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Chronique Focus   

Megadeth – Megadeth


À l’heure de tirer le rideau, Megadeth n’a plus rien à prouver. Pourtant, avec cet album sans titre annoncé comme l’ultime chapitre d’une carrière entamée au début des années 80, Dave Mustaine et les siens livrent un disque flamboyant qui refuse toute posture testamentaire complaisante. Ici, pas de regard appuyé dans le rétroviseur, pas de nostalgie sucrée, ni d’autocélébration facile : Megadeth choisit de conclure sa trajectoire par la tension et l’hostilité, fidèle à une identité forgée dans le conflit et la défiance. La pochette, Vic Rattlehead en flammes, résume à elle seule cette volonté de partir sur un feu intense plutôt que sur un hommage tiède.

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Lunatic Soul – The World Under Unsun


The World Under Unsun est loin d’être une sortie anodine pour Lunatic Soul. Le grand cycle dit du « cercle de la vie et de la mort », entamé aux débuts du projet dix-sept ans plus tôt, voit enfin ses deux bouts se joindre. L’occasion pour Mariusz Duda, si besoin en est, de rappeler que cette aventure au long cours ne se résume nullement à un bête projet parallèle : Lunatic Soul est aussi – voire plus – important que Riverside, ne serait-ce que du fait de la liberté qu’il s’y accorde et des vertus thérapeutiques de la démarche.

Ce fameux cycle, dont les composantes sont parues dans le désordre, conte les pérégrinations d’un personnage continuellement bringuebalé entre vie et mort. Cet épisode se glisse chronologiquement entre Fractured (2017) et Walking On A Flashlight Beam (2014), ce qui lui confère un trône au milieu de l’hémicycle consacré à la vie. Si on pourrait penser que cela ferait de lui un album tout rose, loin s’en faut : il traite de relations et habitudes toxiques. Le terme névralgique « unsun » du titre, référence à une éclipse solaire, souligne d’ailleurs que le monde et le personnage ne sont pas à leur plus fort.

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Coroner – Dissonance Theory


On commençait à ne plus y croire. Depuis sa reformation il y a quinze ans, en 2010, Coroner a pris son temps, franchissant lentement les étapes. Rappels en quelques dates. En 2011, Tommy Vetterli exprimait déjà son envie de faire un nouvel album, mais précisait qu’il allait devoir convaincre ses camarades qui, eux, n’avaient pas joué depuis plus de dix ans. En 2012, Ron Broder avouait que Marky Edelmann ne souhaitait plus enregistrer d’album et que si cela devait arriver, ils devraient prendre un autre batteur. Chose faite en 2014 avec l’arrivée de Diego Rapacchietti. En 2016, les Suisses déclarent être entrés en studio en vue d’une sortie en 2017. L’album est finalement annoncé pour 2020 et sort… en 2025. Il faut les comprendre, outre un Vetterli accaparé par ses activités de producteur, fort d’une discographie passée novatrice, modèle d’évolution constante, devenue source de vénération et d’influence – souvent post mortem –, les attentes autour d’hypothétiques nouvelles musiques atteignaient des hauteurs stratosphériques, proportionnelles aux années écoulées.

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Igorrr – Amen


Avec Amen, Igorrr franchit une nouvelle étape. Cinq ans après Spirituality And Distortion, Gautier Serre pousse son projet vers une noirceur plus dense, tout en laissant davantage d’espace à ceux qui l’entourent. L’album reflète autant la vision obsessionnelle du compositeur que l’énergie de ses compagnons. Marthe Alexandre et Jean-Baptiste Le Bail y incarnent cette tension permanente entre brutalité et éclat, chaos et raffinement.

L’ouverture avec « Daemoni » installe immédiatement ce climat. Basses telluriques, chœurs menaçants, riffs massifs. La musique prend des allures de rituel, presque religieux, mais sans dogme. La spiritualité suggérée par le titre se retrouve sous une forme organique, enracinée dans la matière sonore. L’enregistrement des chœurs dans une église n’était pas qu’un effet. Il s’agissait de capturer l’écho naturel, cette réverbération qui élargit la musique pour qu’elle prenne aux tripes. Cette puissance se retrouve dans « Infestis », morceau où l’ombre domine. JB y guide la musique vers des territoires plus torturés. Sa voix extrême se mêle aux chœurs pour évoquer un monde dystopique, rongé par un esprit maléfique et rythmé par des cadences mécaniques. L’impression est implacable, presque étouffante. Mais la noirceur ne règne jamais seule. Les interventions plus aériennes de Marthe évitent la saturation et insufflent un souffle différent.

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Between The Buried And Me – The Blue Nowhere


Vingt-cinq ans, onze albums, une nomination aux Grammys et une réputation de pionniers du metal progressif moderne : Between The Buried And Me n’a plus rien à prouver. Pourtant, avec The Blue Nowhere, premier disque en quatuor et première sortie chez InsideOut Music, le groupe continue d’interroger ses propres limites… hors des limites. Plus qu’un simple ajout à une discographie déjà imposante, cet album apparaît comme un laboratoire sonore et une plongée introspective, où chaque morceau devient une chambre d’hôtel imaginaire dans laquelle l’auditeur s’installe avant que les murs ne se mettent à onduler.

L’ouverture, « The Things We Tell Ourselves In The Dark », résume à elle seule cette démarche. Initiée par Dan Briggs à partir d’un motif de basse funky inspiré par Prince, la chanson conserve une ossature mélodique volontairement simple, même quand la densité rythmique se complique. Tommy Rogers choisit d’y poser une voix plus confiante, presque pop, pour donner l’illusion d’une chanson chantable malgré ses détours. Cette accessibilité apparente et cette complexité sous-jacente donnent le ton de l’album : un univers où l’on peut se laisser porter tout en étant constamment happé par des changements inattendus.

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Eros Necropsique – Dépression


À l’exception d’une poignée de concerts il y a une dizaine d’années, Eros Necropsique semblait avoir disparu pour de bon après la sortie d’un dernier disque, Crises De Lucidité, en 2003. Un silence qui avait coulé ce projet singulier fondé au milieu des années 1990 et situé aux confins des musiques sombres – au croisement, disons, de Dead Can Dance, My Dying Bride, Philip Glass et Maurice Rollinat – dans une identité fin-de-siècle qui lui allait finalement assez bien, tant ses obsessions – mort, solitude, pourriture, spleen et idéal – épousent celles des époques finissantes. Vingt ans plus tard, on ne sait pas si le XXe siècle peine à mourir ou si le XXIe a été tué dans l’œuf, mais en tout cas Eros Necropsique est de retour, plus atemporel et (donc) contemporain que jamais. Et si Plénitude éphémère, sorti en 2023, faisait figure de brève éclaircie, avec Dépression, deuxième pan de ce diptyque, on plonge résolument dans l’abîme…

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Bruit ≤ – The Age Of Ephemerality


Le quatuor Bruit ≤ ne sort pas des disques – il « prend la parole ». Si la formulation choisie dans le communiqué peut paraître maladroite pour un groupe instrumental, la force du message « philosophique, poétique et politique » n’en est pas moins présente. Alarmé par la façon dont le progrès technologique est imposé et détourné pour asservir la population, le groupe dénonce via The Age Of Ephemerality le « cercle vicieux de la futilité ». Une course effrénée où chaque plaisir élusif chasse le précédent, tandis que notre libre arbitre en souffre les conséquences comme peau de chagrin. Le collectif résume la problématique par une citation de Dennis Gabor, précurseur en matière d’alertes sociales et environnementales. Ce lauréat du prix Nobel considérait que toute avancée technologique peut exposer, à terme, à un conflit éthique. Le groupe joint en outre les actes à cette sorte de Black Mirror musical, en refusant de le fournir aux plateformes « monopolisées par des prédateurs sociaux ».

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Teitanblood – From The Visceral Abyss


En l’an de (dis)grâce 2025, on sait à quoi s’attendre d’un album de Teitanblood, ce qui explique sans doute l’anticipation cristallisée autour de l’annonce de la sortie de leur quatrième opus il y a quelques mois. Si en deux décennies de carrière, les Espagnols n’ont sorti que trois albums (et une poignée de splits et d’EP mémorables), chacun d’entre eux a laissé un impact assourdissant dans les bas-fonds du metal extrême : à la fois barbares et monumentaux, ils réalisaient le mariage du death metal le plus caverneux et du black metal le plus fanatique, de l’obsession des sanies et de la décomposition du premier et de la révérence et de l’angoisse existentielle du second. C’est en effet au point de convergence où les limites entre black et death s’abolissent qu’aspire Teitanblood ; c’est là que se trouvent son horizon, sa ligne de fuite, mais aussi les racines de ce bien nommé From The Visceral Abyss…

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Steven Wilson – The Overview


Steven Wilson peut encore surprendre après plus de trente ans de carrière. Celui à qui on a récemment reproché certains virages pop a fait de son huitième album un monument d’étonnement. Une rencontre avec Alexander Milas, ancien archéologue et ex-rédacteur en chef de Metal Hammer, fasciné par les croisements entre exploration spatiale et art, a allumé l’étincelle d’un projet multimédia à la thématique toute particulière. Le titre fait référence au phénomène d’« effet de vue d’ensemble » : ce qu’il se passe lorsqu’il est donné à un être de voir sa planète depuis l’espace. Les principaux intéressés témoignent d’une altération de leur système de valeurs, d’élans humanistes ou environnementaux… En deux mots, il est question de perspective – à la fois en termes de distances et de temps – et de contraste, entre la froideur de l’espace et la chaleur de notre planète nourricière. Une vision pouvant être synonyme de paix comme de détresse.

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Thy Catafalque – XII: A Gyönyörü Álmok Ezután Jönnek


Permissif, le black metal ? Pas assez aux yeux de Tamás Kátai, qui, après y avoir planté la graine de Thy Catafalque, a trouvé ce cadre trop rigide pour contenir ses envies. Une autre barrière est plus récemment tombée, avec l’organisation de concerts pour ce qui, à l’origine, était exclusivement calibré pour le studio. Après Alföld qui tirait son nom de la gigantesque plaine hongroise native de Tamás, XII: A Gyönyörü Álmok Ezután Jönnek (que l’on pourrait vaguement traduire par « Les Beaux Rêves Restent À Venir ») poursuit cette exploration en s’intéressant au passé de Tamás Kátai, mais également à celui de son pays.

Pour la première fois, Tamás a fait appel à un producteur externe (ou presque, puisque l’intéressé a participé en tant que guitariste sur l’album live Mezolit). Si une telle mention peut parfois sembler anecdotique dans une chronique, force est de constater que ce compromis fournit ici un son clairement différent, bien que familier. Le caverneux Alföld ressemble soudainement à un tour de chauffe ; XII troque pour ainsi dire le marteau pour un hachoir, et laisse moins les fourrés le ralentir ou obstruer ses compositions, dont certaines ne font pas dans la dentelle.

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  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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