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Live Report   

Electric Callboy fait ce qu’il veut et en est fier


Electric Callboy, ce sont des Allemands qui ont pris le temps d’analyser le succès de LMFAO et se sont dit : « Franchement, y’a un truc à faire. » Ce « truc », c’est de célébrer le boum-boum salvateur avec de grosses guitares qui ont pour mission de faire du bien au moral. Le tout, évidemment, avec beaucoup d’humour, des accoutrements aussi kitsch que le maillot du Borussia Dortmund dans les années 90 et des relents musicaux d’eurodance.

Il faut bien comprendre que l’on évoque ici une formation dont les membres sont nés dans un pays où Scooter a l’habitude de truster le haut des charts depuis près de trente ans (oui on sait, le guitariste Pascal Schillo est né en Angleterre mais il a grandi en Allemagne, donc c’est un Allemand d’adoption !).

Bières, foot, techno et Tekkno : nos amis d’outre-Rhin ont leur propre vision de ce qu’est une fête réussie. Mais bon, il ne faut pas juger et puis de toute façon dans le metal cela fait quand même un bail que sont tolérés (pour soi et pour les autres) les nombreux plaisirs coupables dont les ex-Eskimo Callboy font indiscutablement partie.

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Interview   

Textures renouvelle sa génétique


Ils sont finalement revenus. Figure de proue du metal progressif néerlandais, Textures s’était séparé en plein milieu du diptyque Phenotype/Genotype. Si le premier a bel et bien pu voir le jour, le second est resté dans les cartons, et y restera sans doute à jamais. Car oui, cet album du retour s’appelle bel et bien Genotype mais n’a plus rien à voir avec le projet initial. Textures a repensé sa méthode, son art, sans non plus se trahir, pour regagner en pertinence.

C’est donc à l’occasion de la sortie du disque que nous avons pu longuement nous entretenir avec le batteur Stef Broks, maître de la polyrythmie, pour parler de la renaissance du groupe, des circonstances de celle-ci, de la révision de l’approche créative et du fruit qui en a émergé. Le moins que l’on puisse dire est que le musicien est heureux de retrouver son exutoire et fier du résultat qui, selon lui, contient leurs « meilleures chansons jusqu’à présent ». Il partage tout ça avec passion, livrant détails et anecdotes, appuyant l’apport d’artistes tels que Devin Townsend et Meshuggah ou évoquant la place du groupe dans la scène néerlandaise. Celui qui se dit curieux de tout, très « influençable », en apprentissage permanent, explique également l’importance que revêt l’enseignement dans sa vie.

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Chronique   

Kanonenfieber – Soldatenschicksale


Kanonenfieber opte pour une compilation hybride avec nouvelles compositions et titres revisités pour raconter la bataille du Skagerrak (Jutland, 1916). La plus grande bataille navale de la Première Guerre mondiale, née de l’escalade maritime entre l’Empire allemand et la Grande-Bretagne. Le groupe raconte l’expérience humaine, en suivant des soldats pris au piège du fracas des canons, des machines et d’un affrontement dont aucun ne réchappe. Soldatenschicksale franchit un cap discret mais réel dans sa manière de construire et de produire sa musique. Le black/death martial, monolithique et répétitif des Allemands s’offre un travail de production et de réécriture fructueux. D’emblée, le son frappe par sa densité et sa lisibilité. La production, plus massive mais mieux équilibrée, permet aux riffs de respirer tout en conservant cette sensation d’écrasement permanent. Les guitares gagnent en épaisseur, la batterie sonne plus organique et plus martiale. Le rendu est intéressant car il sort (un peu) de la logique de « mitraillette » permanente. De leur côté, les voix s’inscrivent davantage dans l’ensemble. Elles sont moins frontales mais plus oppressantes. Il y a une vraie recherche pour accentuer l’impression de mécanisme implacable.

Cette progression se ressent particulièrement sur les morceaux revisités. « The Yankee Division » ou « Der Füsilier » ne sont pas de simples redites. Leur réécriture apporte une meilleure progression dramatique. Tout converge pour mettre le narratif au centre de l’attention. Les transitions sont plus marquées et la tension plus continue. Les structures paraissent moins abruptes, plus cohérentes dans le cadre de l’album, comme si ces titres trouvaient enfin leur place définitive dans un récit plus vaste. Les deux morceaux inédits, « Z-Vor! » et « Heizer Tenner », viennent cristalliser cette évolution. Kanonenfieber y exploite pleinement la répétition pour matérialiser l’obsession. Les montées en puissance évoquent l’approche du combat, les ralentissements traduisent l’attente et la peur, et les déferlements sonores deviennent presque sensoriels. On n’assiste pas à une bataille, on la subit. Soldatenschicksale gagne en impact émotionnel et les nouveaux titres s’imposent comme des piliers narratifs. Une logique de récit théâtrale qui souligne le tragique et le malaise de l’histoire.

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Live Report   

Landmvrks en état de grâce au Zénith


Que de chemin parcouru pour les Marseillais de Landmvrks. En février dernier, encore portés par l’émotion de leur tout premier Olympia, le groupe annonçait un Zénith de Paris comme un cap à franchir, comme un rendez-vous à ne surtout pas manquer. Moins d’un an plus tard, la promesse est tenue. La salle est pleine et l’attente immense autour d’un groupe qui, depuis plusieurs années déjà, ne cesse de repousser ses propres limites. Il faut dire que 2025 aura été une année charnière. The Darkest Place I’ve Ever Been s’est imposé comme un disque majeur, salué bien au-delà du cercle strict du metalcore. Une tournée internationale très dense, des passages marquants en festival, et surtout un public toujours plus large, plus fidèle, plus engagé.

Si musicalement l’album frappe juste, c’est aussi parce que Landmvrks a su transformer ses morceaux en véritables armes de live. Scénographie pensée dans le moindre détail, mise en scène élégante, énergie permanente et sincérité désarmante dans la relation au public. Le travail et le perfectionnisme ont fini par payer. Et ça fait plaisir. Voir un groupe français remplir le Zénith de Paris et fédérer autant de personnes aux influences diverses est une énorme fierté. D’ailleurs, Landmvrks n’a pas lésiné sur les moyens pour être au rendez-vous. Plus qu’un simple concert, c’est un véritable festival de metalcore qui promet de retourner le Zénith ce soir. Landmvrks et Opus Live ont sorti le grand jeu !

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Chronique   

Karnivool – In Verses


Inspiré depuis ses débuts par Tool, Karnivool suit une voie similaire en matière de « retour attendu après une longue absence ». Presque treize ans nous séparent d’Asymmetry ! La formation, jamais bien éloignée du cœur des amateurs, ne s’est cependant pas fait prier pour tourner. Si l’influence de Tool subsiste, notamment lorsque la basse affleure, Karnivool ne retient pas ses coups lorsqu’il s’agit de partir en d’autres directions. On pensera parfois à Soen, ou encore – via ce chant assez perché – à Haken. Tantôt charmeur, tantôt rebelle ou appelant à l’aide, le vocaliste serpente sur une large palette d’émotions, digne d’interprètes multiples. « Conversations » doit également une partie de sa profondeur à un flux verbal savamment maîtrisé.

Des mélodies accrocheuses sortent de nulle part et repartent tout aussi rapidement, autorisant le groupe à explorer diverses contrées et à étonner. « Aozora », bombe d’énergie et d’entrain, dispose de plusieurs niveaux de lecture. Les signatures rythmiques insolites sont difficilement dissociables de Karnivool ; en témoigne l’entame d’album feutrée mais pêchue. On en vient à se demander : « Est-ce super accessible ou super tordu ? » Il y a assurément plusieurs écoles dans le prog ; il ne faut pas s’attendre à trouver ici la pompe d’un Dream Theater : ce n’est tout simplement pas le créneau de Karnivool. « Reanimation » ou « Opal » s’apparentent en premier lieu à des ballades, mais font monter la tension comme le négocierait Leprous. « Salva » n’est pas la moindre des surprises, développant davantage le caractère du morceau introductif, avec pour apothéose un refrain procurant une profonde sensation d’apaisement. On y déniche en bonus un petit côté Pain Of Salvation, sans oublier la singulière sortie d’album aux allures de cornemuse. In Verses est une galette de jouvence, loin d’un radotage de vieux briscards. Il procure le plaisir des mélodies sans la culpabilité de se délecter de quelque chose de sommaire. Une fois n’est pas coutume, on a vaincu sans péril et pourtant triomphé avec gloire.

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Interview    Radio Metal   

Archvile King : récit d’une bataille désespérée


archvile king aux heures desesperees repas de corbeaux radio metalÀ travers un conte musical intense, Archvile King dresse un tableau acerbe du conflit et des batailles vaines. Le projet solo de Baurus dévoile en ce début d’année un nouveau récit sombre, porté par un black metal mélodique marqué par la maturité du temps. Formé en 2019, Aux Heures Désespérées, deuxième album du projet, s’impose comme une œuvre plus accrocheuse et plus lisible que son prédécesseur. Baurus y poursuit un concept qui dépasse largement le cadre musical. Archvile King s’inscrit dans un univers fictif cohérent, peuplé de personnages d’un autre âge qui, inévitablement, parlent de nous. Ce nouvel épisode narre l’ultime bataille des hommes face à l’abject Roi des Vers, figure centrale présente depuis les débuts du projet. À travers des textes écrits en français, Archvile King explore la futilité de la guerre, les doutes, les péchés et les illusions du soldat placé au cœur de ce deuxième disque, tout en mettant en lumière les fausses convictions qui nourrissent sa chute.

Pour développer avec nous ces récits et les inspirations diverses qui en sont à l’origine, le compositeur d’Archvile King répondra à nos questions en direct dans l’émission Repas de Corbeaux sur Radio Metal. Nous reviendrons sur les premières années du projet et sur la manière dont Baurus perçoit aujourd’hui ses propres personnages. Sans pour autant gâcher le plaisir de nos interprétations personnelles du récit, il livrera quelques clés sur ce qui l’a amené, en tant qu’artiste, à développer cette histoire aux allures de conte médiéval. Nous aborderons enfin — et surtout — les contours musicaux de ce nouveau disque, dont l’expérience se destine pour l’heure exclusivement à une découverte en studio.

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Live Report   

Motocultor Across Europe Tour 2026 : de la mongolie jusqu’en absurdie


« De toute façon, la page du fest n’en parle pas, la page de la salle non plus… faut pas s’étonner s’il n’y a personne un dimanche soir. » Voilà comment la soirée a commencé. Pourtant, malgré une communication discrète et un froid humide typiquement hivernal, la date de la tournée Motocultor Across Europe 2026 avait tout d’un rendez-vous à part. Ce soir, deux stands de merch jouent des coudes : celui du merchandising artistes, bien achalandé, et celui du Motocultor, qui passe un peu plus inaperçu malgré un staff de haut vol pour accueillir les plus curieux. Pas de Rocher 1200 cette fois-ci, mais une plus petite salle intimiste mais curieuse, ce qui rend l’ambiance bien singulière pour commencer l’année au doux son de notre style de musique préféré.

Sur l’affiche, l’éclectisme promis par la tournée prend tout son sens. Amateurs de découvertes, il y en a pour tous les goûts. Power, pagan, core et prog sont à l’affiche, de la voix claire et du chant saturé, des groupes que nul n’aurait regroupés qui s’arrêtent en terres bordelaises avant de repartir, quelques jours plus tard, chercher le soleil après un combat face à la rudesse de l’hiver européen. Nanowar Of Steel s’impose ce soir comme tête d’affiche, et il est certain que, plus que les corps meurtris, les Italiens sauront réchauffer les cœurs et les esprits. Alors sans plus attendre, allons de découverte en découverte pour une soirée improbable, disparate, mais résolument fidèle à l’esprit Motocultor.

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Chronique   

Ant Nebulä – Stars Aligned Machine


Sleeppers s’est éteint discrètement. Cet acteur majeur de la scène rock française tanguait dangereusement, mais portait la promesse d’un septième disque qui ne restera qu’un projet chimérique. Du moins sous l’étiquette Sleeppers, puisque le guitariste-chanteur Emmanuel Bonnaud s’offre avec Ant Nebulä une forme de renaissance dans la continuité. Le musicien poursuit son aventure en affichant une approche de l’écriture qui ne trompe pas. Le premier album de son nouveau projet, Stars Aligned Machine, synthétise en onze morceaux tout un pan du patrimoine indé / noise hexagonal.

Stars Aligned Machine exhale un parfum rugueux, authentique, purement 90’s. Il transporte entre les murs suintants d’un bar rock mal éclairé, le temps d’un voyage puissamment hypnotique. A l’instar des Burning Heads, le frontman Mammouth – et par extension son groupe – affiche une philosophie d’ouverture. Qu’importe l’étiquette, tant que l’ensemble transpire, racle et percute. Ant Nebulä rappelle inévitablement le côté nerveux d’un Helmet, s’aventure occasionnellement vers les terrains stridents d’un Sonic Youth, peut s’épancher dans l’aridité des sonorités propres à Queens Of The Stone Age. Des velléités rock qui s’expriment à travers une première moitié d’album construite autour de morceaux directs et efficaces (« White Noise », le mélancolique « Ghostlike »). Mais Ant Nebulä voit plus loin. Il est la résultante de plusieurs décennies de culture alternative au sens large, et mue sans jamais trembler ni hésiter vers les horizons les plus aventureux. Le groupe fait preuve d’audace et d’inventivité, bidouille, expérimente. Les sonorités dub, steppas et électroniques s’invitent ci et là, sans jamais prendre le dessus. « Ninth Life », superbe étendue planante qui évoque inévitablement Tool, ose laisser un champ libre total aux lignes vocales éthérées de Deborah du groupe Herein. L’album est autant riche de mélodies soignées que d’aspérités. Il est le manifeste d’un musicien dont la créativité ne semble jamais se tarir.

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Interview   

Soen compte sur sa sincérité


La force n’est pas toujours là où on croit. Pour Soen, elle est dans la vulnérabilité, dans la capacité à se reposer sur les gens, à dépendre d’eux, à compter sur eux, et donc à assumer ses faiblesses. C’est là le message de Reliance. Un nouvel album aux contrastes accentués où l’on retrouve un groupe toujours aussi attaché à l’humain, à l’organique et à la sincérité qu’ils promeuvent comme valeur, jusque dans leur manière de se présenter sur scène et en photos.

Nous en discutons de long en large avec le chanteur Joel Ekelöf – d’humeur légèrement caustique ce jour-là, il nous avait prévenus – et le batteur Martín López, duo de têtes pensantes de la formation suédoise. Un entretien plein de sincérité, justement, où les deux musiciens se dévoilent un peu plus, avouant avoir du mal à trouver leur place dans un monde polarisé, où le raisonnable et la nuance tendent à disparaître, ou évoquant l’impact sur leur personnalité de leur éducation catholique.

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Chronique   

Puscifer – Normal Isn’t


Puscifer est en constante réinvention. Né de l’imaginaire délirant de Maynard James Keenan, le projet s’est structuré autour de Mat Mitchell et Carina Round. Le trio expérimente et redéfinit à chaque album les contours de sa propre musique, désireux d’amener une expérience transcendante. Normal Isn’t est une œuvre d’art précieuse, dont l’univers devrait progressivement se dévoiler au fil des écoutes ainsi que des compléments visuels – dont un roman graphique – envisagés dans le cadre de cette nouvelle ère.

Le Puscifer d’Existential Reckoning s’est partiellement éteint, pour renaître de ses cendres sous une forme nouvelle. Une mue habituelle et nécessaire, qui s’articule autour d’alter ego inédits et d’une orientation musicale voulue en miroir aux troubles, incertitudes et violences de la société actuelle. Puscifer matérialise, avec cette petite poignée de nouveaux morceaux, un espace alternatif hors du temps, une bulle d’évasion aussi sombre qu’enivrante. L’approche musicale s’y veut teintée de post-punk et d’enluminures gothiques 80’s, références qui invitent à une transe hypnotique guidée par les lignes de guitare de Mitchell. Si l’album reste le fruit d’expérimentations multiples et audacieuses, il installe des structures rock plus concrètes que son prédécesseur. Mitchell pose souvent les guitares en fondations solides (« Public Stoning » , « Normal Isn’t ») avant de s’amuser malicieusement avec l’électronique autour. La règle n’est pas pour autant immuable. Rien n’est jamais clair ni défini chez Puscifer, qui s’autorise à multiplier les couches de lecture voire à effacer les repères au profit de machines vrombissantes ou d’étendues suspendues (le fabuleux « Pendulum »). La musique de Puscifer se ressent plus qu’elle ne s’analyse. Le travail vocal de Keenan et Round relève, à ce titre, davantage d’une symbiose que de calculs. Les deux artistes se complètent pleinement, virevoltent, se superposent harmonieusement. Normal Isn’t est un disque touché par la grâce, un diamant étincelant d’une créativité décomplexée et résolument maîtrisée.

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  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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