A l’heure des inondations de sorties d’albums dans la scène black metal, Deathcode Society n’aurait sans doute pas eu aujourd’hui la chance qu’il a eue à ses débuts, c’est-à-dire attirer l’attention du public sur la toile rien qu’avec une démo lâchée de manière quasi anonyme en 2009. Suscitant dans un premier temps la curiosité des nostalgiques d’Anorexia Nervosa, le groupe haut-savoyard avait confirmé les attentes avec le solide Eschatonizer (2015) qui tend aussi bien vers la grandiosité du black metal scandinave de la fin des années 90 que vers la scène extrême dite « symphonique » contemporaine. Huit ans après, le deuxième opus reprend le même sentier sinueux que son prédécesseur, à quelques détails près.
« Scolopendra » est le parfait single pour vous traîner les yeux fermés dans cette nouvelle promenade funeste. La chanson est trompeuse en raison de son accroche mélodique efficace qui ferait croire que Deathcode Society joue, malgré sa virulence musicale, sur un terrain presque accessible, à l’image d’un Dimmu Borgir des grandes heures. Pourtant, le groupe n’a pas vocation à faciliter l’écoute, laissant peu de repères et d’indices sur la trajectoire qu’il emprunte, en dépit des chants clairs de « Shards » et des passages plus abordables de « La Nuée » faisant illusion au milieu d’une musicalité dense, exigeante et raffinée. La formation française emmène l’auditeur dans un sombre labyrinthe en lui lâchant assez rapidement la main. Il se plaît à incorporer des bizarreries dans le décor et à poursuivre ses expérimentations. L’énigmatique et mystique « Scales » peut, à cet égard, rappeler le Emperor époque Prometheus voire certains travaux de la discographie d’Ihsahn dans son versant le plus extrême. L’expérience peut aussi tourner au cauchemar avec les sonorités horrifiques et dissonances de « Mazed Interio » (le jeu de notes stridantes y rappelle, là encore, celui d’« Empty » d’Emperor), sans pour autant tomber dans un simulacre ou une parodie d’épouvante, en confinant même à la musique savante. Jusqu’à ses pièces finales, puissantes et théâtrales – les dix minutes de « À La Néante », qui flirtent avec les étrangetés à la Devin Townsend, et l’épilogue « Narcosis » au final en forme d’apothéose cinématographique –, Unlightenment est une ode au surréalisme et à un certain jusqu’au-boutisme. Souvent complexe et volontairement outrancier, il redonne sa superbe à un metal extrême qui décontenance et bouscule l’auditeur qui souhaite s’y frotter.
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