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Le Blog Du Doc   

Et la grossièreté dans tout ça ?


« Sucer, c’est tromper ? » voilà un titre qui parle de lui-même car il a le mérite d’aller droit au but. Oui, c’est le moins que l’on puisse dire, il est bien évident qu’avec un intitulé pareil vous savez où vous mettez les pieds. C’est l’objectif en même temps, quand je le choisis, pour illustrer un article sur une interview étonnante. Avec ce choix je souhaite vous provoquer, vous titiller, susciter votre curiosité et vous inciter à lire nos colonnes. Normal, c’est aussi mon rôle.

Aujourd’hui je voulais évoquer avec vous le thème de la vulgarité (sur le web comme ailleurs) parce que je pense qu’il y a vulgarité et vulgarité. En effet j’ai conscience, de par ma position, que tout ce que l’on écrit et dit sur un média comme Radio Metal a des conséquences. Dans cette optique, utiliser le terme « sucer » en accroche est un parti pris de notre part sur cet article car, outre l’utilisation d’un mot familier, prendre ce terme en guise d’intitulé (surtout dans le cadre d’une question pareille !) est forcément une provocation en forme de clin d’oeil.

Mais en termes d’images un titre pareil peut, j’en suis sûr, nous nuire à court, moyen ou long terme. Notamment auprès de certains de nos annonceurs. Mais que voulez-vous ? J’ai écrit à de très nombreuses reprises ici que le discernement est le socle fondateur de l’intelligence et si quelqu’un ne souhaite pas associer son image à notre média parce qu’on a utilisé le terme « sucer » sur un intitulé, je le comprendrai tout à fait… même si pour moi, vous vous en doutez, ce serait une erreur de jugement.

Une erreur d’interprétation, car trop rigide, qui voudrait dire que notre interlocuteur s’arrête à la vision d’un terme vulgaire qui ne lui convient pas. Un interlocuteur qui ne chercherait pas à comprendre pourquoi on utilise le mot en question ou qui trouve que « rien que le fait d’utiliser un terme pareil est impensable ». Je parle de nos annonceurs mais cela peut aussi être le cas de nos partenaires, de nos lecteurs… bref de tout le monde.

Tout cela est important parce qu’au final je considère que la vulgarité, quand elle est bien utilisée, peut apporter quelque chose. Par exemple, je me souviens avoir lu il y a quelques années un livre de Patrick Besson (il me semble que c’était Dara mais je n’en suis pas sûr) ou tout au long du bouquin l’auteur a un style hyper soigné, bien écrit et à un moment donné, alors que l’on ne s’y attend pas du tout, il nous explique qu’il est en train de s’attraper une fille à quatre pattes mais dans des termes assez grossiers qui dénotent totalement avec le reste de l’ouvrage.

Cette scène m’avait marqué (je vous voir venir, non pas pour ça) de par le décalage fait exprès dans le style d’écriture de l’auteur. Ceci m’avait prouvé qu’on pouvait être vulgaire, faire sourire et/ou passer un message, en parvenant à garder malgré tout une certaine élégance. Exactement comme un Devin Townsend sur scène qui va faire des milliards de grimaces, se curer le nez devant le public… mais malgré tout rester diablement classe.

Je ne me compare pas à Patrick Besson (encore heureux non mais oh !) – il y a d’ailleurs une différence entre écrire pour un média et être écrivain – mais son exemple prouve que l’on peut avoir une vulgarité mesurée (car ponctuelle) qui apporte un plus à l’ensemble.

Typiquement, « sucer, c’est tromper ? » c’est une provocation qui a vocation à faire sourire nos internautes qui ont été au courant de l’affaire Ardisson/Rocard où l’ami Michel se laisse prendre (mince, excusez-moi) aux questions de l’animateur en affirmant que « non », sucer ce n’est pas tromper. Bon que DSK dise ça ok… mais Michel Rocard quand même ! Un peu de tenue que diable ! D’où la polémique qui s’en était suivie et qui avait fait le buzz à l’époque.

Tout le monde ne partagera pas mon avis mais les membres du staff RM seront d’accord avec moi là-dessus : on ne fera pas de concessions sur notre liberté de ton et notre ligne éditoriale lorsque l’on pensera que ce qu’on fait a du sens et correspond à notre esprit. On pourra se tromper sur le sens, bien sûr, car on peut faire des erreurs comme tout le monde mais nous aurons au moins été honnêtes avec nous-mêmes jusqu’au bout de la démarche, ce qui est pour moi le principal.

Si un jour Sony, Nuclear Blast, Warner, GDP, XIII Bis ou nos autres partenaires me disent « Ecoute Amaury, là franchement vous allez trop loin parce que ci, parce que ça » j’écouterais, réfléchirais et me ferais mon opinion, en reconnaissant (ou pas) que ma bande et moi… euh je voulais dire mes potes et moi (il faut que je fasse attention aux termes)… on est en effet allés (peut-être un peu) trop loin.

Mais RM est un territoire d’une infinie liberté car c’est la base de sa ligne éditoriale. On parle de tout, tout le temps, en recadrant ce tout (de près ou de loin) dans la thématique musicale. C’est ça qui vous plaît, nous le savons. Quand au moment où j’écris ces lignes – jeudi 21 juillet vers 19h – je vois que l’article sorti sur le pétage de câble de Dani Filth a été lu près de 1 200 fois en seulement quelques heures ou qu’hier (mercredi 20 juillet) notre billet le plus lu avait été celui à propos du metal comme handicap, je persiste et signe : ce qui fait la force de Radio Metal, c’est l’éclectisme de nos points de vue et notre ton.

Notre rapport à l’information est le fruit d’une vision. Et quand, extrêmement rarement, on y intègre de la vulgarité ou de la grossièreté : on le fait parce que pour nous ça a du sens. Car jamais je ne voudrais qu’on soit grossier pour être grossier.

Un jour, j’étais en déplacement et mes collègues avaient fait un article sur le mariage de Kate Middleton et du Prince William de Galles avec pour titre de base « Ca suffit avec ce mariage de merde ! ». Ca ne me convenait pas car je me disais qu’en l’occurrence l’expression « de merde » n’apportait rien au titre, que c’était de la vulgarité pour de la vulgarité et que je n’avais pas envie de voir un titre pareil sur le site de Radio Metal. Mes collègues ont été d’accord avec moi et on a rectifié le titre en ayant une approche plus adaptée.

Pareil sur Amon Amarth chorégraphié au « poil de cul » mes collègues auraient dû virer l’expression « de cul » car ça n’apporte rien à ce live report, par ailleurs très bien ! Mais enfin je ne vais pas chier une pendule… pardon… oui donc je ne leur en tiendrai pas rigueur (bordel de m*rde) pour l’utilisation de cette expression. Et ce même si, à titre personnel, je ne l’aurais pas laissé car selon moi ça n’apporte strictement rien à l’ensemble. Mais là je considère qu’on est dans un détail non prioritaire (chaque détail reste prioritaire… mais je juge que celui-là est un peu moins prioritaire que beaucoup d’autres !).

De toute façon, au sein du staff, on n’arrête pas de se corriger mutuellement. A titre d’exemple, combien de fois ce blog a-t-il été retouché par mes collègues ? Je ne peux même pas compter et c’est bien normal ! Radio Metal repose sur des individus mais c’est l’entité qui, quoi qu’on en dise, s’exprime à travers nos écrits et nos actes publics. Et gérer une entité comme la nôtre c’est savoir discerner, on y revient, ce qui est important ou pas.

La grossièreté/vulgarité fait partie des fléaux de la civilisation mais je suis convaincu que son utilisation ponctuelle peut (aussi et parfois) avoir du sens… si c’est correctement fait.

Prochain blog vendredi 12 août pour cause de vacances. Mais même en vacances je continuerai à surveiller vos agissements par l’intermédiaire du site RM car je ne peux pas me passer de vous surveiller !

On ne se refait pas…

A très vite !



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  • Et surtout, la grossièreté fait partie intégrante de l’univers metal. Pouvez-vous me citer une seule galette qui n’a pas son lot de « F-word » ?
    Sur Deezer, j’ai trouvé certains morceaux censurés par des « biiiiiiip » bien placés, on se serait cru en plein milieu de la station Mir…

    J’espère que cet article n’est qu’une réflexion innocente, et non une réponse à des réactions de la part de l’un ou l’autre de vos partenaires, dont le business est, pour la plupart d’entre eux, totalement dépendant de cette vulgarité.
    Et puis m*rde, on n’a pas envie d’entendre les contes de Perrault sur un album de KoRn…

    NB : vous n’avez plus qu’à réimprimer tous vos T-Shirts. :D

    Allez, pour le plaisir :

    http://www.dailymotion.com/video/x29wwt_clip-inedit-de-brassens-la-censure_music

  • « La grossièreté/vulgarité fait partie des fléaux de la civilisation mais je suis convaincu que son utilisation ponctuelle peut (aussi et parfois) avoir du sens… si c’est correctement fait. »

    Ben voila, tout est dit. Ça fait partie intégrante de l’humour.

  • Bon j’arrive un peu après la bataille… mais c’est effectivement assez incompréhensible que des personnes ou un annonceur (si j’ai bien suivi) puisse s’émouvoir d’un tel titre et d’un article simplement satyrique !
    Quand on voit les tonnes de pornographie médiatique que déverse la télévision à travers certains clips ou émissions de téléréalité, faut quand même être sacrément chochotte pour s’offusquer devant ton billet :)
    Amitiés.

  • Je trouve ça inadmissible d’être grossier, putain de bordel de merde.

  • Ok, il y a des fautes, Ok c’est sympa de corriger, une fois, deux fois, mais c’est bon ! ^^ Pour ma part je pense qu’un commentaire est là pour nous permettre de donner une opinion, être critique (autant bon ou mauvais)…pas pour s’attarder sur le « e » ou la virgule de trop.
    Il y a seulement « Chloé » qui après sa partie langue française ait donné son POINT DE VUE.
    Je veux seulement dire que que moi, je suis totalement d’accord avec ce qui est écrit dans ce texte : 2 sortes de vulgarités s’offrent à nous.
    Voilà sur ce, bye ;)
    [il y a certainement des fautes dans ce texte :ne pas corriger. (x ]

    • il y a depuis quelques jours une recrudescence de commentaires faisant remarquer les fautes dans les articles justement à la demande du staff de RM, c’est pour ca qu’on voit autant de commentaires du type « tu as oublié un e là »

    • Yes : https://www.radiometal.com/article/la-plaie,36543

      Si nos lecteurs postent des rectifications sur nos fautes et qu’en parallèle ils continuent à poster leurs réactions sur nos articles, ça nous convient parfaitement car c’est ce que l’on veut !

  • La vulgarité est une manière globale d’être, de penser, de s’exprimer…on n’est pas forcément vulgaire pour quelques mots crus, heureusement, même si la limite est parfois ténue.
    Je suis d’accord pour le titre sur Amon Amarth. J’ai beaucoup cherché le sens de l’allusion…en vain.

  • @Tous :

    Radio Metal est le seul site au monde capable de se tirer lui-même vers le haut grâce à l’appui de ses lecteurs.

    Le monde est à nous !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Merci.

  • mode Bernard Pivot « on » :
    1) Cinquième paragraphe: la vulgarité […] peut apportER
    2) Sixième paragraphe : Exactement comme un Devin Townsend sur scène qui va faiRE des milliards de grimaces
    3) Huitième paragraphe : Un peu de tenuE que diable !
    4) Dixième paragraphe: j’écouterais, réfléchiraiS et me feraiS mon opinion
    5)Onzième paragraphe : points de vuE
    mode Bernard Pivot « off »
    ;)

  • — minute Académie Française —

    « apporter » serait plus correct qu' »apportée » au début du paragraphe 5, et pour Michel Rocard paragraphe 8, tu voulais sûrement dire « un peu de tenue » :) ?

    — fin de la minute Académie Française —

    Sinon, je pense aussi qu’il est possible d’être élégant et sérieux même en utilisant des mots, disons, vulgaires, tant qu’on ne parle pas comme ça par défaut mais de manière délibérée.

    Bonnes vacances !

  • Comme vous avez cordialement demandé à vos lecteurs de corriger les erreurs trouvées, je me permets de faire part d’une petite faute:

    Première phrase du paragraphe 5:
    « […]la vulgarité, quand elle est bien utilisée, peut apportER quelque chose. »

  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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