ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Ruïm : Blasphemer sonne le tocsin


Rune « Blasphemer » Eriksen a beau avoir quitté Oslo il y a des années, il reste l’une des pierres angulaires de la scène norvégienne : après avoir fait ses classes dans Mayhem où il avait repris le rôle de guitariste à la mort d’Euronymous, il a imposé ses riffs dissonants dans des groupes aussi divers qu’Aura Noir, Twilight Of The Gods ou Vltimas, pour n’en citer que quelques-uns. Plus de vingt-cinq ans après ces débuts, le guitariste s’est replongé dans ses premières créations pour fonder un nouveau projet, Ruïm, où il est seul maître à bord, avec le soutien du batteur César « CSR » Vesvre. Particulièrement personnel, il donne la part belle à la spiritualité d’Eriksen, notamment à l’umbanda, qui mêle spiritisme, traditions afro-brésiliennes et christianisme.

Affable et enthousiaste malgré son emploi du temps chargé – l’enregistrement du nouvel Vltimas devait commencer très peu de temps après notre entretien –, Blasphemer est revenu avec nous sur la genèse et la direction du projet, et en a profité pour remettre en perspective sa carrière, et préciser ses ambitions en tant que musicien. Il le dit lui-même : ce premier album est un avertissement…

Lire l’interview…



Chronique   

Ruïm – Black Royal Spiritism – I. O Sino Da Igreja


Si Ruïm n’est pas (encore) un nom familier, celui de sa tête pensante en revanche est bien connu des fans de black metal, puisqu’il s’agit de Rune « Blasphemer » Eriksen, dont la longueur du CV – Mayhem, Aura Noir, Twilight of the Gods, et plus récemment Vltimas – en fait l’une des pointures de la scène norvégienne. Seul aux commandes cette fois-ci et accompagné du batteur français César Vesvre, il a depuis 2020 conçu toute une trilogie intitulée Black Royal Spiritism, dont l’album I. O Sino Da Igreja est le premier volet. Ambitieux, sombre et ésotérique, il aura suffi d’un seul riff pour que le projet soit signé par Peaceville…

Comme l’annonçait le premier extrait de l’album, « The Triumph (Of Night & Fire) », la patte Blasphemer est immédiatement reconnaissable. Les riffs sont redoutables et lourds de menace, certes, mais l’atmosphère n’est pas négligée pour autant, bien au contraire : elle se déploie sur des titres entiers, tantôt furieuse, tantôt pleine de révérence, épousant les imprécations et les hurlements du guitariste. Dans le fond comme dans la forme, Black Royal Spiritism I. O Sino Da Igreja est à la fois canonique, singulier et syncrétique ; la spiritualité revendiquée du musicien – une version « de la main gauche » de l’umbanda brésilienne qui mêle spiritisme, rites afro-brésiliens et christianisme – y semble paradoxalement familière avec ses invocations et son côté sombre, et les nuances de la musique épousent son côté composite. Il y a quelque chose du retour aux sources chez Ruïm, une manière de boucler la boucle comme le suggère « Evig Dissonans », qui évoque en norvégien les débuts du musicien, mais pas d’anachronisme ici : de l’eau a coulé sous les ponts depuis Wolf’s Lair Abyss, et après vingt-cinq ans d’une carrière exemplaire, Blasphemer n’a plus rien à prouver, et peut se permettre un album mature et personnel où son expérience a toute la place de briller.

Ecouter un extrait…



  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
    previous arrow
    next arrow
     
  • 1/3