Le festival 70000 Tons Of Metal, ça vous dit quelque chose ? Mais si, cherchez un peu, vous avez forcément vu un reportage ou deux à son sujet, ou ne serait-ce qu’entrevu des images marquantes de cet évènement hors norme prenant place sur un paquebot de croisière – de luxe – en partance de la Floride, tandis qu’en France, en général, il pleut et il fait froid. Vous remettez ? Bon. Le 70000 Tons Of Metal, globalement, c’est une soixantaine de groupes et trois mille festivaliers qui embarquent pour une coloc géante de quatre jours sur fond de musiques extrêmes tout en sirotant un cocktail et en naviguant sur l’océan. Dans l’idée, il s’agit là d’un sea trip sur une modeste embarcation de quatorze étages dans laquelle l’impression de vivre dans une ville est frappante.
Le planning y est simple : chaque groupe joue deux sets et est obligé d’organiser un meet and greet, quatre scènes dont trois en intérieur et des concerts prenant place… de dix heures du matin à six heures du matin. Le fun à l’américaine, mais tout confort, s’il vous plaît !
Jeudi 23 janvier : On est à J-7 du festival et après des semaines d’attente, quatre groupes sont annoncés. Ce qui veut dire qu’il en reste encore vingt-quatre. En effet, la dernière annonce datait de… novembre. Rien à redire, cette année Andy, le big boss, bat tous les records, gardant tout le monde en haleine.
Infos pratiques :
– Chaque groupe joue deux fois deux sets normalement différents. Beaucoup privilégient un set best off et un set full album.
– Tous les groupes organisent un meet and greet. Ces meet and greet ont tous lieu le second jour du festival.
– Sur le navire il y a quatre scènes/salles dont trois en intérieur. La Pool Deck Stage n’ouvre qu’à partir du second jour le temps de son installation.
– Après analyse, la moyenne d’âge est tout de même élevée sur le bateau. Le plus jeune des survivors de 2025 est cependant âgé de… six mois ! Il portait pour l’occasion un body certifiant qu’il aura fait son premier 70000 Tons avant d’avoir sorti sa première dent. La classe !
Dimanche 26 janvier : Dans les consignes officielles des choses à ne pas faire sur le bateau, on remarque que déféquer dans les couloirs est en top list. Déception.
Mercredi 29 janvier : Parmi les passagers de l’avion, certains, parlant allemand, nous interpellent, et notamment l’un d’eux ayant particulièrement la bougeotte avec un faux air de punk anglais. Faisant copain-copain avec le meilleur stewart de tous les temps, nous en profitons pour l’embrigader dans notre enquête : qui est-il donc ? Après quelques allers-retours, ledit stewart nous confirme, à la suite d’un « ce que je fais là est absolument non professionnel », que l’on est en compagnie des groupes In Extremo et Subway To Sally. Débarquement : OK. Passage de la douane : OK. Passage devant Ihsahn et ses musiciens dans l’aéroport : OK.
Jour 1 : Le Seigneur Des Paquebots
11h20 : A la sortie de l’hôtel, dans l’attente d’un Uber, entre deux robots livreurs, on tombe sur Joacim Cans et Fredrick Larsson (Hammerfall). A l’arrivée au deck d’embarquement, ce n’est pas un navire qui se tient devant nous, mais un immeuble de quatorze étages dans lequel se rue une marée noire de trois mille chevelus venus de partout dans le monde. Après un embarquement réussi, après nous être perdus dans les dédales de couloirs, nous arrivons finalement à notre cabine, n°6682. Lit double king size, salle de bain privée, télé, balcon et salon de jardin ! Un confort qu’on sera certainement ravi de retrouver au moment de se coucher.
17h21 : Le navire est parti. Un petit groupe de festivaliers s’est amassé sur le pont à l’avant de celui-ci et scande à tout bateau qu’on dépasse : « Your boat sucks! »
17h30 : Après un passage au bar (les habitudes ont la vie dure) où l’on découvre que des taxes et pourboires sont ajoutés automatiquement à chaque consommation (aïe !), quelques discussions avec des Allemands et des rencontres avec une bonne partie du groupe « 70000 Tons de Français », direction les concerts à 18h.
18h00 – Twilight Force – Royal Theater
Les Suédois présentent leur nouveau line-up, puisque c’est en septembre dernier, que fut annoncée l’arrivée respective de Galyn, Bramley Underhall, Xandor et Krysthara. Le concert commence et malheureusement, le son et son équilibrage ne sont pas bons du tout. La voix pourtant puissante d’Alessandro Conti est sourde et surpassée par celle de Krysthara. Laissons-leur le temps, c’est après tout le tour de chauffe de la salle. Le groupe rappelle que pour ce premier concert sur le bateau, il jouera pour la toute première fois de sa carrière un set complet de l’album Dawn Of The Dragon Star. « Thundersword » remet tout le monde d’accord, tant le public que l’ingénieur son. Ouf. Twilight Force ne démérite pas : technicité de jeu, qualité des chansons et évidemment costumes devenus iconiques. Les deux guitaristes se complètent bien mais ils semblent encore manquer légèrement de maturité en prestation live. Kristin Starkey déballe sa pleine puissance lyrique sur l’introduction de « With The Light Of A Thousand Suns ». Quarante-cinq minutes plus tard, entre une coupure générale du son dans les retours et un vivifiant « Night Of Winterlight », le groupe annonce déjà le dernier titre. Une bonne mise en bouche pour la suite !
Setlist :
Dawn Of The Dragonstar
Thundersword
Long Live The King
With The Light Of A Thousand Suns
Winds Of Wisdom
Queen Of Eternity
Valley Of The Vale
Hydra
Night Of Winterlight
Blade Of Immortal Steel
19h00 : Après seulement un concert, notre photographe Sylvain veut déjà en découdre avec certains collègues américains se montrant… fort impolis.
19h34 – Sonata Arctica – Royal Theater
Tony Kakko et sa bande entrent en scène et lancent « First In Line », reprise en chœur par le public semblant valider le dernier album de 2024. L’équilibrage du son est déjà bien meilleur que sur le concert précédent, il est même très bon. Le frontman, comme à son habitude, est très souriant, très en voix et surtout prend plaisir à jouer avec les photographes très – trop ? – nombreux. Les autres musiciens, à l’exception de Pasi Kauppinen, sont un peu figés et donc peu mobiles. Le lancement de « Broken » suscite une belle réaction du public mais le set reste pour l’instant un peu mou, or on sait que les Finlandais en ont sous la pédale. « Replica » engrange une communion parfaite entre le public et le groupe, puis Henrik Klingenberg descend enfin de son estrade équipé de son keytar. Entre soli de guitare pointus, cohésion de groupe et vocalises parfaites, le premier slammer de la soirée est aperçu ! Le groupe nous fera l’honneur de jouer pour la première fois en non acoustique depuis 2015 la mythique « San Sebastian ». Tony prend alors deux minutes pour caler son speech habituel remerciant le public, qu’il conclut par : « You are keeping live music alive ! » S’enchaînent alors « Fullmoon » dont le chant du public laissera des frissons dans la salle, « The Cage » et « Vodka », le combo parfait pour clôturer ce concert réussi. Tellement bon d’ailleurs que le paquebot s’est mis à tanguer !
Setlist :
First In Line
Dark Empath
The Wolves Die Young
Broken
California
Replica
San Sebastian
Fullmoon
The Cage
21:07 : Rencontre avec Tommy Johansson et Chris Davidsson dans la fosse pour Hammerfall. Bordel que ce premier est grand, un golgoth en pattes d’eph !
21h30 – Hammerfall – Royal Theater
Les marteaux en plastique brandis dans la foule ou encore le public scandant « Hammerfall » montrent bien que la formation suédoise est attendue de pied ferme. L’intro et le « Avenge, avenge, avenge » scandé tel un cri de guerre d’« Avenge The Fallen » se font entendre, attisant l’enthousiasme général. Calquée sur le rythme bien heavy de la chanson, la chorégraphie très synchronisée des deux guitaristes et du bassiste rappelle les codes des vieux groupes heavy. Hammerfall est après tout une belle machine bien huilée établie depuis trente ans, et cela se ressent à travers la cohésion et la technique de ses musiciens. Joacim Cans n’est pas éclipsé, il est en voix et d’une justesse impeccable. Oscar Dronjak, lui, alterne arborer un plaisir satisfait à jouer avec la foule et reprendre sa tête sérieuse quand il s’agit de donner de la voix. Les chœurs masculins en appui à la voix lead sont toujours du plus bel effet. Petite prise de parole promo pour expliquer que la setlist de ce soir sera différente de celle jouée dans trois jours sur la Pool Deck Stage. En plein cœur du concert se retrouve un medley des meilleurs titres tirés de l’album Chapter V qui fête ses vingt ans. Nous parlions de codes du genre plus tôt, celui de présenter les membres du groupe en est également un. C’est ainsi que Joacim présente son bassiste, Fredrik Larsson, et lance qu’il est trouvable cabine n°6284. Rires écartés, un combo fulgurant des classiques du groupe s’enchaîne alors, retournant littéralement la fosse. La mythique et presque chauvine « (We Make) Sweden Rock » met tout le monde d’accord et l’énergie émanant de la salle est folle. Pas de fausses notes, un concert presque trop court, on ira reprendre du rab d’Hammerfall, puisqu’on termine avec nos « Hearts On Fire, burning with desire ! »
Setlist :
Avenge The Fallen
Heeding The Call
Any Means Necessary
Hammer Of Dawn
Freedom
Fury Of The Wild
Chapter V: The Medley
Hammer High
Last Man Standing
(We Make) Sweden Rock
Hail To The King
Hearts On Fire
23h00 – Emperor – Royal Theater
Les balances d’Emperor nous explosent littéralement les oreilles. Le décalage horaire accompagné d’une envie irrésistible de sommeil commence à nous taper dessus également. Lequel des deux aura raison de nous en premier ? Après une dizaine de minutes de retard, la salle est plongée dans le noir. Première remarque : les balances n’étaient rien comparées à la batterie qui nous éclate la poitrine. Apparaissant calmement, cheveux plaqués attachés en petit chignon, lunettes et chemise noire : Ihsahn en vue ! Son claviériste, Jørgen Munkeby (oui, le saxophoniste de Shining), explose d’énergie. Ihsahn, en grand monsieur de la sphère metal, prend alors la parole presque timidement : « Bonsoir, marins ! » Il nous explique que Samoth, le guitariste, n’a pas réussi à avoir son visa et n’est donc pas avec eux sur scène, mais qu’il est là par la pensée ; ses parties de guitare sont cependant sur bandes et ils vont essayer de faire du mieux qu’ils peuvent pour nous offrir le meilleur concert possible. Le public se montre alors plus que compréhensif et encourage la formation. Les classiques s’enchaînent, ne laissant aucun répit entre ce clair-obscur qu’est la musique d’Emperor. Même si le groupe n’a pas sorti d’album depuis 2001, les tubes ne manquent pas. Munkeby semble exalter sur scène, à tel point qu’il se lance dans un stage dive et slamme sur la foule, tout en commandant du doigt un énorme circle pit. Emperor, pionnier de son genre, aura délivré ce soir un concert pointilleux, précis, symphonique à souhait. Il s’agissait pour Ihsahn de son concert numéro un sur… quatre et demi, disons. On le reverra.
Setlist :
Nightside Intro
Into The Infinity Of Thoughts
The Burning Shadows Of Silence
Cosmic Keys To My Creations & Times
Towards The Pantheon
The Majesty Of the Nightsky
I Am The Black Wizards
Inno A Satana
Opus A Satana Outro
In The Wordless Chamber
The Loss And Curse Of Reverence
With Strength I Burn
Ye Entrancemperium
The Wanderer
00h20 : On traverse le casino. Outre les groupes qui s’y retrouvent, on y observe une belle affluence. Certainement un lieu de pèlerinage !
00h30 – Kissin’ Dynamite – Studio B Ice Rink
Après s’être perdue dans les confins des étages deux puis trois puis quatre, votre serviteuse arrive enfin au Studio B. Belle salle avec une scène pas dégueu niveau taille. Peu de monde devant la scène mais beaucoup de die hard fans du groupe, chantant déjà à tue-tête (et légèrement faux, soyons honnêtes). Rapidement, un état des lieux s’impose : le son est un peu sourd et le jeu de lumières est étrange, le public étant presque autant éclairé que le groupe par une lumière très blanche. Le set s’annonce court (quarante-cinq minutes) mais prometteur, commençant par un explosif « Back With A Bang ». Le groupe est tonique et semble heureux, le duo Jim Müller et Steffen Haile est visiblement complice, jouant l’un avec l’autre. Hannes Braun saute partout, arborant une chemise entrouverte et une peau légèrement orangée – aurait-il abusé du soleil de Miami Beach avant d’embarquer ? – La formation, et notamment Ande Braun, s’amuse avec le public tout en délivrant des tubes dignes du meilleur rock de stade. La setlist est courte et ne touche quasiment que les trois derniers albums de la formation, respectivement de 2018, 2022 et 2024, à l’exception de « DNA » sortie en 2014. « Not The End Of The Road » ravit la première ligne de chanteurs aguerris accrochés à la barrière et atteint même les personnes fatiguées assises faisant acte de présence. « Raise Your Glass » vient clôturer ce show rocambolesque, les musiciens effectuant alors une figure finale digne des meilleurs cours d’acrosport du collège.
Setlist :
Back With A Bang
Dna
No One Dies A Virgin
I’ve Got The Fire
Not The End Of The Road
You’re Not Alone
Raise Your Glass
01h21 : Dans l’ascenseur bondé : « Y a-t-il de la place pour un de plus ? » « Viens, on est supposés tous rentrer en enfer ; si on tombe au moins on l’aura fait en se marrant ! »
Jour 2 : Le navire contre-attaque
8h15 : Petit tour au sacro saint merch. Celui des artistes fonctionne sous un système de tickets avec numéro – un certain Français de notre groupe est connu pour dormir devant l’entrée afin d’être un des premiers à y accéder. Numéros 320 et 321. Bon, on va manger, on reviendra après. Côté merch du festival, les prix sont fidèles à ce que l’on trouve en Europe.
13h25 : C’est quand même incroyable de croiser des musiciens en slip de bain dans un ascenseur.
13h50 – Majestica – Royal Theater
Dans la fosse se font vite repérer l’entièreté des membres d’Hammerfall qui semblent être venus encourager leurs confrères suédois. C’est quand même dommage d’avoir calé le meet and greet de Stratovarius en même temps que le premier passage de Majestica. M’enfin bon, la vie est faite de choix ! Le public appelle joyeusement Tommy à la barre, qui se présente accompagné du fidèle Chris Davidsson à la basse. C’est l’occasion aussi de mettre en lumière respectivement Joel Kollberg et Petter Hjerpe, les deux membres moins populaires du groupe. « Power Train » est lancé et un circle pit tout doux s’engage – il ne prendra fin qu’à la fin du set. La puissance est au rendez-vous, malgré quelques petits manques de précision démontrant peut-être un léger manque de maturité sur scène. Tommy annonce alors : « J’étais déjà venu il y a des années, mais à cette époque je portais un pantalon camo. Aujourd’hui j’en porte un bien plus moulant, ce qui est nécessaire pour chanter aussi haut non ? » Chris David, dont la basse est très présente dans le mixage, chante d’une voix parfaite (un talent caché ?) les chœurs, tandis que les headbangs s’enchaînent sur scène – comment Tommy fait-il pour y voir quelque chose avec cette masse de cheveux constamment devant les yeux ? « Ghost Of Marley », chanson de Noël, est entamée ; pour rappel on est le 31 janvier… mais pourquoi pas ? Chaque musicien aura eu droit à quelques minutes de solo, ce qui n’est pas pour déplaire aux fans. Le concert s’achève avec les hymnes « Metal United » et « Alliance Forever » et le public quitte la salle le sourire aux lèvres.
Setlist :
Power Train
Night Call Girl
Rising Tide
Ghost Of Marley
Above The Sky
Metal United
Alliance Forever
15h25 : Passer une demi-heure à discuter avec un Américain nous sortant tous les clichés possibles au sujet des Français pendant que l’on fait la queue pour le meet and greet de Stratovarius, c’est vivifiant.
17h01 : Voir les personnes dans un public tanguer doucement en rythme au gré des mouvements du bateau est un spectacle amusant. Ils dansent ensemble sans même le savoir ! Gare aux mouvements de f(h)oule !
17h15 – The Kovenant – Royal Theater
Les musiciens, et notamment Nagash et Knut, sont déjà sur scène maquillés pour les balances, ce qui anéantit un peu l’effet mystique de l’intro du set. Avons-nous évoqué le CV des membres de The Kovenant ? Beaucoup sont tout de même issus de pointures du black metal norvégien telles que Dimmu Borgir, Mayhem, Arcturus (que l’on retrouvera plus tard sur ce festival)… du beau monde pour une soirée prometteuse. Amateurs de black metal indus et sympho, ce groupe est pour vous. Sarah Jezebel Deva, coiffée d’une couronne digne des plus grandes reines, apporte par sa présence physique et sa voix angélique une dimension particulière au concert. Le fait que le claviériste ait son rôle à part entière dans les instrumentales est également apprécié. Ne pas se fier au corpse paint, l’ensemble reste plutôt joyeux, avec des musiciens qui, parfois, se permettent de danser et sourire subtilement, élément remarqué – et discuté parfois – par beaucoup. Après « In The Name Of The Future » et un « vous êtes prêts pour quelque chose de plus vieux ? » d’un Nagash mystérieux, le concert s’envole crescendo vers une sphère symphonique. Le groupe balance des titres dépoussiérés – pas moins de quatre issus de Nexus Polaris – avec justesse et fortement attendus. Ça applaudit dans les gradins, ça applaudit au balcon, ça applaudit dans la fosse et dans les couloirs, et même en débrief avec certains adeptes du groupe parmi notre bande de joyeux Français, la conclusion est claire : The Kovenant ça envoie sévère.
Setlist :
Jihad
Mirrors Paradise
New World Order
In The Name Of The Future
The Sulphur Feast
Bizarre Cosmic Industries
The Last Of Dragons
Dragonheart
Towards The Crown Of Nights
18h20 – Dirkschneider – Pool Deck Stage
Que manque-t-il à un énorme bateau de croisière rempli de chevelus en sandales chaussettes ? Du heavy allemand bien sûr ! Udo Dirkschneider est au centre de la scène, entouré – outre la présence de Peter Baltes à la basse – d’un trio de musiciens bien plus jeunes et dynamiques – oui, ça fait mal au cœur mais Udo est vraiment peu mobile, canalisant toute son énergie sur sa voix qui elle, outre le fait d’être reconnaissable, est toujours vive et percutante. Le principe ce soir est donc d’assister à un concert d’Accept mais sans Accept. Le vent se lève, passant d’une brise légère à de belles rafales, mais le son reste impeccable et les artistes sans grande émotion, quoique… l’un des guitaristes prend la parole pour demander sa copine en mariage. Un silence de mort et d’excitation prend alors place sur la Pool Deck Stage et le « oui » entendu aura su faire chavirer le cœur du principal intéressé ainsi que celui de tous les témoins de la scène. Le concert reprend, Udo est là pour vous faire réviser vos classiques : « Midnight Mover », « Metal Heart », « Princess Of The Dawn »… tous y passent. Les prises de parole sont très succinctes mais le tout est relevé par l’énergie des musiciens qui fonctionnent très bien ensemble. La batterie sonne particulièrement fort et puissante et les guitares, bien que loin du jeu de Wolf Hoffmann, font le travail. « Balls To The Wall » clôture le tout et il est certain que ce concert aura ravivé des souvenirs chez beaucoup de survivors.
Setlist :
Fast As A Shark
Living For Tonite
Midnight Mover
Breaker
London Leatherboys
Flash Rockin’ Man
Metal Heart
Princess Of The Dawn
Up To The Limit
Balls To The Wall
19h21 : Essayant tant bien que mal de garder dans l’estomac la pizza et ses apports nutritionnels qualitatifs fraîchement avalés, on entreprend une marche digestive jusqu’au Royal Theatre où In Extremo joue ses dernières chansons. Ambiance festive ! Le folk, CQFD.
20h00 – Stratovarius – Pool Deck Stage
Les éléments se déchaînent, il y a un vent fort à en décorner le Malin ! Mais qui a oublié d’éteindre les ventilos ?! L’imperturbable machine power metal Stratovarius monte sur scène et, surprise, annonce qu’elle a inversé les sets, celui-ci devenant un best of, au lieu d’être dédié à l’album Visions. On prend quand même ! Le vent joue son rôle épique et l’effet doppler qui atteint les oreilles est impressionnant. Timo Kotipelto, impassible face aux éléments, prend son personnage de frontman à cœur et se donne à fond. Première surprise : la ballade « 4000 Rainy Nights » n’avait pas fait son apparition sur un set live depuis quelque temps. L’enchaînement de « Unbreakable » avec « Hunting High And Low » fait toujours son petit effet. Au vu des conditions météo, un petit « Against The Wind » aurait été du meilleur goût. Peu de choses à dire, mais avec Stratovarius, qu’on aime ou pas, on prend une claque à chaque fois.
Setlist :
Survive
Eagleheart
Speed Of Light
World On Fire
4000 Rainy Nights
Will The Sun Rise?
Frozen In Time
Black Diamond
Unbreakable
Hunting High And Low
22h15 – Symphony X – Pool Deck Stage
Russell Allen, ou l’adepte du jacuzzi, lunettes de soleil vissées sur la tête, est content d’être là et ça se voit ; lorsque le riff de « Set The World On Fire » retentit sur tout le Pool Deck, ce sont des centaines de têtes qui se mirent enfin à gigoter. Il faut dire que ce titre, et surtout son refrain, annonce la couleur : technicité, virtuosité, perfection ! Michael Romeo (guitar hero de bon nombre de gratteux) montre à quel point cela semble facile de jouer de la guitare (spoiler : non !). Premier solo synthé/guitare qui envoie la praline, première patate de forain dans nos mouilles ! S’enchaîne ensuite le riff de « Nevermore », et le public ne répond plus de rien ! Le riff est dingue ; on sent que le groupe est là pour se faire plaisir mais également régaler le public. Pour les fans, c’est un pur bonheur, et pour les novices, une belle découverte. Lorsque « Without You » est joué, les gens découvrent qu’en plus d’être un sacré showman très séducteur, se déhanchant dans sa tenue noire moulante à lacets, Russell sait aussi et surtout utiliser son organe à la perfection ! A noter aussi que malgré le fait d’être en extérieur, au onzième étage d’un bateau naviguant et avec un vent conséquent, le son est vraiment quali. Bravo aux équipes. Hop, petite déclaration en impro d’une chanson puis grosse dédicace au guitariste Michael Romeo, disant que le groupe n’existerait pas sans lui. Sonata Arctica, Beyond Creation et Ale Conti (Twilight Force) sont dans la fosse. On sent que ce groupe est reconnu par ses pairs. Deux morceaux du génialissime The Divine Wings Of Tragedy viennent clôturer le show. Interview lue dans un magazine dans l’avion à l’aller, le groupe annonce une remise au travail et donc un album pour bientôt !
Setlist :
Set The World On Fire (The Lie Of Lies)
Nevermore
Inferno (Unleash the Fire)
Serpent’s Kiss
Without You
To Hell And Back
Sea Of Lies
Of Sins And Shadows
23h15 – Sepultura: Farewell At Sea Tour – Royal Theater
Sepultura et sa dernière tournée, ça fait mal à nos petits cœurs. Pourtant, malgré le plus grand backdrop vu à ce jour, le groupe monte sur scène de façon minimaliste : pas de chichis, tout est dans la musique. Derrick Green apparaît sobrement, en tenue de sport, appropriée puisqu’il saute comme à son habitude partout. Il semble cependant être touché par l’âge et se calmer quelque peu. Sur scène, tout le monde est actif et dans le public… tout le monde est actif. La présence d’un bon nombre de fans issus d’Amérique du Sud contribue à cette effervescence constante dans la fosse et à cette communion entre public et artistes. La voix est très légère, on l’entend peu, mais les instruments font le travail pour deux et retournent la salle. « Comment ça va ce soir ?! Bougez-vous, les moshpits sont beaucoup trop timides ! » Ça slamme, ça pogotte sévère, la sécurité est vite en PLS, tandis que le quatuor est lui très mobile. Le jeune batteur Greyson Nekrutman envoie du lourd derrière ses fûts. Les Brésiliens balancent tout ce qu’ils ont en prévision du match retour prévu dans deux jours, et le pire dans tout ça, c’est l’effet provocateur de le faire avec le sourire ! Le plaisir est clairement partagé. Paulo Jr. lâche un solo pas piqué des hannetons et continue de chauffer la salle. Il arbore d’ailleurs un t-shirt « stop wars » calqué sur l’identité visuelle de la série de films spatiaux, évident pour un groupe dont les convictions sont ancrées dans la terre, jusqu’à la décision de mettre fin au groupe revendiquant son droit de choisir de vivre libre et le moment de sa mort !
Setlist :
Arise
Dead Embryonic Cells
Phantom Self
Attitude
Means To An End
Kairos
Breed Apart
Escape To The Void
Inner Self
Agony Of Defeat
Troops Of Doom
Territory
Ratamahatta
Roots Bloody Roots
Jour 3 : Titanic VS Rasta Rockett
8h : Petit déjeuner au Windjammer Café = buffet à volonté. Objectif : ne pas s’obstiner à vouloir absolument tout goûter. Résultat : échec de la mission mais on a quand même pris quelques fruits, histoire de.
10h30 : On évacue le bateau pour rejoindre les copains, direction la plage à Ocho Rios !
10h32 : Ah la Jamaïque… un pied posé en cette sainte terre et déjà on croise tous les clichés : des vendeurs de substance – légale ici, on l’a compris – tous les dix mètres, des étals de souvenirs vendus à un prix évolutif selon la tête du client, des drapeaux vert jaune rouge de partout sur fond de musique reggae… Nous voilà obligés de consommer pour accéder à la plage attenante à Margaritaville. En revanche, on en a pour son argent. Les cocktails sont costauds, ici le diluant c’est juste un doigt, histoire de dire qu’ils en ont mis ! Au programme donc : boissons et baignade en compagnie de beaucoup de camarades marins. Le contraste entre les festivaliers qui sirotent des cocktails trop chargés à dix dollars après être sortis de ce monstre qu’est l’Independance Of The Seas et la pauvreté qui les entoure est tout de même quelque peu déroutant et pousse à la réflexion…
15h46 : Piscine ! Histoire de se rincer de l’eau de mer, et de profiter de siroter une bière dans l’eau tout en bavardant. La base, non ?
17h52 : Coucher de soleil oblige et rien sur notre agenda jusqu’à 18h30, nous nous prenons à déambuler pour la première fois au douzième étage. Découverte d’un florilège d’activités : mur d’escalade, bassin de surfing, terrain de basket où deux illustres inconnus s’entêtent à rater le panier, toboggan géant… alors, la croisière s’amuse ou pas ?!
19h30 – Subway To Sally – Royal Theater
Le moment tant attendu d’enfin voir nos camarades de vol sur scène est arrivé. Sans surprise, il s’agit de folk allemand sur fond d’instruments moins classiques que la normale. Petit check du nombre d’écoutes sur Spotify : ah quand même, 238k auditeurs par mois ! Ally Storch manie l’archet de son violon d’une main de maître, quand Simon Michael semble s’éclater derrière ses fûts et Silvio Runge (aka Sugar Ray) semble avoir abusé de la boisson énergisante et s’éclate les cervicales en plein jeu. Notre attention se porte sur ce petit garçon, tournant (titubant !) dans un circle pit solo avec son père, et dansant plein de joie au rythme de la musique. Les titres sont majoritairement en allemand, mais certains sont chantés en anglais et dédicacés « aux personnes en Californie ayant souffert des flammes récemment ». On sent qu’il s’agit là d’un groupe dont le fond du travail reste l’émotion. Un chouette petit concert en somme !
Setlist :
Sarabande De Noir
Schneekönigin
Feuerland
Sieben
Lacrimae ’74
Feuerkind
Das Rätsel II
S.O.S.
Eisblumen
Seemannslied
Kleid Aus Rosen
Post Mortem
Veitstanz
21:00 : Dans la fosse à la Pool Deck Stage pour le match retour de Sonata Arctica, un second spectacle s’offre à nous : un circle pit de personnes à forte corpulence est en cours dans le jacuzzi. Lesdites personnes finiront par s’entraîner les unes les autres dans une chute tel un circuit de dominos. Public arrosé mais public heureux, tout le monde va bien, rassurez-vous.
22:00 – Powerglove – Studio B Ice Rink
C’est sur une vidéo issue du film Videokid que Powerglove monte sur scène. Dans le public, c’est le défilé des costumes : pikachu gonflable, dignement convié par un « bien sûr, Pikachu est invité ! » fera donc face à Mario et sa troupe pour un combat épique lancé sur « Super Smash Bros. Melee Theme ». Ce concert, il est pour vous les petits geeks. Les références aux jeux vidéo, films ou encore dessins animés s’enchaînent. Le power metal et les jeux vidéo, oui, on connaît, mais la technique de Gabriel Guardian qui joue – en même temps ! – de la guitare et des claviers sort du lot. Narcissa Vox apparaît sur scène pour chanter « Under The Sea » ; dommage son chant n’est pas toujours très juste… Le concept est bon et Bassil Silver y est pour quelque chose : tel un batteur fou, il s’exprime beaucoup dans son jeu et communique avec son public. Le concept mériterait peut-être d’être poussé un petit peu plus, mais les reprises en mode ultra speed power metal sont bonnes. Le côté surenchère constante lasse peut-être un petit peu, mais le sourire revient de lui-même au fil de la setlist.
Setlist :
Street Fighter Theme?
Tetris
X-Men Theme
Super Smash Bros. Melee Theme
Ghostbusters
The Fastest Thing Alive
Under The Sea
In The Dark Of The Night
Kirby
Gotta Catch ‘Em All
Mario Minor
Power Rangers
22h50 : Sorrento’s, place sacrée de la pizza, notre sauveur dans ces temps obscurs, entre l’estomac retourné par les roulis du paquebot et la faim surprise de fin de journée.
22h45 – Striker – Star Lounge
Ah la Star Lounge… la légende disait donc vrai, il est impossible de voir le concert à moins d’être à la barrière. Striker, c’est un subtil mélange de heavy, d’old school et de kitsch – ceux portant des lunettes Pit Viper ne se sentent pas dépaysés. Le son est net, les voix sont puissantes, rappelant parfois celles de leurs comparses américains de Wings Of Steel. Le chanteur annonce fièrement que c’est la troisième fois qu’ils sont sur ce bateau et l’on entend répliquer aussitôt dans le public : « Troisième fois et toujours sur la Lounge… ? Faudrait peut-être faire quelque chose les gars ! » Le groupe comme le public semblent ravis de la prestation. Le jeu de lumières est top. Reste cette envie de retourner les voir (littéralement) ailleurs, en espérant qu’ils passent en Europe bientôt.
Setlist :
Circle Of Evil
Best Of The Best Of The Best
Born To Lose
Blood Magic
Ready For Anything
Thunderdome
Sucks To Suck
Former Glory
Phoenix Lights
Heart Of Lies
23h37 : Tony Kakko passe par là et nous salue. Oscar Dronjac, lui, enquille les bières.
23h45 – Stratovarius: Visions set – Royal Theater
Du beau monde de la sphère power metal est présent ce soir en tant que spectateur. Rien à redire, on a l’impression d’être au cinéma tant l’ensemble est bon. Stratovarius aura une nouvelle fois donné une leçon. De plus, qu’il est bon pour le public de voir certains de ses artistes favoris fanboyer devant le concert d’un autre artiste adulé.
01h30 – Benighted – Studio B Ice Rink
Obligés d’aller soutenir les frenchies de Benighted ! Peu de gens mais des arrivants en flux continu à cause du chevauchement de certains sets. Une chose est sûre : nos Français sont pleins d’énergie. Les premiers titres permettent de donner le ton de la soirée : qu’importe la foule, pourvu qu’il y ait l’éclate ! Et cette éclate, on l’a prise en pleine tronche durant les balances, les ingés envoyant des samples horrifiants de cris de chien battu et de pleurs de bébé à répétition. Dire que le groupe est mobile sur scène est un euphémisme : au studio B qu’ils retournent, ça casse des nuques et ça déménage. Julien Truchan, pieds nus, alterne avec succès ses screams et growls si particuliers. Le public se toise, se mesure mais finit toujours par se rentrer dedans dans une infernale douceur. Se forme alors le circle pit le plus drôle qui soit : chaque individu en son sein avait sa particularité, que ce soit un homard avarié dansant les pinces en l’air, un ninja courant en rond, un chevelu bien décidé à se déplacer au ralenti en faisant des fentes rythmées sur la musique ou encore « l’homme en rouge » que l’on aura croisé tout au long du festival. Les titres s’enchaînent, le duo Kevin Paradis et Emmanuel Dalle est d’une synchronicité notable dans toute cette violence. Le set se termine alors et plonge la salle dans un calme vivifiant. Une chose est sûre, les survivors de cette édition seront ceux qui sortiront du studio B sans besoin de rendez-vous ostéo !
Setlist :
X2Y
Noise
Experience Your Flesh
Slaughter/Suicide
Spit
Defiled Purity
Jekyll
Collection Of Dead Portraits
Carnivore Sublime
Les Morsures Du Cerbère
June And The Laconic Solstice
Jour 4 : La croisière s’amuse
11h30 – Septicflesh – Pool Deck Stage
Quoi de mieux que de commencer la journée en s’imaginant sur une île des Cyclades, se dorant la pilule ? Bon, le soleil et sa chaleur sont là, mais l’ambiance est tout autre. Les Grecs entrent en scène. Le charisme des musiciens est à la hauteur des blasts que l’on reçoit. On a face à soi un Seth toujours aussi théâtral, avec de grands gestes de bras, et un Psychon très ancré dans son personnage de dur à cuire. Il faut dire que voir la bande des frères Antoniou en live est une véritable expérience tant on en prend plein les yeux et les oreilles avec leur death metal symphonique. La très heavy « Neuromancer » fait dérailler le public ardent. On a arrêté de compter le nombre de fois pendant lesquelles Seth s’est adressé aux fans en les appelant de sa douce voix gutturale « my friends », amis qui lui offraient un retour jovial à chaque intervention. Entamant la deuxième partie du set, bien plus symphonique, il chuchote alors « chut, mes amis, une tempête arrive » et la rarement jouée en live « Coming Storm » débute. L’instrumentale orchestrale en arrière-fond prend toute son importance et appuie le rôle de chacun des membres. Finalement, l’enchaînement « Martyr », « A Desert Throne », « Anubis » et « Dark Art » est tout ce que l’auditoire pouvait espérer pour un grand final. Un concert de Septicflesh est une sorte d’expérience mystique, racontant une histoire qui saura toujours attraper l’oreille et le cœur de son public.
Setlist :
Hierophant
The Vampire from Nazareth
Neuromancer
Portrait of a Headless Man
Coming Storm
Martyr
A Desert Throne
Anubis
Dark Art
12h15 – Belly Flop Contest – Pool
Nous voilà donc face à cette institution, événement le plus attendu du festival éclipsant tout artiste. Les juges sont : Nick Miller d’Unleash The Archers, Mikko Kotamaki de Swallow The Sun, Garry Naples de Trouble, Alexander Boe de Trollfest, Sabrina Cruz de Seven Kingdoms et Krista Shipperbottom de Lutharo. Rigolade assurée pour ces olympiades du body positive !
13h20 : Rien de tel qu’une Foster’s d’1L devant Kissin’ Dynamite pour faire redescendre la température. Cette bière, c’est toute une aventure : au début, elle est rafraîchissante et se boit bien, à la fin elle est chaude et sans bulles. Une bonne bière de soif !
14h30 – All Star Jam – Royal Theater
On finit d’engloutir sa petite douceur de fin de repas et on file vers le All Star Jam, présenté par Jörg Michael et Kristin Starkey. Les tubes s’enchaînent, portés par un troupeau d’artistes qu’il est bon de voir jouer ensemble. Comme le dit si bien notre photographe, en parlant de Gabriel Guardian et Tommy Johansson : « Pour moi, on a deux grands futurs messieurs de la musique metal. »
Setlist :
Iron Man (Black Sabbath) (Reece Miller au chant)
For Whom the Bell Tolls (Metallica) (Kyle Thomas au chant)
It’s a Long Way to the Top (If You Wanna Rock ‘n’ Roll) (AC/DC) (Michael Gilbert and Steve Conley aux guitares)
Seasons in the Abyss (Slayer) (Dave Garnett au chant, Andreas Kisser à la guitare)
United (Judas Priest) (Pete Klassen au chant)
Moonchild (Iron Maiden) (Kristin Starkey au chant,
Nick Miller à la basse, Bradley Hall et Ihsahn aux guitares)
Long Live Rock ‘n’ Roll (Rainbow) (Tommy Johansson au chant)
Kickstart My Heart (Mötley Crüe) (Narcissa Vox au chant, Ken Mary à la batterie)
Love Gun (KISS) (Ken Mary à la batterie, Gabriel Guardian à la guitare)
Wrathchild (Iron Maiden) (Ken Mary à la batterie, Ihsahn au chant et à la guitare)
16h00 : Rendez-vous pour la photo de groupe. Un de nos camarades français s’est probablement fait fêler une côte par un Américain pas content dans le mosh pit. Volontairement. Un coup d’épaule bien placé dans le nez et l’affaire était réglée.
17h50 : Premier wall of death dans un ascenseur bondé : c’est donc ça une expérience de mort imminente ?
18h00 – Kalmah – Pool Deck Stage
Tout amoureux de Children Of Bodom encore triste de la disparition d’Alexi Laiho se doit d’aller voir Kalmah. Arrivés tout droit de Finlande (décidément, beaucoup de groupes finlandais à l’affiche !), Kalmah ne cache pas ses influences et on adore ça. Le public, sous l’effet euphorique du déni de fin de festival, est électrique. Gros big up à la sécurité qui a dû faire face à des marées de viande plus ou moins sobre et… un flot continu de poupées gonflables ayant émergé des confins de la Pool Deck. Le soleil commence à décliner pour laisser place à la lune et les riffs mélodieux sortant des guitares s’entremêlent à l’ambiance planante. Hélas, toutes les prises de parole de Pekka Kokko sont victimes de bides, et quelqu’un que l’on ne nommera pas commentera : « T’as bien fait de te lancer dans la musique et pas comme humoriste mon gars ! » Techniquement parlant, c’est très bon, on est sur de la pleine puissance atteignant son apogée en dernière partie de set. Les twin guitars fonctionnent très bien, Veli-Matti Kananen arbore un sourire plus que satisfait entre deux headbangs derrière ses claviers, le groupe en général restant très peu mobile et expressif. Le concert étant prédestiné à jouer l’intégralité de l’album de 2002 They Will Return (« Human Fates » étant joué pour la première fois en live à cette occasion), il sera tout de même accompagné des trois gros classiques – « Haunted By Guilt », « The Black Waltz » et « Hades » en clôture – histoire de satisfaire le public. Les Finlandais, rares par chez nous, auront fait grosse impression !
Setlist :
Hollow Heart
Swamphell
Principle Hero
Human Fates (Live debut)
They Will Return
Kill the Idealist
The Blind Leader
My Nation
Haunted by Guilt
The Black Waltz
Hades
18h50 : Après moults discussions avec un confrère journaliste finlandais, nous tombons d’accord concernant l’ambiance générale du festival comparé à ceux prenant place en Europe : peu de personnes raides ivres (certainement assoupies dans leurs cabines), on se sent en sécurité, sans avoir peur du vol, pas ou peu de violences au risque de se retrouver confiné dans sa cabine. Le prix du 70k contribue effectivement à faire une sélection, évitant le tout public pouvant déranger le calme et le bon déroulement d’un festival.
19h00 – Arcturus – Studio B Ice Rink
« N’est pas amateur qui veut » sera la phrase retenue pour ce concert… déjanté. Les 70000 Tons de Français se sont séparés, une partie étant allée manger quand les plus motivés se sont préparés à regarder ce spectacle totalement décalé qu’est Arcturus sur scène. Pikachu gonflable est présent dans le public, mais à en juger par son maquillage noir dégoulinant sous ses yeux, il est malheureusement tombé en dépression. Mais qui se cache donc sous ces costumes de scène sortis tout droit du cauchemar d’un enfant ? Un Vortex semblant en forme, comme titubant sous ses lunettes cyberpunk et nous régalant de ses vocalises aiguës si particulières. Hellhammer est carré derrière sa batterie, Sverd avec ses claviers fous ressemble à un aviateur… Un théâtre sombre et délirant s’offre à nous. On entend un « c’est quand même bizarre ce groupe » et ça se comprend. Arcturus offre un subtil (ou pas) mélange d’avant-garde post-black metal qu’il faut savoir décortiquer pour en apprécier les subtilités.
Setlist :
Shipwrecked Frontier Pioneer
Crashland
Master Of Disguise
Ad Absurdum
Du Nordavind
Game Over
Chaos Path
Angst
19h45 : Découverte du restaurant « dining room » étendu sur trois étages. Un menu par soir avec entrée, plat, dessert dans un restaurant plus chic que le windjammer et encore une fois… gratuit ! Régalade.
00h50 – Skipper’s thank you
Andy Piller prend place sur scène pour faire un bilan de cette édition. Il en profite pour s’excuser pour cette année un peu compliquée, disant qu’il s’est entouré d’une super équipe et va apprendre à faire fonctionner le tout de manière à ce que tout roule même s’il n’est pas présent. Arrive alors l’annonce du record de l’édition 2025 : on était quatre-vingt-une nations à bord ! L’année prochaine, le Freedom Of The Seas accueillera le 70000 Tons Of Metal du 29 janvier 2026 au 2 février 2026 et fera escale à Labadee, Haiti.
En conclusion : Le 70000 Tons Of Metal est une autre manière de consommer des musiques extrêmes et, même si cela fait mal de le dire, a un gros goût de reviens-y. L’organisation est très bien rodée, on est sur un confort luxueux et une ambiance géniale, le fait d’être en petit comité accentue cet effet « famille » comme le metal sait si bien le faire. Il s’agit définitivement de ces expériences à faire une fois dans sa vie, mais il faut être honnête : il aura fallu du temps pour s’adapter à ce luxe dans lequel on peut ne pas se sentir à sa place, et le bilan carbone explosé peut avoir tendance à refroidir un peu. Car oui, utiliser des dizaines de milliers de litres de fioul par heure, détruire les écosystèmes marins, rejeter des polluants dans l’air y compris des gaz à effet de serre et des particules en suspension, n’est pas un avenir en soi. Serait-il pour autant faisable de développer ce microcosme fantastique sur la terre ferme ? Difficile à dire. Reste qu’on est heureux de compter parmi les survivors de 2025 et qu’on en revient des souvenirs plein la tête et des étoiles plein les yeux !
Mathilde – rédactrice
Mon + : Le confort. La climatisation, les sièges, la nourriture, la cabine : tu ne souffres pas du dos, des pieds, ni de la chaleur ou de la fatigue. La proximité avec les groupes, outre les meet and greet, voir des groupes fanboyer devant d’autres ou les croiser au petit déjeuner, c’est top.
Mon – : Le bilan carbone catastrophique (oui, prendre l’avion pour si peu de temps et embarquer à bord d’un paquebot de croisière est catastrophique écologiquement parlant) et la conscience écologique zéro à bord, gros déni.
Concert + : Ex-aequo The Kovenant et Stratovarius (Visions set). The Kovenant : découvert en live, tous les éléments clés du black metal symphonique que j’aime avec une touche d’excentricité. Stratovarius (venant de quelqu’un les ayant vus déjà deux fois l’année dernière !) nous a délivré une leçon : le son, les musiciens, la voix de Timo Kotipelto, l’ambiance, tout était parfait. L’impression de regarder un film.
Concert – : Unleash The Archers. Et c’est pourtant une grande amatrice de power qui dit ça ! Pas d’émotion dans les chansons, la chanteuse est juste là pour montrer qu’elle sait chanter fort, pas de subtilité. Les musiciens sont passés au second plan. Rien ne reste en tête. Dommage !
Sylvain – photographe
Mon + : L’ambiance incroyable, la joie sur tellement de visages, et surtout un endroit où tout le monde est heureux. Être sur ce bateau, c’est communier avec d’autres personnes pour le même bonheur. Avoir un endroit pour nous, à une minute de marche et d’ascenseur des salles de concerts et des activités, pouvoir poser ses affaires sans risque de revenir et de ne pas les retrouver, dormir dans un lit ultra confortable, et se voir offrir une prestation complète (comme les restaurants magnifiques, la nourriture) qui est indéniablement la meilleure que l’on puisse trouver pour un festival de musique.
Mon – : En tant que photographe habitué des festivals européens aux règles assez strictes, je suis surpris ici d’avoir affaire à certaines personnes qui, une fois dans le photopit, n’en avaient que faire des autres collègues ; appareil photo sur perche, appareil photo en mode écran et/ou téléphone portable en mode vidéo, et le tout en mode « bras tendus », ce qui donne pour la plupart des clichés des magnifiques photos impossibles à exploiter puisqu’on retrouve leur appareil à dix centimètres des visages des chanteurs ! Russell Allen s’en souvient, il en a même enlevé un de devant son champ de vision !
Concert + : Swallow The Sun & Ballet Finland : juste incroyable, poétique, mélancolique ! Symphony X et Sonata Arctica, et belle découverte avec Powerglove.
Photos : Sylvain Leobon.
























































Avec une empreinte carbone déplorable…et à côté de ça on se plaint de celle des autres festivals !
Trop bien les amis, beau boulot, ça donne envie :) :) :)