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Live Report   

Zakk Sabbath : routine et communion


Zakk Wylde est présent sur plusieurs fronts. Certains auront pu le voir en février avec la version moderne de Pantera, d’aucuns diraient un groupe de reprise, un « tribute » pour sonner plus classe. A propos d’hommage, ce soir, la donne est claire. Avec Zakk Sabbath, Zakk s’amuse avec Black Sabbath, rend hommage au Sab Four version Ozzy, quatre albums essentiellement. A propos d’Ozzy, le guitariste que l’on a pu découvrir sur l’excellent No Rest For The Wicked du Prince des Ténèbres devrait être à Birmingham pour « le » dernier concert. Sur plusieurs fronts donc. Sans oublier Black Label Society. A croire que les journées de certains comptent plus d’heures qu’une journée du commun des mortels !

En ouverture de bal, Lowen. Qui a tout à fait sa place dans l’arbre généalogique de Black Sabbath avec sa musique lourde. Leur description sur les réseaux sociaux les présente comme un groupe de metal moyen-oriental progressif venant de Londres. Découvrons ce vaste programme !

Artistes : Zakk SabbathLowen
Date : 10 mars 2025
Salle : Elysée Montmartre
Ville : Paris [75]

L’Elysée Montmartre est encore peu rempli quand Lowen monte sur les planches dans une pénombre qui restera tout au long de la demi-heure de la prestation. Le son est correct, la musique prenante. La dimension orientale est claire, que ce soit dans les objets typiques disposés sur une desserte à côté du micro, comme le distributeur de fleur d’oranger, ou dans la robe rouge de la chanteuse Nina Saeidi qui restera derrière son micro, grande prêtresse de la cérémonie, maniant couteau ou hache, utilisant un livre – Saintes Ecritures ? La communication étant plus que réduite, difficile de comprendre la signification de tous ces symboles. Les premiers rangs pourront profiter des longs bijoux que Nina porte aux mains, conférant à ses doigts des airs de Nosferatu. La chanteuse statique et centrale est appuyée par le guitariste et le bassiste qui sont plus dynamiques, changent de côté.

Le public salue la prestation qui se termine un peu en eau de boudin, comme ça, les artistes quittant la scène avec un vague salut. Une sortie, cela se soigne, non ?

Nina, grande prêtresse

Comme à son habitude, Zakk Wylde apparaît devant ses fans avec un masque et des figurines, type poupées de jeux pour petits garçons, et filme pour la plus grande joie du public. Potache ! Pour Pantera, il s’était présenté dans la fosse. Ce soir, il fera cette apparition à partir de la scène.

Mais passons aux choses sérieuses et laissons Zakk Sabbath nous plonger dans le Vol. 4. En effet, les quatre premiers titres joués sont issus de ce classique. La relecture est plus lourde que l’original et l’Elysée Montmartre sacrément bien rempli apprécie. En ce début de concert, le schéma peut paraître assez répétitif. Zakk côté Cour, entre prise de hauteur sur sa plateforme et redescente pour se tenir devant son micro et chanter. John DeServio, le bassiste, est situé côté jardin. Jeff Fabb, le batteur, se retrouve au centre, bien visible du public qui peut l’apprécier dans un espace complétement dégagé.

Le son est correct, un peu fort et sourd peut-être. Rien de très gênant. Un peu plus gênant, la voix n’est peut-être pas la meilleure qui soit sur tous les titres. N’est pas Ozzy qui veut. Mais ne pas s’inquiéter, le concert va largement prendre son envol et ces légers travers que pointent les grincheux ne vont pas entacher la soirée.

Vous avez dit guitar hero ?

Côté décoration, une grande tenture occupe le fond de scène flanquée d’un squelette vêtu d’une aube rouge à capuche, squelette surmonté du nom du groupe en lettres jaune et rouge. Sur les côtés de la batterie sont posées des tentures noires arborant le logo (le Z de Zakk et le S de Sabbath) et un crucifix. A propos de crucifix, on en retrouvera un monté sur une croix en bois sur deux des amplis présents sur la scène, avec une Vierge à ses côtés, portant la mention Vierge Noire. Religion, quand tu nous tiens ! Côté lumières, c’est sobre mais parfois joliment présenté avec de grands rais de lumière blanche.

« Wicked Wold » nous change d’album et permet à Zakk de jouer avec le public sur le solo. La salle quasiment acquise répond présent ! Le titre remporte une grosse ovation, Zakk en meneur de revue chauffe son public avant de lancer un très poisseux « Fairies Wear Boots ». Les spectateurs suivent immédiatement Zakk quand celui-ci leur demande de soutenir le titre de leurs applaudissements. Ils chantent même les premières paroles ! Zakk, meneur de revue ? Totalement ! Il n’a de cesse de solliciter son public, de jouer avec lui, divisant la salle en deux pour une bataille vocale. Il change de côté pour que tout le monde le voie, allant même jusqu’aux extrémités de la scène. Généreux. L’homme ne reste donc pas scotché sur sa plateforme et c’est très bien, cassant cette espèce de routine qui apparaissait en début de concert. En bon « guitar hero », il enchaîne les poses, les postures, guitare derrière la nuque par exemple. On est quand même dans une espèce d’outrance, une attitude systématique mais l’effet est garanti, comme le prouvent les réactions de la salle. Là encore, ça transpire de la générosité et c’est elle qui finalement emporte l’adhésion de tout le monde, même des sceptiques du début.

Check !

Le concert est ponctué de chouettes moments : les ballons sur « Children Of The Grave », les « hey ! hey ! » de « Lord Of This World » entonnés par les fans et la communion sur « N.I.B » avec le public qui chante a cappella. Splendide ! Le sel de tout concert ! Quel succès pour ce titre indémodable ! Pardon ? Bien sûr que Zakk n’est pas tout seul. Le groupe est un trio. Que le chanteur présentera sur « Hand Of Doom ». Ses acolytes de Black Label Society. John DeServio à la basse, avec lequel Zakk effectuera régulièrement des « checks » au milieu de scène. Jeff Fabb derrière les fûts.

Le concert se termine sur « War Pigs ». Les voix du public enflamment cette fin de soirée, montrant avec force ce que l’idée de communion metal peut représenter. Probablement un peu caricaturale pour des novices, ce soir cette communion explose avec des ingrédients imparables : un classique fédérateur, une prestation généreuse, enlevée, et un public à l’unisson. Zakk descendra parmi ce dernier pour exécuter son solo. Monsieur Wylde, circuler vraiment dans toute la salle aurait été génial, permettant à tout le monde de profiter de vous. Manifestement, les grincheux du début trouvent toujours quelque chose à redire !

Zakk, généreux !

Les morceaux joués ce soir sont sensiblement les mêmes que lors du passage de Zakk Sabbath au Trianon en 2020. Cela dérange-t-il quelqu’un ? Peut-être ceux qui auront participé aux deux prestations. Pour rester sur les morceaux joués ce soir, on aura remarqué que les classiques « Paranoid » ou « Iron Man » sont absents. De même, il n’y a eu aucun titre de Sabbath Bloody Sabbath, album pourtant magistral. Il aurait aussi pu être original de puiser un titre de 13, album qui tient complètement la route. Pour autant, quel morceau du concert de ce soir est apparu faible, plus faible que les autres ? Aucun ! Prouvant, si cela était nécessaire, la puissance du catalogue des Sab Four… et faisant regretter l’original. Car évidemment ce soir, on était face à un groupe de reprise, aussi bon soit-il, aussi légitime soit-il par la présence de Zakk. Ces formations de reprise deviennent tendance actuellement. Faut-il s’en réjouir ? Chacun aura son avis.

Recentrons-nous s’il vous plaît, et concluons en disant que ce soir, les spectateurs ont vécu une belle soirée de metal, ce qui est quand même essentiel !

Setlist Zakk Sabbath (source setlist.fm) :

Supernaut
Snowblind
Orchid
Under The Sun/Every Day Comes aAd Goes
Tomorrow’s Dream
Wicked World
Fairies Wear Boots
Into The Void
Children Of The Grave
Lord Of This World
Hand Of Doom
Behind The Wall Of Sleep
Bassically
N.I.B.
War Pigs



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