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Metalanalyse   

Alice In Chains creuse encore pour déblayer sa nouvelle dynamique


En 2009, Alice In Chains faisait un retour remarqué. Black Gives Way To Blue était un album doublement symbolique : il marquait la renaissance d’un groupe jamais tout à fait mort, au statut laissé en suspension avec les mouvements agités de son chanteur Layne Staley. Et c’était aussi un album de transition, pour fermer la porte d’une époque éteinte définitivement en même temps que Staley, auquel le groupe rendait hommage sur le morceau-titre final « Black Gives Way To Blue ». En sortant quatre ans plus tard un nouvel opus, la formation nouvelle génération d’Alice In Chains, toujours portée au micro par le duo vocal William DuVall et Jerry Cantrell, enfonce un peu plus ses pieds pour se caler dans la scène alternative dont elle a fait naître les fondations à Seattle au début des années 90.

Avec The Devil Put Dinosaurs Here, le groupe s’inscrit indubitablement dans la continuité de Black Gives Way To Blue, lui-même bien ancré dans la tradition musicale des Américains. Alice In Chains entretient activement ses fondamentaux. Pourtant le premier morceau « Hollow » vient faire passer « All Secrets Known », ouverture sur Black Gives Way To Blue, pour un poids léger de la catégorie musicale reine de Seattle. L’entrée en matière est sombre, avec une atmosphère mentalement pas très saine qui se déploie plus explicitement sur les morceaux suivants « Pretty Done » et « Stone ». Les chœurs sont omniprésents sur les couplets qui tiennent plus de la litanie que d’une ligne de chant libérée, qui arrivera plus tard. Ce que vient ajouter The Devil Put Dinosaurs Here, c’est une propension du groupe à se poser encore davantage dans les riffs minimalistes de Jerry Cantrell, à respirer la rondeur d’un groove lent aux harmonies vocales rugueuses.

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Amon Amarth ne veut pas risquer de décevoir les dieux


Johan Hegg et ses frères d’armes veulent dîner au banquet d’ Odin. Être emmenés au Walhalla, le paradis des Vikings, à la fortification d’Asgard pour le combat final, c’est une certitude. Et pour cela, que faut-il faire selon la tradition nordique ? Continuer la lutte et mourir les armes à la main.

Alors quand est révélé l’artwork de ce neuvième album d’Amon Amarth, qui met en scène la bataille finale entre les Dieux nordiques et l’impitoyable Loki, il est aisé de se dire qu’il est là, le point de mire des Suédois : continuer encore et toujours le combat avec leurs fidèles armes depuis vingt ans pour atteindre cet état idyllique. Amon Amarth n’est pas du genre à remettre tout en cause pour avancer ; mais plutôt à battre encore et toujours ce fer death metal qu’il ont tant chauffé pour se frayer un chemin dans l’univers musical. Et récolter ainsi les fruits de leur croisade à sens unique.

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Black Sabbath : le testament du Parrain


Pourquoi faire semblant de ne pas le voir ? Cela peut paraître morbide mais si cette reformation de Black Sabbath s’est faite, c’est bien en raison de la mort de Ronnie James Dio. Après le succès de Heaven And Hell, alors qu’Ozzy mène très bien sa carrière, et malgré les appels des fans depuis trente ans (parfois satisfaits comme du temps de Reunion), seule une tragédie ou un miracle pouvait conduire à ce retournement de situation.

Et finalement, on eût droit aux deux. Tragédie avec le décès de Dio, le genre de choc qui pousse certains à se tourner vers certaines valeurs fondamentales. Et miracle avec cette reformation, longtemps espérée puis soupçonnée, annoncée à un monde du rock/metal heureux de l’entendre, qui dût finalement faire son deuil de la participation de Bill Ward tout en craignant pour la santé de l’irremplaçable Tony Iommi, alors qu’Ozzy (le public l’a appris plus tard) retombait dans certains vieux travers. Donc re-miracle que sorte à la fin de cet accouchement tourmenté un album dont le caractère quasi inespéré et la richesse symbolique en font déjà l’un des albums les plus importants de cette année.

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Queensrÿche (avec Todd LaTorre) reboote la machine


Et voilà qu’est dévoilé le second tableau issu de l’affaire Queensrÿche et de la scission d’une des formations de heavy metal les plus marquantes. Après Geoff Tate qui a lancé la première pierre avec son Frequency Unknown, c’est au tour de Michael Wilton (guitare), Eddie Jackson (basse) et Scott Rockenfield (batterie), accompagnés du nouveau chanteur Todd LaTorre (ex-Crimson Glory) et du guitariste Peter Lungren qui a à peine eu le temps de connaître « l’avant » en participant à Dedicated To Chaos (mais qui a tout de même eu le temps de marier et divorcer de la belle-fille de Geoff Tate dans l’intervalle), de dévoiler leur propre vision artistique de ce que doit être Queensrÿche. Et lorsque, pour démontrer l’effervescence créative qui touche la bande, Rockenfield nous avoue à plusieurs reprises, dans un récent entretien à paraître, qu’ils sont déjà en train de plancher sur le suivant, c’est comme une sensation de déjà entendu qui frappe.

En fait, c’est bel et bien plus qu’une sensation, puisque Tate nous avait offert le même discours à peine un mois plus tôt. Tout cela a bien l’allure d’une compétition, sachant que les deux entités se battent aujourd’hui juridiquement pour la garde du nom : il faut bien démontrer qu’on y est attaché et qu’on saura lui assurer un avenir. Mais la réalité est sans doute plutôt dans le fait qu’un abcès a été crevé, qu’une situation s’est débloquée et que donc les esprits créatifs se sont libérés. Le constat est que ce sont aujourd’hui deux albums qui voient le jour moins d’un an après les événements, avec deux autres déjà sur le feu pour l’année prochaine, alors que Queensrÿche uni peinait à livrer le fruit de son travail tous les deux ou trois ans. Le fait est que chacun, en tirant la corde de son côté avec des envies opposées, ne faisait qu’immobiliser l’équipe ou plutôt la ralentir, car, semble-t-il, au vu de la continuité que représente Frequency Unknown par rapport aux dernières œuvres de Queensrÿche, c’est tout de même Geoff Tate qui parvenait à avoir le dernier mot.

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Seth vise le sommet de son art en arpentant le versant le plus tortueux


En 2004, Seth se retirait de la scène musicale laissant derrière lui son dernier opus en date : Era Decay. L’album, profondément gravé de son sceau, était alors cette dernière rose jetée dans la tombe au moment de la mise en terre d’un proche. Si, matériellement, celle-ci finit par s’user, sa symbolique reste, elle, éternelle. Cependant, il y a un peu plus d’un an, le groupe annonçait son retour. Et le voici, offrant au monde le fruit de sa renaissance : The Howling Spirit.

Après sept années d’absence, Seth veut marquer le coup avec ce nouvel album. Le groupe signe alors son retour sur scène avec quelques dates éparses en 2012 mais également son retour chez Season Of Mist, la maison-mère, celle qui a sorti en 1998 sa première réalisation : Les Blessures De l’Âmes. Un album majeur dans sa discographie. Et malgré ce qui semble être un retour aux sources, Seth cherche clairement à faire peau neuve.

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Queens Of The Stone Age : Josh Homme rassemble pour renaître


Josh Homme peut-il désormais tout se permettre ? Protégé par un statut qui ferait de lui une icône du rock des deux siècles, sera-t-il pardonné de la moindre incartade hors des sentiers battus ? Mais y a-t-il seulement eu déjà un tracé pour Queens Of The Stone Age ? Et qui, à part les critiques et le public, s’est jamais donné le droit de mettre les QOTSA dans une case à laquelle ils seraient censés appartenir ? Et enfin, est-ce vraiment bien raisonnable de réapparaître après six ans d’absence avec un line-up improbable le temps d’un album réunissant entre autres Nick Oliveri, Mark Lanegan, Trent Reznor (Nine Inch Nails) et Alex Turner (Arctic Monkeys) ? Josh Homme a répondu à tout cela en deux mots et trois petits points placés devant, histoire de prouver que c’est de toute façon lui qui aura le mot de la fin : …Like Clockwork. Comme sur des roulettes, et puis c’est tout. Même si ça n’a vraiment pas été totalement le cas, mais l’humour reste l’une des armes préférées de l’ex-Kyuss.

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Orphaned Land lance un nouvel appel à l’unité avec All Is One


« Orphaned Land est plus qu’un simple groupe de musique ». S’il y a bien un groupe pour lequel le message est aussi, voire peut-être plus important que la musique, il s’agît bien d’Orphaned Land. Voilà ce que nous déclarait tout récemment encore Kobi Fahri (chanteur du groupe), dans une interview à paraître bientôt dans nos colonnes. Le groupe de metal israélien s’est fait connaître dans tout le Moyen-Orient et le reste du monde par sa musique et son message pacifique. Thème récurrent dans les albums du groupe, l’une des photos de groupe pour la promotion du précédent album The Never Ending Way Of ORwarriOR illustrait explicitement le propos d’Orphaned Land : chaque membre du groupe immortalisé côte à côte sous les traits d’un membre d’une des trois religions monothéistes majoritaires dans la région du Moyen-Orient.

Si Orphaned Land a atteint ce niveau d’influence et touche des publics très différents, c’est avant tout grâce à sa musique. Orphaned Land tient sa renommée du fait qu’il a su trouver sa recette pour intégrer des influences de metal occidental avec les références musicales juives et arabes et un chant dans plusieurs langues (anglais, hébreux, arabe). Avec le magistral Mabool (2004), puis le conséquent The Never Ending Way Of ORwarriOR (2010), le groupe fait la démonstration d’un death metal progressif très mélodique et intimement réfléchi, intégrant les participations de nombreux artistes parmi lesquels comptent Shlomit Levi (chant yéménite) et Steven Wilson (claviers, production).

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L’imperturbable ascension de Leprous


Leprous, c’est la figure du metal mélodique à la norvégienne dont l’album Bilateral avait convaincu bon nombre d’oreilles à sa sortie en août 2011. Les musiciens, armés d’une technique à toute épreuve et d’une énergie débordante sur scène, avaient soufflé un vent frais et émotionnel sur les côtes progressives de la Scandinavie. En outre, Leprous bénéficie d’une bonne carte de visite puisque les musiciens forment le backing-band d’Ihsahn lors de ses tournées solo. De quoi gagner en expérience avec l’une des pointures progressives de la scène nordique, d’autant plus que le musicien et sa femme StarOfAsh sont également très impliqués dans l’enregistrement des albums de Leprous, y compris de leur dernier-né : Coal.

Leprous a les épaules solides, cela ne fait aucun doute. Le groupe s’est vite remis à la tâche pour donner un successeur à Bilateral, un peu moins de deux ans après sa sortie. Avec Coal, les Norvégiens marque une fois de plus leur volonté d’affirmer une identité musicale évolutive, progressive dans le sens premier du terme. Un coup d’œil à l’artwork de Coal et à sa liste de morceaux suffit pour saisir un premier changement dans la forme. Avant même de délivrer son contenu musical, l’album Coal affiche un certain minimalisme. Le titre de l’album « Coal » est délibérément court, pour être laissé libre d’interprétation. Les titres de morceaux sont tout aussi laconiques. L’artwork de l’album surtout surprend. Proposé par Jeff Jordan, le même artiste qui avait travaillé sur le précédent album, le monochrome sobre de la couverture tranche avec le psychédélique Bilateral : les créatures acidulées ont laissé place à l’imagerie plus conventionnelle d’un crâne fait de diamant qui repose sur du charbon (« coal »).

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Hord progresse dans la puissance et l’émotion


« Du metal moderne », c’est ainsi que Hord définit sa musique en interview. Un terme suffisamment générique pour y fourrer toutes les influences qui passent dans les oreilles et entre les doigts de ces musiciens originaires de Montpellier. Sur leur premier opus Reborn From Chaos, le tout jeune groupe débordait d’idées et d’influences – un melting-pot de death metal au son un peu cru et à l’énergie brutale vite affublé des qualificatifs « prog » et « cyber » en raison des samples électroniques et de la complexité technique de ces morceaux.

La véritable naissance du groupe Hord sur la scène métal française arrive avec leur deuxième album The Waste Land en 2010. Séparé de leur chanteur principal Styx, le groupe se réorganise et franchit un cap musical : à côté des progrès en termes d’enregistrement et de mixage, The Waste Land est un album incontestablement plus cadré. Hord y rassemble ses idées musicales éparses pour s’enfoncer avec aplomb dans un metal sombre et massif, couplant chant clair et chant hurlé dans une démarche mélodique enfouie sous la densité et la technicité des morceaux.

La musique de Hord se double d’une dimension conceptuelle, fil conducteur de ses albums. Lourdement inspiré par le poète britannique T.S. Eliot et en particulier par l’un de ses poèmes intitulé « The Waste Land », le groupe se place au front d’un monde apocalyptique dont il transcrit la violence et la noirceur en musique. Une thématique somme toute classique que viennent éclairer de nombreuses références à des poètes et artistes moins fréquemment sollicités tels que Bruegel (« Landscape With The Fall of Icarus ») ou bien sûr T.S Eliot.

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Howl met désormais du doom dans son metal et non plus l’inverse


Il est de ces artistes qui possèdent une culture musicale et des envies en constante évolution, au point de dédier un album ou une période du groupe à un style qu’ils affectionnent à ce moment-là. Vincent Hausman, guitariste et chanteur de Howl, est de ceux-là, à n’en pas douter.

Pour ceux qui auraient cru que Howl était un simple groupe de doom aux rythmes lents et au son crasseux, la claque s’annonce majeure. Car après avoir sorti un EP et un premier album Doom/Sludge, comme le dit lui-même Hausman dans une récente interview, c’est cette fois-ci « un album de metal influencé par le doom plutôt que l’inverse ». Bloodlines montre un groupe qui a bien trop d’influences diverses dans le metal pour s’enfermer dans un sous-genre et surtout des caractéristiques de puissance qui le mettent à quelques lieux d’A Pale Horse Named Death ou de Royal Thunder quant à leur approche.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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