Batushka ne voit plus double. La justice a enfin mis un terme à une période ubuesque qui aura vu deux entités sortir de la musique sous le même nom. Le projet initial – à l’origine de Litourgiya en 2015 – cultivant à l’époque le flou autour de ses membres encapuchonnés, la situation avait de quoi poser des difficultés de lisibilité. L’héritage du nom se voit donc confié à Krzysztof Drabikowski. Le chanteur Bartlomiej Krysiuk use pour sa part de déclarations pompeuses pour faire oublier la contrainte qui lui est imposée. Rebaptisé Patriarkh, son groupe profite cependant de cette décision judiciaire pour amorcer sa mue. Ce concept album articulé autour de la vie d’un paysan devenu prêtre orthodoxe sonne comme une renaissance.
Krysiuk avait ces dernières années occupé au maximum l’espace. Avec un album et deux EP en trois ans, le musicien a été prolifique mais pas toujours pertinent. Prophet Ilja est une œuvre nettement plus aboutie, inspirée et ambitieuse. Krysiuk y laisse la dimension black reculer au profit d’expérimentations mystiques, sans y perdre en puissance. L’aspect « raw » et abrasif reste malicieusement sous-jacent, prêt à exploser au visage, mais se mêle harmonieusement aux incantations religieuses et aux sonorités folkloriques. Le disque, décomposé en huit chapitres nommés « Wierszalin », est un magma sombre d’influences. A l’instar d’un Dead Can Dance, qui évolue dans un registre différent mais témoigne d’une approche similaire, Patriarkh tapisse ses instrumentations modernes de sonorités spirituelles. Krysiuk déroule ses ténèbres en usant de voix multiples en guise de fil narratif. Un énorme travail a porté sur les chants, protéiformes et habités. Envolées grégoriennes, superpositions en canon de timbres féminins / masculins, monologues prophétiques : Prophet Ilja fait preuve d’une grande subtilité au service d’une intensité qui ne redescend à aucun moment. L’album est un voyage, une plongée en apnée vers l’inconnu. Il s’inscrit parfaitement dans la continuité de Batushka, mais jouit d’une production enfin grandiose pour imposer un post-black atmo vibrant et éreintant. Une totale réussite.






























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