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Live Report   

Xtreme Fest : l’énergie brute au cœur du Tarn


Pour sa douzième édition, l’Xtreme Fest a une fois de plus confirmé sa place de référence en Occitanie pour les amateurs de hardcore, punk et metal, dans une ambiance chaleureuse et toujours à taille humaine. Installé sur le site naturel de Cap Découverte, à Carmaux dans le Tarn, le festival a été, du jeudi 31 juillet au samedi 2 août 2025, le théâtre de concerts intenses dans une ambiance des plus chaleureuses. À ce titre, l’organisation a une nouvelle fois déployé son format à plusieurs scènes avec la Family Stage, la scène principale et l’Estafette, la petite scène secondaire pour mettre en lumière des groupes émergents ou aux identités affirmées. Enfin, la X-Cage, une cage de métal directement posée au sol, accueille chaque soir un concert unique, en forme d’un véritable concentré d’énergie brute. À côté, le festival off rythme les journées avec une multitude d’animations gratuites : skate, karaoké, bingo, lotos, jeux vidéo, stands divers et food trucks, créant un véritable espace de convivialité et de partage pour tous les festivaliers.

En ce qui concerne la programmation, l’Xtreme Fest a encore rassemblé des figures majeures du hardcore, punk et metal telles que Hatebreed, Bane, Raised Fist, The Exploited, Madball, Mass Hysteria, Cro-Mags ou Napalm Death, mais aussi une nouvelle génération de groupes comme Crystal Lake, Locomuerte, Sun, Aurore, etc. Une attention particulière a aussi été portée à la place des femmes sur scène au travers de formations comme Madam, King Kong Meuf, Escuela Grind, Wake The Dead ou bien Novelists. Avec cette belle affiche et un soleil omniprésent, les festivaliers sont restés fidèles au rendez-vous, en faisant vibrer Cap Découverte au rythme de riffs puissants et de mosh pits enflammés. Trois jours d’intensité folle où l’amour du hardcore, punk et metal s’est mêlé à la joie simple de partager ensemble une expérience authentique. Retour sur cette édition mémorable qui a su allier force brute et véritable convivialité.

Evénement : Xtreme Fest 2025
Date : 31 juillet au 2 août 2025
Site : Cap Découverte
Ville : Gand [81]

Jour 1

16h30. Les premiers festivaliers s’avancent encore lentement vers la Family Stage, bière fraîche à la main en mode repérage des lieux. Mais dans le calme relatif de cet après-midi, Voidheart monte sur les planches pour officiellement lancer les hostilités de l’Xtreme Fest 2025.

16h30 VOIDHEART (Family Stage)

Le groupe, originaire de Montpellier, est encore jeune – formé en 2024 – mais il en impose avec, dans ses rangs, deux vétérans de la scène hardcore hexagonale (Providence, Martyrs) épaulés par deux pousses de l’univers metal. Cette formule fonctionne plutôt bien en live avec une musique rentre-dedans qui rappelle parfois les bons vieux Machine Head ou Bleed From Within. L’alternance du chant hurlé et du chant clair amène pas mal de relief à l’ensemble (« Grip Of Greed ») au travers de riffs massifs et de breaks bien placés (« Beyond The Guise », « Echoes »). Le public, encore peu nombreux à cette heure, est pourtant bien là. Au bout de quelques minutes Les premiers signes de mosh timides émergent ici et là et l’énergie déployée sur scène finit par déborder dans la fosse. En ouvrant le bal avec une telle intensité, Voidheart donne le ton pour les trois jours à venir et rappelle que même à l’heure de la digestion, l’Xtreme Fest ne va laisser aucun répit…

Setlist :

Beyond The Guise
Grip Of Greed
Every Choice
Echoes
Captivate
Headhup
Left To Suffer

17h00 UP RIGHTS (L’Estafette)

Sur la scène de l’Estafette, Up Rights balance un concert plein d’énergie, fidèle à l’esprit hardcore straight edge qui l’anime depuis plus de vingt ans. Le chanteur Quentin, unique survivant du line-up originel, porte toujours la flamme du groupe au travers d’un discours positif et engagé. Comme on pouvait s’y attendre, les Toulousains enchaînent des titres old school percutants, véritables hymnes qui frappent fort et font mouche à chaque fois (« We Are Back », « Human As You », « Blind »). Très vite, l’énergie brute sur scène se transmet directement au public, qui y répond avec ferveur. D’ailleurs, Quentin va dans le public au plus près des fans pour lancer des sing alongs (la reprise de 7 Seconds, « Young Till I Die »), créant ainsi une communion intense avec les festivaliers présents. En l’espace d’une petite demi-heure, Up Rights prouve que son hardcore reste porteur d’espoir et d’authenticité. La flamme et la persévérance brûlent toujours !

Setlist :

Pride
We Are Back
Love Them All
Young Till I Die
The Lucky One
Blind
Confrontation
Make A Change
Adidas Sportswear
Difference

17h40 SEX SHOP MUSHROOMS (Family Stage)

Sur la scène de la Family Stage, Sex Shop Mushrooms distille un grunge profondément marqué par l’héritage de Nirvana. Originaire de Paris, le groupe porte l’ombre de Kurt Cobain au-dessus de ses compositions, entre mélancolie et rage contenue. Dans le cadre de sa tournée démarrée en juin, la formation propose quelques morceaux de son premier album God Doesn’t Exist sorti l’année dernière avec notamment « So Sadly » et « Monkeys Be Like » mais dévoile surtout des nouveaux titres comme « Your Eyes », « Submerged », « Dissonance » ou « Nice Place To Die » qui passent bien l’épreuve du live. On sent que le concert dégage une belle intensité, même s’il reste plus posé et moins enflammé que les sets de Voidheart ou Up Rights. Toutefois, la sincérité et la puissance émotionnelle des Parisiens sont palpables au fil de ce petit moment de grunge à la sauce de trio de Seattle.

Setlist :

Submerged
Nice Place To Die
So Sadly
Help Me
Hush
Dissonnance
Your Eyes
Monkeys Be Like
13 12 17
Today My Girlfriend’s Dead

18h30 AURORE (L’Estafette)

Lorsqu’Aurore monte sur scène, le groupe met en place d’entrée de jeu un set abrasif et intense, fidèle à son style hardcore aux influences NYHC, metalcore et nu metal des 90’s. Originaire de Marseille, le groupe, soutenu par Florent Salfati, le chanteur de Landmvrks, livre au fil de son concert une performance ô combien nerveuse qui met tout le monde d’accord. Porté par l’énergie de son frontman Clément et des riffs en forme de parpaings, les Marseillais mettent largement en avant leur premier album Sparks, au travers de brûlots qui mêlent rage et mélodies bien senties (« Run », Holidays »). Entre ses breakdowns hargneux et ses refrains scandés en chœur par les fans du gang marseillais, Aurore a dévoilé deux morceaux inédits (dont les titres restent secrets), mais qui annoncent une suite bien prometteuse ! Le public, compact et réactif, a été happé par l’intensité scénique du groupe, dans un moment où le hardcore se fait à la fois brutal et profondément humain.

Setlist :

Run
Roller Derby
Cool
New Song #1
Holidays
Hostile
Kill Him
New Song #2
Sparks Die Young
Whip It !

19h15 BANE (Family Stage)

C’est vers 19h que les choses sérieuses commencent avec les Américains de Bane, fraîchement reformés depuis 2023 après quelques années de silence. Les festivaliers sont donc impatients de pouvoir retrouver les légendes du Massachusetts, d’autant plus que ce passage à l’Xtreme Fest est leur seule date française en 2025. Le groupe délivre sans crier gare son hardcore old school qui mêle mélodie et rage primaire, portée par la voix du charismatique Aaron Bedard. De son côté, le public se donne à fond dans le pit et scande les refrains avec ferveur, porté par des breakdowns implacables et une énergie communicative lorsqu’Aaron vient chanter avec les fans. Malgré une discographie bien établie, c’est sur scène que Bane révèle toute sa force, incarnant l’intensité du hardcore classique à la hauteur de sa réputation.

Setlist :

Some Came Running
The Young And The Restless
Swan Song
Calling Hours
All The Way Through
Ali Vs Frazier
In Pieces
Final Backward Glance
The Bold And The Beautiful
Can We Start Again

18h30 ØRDEM (L’Estafette)

Déjà vus lors de l’Xtreme Fest 2022 et sur la même affiche que No Turning Back et Calcine en février à Albi, les Toulousains d’Ørdem jouent presque à domicile. Dès les premières mesures de l’opener, c’est un hardcore / metal massif et percutant qui s’impose avec des riffs puissants et des breakdowns implacables. L’énergie débordante du groupe captive rapidement le public, notamment grâce à une présence scénique intense du chanteur Enzo et à une rythmique qui oscille parfois entre influences beatdown et post-hardcore. En quelques minutes, Ørdem affirme un son brutal mais maîtrisé, où mélodie et violence cohabitent parfaitement. Cette performance à l’Xtreme Fest 2025 transforme avec brio les précédentes prestations des Toulousains qui confirment ici une jolie montée en puissance constante. Ørdem se pose comme un acteur incontournable de la scène locale hardcore, prêt à conquérir d’autres territoires.

20h45 ALMA (X-Cage)

Enfin ! Le moment est venu pour les festivaliers de se frotter avec la X-Cage posée sur le sol entre la Family Stage et L’Estafette. Et c’est Alma qui va ouvrir le bal avec un set intense et un hardcore sans concession (« Iron Legs », « Crypt », « Fading Process »). Très vite, les spectateurs se pressent contre la cage et certains grimpent même sur la structure, portés par l’énergie brute du groupe de Tours. Avec des compositions relativement courtes issues principalement de l’album Time’s Running Out et portées par la voix puissante et expressive de Giny Jo, la sauce n’a pas de mal à prendre dans l’assemblée si bien que certaines réussissent même à rentrer dans la cage ! Mais Alma n’en a cure et enchaînent les brûlots sans pause, ce qui donne beaucoup d’impact dans ce lieu confiné. Et mine de rien, cette configuration unique transforme le set des Tourangeaux en une véritable expérience immersive et viscérale à l’instar des titres comme « Eternal Quest », « Fading Process » ou la reprise de Strife, « Blistered ». Quelle gifle !

Setlist :

Leave Behind
Iron Legs
Raging Dogs
Crypt
Eternal Quest
Fading Process
Blistered
Great Escape
Messy

21h15 RAISED FIST (Family Stage)

Lorsque Raised Fist entre sur scène, c’est comme une décharge au sein du public de l’Xtreme Fest. En effet, les premiers morceaux des Suédois déclenchent instantanément une vague de mosh pits furieux et de slams. Il faut dire que le groupe ne cherche pas l’effet facile tant il balance d’entrée de jeu son hardcore punk mâtiné de metalcore avec une brutalité presque sèche (« Anthem », « Killing It »). Ainsi, le chanteur Alexander Hagman parle peu mais vise juste au fil de ses parties vocales hurlées. Chaque titre frappe fort, mais la violence de certaines compositions empêche parfois une immersion immédiate, surtout pour les curieux venus découvrir la musique des Suédois. Le noyau dur, lui, répond présent, galvanisé par ce son sec et frontal. Sur scène, les musiciens restent concentrés, précis et totalement engagés. Pas de temps mort, pas de surjeu, Raised Fist joue à bloc, puis quitte la scène comme il l’a prise : d’un seul mouvement.

22h15 MADAM (L’Estafette)

On attendait beaucoup de Madam car depuis quelque temps le groupe a le vent en poupe et réalise de jolies prestations scéniques. Le trio attaque frontalement dès « Broken City » pour dérouler un set tendu, précis, où chaque titre chargé d’un calme menaçant explose. Porté par l’intensité brute de l’album Thank For The Noise et nourri des deux EP précédents, le concert installe une dynamique implacable. L’ancrage scénique est solide, Madam sort le grand jeu et on en prend plein les oreilles ! Et même si un bref incident dans le public interrompt la dynamique, la tension n’est pas cassée et le reprise se fait nette, sans détour, comme si rien ne pouvait fissurer ce qu’il se passe sur les planches. Madam ne fait pas le spectacle : elle le crée, morceau après morceau. Et ce soir, personne ne regarde ailleurs…

Setlist :

Broken City
Mad
Rodeo
Your Song
La Meute
Battleground
Hate You
The Ride
The Niki Song
Lily
Witches
Mirrors
Dance

23h00 HATEBREED (Family Stage)

Malgré un changement récent du côté des guitares avec Matt Bachand en remplacement de Wayne Lozinak pour raisons de santé et les poursuites judiciaires engagées par l’ancien bassiste Chris Beattie à l’encontre du groupe et de Jamey Jasta, Hatebreed ne compte pas s’en laisser compter. Ainsi, en l’espace de quelques minutes, les Américains mettent en place un set solide et maîtrisé qui fait mouche au sein du public. En effet, les musiciens ont opté pour un concert énergique et sans temps mort, témoignant d’une volonté de faire sauter la baraque au travers de brûlots comme « A Call For Blood », « As Diehard As They Come », « Destroy Everything » ou « Seven Enemies » qui sont tout bonnement imparables. De son côté, Jamey Jasta interagit régulièrement avec le public en instaurant une complicité palpable. L’homme invite souvent les fans à participer activement sur les chœurs et n’hésite pas à donner de sa personne au ras des barrières. Bien que le show soit ultra rodé et presque millimétré, Hatebreed déploie l’artillerie lourde afin de mettre tout le monde d’accord. Et ça marche plutôt bien ! En guise de conclusion festive, un ballon géant est lancé dans le public, ponctuant une prestation qui confirme la vitalité intacte des Américains malgré les remous internes.

Setlist :

I Will Be Heard
Make The Demon Obey
Tear It Down
To The Threshold
Serve Your Masters
A Call For Blood
Before Dishonor
As Diehard As They Come
Destroy Everything
This Is Now
Driver By Suffering
Proven
Seven Enemies
Perseverance
Smash Your Enemies
Last Breath
Live For This
Looking Down The Barrel Of Today

00h00 SIBERIAN MEAT GRINDER (L’Estafette)

Dernier groupe à fouler la scène ce soir, Siberian Meat Grinder ne cherche pas à s’économiser. Bien que projet parallèle d’un des membres de Moscow Death Brigade, la formation affirme ici sa propre identité, moins militante, plus centrée sur le défoulement pur et simple. Le ton est vite donné dès les premiers instants lorsque le frontman masqué (le Bear Tsar) se pose en chef d’orchestre d’un chaos parfaitement organisé (« Still In The Game », « Hail To The Tsar »). La setlist pioche allègrement dans un mélange de thrash, de punk et de hardcore qui fait exploser le pit. Les morceaux s’enchaînent sans relâche et galvanise un public encore loin de l’épuisement malgré l’heure. La scène devient alors le terrain d’un exutoire collectif, où chaque breakdown, chaque accélération déclenche des mosh pits en fosse. En guise de clôture de cette première journée de festival, Siberian Meat Grinder mise sur l’efficacité. Et c’est précisément ce qu’il livre : un set massif qui a pour but de mettre tout le monde sur les rotules. Mission accomplie en seulement quarante-cinq minutes au travers d’un concert sans détour qui scelle cette première journée dans un fracas (plus ou moins) maîtrisé…

Setlist :

Into The Grinder
Still In The Game
Face The Clan
Bear Cult Is real
Walking Tall
Hail To The Tsar
No Way back
Arise
One United Family

Jour 2

Avec une première journée démarrée tambour battant la veille avec un public sauvage, ce deuxième jour sold-out débute sous les meilleurs auspices sous un beau soleil. Après avoir bien profité de la place du lac de Cap Découverte, les festivaliers affluent petit à petit vers la Family Stage…

16h30 PITFLOOR (Family Stage)

Il est encore tôt pour certains mais pour cette ouverture du deuxième jour de l’Xtreme Fest 2025, Pitfloor compte tout donner, même face à un public encore clairsemé. Originaire de Meaux et composé de membres issus de Danforth ou Doppelganger, le groupe propose un hardcore crossover puisant un peu partout, avec un chant alterné en français et en anglais en fonction des morceaux. La setlist puise principalement dans l’EP Zombies (« Virus », Trigger », 380War », « Balek ») et la démo Karma One (« Colors »), au fil de morceaux directs et accrocheurs qui captivent progressivement les premiers arrivants. Sur scène, l’énergie ne faiblit jamais, malgré l’effectif réduit dans la fosse. Pitfloor impose une entrée en matière convaincante, posant les bases d’une journée qui s’annonce intense.

Setlist :

380War
Colors
Trigger
Balek
Crack House
Predator
Virus

17h00 NOT YOUR MOTHER (L’Estafette)

Né à Toulouse fin 2023, Not Your Mother impose vite son univers déjanté sur la scène de L’Estafette grâce à son mélange de heavy rock et de punk, le tout avec une bonne dose d’humour noir (« Just As Fucked »). Composé entre autres du tatoueur Pierre Laguens et de Loup Malevil, le quatuor s’inspire ouvertement de Motörhead, AC/DC et NOFX pour façonner un son à la fois puissant et incisif à l’image de son premier EP, Not Your Mother… Fuckers, enregistré par les Productions du Chauve, qui pose déjà les bases d’une identité bien marquée. Sur scène, malgré un public clairsemé en début de set, l’énergie du groupe fait rapidement son effet (« You Got It ! », « Low Pressure », « Down The Road »). Les échanges nombreux entre les morceaux, pleins de second degré et de dérision, renforcent la complicité avec les spectateurs. Peu à peu, le devant de scène s’étoffe et chacun se laisse happer par cette spirale rock n’roll déjanté. Au final, Not Your Mother réussit pleinement son pari, emportant les festivaliers dans un tourbillon d’énergie brute et de bonne humeur décapante. Bien joué !

Setlist :

Intro
Kill Me Now
You Got It !
Down The Road
Very First Time
Instrumental
Come Back My baby
Low pressure
I Will
Patator
Just As Fucked

17h40 SUN (Family Stage)

Après l’énergie brute de Not Your Mother, la Family Stage attire rapidement un public dense, venu voir Sun, ce projet singulier de brutal pop qui fait tant parler autour de lui. Dès que Karoline Rose Sun arrive sur scène vêtue d’une robe à froufrous et d’un voile léger qui ajoutent une touche mystique à sa présence, celle-ci s’impose instantanément. Sur scène, le trio composé de la chanteuse / guitariste, du bassiste Bassem et du batteur Boris, délivre une fusion audacieuse entre la pop mainstream et le metal extrême, au travers d’une musique qui offre un contraste saisissant entre passages de pop mielleuse et envolées de metal abrasives. Pour ce faire, Karoline Rose Sun navigue avec aisance entre un chant doux et mélodieux et des growls gutturaux puissants. Et mine de rien, ce mélange détonant de brutal pop crée une atmosphère unique qui captive immédiatement l’audience. Au final, le public est conquis, emporté par l’énergie et l’originalité de Sun, qui s’affirme sans conteste comme l’un des projets les plus intrigants et réussis du festival.

Setlist :

I Killed My Man
Fast Car
Free Your Soul
Painful Attraction
Come Clean
Survivor
Golden
I Follow Rivers
Krystal Metal
John And I
Higher Fire

18h30 KING KONG MEUF (L’Estafette)

Auréolé d’une réputation scénique sulfureuse, le public se presse vite sur le devant de la scène pour voir King Kong Meuf. Le quatuor entre en scène en culotte et seins nus, camouflés sous des vestes oversized, annonçant d’emblée une prestation punk à la fois débridée et revendicatrice. Dès les premières notes de « Bon App’ », c’est un véritable coup de poing sonore et visuel qui s’abat sur le public. King Kong Meuf bouscule les codes avec une énergie brute et une esthétique sans fard, refusant les conventions et mettant en avant un message féministe puissant et direct (« Apocalypse Bébé », « Kamikaz Étincelle », « Bain2Sang »). La musique fuse, rugueuse et sans compromis, portée par un engagement palpable dans chaque parole, chaque cri. Le public, d’abord curieux, se laisse vite happer par cette vague punk rageuse, oscillant entre fascination et adhésion. Pourtant, l’intensité de cette déferlante se heurte parfois à la configuration du festival, où la marge de public plus large impose une certaine retenue. Le groupe, fidèle à son style, ne perd rien de sa force mais voit sa véhémence légèrement tempérée par le cadre. Cela n’empêche pas King Kong Meuf de livrer un set costaud, chargé d’une urgence contagieuse qui laisse une empreinte indélébile dans l’atmosphère du festival.

Setlist :

Bon App’
Apocalypse Bébé
Police Kills
Kamikaz Étincelle
C’Est Comme Ça
KKM
Chiffons
Feu
Kass1tete
Immeuble
BB L’TRoPHé
C’Est Dégueulasse
Bain2Sang
Red Flag
Interlude
F.T.G (Les Punks)
PANiKABoRD!

19h15 CRYSTAL LAKE (Family Stage)

Après une après-midi déjà bien chargée en décibels, la scène s’embrase vite à l’arrivée des Japonais de Crystal Lake et le public de l’Xtreme Fest s’apprête à vivre un moment de pure violence sonique. Pas de temps mort, pas de demi-mesure : le quintet du pays du Soleil-Levant met en place une prestation rentre-dedans d’une rare intensité qui oscille entre metalcore technique avec des touches de nu metal et deathcore ici et là. En l’espace de quelques mesures, Crystal Lake ne laisse aucun répit aux spectateurs. Il faut dire que devant une section rythmique implacable, le « nouveau » chanteur, John Robert Centorrino (arrivé en 2023), s’impose sans discussion avec sa présence scénique redoutable. Le hurleur en chef harangue les festivaliers et déclenche circle pits et walls of death à répétition. La précision du jeu, couplée à une rage presque animale, fait de ce set l’un des plus percutants du week-end. Ce concert de Crystal Lake restera comme l’un des moments forts du festival, une véritable démonstration de force qui a mis tout le monde d’accord : au Japon comme à Cap Découverte, le metalcore a de beaux jours devant lui !

20h00 LOCOMUERTE (L’Estafette)

Alors que la poussière commence à se mêler à la sueur des festivaliers, Locomuerte débarque sur scène pour déclencher instantanément une déferlante d’énergie furieuse et festive sur l’opener « Tiro Pa’ Matar ». Les musiciens sautent partout, arpentent la scène avec une fougue contagieuse et balancent un set à l’intensité explosive (« Demonios », « Ronque »). C’est brut, c’est direct et surtout c’est ultra efficace (« La Brigada De Los Muertos », « B91 », « Los Narcos »). Impossible de rester de marbre face à cette tornade de crossover hardcore teinté de groove latino. Le public, déjà nombreux devant la scène, se transforme rapidement en un océan de pogos. Il faut dire que le capital sympathie du groupe est immense grâce à des échanges constants avec les festivaliers. Locomuerte ne se contente pas de jouer, il fédère vraiment autour de lui. Le lien entre la formation et ses fans est palpable, presque familial. On est là pour se défouler, mais aussi pour partager un bon moment tous ensemble…

Setlist :

Tiro Pa’ Matar
Parano Booster
La Brigada De Los Muertos
Bandolero
Ronque
Demonios
B91
Barrio
Mi Familia
Los Narcos
La Vida Loca

20h45 SOUL SPLITTER (X-Cage)

Il est 20h45 et la tension monte d’un cran autour de la X-Cage, ce fameux espace clos et survolté où le public peut se rapprocher au plus près des artistes et laisser libre cours à son énergie déchaînée. Ce soir, ce sont les Niçois de Soul Splitter qui ont la lourde tâche d’enflammer cette arène avec leur metal hardcore moderne. Passé une petite intro, c’est « Savage » qui met le feu aux poudres au sein de la cage mais aussi au dehors puisque pas mal de spectateurs n’hésitent pas à escalader la structure pour se jeter dans la mêlée, incarnant parfaitement l’esprit de ce morceau. Le groupe, lui, n’a pas de mal à imposer son style sans compromis au fil de ses compositions brutales comme « Herd Of Sheep », « Still » ou « Deceptive Serpent ». La tension est palpable et les musiciens donnent tout ce qu’ils ont dans cet écrin étroit. D’ailleurs, la proximité avec le public décuple la violence du set et la communion avec les festivaliers s’opère immédiatement avec notamment un gigantesque circle pit autour de la cage ! En l’espace de trente minutes, Soul Splitter a signé une prestation brûlante et physique qui a secoué la cage de la première à la dernière note.

Setlist :

Intro
Savage
Herd Of Sheep
Still
Deceptive Serpent
Dark Room
Bound To Fear
E.H.M.

21h15 THE EXPLOITED (Family Stage)

En tournée quasi constante depuis des décennies, The Exploited continue d’affirmer sa place incontournable dans le paysage punk rock mondial. Ce soir, les musiciens n’ont pas changé d’un iota leur fusil d’épaule et livré un set intense et sans concession, déroulant une setlist qui puise dans son immense discographie. Au centre de cette tornade, Wattie Buchan, frontman emblématique, reste fidèle à lui-même via une présence brute et sincère, portée par une énergie à toute épreuve. Malgré plusieurs problèmes de santé récents, le charismatique leader de soixante-huit ans est en pleine forme vocale et physique, même s’il prend le temps de parfois souffler entre les morceaux. Sa voix, toujours aussi râpeuse et puissante, galvanise les fans avec la fougue d’un (presque) jeune homme (« USA »). Le chanteur ne semble pas vouloir lever le pied et prouve que le punk rock n’a rien perdu de sa force, ni de son urgence. En fin de set, Wattie invitera le public à monter sur scène pour un chaotique « Sex & Violence » dans la liesse populaire et un joyeux bordel. The Exploited confirme ce soir qu’il reste plus que jamais le daron du punk rock, un vétéran qui inspire et qui met tout le monde d’accord. Ni mort ni enterré, le groupe est bien vivant et prêt à en découdre encore longtemps. Punk’s not dead !

Setlist :

Let’s Start A War (Said maggie One Day)
Fight Back
Dogs Of War
The Massacre
UK 82
Chaos Is My Life
Alternative
Noize Annoys
Troops Of Tomorrow
Never Sell Out
Anarchy
Drug Squad Man
Rival Leaders
Beat The Bastards
Affected By Them
Cop Cars
Disorder Or Don’t Forget The Chaos
Fuck The System
Porno Slut
Army Life
USA
Punks Not Dead
Sex And Violence
Was It Me

22h15 GROVE STREET (L’Estafette)

Après la déferlante The Exploited, difficile pour Grove Street de vraiment (re)prendre la main sur le public. Pourtant, le groupe britannique ne ménage pas ses efforts et se donne à fond sur scène avec son hardcore / thrash crossover puissant et plutôt intéressant avec pas mal de groove et de breakdowns massifs (« Hunting Season », « Ultimate Penalty ». Or, malgré une énergie palpable et une présence scénique véritable, la dynamique du set souffre un peu à cause de samples un peu trop longs et récurrents entre les morceaux, ce qui casse le rythme et coupe l’élan du concert. C’est assez dommage, car le potentiel est là et la musique mériterait un enchaînement plus fluide pour pleinement emporter les festivaliers. Pour autant, malgré ce petit bémol, Grove Street confirme qu’il a la hargne et la détermination pour s’imposer dans la scène hardcore actuelle (« Born II Lose », « Shift »). Il lui reste à peaufiner la mise en place de son set pour vraiment s’imposer comme une valeur sûre des prochains festivals…

Setlist :

Hunting Season
Lessons Of The Past
Ultimate Penalty
Divided Kingdom
Caught Slippin’
Born II Lose
Shift
T.Y.D.O.
Ulterior Motives
The Path To Righteousness

23h00 MADBALL (Family Stage)

Un concert de Madball, c’est toujours quelque chose de spécial. Et cette fois encore, les légendes du hardcore made in NYC ont confirmé leur statut de bêtes de scène lors d’une prestation d’une intensité rare. Porté par un Freddy Cricien véritablement monté sur ressorts, le groupe a enchaîné plus de vingt titres en une heure, sans jamais relâcher la pression. Le frontman, infatigable, a arpenté la scène dans tous les sens, multipliant les interactions avec ses musiciens, au point de parfois s’emmêler les pieds dans les câbles ou même de tomber par terre ! Mais rien n’a entamé son énergie débordante. Au contraire, l’homme est descendu plusieurs fois au plus près du public, entraînant les fans dans de puissants sings along et une communion intense (« New York City », « Semper Fi »). Derrière Freddy Cricien, la machine Madball tourne à plein régime et délivre un hardcore sans concession qui n’a pas de mal à enflammer le pit. Les festivaliers se donnent à fond et l’engouement est tel que la sécurité aura pas mal de travail sur les slams incessants. Les Américains ont prouvé ce soir que leur réputation de groupe de scène n’est pas usurpée : toujours aussi féroces, toujours aussi généreux, ils continuent de porter haut les couleurs du hardcore, sans jamais céder à la moindre baisse de régime. Intense, vous avez dit intense ?

Setlist :

Heavenhell
Can’t Stop, Won’t Stop
Hold It Down
Set It Off
Smell The Bacon
Lockdown
Get Out
Freight Train
Hardcore Lives
Infiltrate The System
Colossal Man
New York City
Across Your face
Born Strong
Semper Fi
Never had It
Fall this Time
For My Enemies
Look My Way
Pride
Down By Law
Rev Up
Doc Marten Stomp

00h00 INTEGRITY (L’Estafette)

Après le rouleau compresseur Madball qui vient de faire vibrer l’Xtreme Fest, c’est maintenant au tour d’Integrity de tenter de tirer son épingle du jeu et de reprendre le flambeau pour garder l’énergie à son maximum. Mais le groupe américain n’est pas né de la dernière pluie et Dwid Hellion et sa bande comptent bien relever le défi. Ainsi, Integrity s’apprête à livrer un set incisif dans la plus pure tradition du metalcore au fil des quarante-cinq minutes qui lui sont imparties. Le vocaliste impose son charisme sans chercher à faire de la figuration avec des titres percutants comme « Taste My Sin », « Hymn For The Children Of The Black Flame » ou « Diseased Prey Within Casing », ce qui donne à chaque morceau pas mal d’urgence. Le groupe ne discute pas trop et ne fait pas de pauses longues entre les titres : il attaque tout droit, dans une ambiance sombre et nerveuse. Et cette dynamique minimaliste fonctionne parfaitement dans la mesure où l’énergie se doit de rester tendue et constante. Même si le public est encore chaud de la claque Madball, Integrity parvient vite à capter l’attention et à imposer son univers. On sent que le groupe maîtrise son sujet et ne lâche rien. Ça percute et ça tient l’audience en alerte jusqu’au bout… Chapeau !

Setlist :

Intro
Vocal Test
Hollow
Sarin
Hymn For The Children Of The Black Flame
Taste My Sin
Incarnate 365
Abraxas Annihilation
Diseased Prey Within Casing
Judgement Day
Micha : Those Who Fear Tomorrow
Jagged Visions Of True Destiny
Hybrid Moments

Jour 3

Après deux journées intenses où groupes et festivaliers se sont donné corps et âme, la fatigue commence à peser sur le public. Pourtant, c’est la dernière ligne droite de l’Xtreme Fest, et malgré la lassitude, l’énergie doit rester à son comble pour finir ce marathon musical en beauté.

16h30 FHORCE (Family Stage)

Devant la Family Stage à 16h30, le public est encore clairsemé quand Fhorce, le quintet bordelais, s’apprête à jouer. Pourtant, les premiers morceaux ne laissent aucun doute : le groupe vient pour envoyer du lourd avec son metal hardcore sans concession, nourri de beatdowns massifs qui frappent fort. Fhorce ne cherche pas à faire dans la demi-mesure et va droit au but, avec une intensité qui gagne peu à peu du terrain. La scène est le terrain de jeu des Bordelais et même si le public reste maigre, quelques festivaliers s’approchent, attirés par la puissance brute du groupe. Progressivement, l’énergie circule et quelques mosh pits éclatent ici et là, faisant monter la température. Et si l’affluence n’atteint pas encore des sommets, l’engagement de Fhorce est total et ne laisse personne indifférent. De fait, quand vient le moment de quitter la scène, les musiciens peuvent légitimement se féliciter d’avoir rempli leur mission. Ils ont su rallumer les braises de l’Xtreme Fest !

Setlist :

Truth
Bringer Of Death
Struggle
Self-Hate Ritual
Rise As One
Venom Doesn’t Lie
Lost In Chaos
Merciless Kill

17h00 WAKE THE DEAD (L’Estafette)

Débarquant directement de Lyon après leur passage au Sylak Festival, il est maintenant l’heure pour les Marseillais de Wake The Dead de monter sur la scène de l’estafette. La fatigue accumulée de la tournée Spring Tour & Summer Shows est palpable, mais le groupe ne laisse rien paraître : l’énergie est là, brute et déterminée dès l’ouvreuse « Break-Up ». Arrivée à l’été 2024, suite au départ de Vincent, la « nouvelle » chanteuse, Aleksandra, était attendue de pied ferme par les fans du groupe. Très vite, on s’aperçoit que son chant hurlé, puissant et maîtrisé donne une nouvelle dimension aux morceaux (« Binary Anthem », « Cowspiracy »). De même, l’apport du bassiste pour renforcer certains passages vocaux vient enrichir la dynamique du set. Le groupe mêle ainsi habilement intensité et relief, offrant un hardcore moderne punchy qui trouve vite écho auprès du public (« Your Last Stand »). On sent que ce Wake The Dead mouture 2025 est plein de sang neuf et que cette nouvelle vigueur est salvatrice. Aux dernières nouvelles, le groupe a rejoint l’écurie Useless Pride et s’apprête à sortir un nouveau disque produit par Florent de Landmvrks. Vivement la suite !

Setlist :

Break-Up
All My Flames
Binary Anthem
Marseille
With No regrets
Cowspiracy
Your Last Stand
Back 4 More

19h15 NOVELISTS (Family Stage)

En ce début de soirée, la Family Stage commence doucement à se remplir pour accueillir une formation attendue de pied ferme par les amateurs de metalcore moderne : Novelists, de retour après son passage remarqué lors de la tournée Warm Up du Hellfest 2025. Porté par l’album CODA et sa nouvelle chanteuse, le groupe parisien sait que le public du Xtreme Fest est curieux de le voir jouer dans le cadre du festival. Dès les premières notes, le ton est donné : la précision rythmique est chirurgicale et les guitares ciselées façon djent taillent directement dans le lard. Mais c’est surtout Camille Contreras, arrivée au micro fin 2023, qui capte tous les regards. Charismatique, habitée, elle enchaîne avec aisance les passages de chant clair et les hurlements puissants, imposant instantanément sa marque sur l’univers de Novelists. Très vite, le groupe déroule avec assurance un set riche en nuances (« Coda », « Say My Name », « Prisoner »). Le public est lui-même vite conquis, oscillant entre écoute attentive et headbangs, porté par les multiples facettes de ce metalcore progressif aussi technique que tout en émotion. Petit bémol cependant : l’absence notable du bassiste Nicolas se fait sentir dans le mix. Le son manque parfois d’ampleur et certaines parties paraissent un peu plates. Un détail qui n’a pourtant pas suffi à entamer l’engouement des festivaliers, tant la prestation de Camille et l’alchimie des guitares de Florestan et Pierre ont su maintenir la tension tout au long du set.

20h45 GET REAL (X-Cage)

Il est 20h45 en ce dernier jour de l’Xtreme Fest, et l’atmosphère est électrique autour de la X-Cage, cette arène métallique devenue un symbole de déchaînement. Pour ce dernier concert dans la cage, c’est au tour des Tarnais de Get Real de clore les hostilités. Et le public, déjà chauffé à blanc par deux jours de riffs et de mosh intensif, est prêt à tout donner. Dès les premières secondes du set, c’est l’ébullition. Les festivaliers se pressent contre les grillages, hurlent, montent sur les structures, s’accrochent à la cage comme un essaim humain. En quelques minutes, la X-Cage disparaît littéralement sous une marée de corps, ne laissant entrevoir que des silhouettes de musiciens galvanisés par cette vision surréaliste digne du dôme de Mad Max 3 ! Dans cet enfer de fer et de sueur, Get Real ne faillit pas. Bien au contraire. Porté par la rage et l’énergie brute de son hardcore punk, le groupe enchaîne les titres sans aucune pause. Les riffs tranchants, les chœurs massifs, les rythmiques rapides, tout est là. Malgré la chaleur écrasante dans la cage, malgré les corps collés aux grilles, le tempo ne faiblit jamais. Le public en dehors n’est pas en reste : un immense circle pit se forme autour de la cage, dans une ronde sauvage pendant que la structure vibre de toutes parts. En trente minutes d’un set ultra physique, Get Real a livré une performance viscérale, sans concession, incarnant parfaitement l’essence du hardcore live. Impressionnant !

Setlist :

Stand For Freedom
Seize The Day
Rise And Fall
Just For The Best
Shining Star
Be Yourself
Together Stronger
Breakdown The Chains
Reborn
A Step To Go

21h15 MASS HYSTERIA (Family Stage)

Après Tenace et une tournée anniversaire marquant ses trente ans de carrière en début d’année, Mass Hysteria débarque à l’Xtreme Fest avec une énergie intacte et la volonté de faire vibrer les fidèles. Le public, déjà conquis d’avance, ne cache pas son impatience de revoir le groupe emblématique de la scène metal française. Dès les premières notes de « Mass Veritas », la communion s’installe naturellement. Mouss, toujours aussi charismatique, capte toutes les attentions et invite souvent les fans à reprendre en chœur les refrains des titres comme « Positif À Bloc », « Chien De La Casse », « L’Émotif Impérieux » ou « Se Brûler Sûrement ». Le pit s’embrase vite et les festivaliers se donnent sans compter dans le pit. C’est chaud ! Comme à son habitude, Mass Hysteria livre un set ultra carré, millimétré, où chaque titre trouve sa place sans temps mort. En fin de set, le groupe invite des enfants sur scène pour un moment chargé d’émotion : tous ensemble, ils entonnent un vibrant hommage à Ozzy Osbourne avec le thème « War Pigs » de Black Sabbath avant que Steeven de Locomuerte ne monte sur les planches pour un « Furia » enflammé avec les enfants. Un grand moment ! Pour terminer son set, Mass Hysteria balance son hymne « Plus Que Du Metal », et quitte la scène sous les acclamations nourries d’un public comblé. Une fois de plus, le groupe prouve qu’il est toujours au top.

Setlist :

Intro
Mass Veritas
Positif À Bloc
Chien De La Casse
Nerf De Bœuf
Se Brûler Sûrement
L’Émotif Impérieux
Reprendre Mes Esprits
Arômes Complexes
L’Enfer Des Dieux
Contraddiction
Furia
Plus Que Du Metal

22h15 CRO-MAGS (L’Estafette)

C’est assez étonnant de retrouver Harley Flanagan, le leader charismatique des légendaires Cro-Mags, véritable institution dans le milieu du hardcore, sur la petite scène de l’Estafette, et non pas sur la Family Stage. Un choix assez curieux quand on connaît le poids de ce groupe culte dont l’album The Age Of Quarrel (1986) est considéré comme l’un des jalons fondateurs du hardcore… Mais qu’importe la taille de la scène, les Cro-Mags ont investi l’espace avec une énergie débordante, fidèle à leur réputation. Dès les premiers riffs, le groupe envoie du lourd, porté par la présence magnétique d’Harley Flanagan, le véritable moteur de la formation qui focalise toutes les attentions au travers d’une prestation à couteau tiré, entre puissance et nervosité. Il faut dire que son chant incisif, parfois rugueux, s’accorde parfaitement avec son jeu de basse percutant, alternant avec maîtrise jeu aux doigts et jeu au médiator, offrant une assise solide et incisive au son du groupe. La setlist, elle, oscille habilement entre classiques incontournables avec des morceaux qui ont forgé la légende du groupe comme « We Gotta Know » ou « Street Justice » et des titres plus récents (« 2020 ») qui démontrent que Cro-Mags reste une formation vivante et créative, toujours prête à faire vibrer ses fans. D’ailleurs, le public, bien que rassemblé sur une scène plus intime, ne s’y est pas trompé et se donne à fond sur ce set d’une authenticité rare qui prouve que l’essence du hardcore ne dépend pas de la taille de la scène, mais bien de l’énergie et de la sincérité des musiciens. Cro-Mags confirme donc ce soir, à l’Xtreme Fest, son statut d’icône du hardcore, un groupe qui, malgré les décennies, conserve intacts sa rage et son impact.

23h00 NAPALM DEATH (Family Stage)

Malgré l’absence remarquée du bassiste Shane Embury, Napalm Death ne compte pas laisser le moindre doute quant à son statut de pilier du grindcore. Ainsi, dès les premières notes de « Multinational Corporations, Part. II », le groupe britannique déploie une intensité implacable, emmenée par le chanteur Barney Greenway, un peu amaigri mais plus que jamais habité. En effet, sur les planches, Greenway ne se repose pas : sa gestuelle désarticulée, quasi frénétique, le fait arpenter l’espace dans tous les sens, incarnant pleinement l’énergie sauvage qui irrigue la musique du Napalm Death. Peu bavard entre les morceaux, il préfère laisser parler son chant incisif, puissant et habité, qui traverse chaque titre avec une sincérité non feinte. Il ne chante pas sur des compositions, il les vit pleinement ! Derrière lui, la mécanique des Britanniques fonctionne à la perfection : l’ensemble forme un mur sonore massif, une véritable machine de guerre qui écrase tout sur son passage. Le son est dense, brutal et se répercute en forme de déferlante dans la face du public. Bien entendu, ce dernier y répond par une énergie communicative et un enthousiasme sans faille. En l’espace d’une heure, au travers de vingt et un titres, Napalm Death a livré une performance sans concession, démontrant qu’il reste au sommet du grindcore et toujours capable de repousser toujours plus loin les limites de la puissance et de l’engagement.

Setlist :

Multinational Corporations, Part. II
Silence Is Deafening
Lowpoint
Vision Conquest
Contagion
Resentment Always Simmers
Narcoleptic
When All Is Said And Done
Amoral
Retreat To Nowhere
Social Strility
Dead
Suffer The Children
Necessary Evil
Backlash Juste Because
Fuck The Factoid
Scum
Prison Without Walls
Nazi Punks Fuck Off
Unchallenged Hate

00h00 ESCUELA GRIND (L’Estafette)

Il est tard, la fatigue est bel et bien là après trois jours d’intensité pure à l’Xtreme Fest, mais la dernière salve de cette édition 2025 revient aux Espagnols d’Escuela Grind. Porté par Katerina Economou, une chanteuse résolument habitée et charismatique, le groupe ne laisse d’entrée de jeu aucun répit au public, balançant un hardcore / grindcore aussi rapide que brutal. Sur scène, Katerina captive par son énergie sans faille, occupant l’espace avec autorité et communiquant constamment avec les festivaliers. Son chant hurlé, tranchant et engagé, est la colonne vertébrale d’un set nerveux et sans concession. Malgré la fatigue visible sur les visages, les festivaliers ne comptent pas se laisser abattre et lâchent leurs dernières forces dans la bataille. La fosse s’embrase à chaque déferlante sonore d’Escuela Grind et transforme le pit en une fournaise intense et sauvage, en forme de véritable catharsis après trois jours d’efforts. Les morceaux, courts mais puissants, s’enchaînent sans temps mort et permettent aux Espagnols d’offrir ainsi une conclusion à la hauteur de l’Xtreme Fest : brutale, passionnée et sincère.

Au final, l’Xtreme Fest 2025 a prouvé une fois encore qu’il restait une référence incontournable pour la scène hardcore, punk et metal en Occitanie. À taille humaine, le festival a su conjuguer une programmation soigneusement pensée, mêlant légendes et jeunes pousses, avec un accueil chaleureux et une multitude d’animations sur le off qui ont contribué à créer une ambiance conviviale et festive. L’engagement de l’organisation, visible dans chaque détail, a permis aux festivaliers de vivre une expérience immersive, où la passion pour la musique qui fait du bruit s’est conjuguée avec le plaisir simple du partage et de la découverte.

Au fil de ces trois jours, Cap Découverte s’est transformé en un véritable carrefour de rencontres et d’émotions, prouvant que la force brute des concerts peut parfaitement cohabiter avec un esprit de bienveillance et d’ouverture. L’Xtreme Fest 2025 s’achève donc sur un bilan plus que positif, en attendant déjà avec impatience la treizième édition, qui s’annonce d’ores et déjà comme un rendez-vous à ne pas manquer pour tous les amoureux de la scène hardcore, punk et metal.



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  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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