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Chronique Focus   

Wheel – Resident Human


Tool est indéniablement l’un des groupes phares de sa génération, une source d’inspiration pour nombre de formations qui se retrouvent dans cette science de l’orchestration. Tout l’enjeu est de se défaire de l’ombre du mastodonte. S’il donne envie de faire de la musique, il faut réussir à s’en délester pour persister. Soen y est parvenu, Wheel s’y emploie. Fort d’un premier opus intrigant, Moving Backwards (2019), le groupe a éprouvé le rythme de la tournée juste avant l’irruption de la pandémie. De quoi définir un peu plus son identité sonore qui doit désormais s’exprimer à travers son deuxième effort, Resident Human. Wheel avait déjà les grandes lignes en tête avant l’arrivée du virus, qui n’a fait que conforter sa direction : narrer les atouts et les failles de l’être humain, mis en exergue par une année 2020 inédite. Resident Human est une avancée indéniable dans l’existence du groupe finlandais, celle qui amorce une mue facteur de longévité.

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Evanescence – The Bitter Truth


Dix ans qu’Evanescence n’avait plus proposé d’album de chansons originales. Même si Synthesis (2017) peut être considéré comme canonique, il revisitait très majoritairement les classiques du groupe en multipliant les arrangements symphoniques ou électroniques. The Bitter Truth marque donc le retour d’un des groupes phares du début des années 2000. Evanescence entend d’ailleurs renouer avec le flair de sa jeunesse, un retour à des racines heavy loin des atmosphères ampoulées des nappes orchestrales. The Bitter Truth se veut plus sombre, plus agressif et met en lumière le désenchantement devant l’état de notre monde actuel. Un état d’esprit marqué par le décès du frère de la chanteuse Amy Lee il y a trois ans. The Bitter Truth a tout du retour précautionneux et Evanescence se veut prestidigitateur : ces dix années de quasi-hiatus créatif n’existent pas.

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Smith/Kotzen – Smith/Kotzen


Parfois les associations produisent exactement ce qu’elles sont censées produire. La collaboration entre le guitariste Adrian Smith d’Iron Maiden et le frontman de Winery Dogs Richie Kotzen – projet sobrement intitulé Smith/Kotzen – aurait pu ne prendre personne de court. Adrian Smith et Richie Kotzen honorent leurs affects pour le rock des seventies et les longs phrasés à la six-cordes. Smith/Kotzen est un terrain de jeu n’ayant d’autre dessein que celui d’honorer l’amitié entre les deux artistes. Ces derniers ont commencé à jammer il y a déjà quelques années et se sont retrouvés autour d’un registre commun en dehors de leurs groupes respectifs. Un album « plaisir coupable », encore que la culpabilité n’a pas vraiment lieu d’être.

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Serj Tankian – Elasticity


À deux doigts d’un retour de System Of A Down. Serj Tankian comptait bien sortir de la nouvelle musique sous la bannière de sa formation culte. Malheureusement, le quatuor d’origine arménienne n’a pas réussi à s’accorder sur une vision commune. Il a fallu la détermination de Serj Tankian pour finalement enregistrer ses compositions en vue d’une sortie sous forme d’un EP solo. Une résolution renforcée par un contexte catastrophique fait de Covid-19, de bouleversements géopolitiques de premier plan et d‘une élection américaine hors-sol. Amplement suffisant pour que Serj milite à nouveau à travers sa musique avec l’extravagance qu’on lui connaît. Elasticity est un EP de cinq titres auparavant destiné à System Of A Down, une fenêtre sur ce que donnerait une réunion créative du groupe en 2021.

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Eyehategod – A History Of Nomadic Behavior


On ne présente plus Eyehategod : ça fait plus de trois décennies que le combo de Mike IX Williams déverse sa négativité dans des dizaines de milliers d’oreilles avides. Pionniers du sludge façon NOLA (y en a-t-il une autre ?) à la descendance prolifique, ils mélangent inlassablement les riffs poisseux à la Black Sabbath et une hargne à la Black Flag, le tout saupoudré de misère, de drogues diverses et de nihilisme, évidemment avec la désinvolture qu’un tel cocktail exige : A History Of Nomadic Behavior, sixième opus du groupe, sort sept ans après un album éponyme dévastateur, que les fans avaient déjà dû attendre pas moins de… quatorze ans. C’est que l’histoire du groupe et surtout de son chanteur est agitée : après l’ouragan Katrina et les démêlés avec la justice de 2005, c’est cette fois le foie de Williams qui a flanché en 2016 après, on le suppose, des années d’excès. Une greffe plus tard, un certain nombre de mauvaises habitudes remisées au placard – on se souvient du petit panneau « échange merch contre drogues » de la dernière tournée, cela dit –, et avec une pulsion de vie un peu plus affirmée que par le passé, Williams et son équipe reviennent donc en fanfare dans un contexte plus apocalyptique que jamais.

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Fuath – II


En seulement quelques albums de son projet Saor, le musicien écossais Andy Marshall s’est imposé comme l’une des figures contemporaines majeures du black metal atmosphérique, orfèvre d’une majesté la fois dramatique et pittoresque. Bien loin des éruptions folkloriques et lyriques de son projet principal, Fuath est né du besoin d’une musique plus languissante, froide et hermétique. Après un premier album qui tenait davantage du simple projet parallèle, pensé comme un exutoire stylistique plus sombre et plus rude en marge de Saor, que d’une proposition d’envergure, cette seconde sortie II – toujours sobrement baptisée – se dote quant à elle d’une identité bien plus affirmée tout en perpétuant son héritage formel.

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Mason Hill – Against The Wall


Ne pas se laisser abattre. Si la période est tout sauf propice aux lancements de carrière, Mason Hill n’entend pas effacer les cinq dernières années passées à bûcher. Le groupe originaire de Glasgow s’est fait connaître du public à travers son premier EP sorti il y a six ans, suffisant pour lui apporter la crédibilité qui convient aux jeunes talents et lui permettre d’arpenter de belles scènes au Royaume-Uni aux côtés de certaines pointures. Mason Hill est en effet un rêve d’adolescents – celui du chanteur Scott Taylor et du guitariste James Bird – qui se concrétise. Against The Wall est son tout premier grand effort, inévitablement freiné par les restrictions liées à la crise sanitaire. Pas suffisant pour atténuer l’enthousiasme et la combativité de Mason Hill qui n’attend qu’une chose : accroître sa renommée via une pléthore de concerts.

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White Void – Anti


Un croisement entre Blue Öyster Cult et New Model Army. C’est ainsi que le label Nuclear Blast présente le troisième projet intrigant de Lars Nedland, déjà à l’origine de Solefald et officiant depuis plus de vingt ans dans Borknagar. White Void devient le troisième récipient principal de la profusion d’idées de Lars, une lettre d’amour à l’occult-rock et à la new wave. Une expression rock immédiate aux mélodies parfaitement calibrées, loin des expérimentations et des contrées arides du black. Lars a su s’entourer de musiciens aux horizons divers, que ce soit le batteur Tobias Solbakk (Ihsahn), le guitariste blues rock Eivind Marum ou le bassiste Vegard Kummen. White Void veut incarner un espace, ce néant créé par la distorsion entre notre recherche perpétuelle de sens dans toutes choses et son absence dans l’univers. Une version de l’absurde selon Albert Camus en somme. Anti, le premier album de cette nouvelle entité, repose essentiellement sur le contraste où agressivité et mélodie sont deux jumeaux toujours en friction et jamais séparés.

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The Crown – Royal Destroyer


« Plus de tout ». Une formule extrêmement simple pour résumer l’approche de The Crown à l’origine de Royal Destroyer, leur dixième album studio. The Crown a dépassé les trente années de carrière et n’a toujours pas renoncé aux vestes en cuir et aux regards de loubards, à raison. Le groupe est devenu l’une des valeurs sûres du death/thrash suédois, ayant défriché toutes les variantes de la musique extrême au long de sa carrière. Le chanteur originel avait fait un retour remarqué sur un Death Is Not Dead (2010) en forme de renaissance, confirmé par Cobra Speed Venom (2018), rappelant à tous l’importance du groupe pour la scène. Insuffisant pour étancher la soif de The Crown, désireux d’embrayer via une recette : la même chose, en montant les curseurs. Royal Destroyer a un objectif : il doit incarner la carrière entière de The Crown, il doit « tout avoir ».

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Witherfall – Curse Of Autumn


Witherfall ne s’est pas vraiment accordé de répit. Deux années environ séparent A Prelude To Sorrow (2018) de leur nouvel effort Curse Of Autumn – sans compter l’EP Vintage (2019). La formation de Jake Dreyer et Joseph Michael n’entend pas pour autant respecter un rythme de croisière. Curse Of Autumn doit se montrer davantage extravagant et au moins aussi inspiré. Le groupe s’en est donné les moyens en sollicitant les services du batteur Marco Minnemann (The Aristocrats, Steven Wilson) qui rejoint le bassiste Anthony Crawford pour constituer une section rythmique de luxe, supportée par la production de Jon Schaffer (Iced Earth, Demons & Wizards) et la légende de l’ingénierie sonore Jim Morris. Curse Of Autumn n’illustre pas de concept défini, mais il est l’expression de la colère des membres de Witherfall face aux difficultés rencontrées au cours de leur carrière, que ce soit l’incompétence ou la paresse d’anciens collaborateurs et acteurs de l’industrie, ou sur des choses parfois plus personnelles. Curse Of Autumn est un album motivé par la colère et la frustration avec l’ambition d’enterrer tous ceux qui ont entravé leur parcours.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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