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Live Report   

Carpenter Brut propulse l’Olympia en 2077


En quelques années, Carpenter Brut a explosé pour devenir l’un des poids lourds de la scène française, imposant sa vision d’une synthwave sombre et saturée à un public metal qu’il a conquis et réussi à faire sortir sans effort de sa zone de confort. Le projet mené par Franck Hueso revient défendre Leather Temple, ultime chapitre de sa trilogie, en poussant encore plus loin ses influences cinématographiques 80’s et en nous embarquant cette fois dans un futur cyberpunk taillé sur mesure pour son univers rétro furieux et résolument électronique.

Ce vendredi, à l’Olympia, Carpenter Brut retrouve une salle qu’il connaît bien — pour la troisième fois — dans le cadre d’une tournée mondiale dense, qui passera par une vingtaine de dates outre-Atlantique. Une nouvelle date parisienne qui affiche complet sans grande surprise, avant un retour prévu au Zénith de Paris l’an prochain.

Artiste : Carpenter BrutUltra Sunn
Date : 20 mars 2026
Salle : L’Olympia
Ville : Paris [75]

La salle est déjà bien remplie quand Ultra Sunn investit la scène de l’Olympia vers 20h. Figure montante de la scène goth/EBM/darkwave, le duo belge (ou plutôt trio sur scène) déroule son mélange d’hymnes synthwave hypnotiques, de rythmes industriels martiaux et de chant gothique typique de la scène anglaise des années 80. Le chanteur Sam Huge, à l’allure mi-christique mi-Raspoutine, envoûte la foule sans interruption avec sa voix grave, posée et mélancolique digne d’un Dave Gahan ou d’un Andrew Eldritch. Même si Ultra Sunn n’arrive pas totalement à transformer la salle parisienne en dancefloor de boîte de nuit goth (une tâche toujours ambitieuse pour une première partie), le public semble tout de même relativement conquis et se trémousse au son des synthétiseurs pour s’échauffer avant la tempête Carpenter Brut.

Après quelques minutes d’attente (le temps de jeter un œil au stand de merchandising – et de remercier Carpenter Brut pour ses prix encore raisonnables, loin des t-shirts à cinquante euros devenus trop souvent la norme maintenant), le rideau tombe et dévoile, derrière le classique synthétiseur flanqué du logo Carpenter Brut, un immense monolithe qui domine la scène : un gratte-ciel froid et massif, incarnation directe de la mégacorporation Iron Tusk. Pas de doute, l’esthétique rétrofuturiste aux accents cyberpunk est posée d’emblée. Ce soir, on n’est plus à Paris, mais bel et bien à Midwich — ou plutôt Midwichpolis, en cette année 2077.

Le concert ne tarde pas à basculer dans cette réalité postapocalyptique saturée de néons. Exit le traditionnel « Everybody » des Backstreet Boys en guise d’introduction : à la place, une fausse publicité pour Iron Tusk défile sur les écrans géants. Le ton est donné. En quelques secondes, le public est happé dans cet univers futuriste, sans transition ni second degré. Ses lunettes de soleil sur le nez, Franck Hueso rejoint son pupitre, accompagné de ses deux musiciens, et s’adresse à la foule dans un message préenregistré à la voix grave et robotique (il communiquera avec le public uniquement de cette manière à plusieurs reprises tout au long de la soirée) incitant à crowd-surfer allègrement.

Dans la foulée, le set s’ouvre avec « Major Threat », rapidement suivi par le single « Leather Temple », dans un ordre fidèle à celui de l’album. Un choix loin d’être anodin : avec Leather Temple, Carpenter Brut opère un virage discret mais réel. Exit les chanteurs en guest qu’on pouvait retrouver sur Leather Teeth et Leather Terror, retour à une formule cent pour cent instrumentale, plus proche de l’esprit des premiers EP. Un choix qui n’est pour autant pas un retour en arrière, mais bien une manière de gagner en intensité pour donner une dimension encore plus cinématographique à cet univers cyberpunk. La soirée s’inscrit parfaitement dans cette démarche en se débarrassant du chant (de toute façon forcément un peu contraignant compte tenu des nombreux invités sur les albums) pour transformer la salle en une grande messe techno-disco sous stéroïdes. On attendait du dancefloor, on ne va pas être déçus !

Si « Roller Mobster » et « Looking For Tracy Tzu » retournent littéralement la piste de danse, à la hauteur des tubes que sont ces morceaux, les plus récents « Start Your Engines » ou « Iron Sanctuary » sont accueillis comme si le public les connaissait depuis toujours. « Start Your Engines » offre d’ailleurs l’un des moments forts du concert, porté par des faisceaux laser qui serpentent sur scène et des gerbes de flammes en arrière-plan. Et que dire de « Disco Zombie Italia », qui semble avoir été remixée en une version encore plus rock et industrielle ? Il s’agit d’un moment clé du concert où la fosse explose et où le public chante le refrain d’une seule voix, comme s’il y avait des paroles !

Et le public a encore de la voix, puisqu’après les nouveautés « Neon Requiem » et « Speed Or Perish » (Leather Temple est décidemment au centre de la soirée puisque tous ses morceaux seront joués), c’est déjà l’heure du tube ultime « Turbo Killer », lui aussi repris par la foule, avant l’incontournable « Le Perv » qui finit d’achever les très nombreux fêtards de l’Olympia. Difficile d’imaginer un concert de Carpenter Brut sans son karaoké de conclusion, symbole parfait de ce mélange entre mélancholie des 80’s, synthétiseurs survitaminés et grande fête générale : on a donc enfin le droit à un peu de chant ce soir avec la traditionnelle, l’essentielle, la tant attendue reprise de « Maniac » (du film Flashdance) qui fait trembler une dernière fois le sol de l’Olympia.

Carpenter Brut est omniprésent depuis plusieurs années, mais on a quand même l’impression de redécouvrir un nouveau show et une nouvelle facette de sa musique à chaque fois qu’il se présente sur scène. Un concert de Carpenter Brut, ce n’est pas un vieux film des années 80 vers lequel on revient par nostalgie, c’est une projection vers le futur ! S’il faudra patienter encore un peu avant de les rejoindre à Midwichpolis en 2077, on a déjà hâte de les retrouver au Zénith de Paris en mars 2027, pour un show qui s’annonce une nouvelle fois dantesque.

Setlist (source Setlist.fm) :

Major Threat
Leather Temple
Roller Mobster
She Rules The Ruins
Start Your Engines
Looking For Tracy Tzu
Day Stalker
Night Prowler
Iron Sanctuary
The Misfits / The Rebels
Disco Zombi Italia
Neon Requiem
Speed Or Perish
Turbo Killer
5 118 574
Le Perv
Maniac (Michael Sembello cover)

Photos : Romaric Lacroix @ Lyon, Transbordeur.



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