerts. Vous avez maintenant un batteur, Damien Rainaud. Pourquoi avoir gardé le groupe à deux jusqu’ici, et comment s’est fait ce recrutement ?
Leo : C’est une bonne question, qui touche en fait à la manière dont fonctionne la dynamique du groupe. Pour expliquer ça, il faut revenir un peu en arrière : comme nous l’avons dit, tout a commencé pendant le confinement, avec juste Parker, moi et un ordinateur. Nous avons écrit toute notre musique comme ça. Nous avons conservé cette méthode parce qu’elle a bien marché et nous avons développé une bonne alchimie d’écriture. Bien sûr, à l’avenir, nous sommes totalement ouverts à collaborer davantage avec d’autres membres du groupe, voire un producteur, mais jusqu’à présent, notre duo a été une formule gagnante.
Quand tu joues en live, par contre, tu as besoin d’un vrai groupe – de gens talentueux, fiables, qui assurent le show et avec qui tu t’entends bien. Lors de notre première tournée européenne, notre batteur et notre bassiste d’origine ne pouvaient pas venir, donc nous avons recruté deux musiciens sur place : Marcel Binder à la batterie et Mathieu Tröbec à la basse. Ces deux-là jouent encore avec nous sur scène aujourd’hui, tout comme Stefan Bailet, notre guitariste rythmique, qui est là depuis le début. Je sais que ça peut sembler un peu confus avec tous ces noms [rires], mais tout s’emboîte bien ! Sur notre EP et sur Gates Of Twilight, c’est Mike Mayhem, notre batteur initial, qui a enregistré les parties de batterie. Pour le nouvel album, il s’était blessé à l’épaule. Nous avons donc fait appel à Damien Rainaud, qui travaille déjà avec nous depuis le début : c’est lui qui mixe et masterise tous nos disques. Il s’avère que c’est aussi un super batteur – il tourne actuellement avec un groupe appelé Glyph. Comme Parker et moi sommes basés à Los Angeles et que notre batteur live est en Europe, c’est compliqué à gérer avec les visas, les vols, etc. Nous avons donc proposé à Damien de jouer sur l’album, et il a accepté. Nous lui avons envoyé tous les morceaux, il a joué sur les démos et nous a renvoyé le résultat avec son jeu, que nous avons trouvé super. Il se trouve qu’il est allé en France pour voir sa famille et il connaît un gars là-bas qui a un studio. Donc les batteries de l’album ont été enregistrées en France ! C’est une histoire un peu chaotique, mais au final, tout s’est parfaitement goupillé [rires].
Le premier single sorti pour Winds Of Time est le morceau-titre. Pourquoi avoir choisi un titre aussi long et exigeant – plus de dix minutes –, à contre-courant des « bonnes pratiques » de l’industrie ?
La réponse courte serait : pourquoi pas ? [Rires]
Parker : Quand nous avons commencé à écrire Winds Of Time, il y a environ un an, c’est littéralement la première chanson que nous avons a composée. Nous avons écouté la démo et nous nous sommes dit : « Putain, c’est génial ! Pourquoi on ne la sortirait pas en single ? » [Rires] C’était aussi simple que ça.
Leo : Quand nous l’avons terminé et que nous l’avons écouté, nous nous sommes rendu compte qu’il durait presque onze minutes mais ce n’était pas un problème, parce qu’il ne nous paraissait jamais redondant. Nous n’avions pas l’impression d’écouter onze minutes qui traînent en longueur. Tant que tu arrives à immerger l’auditeur dans une expérience plutôt que de le forcer à « supporter » une longue chanson, c’est gagné. Nous voulions mettre ça en avant. Nous savions que notre public allait adorer et nous pensions aussi que les gens qui ne nous connaissaient pas encore se diraient : « Mais qui sont ces types qui sortent un single de dix minutes ? Ils sont fous ? » [Rires] Finalement, ça a aussi très bien marché comme stratégie marketing.
Parker : C’est inhabituel de sortir un single de dix minutes, mais justement, c’est pour ça que nous l’avons fait, car qui ose faire ça aujourd’hui ? Wings Of Steel ! [Rires] Ce n’est pas inédit qu’un groupe de metal compose une longue chanson – il y « Rime Of The Ancient Mariner » et de nombreux autres exemples –, mais surtout, ce morceau résume ce que nous sommes et ce que nous faisons : rapide, mélodique, lourd, épique, thématiquement puissant… C’est une chanson à plusieurs visages, avec un message fort et actuel. Nous voulions donc qu’elle soit mise en avant, pas cachée à la fin de l’album.
Leo : C’est une chanson dont nous sommes fiers, qui représente parfaitement notre nouveau disque et la phase dans laquelle nous sommes aujourd’hui, en tant que compositeurs.
Je crois que vous l’avez testée en live au Heavy Week-End…
Oui, tout à fait. Nous l’avons d’abord jouée en mars de cette année, lors d’un festival en Grèce. Puis la fois suivante, c’était au Heavy Week-End, et c’était super ! Je crois que beaucoup de gens présents venaient surtout pour voir Dream Theater ou Europe, et ne nous connaissaient pas vraiment, mais nous sommes montés sur scène, nous avons joué cette chanson et nous avons senti que le public était à fond. Nous avons reçu énormément de retours positifs après ça.
« Ton voyage intérieur reflète généralement ton voyage extérieur. Le travail commence donc par soi-même. »
La chanson « Burning Sands » aborde des thèmes géopolitiques sombres, évoquant même la menace nucléaire et l’anéantissement possible de l’humanité. Contrairement à d’autres groupes plus à la Manowar, pour vous, le heavy metal n’est pas qu’un divertissement ? Faut-il aussi parler de sujets sérieux et faire réfléchir ?
Parker : C’est vrai, et même Manowar aborde des sujets sérieux et incite les gens à réfléchir, tout est symbolique. Pour nous, ça fait partie d’un tout, ça contribue à rendre la musique très belle et très spéciale. Je pense que la relation avec les chansons est unique à chacun qui les écoute.
Leo : Je ne considère pas le heavy metal comme une marque. C’est avant tout une déclaration personnelle, et ça doit le rester pour chaque artiste, car la musique ne vaut que si elle est authentique. Dans notre cas, la situation du monde aujourd’hui a joué un grand rôle dans cet album. C’était un sujet opportun à aborder. Ce n’est pas un album politique en soi, nous ne parlons pas d’une personne, d’un parti ou d’un pays en particulier, c’est plus une réflexion globale que nous laissons ouverte à l’interprétation de chacun. Si tu veux simplement écouter cette musique pour les cris aigus, les riffs puissants et les solos de guitare enflammés, vas-y, c’est parfait, fais-toi plaisir ! Mais si tu veux creuser plus loin, c’est possible aussi.
Parker : Avec cet album, tout est inspiré par le monde dans lequel on vit aujourd’hui et par cette période difficile de l’humanité. D’un côté, en tant qu’artistes, c’est ce qui nous inspire et c’est ce que nous avons écrit et reflété dans les paroles. D’un autre côté, nous ne voulions pas dire aux gens « ce type est une merde, ce type est horrible » ; à un niveau personnel, nous pourrions avoir une conversation de ce genre, mais au niveau du groupe, ça va à l’encontre de notre objectif, car nous voulons transmettre un message plus universel, nous voulons permettre aux gens d’avoir leur propre relation avec la musique, nous ne voulons pas tout voir en noir et blanc. Dans mon histoire personnelle, il y a eu plusieurs chansons dont je ne comprenais pas le sens. Apparemment, elles parlaient de quelque chose, mais je ne m’y suis pas vraiment intéressé. Puis j’ai vu une interview et je me suis dit : « Oh mon Dieu, je me suis complètement trompé, maintenant je vois cette chanson d’un tout autre œil ! » Bref, la relation individuelle que l’auditeur entretient avec la musique est sacrée pour nous. A la fois, nous avons quelque chose à dire, un message, et nous voulons que les gens puissent l’entendre. C’est une sorte d’équilibre, je suppose.
Ce sont des sujets qui vous préoccupent personnellement ?
Leo : Oui, bien sûr. Et je pense que tout le monde devrait s’en préoccuper. Mais tout commence par soi-même : la manière dont tu rends le monde meilleur dépend de ta capacité à ne pas fuir ce que tu penses être juste. C’est pour ça que nous voulons que chacun interprète nos paroles à sa manière. Je n’aime pas donner une signification unique à mes textes, mais c’est vrai que, sur cet album, certains messages sont plus explicites que sur les précédents.
Avec « We Rise », vous explorez un message plus positif, centré sur l’unité et la recherche de la paix. Comment conciliez-vous cette tension entre l’ombre et la lumière dans votre écriture ?
En voyant les choses telles qu’elles sont : tout fait partie d’un même tout. On ne peut pas avoir la lumière sans l’obscurité, ni l’obscurité sans la lumière. Même dans les albums les plus sombres, il y a toujours une possibilité d’espoir. Et inversement.
Parker : Nous aimons les contrastes, mélanger le sucré et le salé, le sombre et le maléfique, le bien et le mal, etc. Si tu écoutes notre musique dans son ensemble, tu remarqueras que c’est récurrent, nous aimons simplement le faire de différentes manières.
Leo : Et ce, que ce soit en termes de capacités musicales et de tonalités ou dans les paroles. « We Rise » est un morceau très important dans l’album. Il parle de la force qui naît de l’unité, qui a toujours été le chemin à suivre lorsque l’humanité a traversé des périodes sombres. C’est un privilège de le jouer en concert, parce qu’on sent cette énergie collective quand les gens chantent avec nous. C’est génial. Au fond, notre but est de mettre des sourires sur les visages.
Parker : Les singles que nous avons choisis pour cet album reflètent nombre des thèmes centraux explorés dans l’album dans son ensemble. « Burning Sands » et « Winds Of Time » parlent en quelque sorte de la tension qui règne dans le monde et de l’obscurité potentielle qui l’accompagne, mais « We Rise » est aussi une note positive, même si l’on doit accepter une situation qui ne va pas très bien et y voir le bon côté. Tout est question de contraste. Ça crée une certaine unité. Il n’y a pas qu’un seul côté, il y a aussi le revers de la médaille. L’album dans son ensemble est en quelque sorte un mélange de tout ça, et nous avons voulu en donner un petit aperçu avec les singles.
« Plus que tout, c’est l’esprit du heavy metal que nous cherchons à maintenir vivant. Pour moi, le heavy metal, ce n’est pas la recherche de la chanson parfaite. C’est plutôt une expérience complète, un album qui couvre une vaste diversité sonore. »
Vos paroles et votre musique ont une dimension philosophique forte. Vous avez même cité Mark Twain : « L’histoire ne se répète pas, mais elle rime souvent. » Comment ce genre de référence nourrit-il votre approche de la musique, et peut-être de la vie en général ?
Leo : Parker et moi réfléchissons beaucoup – pas seulement sur le monde qui nous entoure, mais aussi sur notre monde intérieur. Il est important de se demander quelle est sa place dans tout ça. Ton voyage intérieur reflète généralement ton voyage extérieur. Le travail commence donc par soi-même. Nous essayons d’aborder des thèmes universels comme la vie, la mort, et ce qu’il y a après. Encore une fois, nous ne cherchons pas à donner une réponse définitive. Nous préférons ouvrir la discussion, provoquer la réflexion. Je pense que c’est quelque chose qui manque souvent dans les genres musicaux contemporains.
Vous citez des influences comme Judas Priest, Queensrÿche, Whitesnake ou Dokken. Quels éléments de ces groupes cherchez-vous à perpétuer, et qu’apportez-vous de nouveau ?
L’élément principal que nous voulons préserver, c’est l’énergie brute et intense. Elle est inégalée. Plus que tout, c’est l’esprit du heavy metal que nous cherchons à maintenir vivant. Pour moi, le heavy metal, ce n’est pas la recherche de la chanson parfaite. C’est plutôt une expérience complète, un album qui couvre une vaste diversité sonore, comme Sad Wings Of Destiny par exemple — des morceaux qui déchirent, mais aussi des passages atmosphériques spacieux. C’est ça, pour moi, le heavy metal. Et c’est dans cet esprit-là que nous composons assez naturellement. C’est d’ailleurs, selon moi, la seule manière d’obtenir un son authentique aujourd’hui : rallumer la flamme, la canaliser, pas essayer de reproduire le passé.
Il y a clairement un peu de Rob Halford et de Geoff Tate dans ton chant. Quels chanteurs t’ont inspiré et aidé à forger ton style ?
C’est souvent une surprise pour les gens, mais Queensrÿche ne faisait pas du tout partie de mon éducation musicale ! J’avais peut-être entendu une chanson ou deux, mais je ne les ai vraiment découverts qu’à l’université. Les chanteurs qui m’ont formé, ce sont plutôt Paul Rodgers, David Coverdale, Robert Plant, Ronnie James Dio… des voix plus sombres et rugueuses, ce qui est amusant parce que ce n’est pas du tout comme je chante jusqu’à présent. J’ai toujours été attiré par les voix aiguës, comme celle de Robert Plant à son apogée. J’essayais de l’imiter, et avec ma propre voix, ma physiologie, ça a donné ce qu’on entend aujourd’hui. Peut-être que Geoff Tate et moi avons une approche similaire, mais ce n’est pas le résultat d’une imitation. Et je n’emploie pas ce mot de manière péjorative : c’est habituel, et c’est même sain quand on est jeune, d’essayer d’imiter d’autres chanteurs, car c’est ainsi qu’on découvre des sons intéressants. Ensuite, il faut les adapter à sa voix, trouver sa propre voie sans se faire mal.
Tu donnes aussi des cours de chant en parallèle du groupe. En quoi cette activité influence-t-elle ton approche quand tu écris ou interprètes les chansons de Wings Of Steel ?
J’apprends sans cesse, et c’est exactement ce que je dis à mes élèves. Je ne prétends pas être le meilleur professeur pour tout le monde. J’ai une approche très personnelle : j’essaie de travailler avec la voix de chacun, de partager ma vision de celle-ci, et ensemble, nous essayons de définir comment elle sonne, la personne explique ce qu’elle ressent, puis nous tombons sur une compréhension commune et trouvons le bon chemin pour avancer. Jusqu’à présent, cette approche a porté ses fruits. Je ne donne pas autant de cours que je le voudrais, faute de temps, mais j’adore ça. C’est très bénéfique pour moi aussi, parce que devoir expliquer des sensations vocales complexes m’oblige à clarifier ma propre compréhension. Je n’utilise pas de manuels d’anatomie – j’essaie d’expliquer les choses avec mes mots et de les relier à ce que l’élève ressent. C’est difficile, mais plus tu le fais, plus tu deviens précis, et plus tu fais le lien entre les idées et les sensations. Et j’apprends aussi beaucoup de mes élèves ! Certains sont très talentueux et apportent eux-mêmes des petits ajustements et améliorations. Quand ils appliquent une technique, ils sont parfois là : « Oh, c’est vraiment cool, mais je le sens plutôt de cette manière. » Et moi, je suis là : « Ah super, je vais essayer ! » C’est une relation de bénéfices mutuels.
« Nous sommes individuellement des musiciens et nous voulons le montrer autant que possible, mais le fait est qu’en tant que telles, nos capacités seront mises en valeur au mieux lorsque nous créons une chanson mémorable. »
Parker, tu enseignes toi-même la guitare. Question similaire : en quoi cela influence-t-il ta manière de composer ou de jouer dans Wings Of Steel ?
Parker : Je pense qu’il existe différents niveaux de connaissance. On peut ne rien savoir, on peut avoir une connaissance très superficielle, on peut connaître quelque chose assez bien, on peut connaître quelque chose si bien que ça devient une seconde nature, et enfin, on peut l’enseigner [rires]. J’ai l’impression que l’enseignement est presque la dernière étape pour maîtriser plein de choses différentes, car tu peux avoir ta propre façon d’intérioriser quelque chose, mais si tu dois le faire de manière à ce qu’une autre personne puisse le comprendre, tu vas devoir retourner chaque pierre, pour ainsi dire. C’est vraiment plus une question d’attention aux détails, de penser à ceux auxquels, autrement, tu n’aurais peut-être pas pensé. Je pense que toutes ces petites choses contribuent à la maturité d’un musicien, car d’un côté, il y a bien sûr l’aspect technique, où l’on joue tout assez clairement, dans une certaine mesure, mais la guitare est aussi un vecteur. C’est comme une langue, je l’utilise pour essayer de dire ou d’exprimer ce que je souhaite. Plus sage et mature on devient – que ce soit moi en tant que guitariste, Leo en tant que chanteur ou n’importe quel musicien –, mieux on arrive à canaliser ce qu’on a à l’intérieur. L’enseignement est un excellent outil pour faciliter ça encore plus.
Tu es responsable de beaucoup des riffs et arrangements. Comment trouves-tu l’équilibre entre ton jeu instrumental et la place que doit occuper la voix de Leo ?
C’est beaucoup plus simple qu’on pourrait le croire. Même si je compose la plupart des riffs, c’est lorsque Leo et moi travaillons ensemble que Wings Of Steel prend forme. Bien sûr, j’ai peut-être un riff en tête, mais ensuite nous travaillons sur un couplet et je dois faire quelque chose qui permette à sa voix de s’intégrer et de bien fonctionner avec la musique. C’est un peu plus simple que de réfléchir de manière analytique à la façon dont ça va fonctionner. Leo et moi, tout ce que nous faisons est au service de la chanson. Nous sommes individuellement des musiciens et nous voulons le montrer autant que possible, mais le fait est qu’en tant que telles, nos capacités seront mises en valeur au mieux lorsque nous créons une chanson mémorable. Mes musiciens préférés, guitaristes, batteurs, bassistes, chanteurs, font tous partie d’une musique formidable, et ce qui les rend formidables, c’est leur capacité à créer une chanson, car c’est la chanson qui touche les gens. Je suis musicien, guitariste, et j’adore toutes ces techniques folles, mais le meilleur, c’est toujours ce qui a quelque chose à dire, ce qui a un sens plus profond, une énergie plus profonde derrière. La technique, ce sont des outils, les outils, c’est cool, mais il faut les utiliser pour créer quelque chose. Tout est une question de trouver un équilibre. Leo fait son truc ici, je fais mon truc là, nous travaillons ensemble ici… Ce ’’est pas seulement le chant et les guitares, c’est aussi la basse et la batterie.
Vous avez déclaré que le groupe vous permettait de vivre votre rêve d’enfant. Avez-vous le sentiment de vivre ce rêve aujourd’hui, ou y a-t-il encore une étape à franchir ?
Leo : Il y a parfois des moments où je me dis : « Oh merde, on y est ! » [Rires] La plupart du temps, nous sommes tellement pris par le travail – la gestion, les tournées, tout – que c’est difficile d’en profiter pleinement. Mais il y a des instants magiques : à chaque fois que tu joues, que le public chante tes paroles et que tu peux lâcher le micro et les laisser chanter à ta place, c’est fou ! Le Heavy Week-End a été un de ces moments. Être sur cette immense scène, jouer avec certains de mes héros d’enfance, etc., c’était assurément un électrochoc. Puis quand nous avons décroché la tournée nord-américaine avec Sabaton, c’était un autre rêve devenu réalité. Nous allons jouer dans des salles que je ne faisais qu’imaginer enfant. Il y a donc des moments comme ça qui te prennent par surprise de temps en temps.
Comme tu viens de le dire, vous allez rejoindre Sabaton sur leur tournée Legends On Tour en 2026. Qu’est-ce que ça vous fait de partager la scène avec l’un des plus grands groupes de power/heavy metal actuels ?
C’est complètement fou. Quand je l’ai appris, j’en ai eu des frissons partout [rires]. Ça rend humble et c’est extrêmement gratifiant. Je ne remercierai jamais assez les gars de Sabaton d’aider le heavy metal traditionnel, d’avoir tendu la main à un jeune groupe comme nous, de nous donner cette chance incroyable d’être face à cette communauté de fans enthousiastes et de vivre le rêve dont nous parlions. J’ai hâte de rencontrer les gars de Sabaton pour les remercier en personne. Et ce qui est encore plus cool, c’est qu’ils sont suédois – comme moi –, donc ce sera sympa de discuter avec eux !
Interview réalisée en visio les 1er et 2 octobre 2025 par Mathilde Beylacq.
Retranscription & traduction : Mathilde Beylacq.
Site officiel de Wings Of Steel : wingsofsteelband.com.
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