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Live Report   

In Flames : l’appel du 18 juin


En ce jour si important de notre histoire, Lyon accueille In Flames au Transbordeur. Avec une carrière qui s’étend sur plus de deux décennies, la formation suédoise est devenue une légende du metal mélodique, et ce soir, les Lyonnais sont prêts pour une performance intense, mêlant puissance, technique et émotion brute. Dès l’entrée dans la salle, l’atmosphère est électrique et l’attente avant le début du show promet une expérience inoubliable.

Le Transbordeur est l’un des lieux les plus emblématiques de Lyon pour les concerts de metal, et ce soir-là, il est presque plein. Les spectateurs, principalement vêtus de t-shirts du groupe, sont impatients de voir In Flames sur scène, lui qui n’a pas seulement marqué l’histoire du metal, mais a aussi influencé de nombreuses générations de musiciens… L’atmosphère mêle sueur et excitation collective : le public est dans un état d’attente quasi fiévreuse.

Artiste : In FlamesOrbit Culture
Date : 18 juin 2025
Salle : Transbordeur
Ville : Lyon [69]

La première partie est assurée par Orbit Culture, groupe de death metal mélodique suédois (qui a dit que ce genre musical était né dans le pays d’Ikea ? Qui ?). Malheureusement, dès le premier morceau, nos oreilles nous susurrent que ces quarante minutes vont être très longues, car le son est affreux. Une bouillie sonore envahit le Transbordeur. Apparemment, l’ingénieur du son du groupe est terrassé par un AVC derrière sa console, car impossible d’apprécier des titres tels que « The Tales Of War « ou « Vultures Of The North » dans cette masse sonore d’où la batterie surmixée écrase tout. Les guitares, pourtant très, très fortes, n’arrivent pas à exister. L’accueil est malgré tout très bon, les membres remercient le public (le chanteur, Niklas Karlsson, enchaîne les « this is fucking great », « raise your fucking hands », toutes les cinq minutes), mais à la fin du set, on ramasse sur le sol nos oreilles desséchées, éclatées par ce feu de décibels très mal maîtrisé. A voir dans un autre contexte, lorsque l’ingénieur du son aura enfin décroché son diplôme.

Les lumières tamisées, accompagnées de projections vidéo psychédéliques sur l’écran derrière la scène, donnent le ton : un univers sonore où se mêlent lumière, ombre et vibrations électriques. On débute style « in your face » avec « Pinball Map », un morceau tiré de l’album Clayman (2000). Dès les premières guitares incisives, la foule explose de joie, et les premiers headbangs ont fait leur apparition dans la fosse. L’acoustique du Transbordeur, parfaitement maîtrisée, offrait une résonance claire et nette aux riffs puissants de Björn Gelotte et Chris Broderick, laissant chaque note vibrer avec force. La voix d’Anders Fridén, aussi charismatique que toujours, a fait trembler les murs de la salle. Cette entrée en matière tonitruante n’est que le début d’un enchaînement furieux, où chaque morceau semblait plus énergique que le précédent.

« The Great Deceiver », « Deliver Us » et « In The Dark » suivent et continuent d’enflammer la foule. Ces chansons captivent l’audience avec leur mélange d’accroches et de passages plus violents, typiques du son moderne du groupe. La présence scénique d’In Flames est impressionnante : les musiciens sont d’une énergie inépuisable, et il est évident qu’ils adorent interagir avec leur public, comme le montre la manière dont Anders Fridén incite la fosse à chanter.

Ce qui distingue In Flames de nombreux autres formations metal, c’est sa capacité à jongler entre des passages mélodiques envoûtants et des riffs agressifs. Au fur et à mesure de la soirée, cette dualité sera au cœur de sa performance. Après un enchaînement de morceaux aussi puissants que « Cloud Connected » et « Trigger », qui ont déclenché des vagues de headbanging dans toute la salle, In Flames opte pour un changement de rythme avec « Only For The Weak ». Ce titre, célèbre tube de l’époque Clayman, entraîne une réponse euphorique du public. Les premiers accords suffisent à déclencher un déluge de cris et de chants enthousiastes. À ce moment-là, il est impossible de ne pas être frappé par l’impact émotionnel que dégagent ces morceaux plus anciens.

Mais In Flames ne se contente pas de jouer des classiques. Il défend aussi son dernier album Foregone (2023) et montre qu’il n’a pas perdu sa capacité à innover et à explorer de nouveaux territoires musicaux tout en restant fidèle à son identité sonore. « Meet Your Maker », avec ses riffs lourds et son refrain imparable, fait mouche, tandis que « State Of Slow Decay », avec sa dynamique de batterie effrénée et ses riffs tronçonneuses, apporte une touche d’introspection bienvenue, capturant l’attention de l’audience avec son atmosphère sombre et ses crescendos émotionnels.

In Flames sait comment établir une connexion forte avec son public. Anders Fridén, avec sa personnalité bien trempée, ne cesse d’interagir avec la foule et de remercier les fans lyonnais de leur soutien. Il fait quelques blagues, cherche à détendre l’atmosphère entre deux morceaux plus violents. Ce genre d’échange renforce l’aspect communautaire du concert, et tout le monde, des fans hardcore aux nouveaux venus, se sent impliqué dans cette expérience musicale collective. Vers la fin, « I Am Above » finit de sceller la communion entre le sextet et ses fans. Le Transbordeur manque de voir son toit s’écrouler tellement ces derniers chantent fort « My god, I don’t need you! ». Un pur moment de bonheur, de metal, de musique !

Pas le temps de reprendre son souffle car « Take This Life » arrive en mode train de marchandises lancé à 200 km/h. Ce morceau, sans doute l’un des plus emblématiques d’In Flames, voit de nouveau le Transbordeur se transformer en une mer de bras levés et de voix hurlant en chœur. La puissance de la chanson, associée à la prestation parfaite de chaque membre du groupe, rend cet instant mémorable. Anders Fridén, les bras levés, encourage la foule à chanter chaque parole, chaque refrain. Les projecteurs, accompagnés d’un jeu de pyrotechnie, renforcent l’énergie déjà démesurée qui circulait dans la salle. « My Sweet Shadow » tiré de Soundtrack To Your Escape (2004) clôture en beauté cette soirée. Un choix parfait pour marquer la fin d’un show dont l’énergie n’a jamais faibli.

Le concert d’In Flames à Lyon a été un véritable tour de force. La combinaison de puissance, de précision et de passion a fait de cette soirée un événement marquant, tant pour les fans de longue date que pour ceux qui découvraient. Chaque morceau a été interprété avec une énergie incroyable, et le groupe a montré qu’il avait encore une place de choix dans le cœur des fans de metal. Pour ceux qui ont eu la chance d’y assister, cette date restera gravée comme un moment d’extase musicale. Le Transbordeur offre un cadre idéal pour ce genre de spectacle où la connexion entre les artistes et le public est totale. À la fin, les Lyonnais repartent, épuisés mais heureux, avec la certitude d’avoir vécu, effectivement, une expérience inoubliable.

Setlist (source setlist.fm) :

Pinball Map
The Great Deceiver
Deliver Us
In The Dark
Voices
Coerced Coexistence
Cloud Connected
Trigger
Only For The Weak
Meet Your Maker
The Quiet Place
State Of Slow Decay
Alias
The Mirror’s Truth
I Am Above
Take This Life
My Sweet Shadow

Photos @ Greenfield Festival : Nicolas Keshvary.



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