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Live Report   

Apocalyptica joue ce qu’il veut


Apocalyptica plays Metallica vol.2 Tour FranceC’est une belle soirée du 14 novembre qui s’annonce à Cenon, sous les couleurs bleu et blanc de l’affiche finlandaise ayant fait le déplacement jusqu’en Gironde. Les Bordelais peuvent s’estimer heureux : Apocalyptica, curiosité dans le monde du metal, a porté son dévolu sur trois villes françaises pour sa tournée Apocalyptica Plays Metallica Vol.2 Tour. Faute d’avoir Metallica dans le coin, il est facile de dire qu’un concert de la formation finlandaise sait en général sustenter de manière tout à fait correcte les die hard fans du groupe membre du Big Four.

C’est en voyant la file d’attente interminable devant le Rocher de Palmer que l’on pouvait se dire que la venue d’Apocalyptica avait vraiment ramené du monde. Même si on est habitué au public quelque peu vieillissant de la scène metal, de nombreux enfants en bas âge étaient présents, une manière pour leurs parents de les initier habilement dès leur plus jeune âge à la musique dite extrême. A propos d’enfants, l’un d’eux est survolté dans l’attente du premier groupe de la soirée qu’est Arctis, puisque l’on peut facilement l’entendre de l’autre côté de la salle crier : « Je vais danser comme un malade moi ! », son casque antibruit vissé sur les oreilles. Notons qu’encore trop peu d’enfants ce soir-là présentaient des protections auditives : protégez leurs oreilles, même pour un concert de violoncelles !

Artistes : ApocalypticaArctis
Date : 14 novembre 2024
Salle : Le Rocher De Palmer
Ville : Cenon [33]

La salle est plongée dans le noir, les membres d’Arctis montent un par un et rapidement, il semble que le groupe ait une fanbase assez conséquente dans le public. La chanteuse Alva Sandström se présente enfin, tout de blanc vêtue dans une combinaison intégrale, telle une apparition oscillant entre divinité et l’elfe Galadriel. Dès le premier titre « I’ll Give You Hell », on notera qu’il est facile de deviner le nom de chaque chanson du fait des refrains accrocheurs tubesques qui les reprennent. La frontwoman ne manque pas de remercier le public d’être là et de dire, dans un français écorché de son accent finnois, qu’elle adore la France et qu’elle est ravie d’être ici. La prise de parole suivante est pour nous annoncer que c’est leur toute première tournée et leur quatrième concert en tout, et donc qu’ils sont en phase d’échauffement. Force est de constater que, pour un quatrième concert, voilà un spectacle particulièrement bien rodé, que ce soit sur l’aspect technique ou dans la présence scénique du quintet.

Il faut avouer que c’est un beau cadeau que leur a fait Apocalyptica : peu de groupes peuvent se vanter de faire les plus grosses scènes de France pour une première (les groupes étaient à l’Olympia la veille et à Marseille quelques jours plus tard). « Tell Me Why » et ses bandes préenregistrées de synthétiseur ne sont pas sans rappeler Amaranthe, effet accentué par une voix claire poussée et un duo de guitaristes coordonné. Mika Paananen, batteur de la formation, passe d’ailleurs tout le concert à chanter en chœur chaque mot des paroles, arborant également un sourire satisfait.

Un « happy birthday » quelque peu graveleux se fait alors entendre dans la foule lors d’un moment de transition et c’est ainsi que le public se met à chanter joyeux anniversaire à Björn Johansson, qui le remercie humblement, en répétant que c’est la meilleure manière pour lui de fêter cette date. Est alors entamée « Frozen Swan », présentée comme très importante et personnelle pour les artistes. Le public suit avec bonne volonté cette ballade dont l’atmosphère est majoritairement froide. Arrive la fin du concert, le groupe annonce que le public pourra les retrouver à leur stand de merchandising, sur lequel les ventes se sont enchaînées toute la soirée.

Setlist :

I’ll Give You Hell
Remedy
Tell Me Why
WWM
Bimbo
Fire
Frozen Swan
When The Lights Go Out
Theatre Of Tragedy

Dans le public, une quantité énorme de t-shirts de Metallica se distingue. Même le staff d’Apocalyptica en porte, vue la DA de l’album qu’ils promeuvent ce soir (fortement ressemblante à Ride The Lightning, évidemment de manière volontaire), on se demande comment a été négociée cette publicité ambulante magistrale pour les Four Horsemen.

Dans la salle, le monde s’accumule petit à petit pendant qu’un rideau blanc géant est installé à l’ancienne sur le devant de la scène, cachant l’équipe technique du groupe qui s’affaire activement. C’est sans surprise qu’après la mythique « Ecstasy Of Gold », les premières notes de « Ride The Lightning » se font entendre et le rideau… est lâché en plein sur les trois violoncellistes morts de rire, tandis que leurs techniciens essaient de se dépatouiller le plus vite possible de ce tracas (ledit rideau était constamment aspiré par la scène depuis son installation). Le ton est vite donné : accompagné du batteur Mikko Kaakkuriniemi, Apocalyptica n’est pas venu pour donner un concert gentillet. Le public est cependant très calme, presque poli, peut-être est-ce dû à la noblesse des instruments qu’il a face à lui.

Perttu Kivilaakso prend vite la parole pour dire que ce soir, les stars du concert c’est bien le public, puisqu’il va chanter pour eux. S’ensuit une alternance entre morceaux du premier album Apocalyptica Plays Metallica By Four Cellos (Eicca Toppinen va vite nous rappeler que cet album date : « Les gens nous disent que l’on joue toujours du Metallica, ce n’est pas vrai ! Nous avons sorti plein d’autres choses. Le premier opus Apocalyptica Plays Metallica date d’il y a vingt-huit ans ! ») et de son second volume, fraîchement sorti cet été. « The Call Of Ktulu » démarre avec une photo de Cliff Burton en fond sur l’écran géant. Le groupe nous explique qu’il s’agit d’un hommage au bassiste et, chose exceptionnelle, ils ont obtenu les droits d’utiliser la ligne de basse originelle de Cliff lui-même pour cette chanson. Ainsi, les trois violoncellistes se sont assis au début du mythique titre instrumental, plongeant la salle dans une atmosphère mystique avant de se lever et de terminer de manière plus classique le morceau.

La technicité de Perrtu Kivilaakso sur les solos est toujours aussi impeccable et impressionnante, accompagnée d’un Eicca Toppinen pointilleux tout aussi irréprochable dans son jeu, et d’une ligne de basse effectuée parfaitement par Paavo Lötjönen, bien plus discret. Les musiciens échangent d’ailleurs beaucoup de jeux de regards, on comprend aisément leur complicité sur et hors scène. Après avoir expliqué : « Nous avons attendu avant de sortir cet album car chaque reprise que nous proposons doit mettre en valeur la musique originale de Metallica », les Finlandais lancent « The Four Horsemen » de façon tonitruante. L’énergie ressentie est accentuée par un travail sur le jeu de lumières hypnotisant.

Les ponts calmes connus des morceaux prennent souvent une tournure très classique, rappelant que le travail effectué sur scène demande une maîtrise parfaite des instruments. Les premières notes de la tant attendue « Nothing Else Matters » sont entendues et le public en semble ravi, même s’il ne chantera que très timidement pour accompagner les musiciens qui se sont de nouveau assis. La puissante « Seek & Destroy » suit et réchauffe à la fois la salle et l’ambiance, avec une audience qui semble réveillée et répondre aux « fuck yeah » lancés dans les micros. Après un rappel, les images du clip vidéo de « One », avec James Hetfield lui-même dans le rôle de conteur, apparaissent sur l’écran. Le choix est fait de faire monter en intensité le titre tout au long du jeu, planant sur un thème apocalyptique. Il s’agit du morceau réalisé avec le plus de réinterprétation de la part du groupe, ce qui lui donne un rendu presque cinématographique très appréciable.

Une fois « One » terminé, Apocalyptica se relève et applaudit le public, le remerciant, et lançant un dernier : « Nous sommes Apocalyptica et nous jouons ce que nous putain de voulons ! » avant de sortir de scène sur les notes facilement reconnaissables de « To Live Is To Die ». Que l’on soit amateur de Metallica ou non, il faut bien avouer qu’Apocalyptica est passé maître dans l’art des reprises d’un des plus grands groupes de metal au monde sur des instruments originaux. Pari toujours aussi réussi !

Setlist :

Intro : The Ecstasy Of Gold
Ride The Lightning
Enter Sandman
Creeping Death
For Whom The Bell Tolls
Battery
The Call Of Ktulu (hommage à Cliff Burton)
St. Anger
The Four Horsemen
Blackened
Master Of Puppets
Nothing Else Matters
Seek & Destroy

Rappel :
One



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  • J’adhère à vos propos! Étant moi-même papa de 3 filles, je n’aurais jamais imaginé les prendre à 5 ans à un festival ou concert, c’est aberrant!

    J’ai aussi découvert le « hard » progressivement, par moi-même du coup j’essaye de ne pas forcer la main, je veux qu’elles fassent elles-mêmes leur « apprentissage ».

    Alors certes, à la maison et dans la voiture elles ont par la force des choses entendu du Aborted, Iron Maiden, Metallica, Immortal ou autres mais je ne vais pas me priver de tout hein! 😄 Fût un temps où sur leur MP3 je leur plaçais des titres de metal au milieu de Soprano, Adèle, Michel Sardou (si si) et consorts.

    Maintenant la plus grande a 14 ans et me demande d’elle même pour m’accompagner à des concerts, le 1er fût Mgła il y a 2 ans environ, elle a commencé fort je vous le concède. 😂 Mais y’avait pas école le lendemain ahah!

  • Haha, globalement d’accord avec Pingujp. Certains enfants sont plus réceptifs à la musique que d’autres, mais jamais le mien (6 ans) ne tiendrait 2 heures de concert, sans parler de l’attente avant.

    Au niveau des anecdotes, au Hellfest 2022 j’ai vu un bébé en couches sur les épaules de son père. Non seulement c’est dangereux pour lui (une chute pendant un mouvement de foule, le bruit non-stop y compris avec des protections, le climat…), mais je ne comprends pas comment tu peux choisir sciemment de te gâcher le festival avec toute l’organisation que ça implique (changements de couches, le nourrir, et s’il veut dormir ?, etc.).
    Même avec la plus grande tolérance du monde, je ne comprends pas en quoi ce gars a cru que ça pourrait être une bonne idée.

  • Oui de plus en plus d’enfants… Alors je sais d’avance que je vais passer pour un vieux con réac mais je veux juste donner mon avis, en essayant de ne pas juger ou faire de la moraline. J’écoute du hard depuis plus de 40 ans, j’ai commencé à 12/13 ans avec Trust et AC/DC (comme tout le monde à l’époque en 1980), et honnêtement si mes parents m’avaient emmené voir Black Sabbath ou Deep Purple à 5 ans je me serais bien fait chier, je n’aurais rien compris et j’aurais préféré être chez moi à jouer aux petites voitures ou lire Tintin, de toute manière c’était hors de question de veiller après 20H, il y avait école le lendemain. J’ai découvert la musique à mon rythme, en écoutant ce qui me plaisait réellement à l’époque à la radio (Joe Dassin, les Martin Circus, la disco puis progressivement des trucs plus « brutaux » comme Police ou Kiss!!).
    Tout ça pour dire que je pense que ça ne sert à rien de brusquer les choses, je sais que des parents me rétorqueront que leurs enfants aiment vraiment ça, je n’en doute pas, mais la majorité que je vois dans les concerts me font mal au cœur, je suis trop sensible. Je ne me mêle pas des affaires des autres, mais l’année dernière au Plane R festival à Lyon, la vision d’un bébé au soleil sans protection dans son landau sous 40° (c’était la canicule, et pas un coin d’ombre) m’a vraiment révolté.
    Voilà juste mon point de vue, après chacun fait ce qu’il veut, je ne suis pas pour une limitation d’âge, la présence d’enfants ne me dérange nullement, contrairement à celzéceux qui passent tout le concert à blablater une bière à la main à mes cotés, mais ça c’est un autre débat où je pourrais être intarissable!!

  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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