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Metalanalyse   

BlackRain avance la ligne de départ pour se rapprocher de son objectif


BlackRain a une approche plutôt controversée de sa carrière en tant que groupe de rock. Controversée mais intéressante dans le débat et, en définitive, pas dénuée de bon sens dans ses fondements. En cherchant à s’imposer au public français au sens large, la formation d’origine savoyarde met en évidence le fait que la scène rock française et le système médiatique de ce pays sont tellement biaisés qu’ils poussent une majorité de groupes de hard rock et metal à, eux, chercher des solutions de contournement un peu tordues pour établir leurs carrières dans l’Hexagone. Il a fallu que Gojira se fasse reconnaître en dehors de nos frontières et prenne une stature internationale pour qu’en France le public suive à la hauteur de son talent. Idem dans un giron beaucoup plus rock pour Shaka Ponk qui a dû s’exiler en Allemagne pour finalement rencontrer le succès qu’il connaît aujourd’hui.

Suivant ces exemples de réussite, de nombreux groupes aujourd’hui visent très vite le public international. La cause ? Un pays, la France, qui fait mine, médiatiquement, d’avoir perdu le sens du rock et qui se montre davantage obnubilé par ses chanteurs/interprètes de variété contrairement aux pays anglo-saxons où le rock fait partie de la culture depuis des décennies. La faute, peut-être, également à un public qui, contrairement à l’autre côté du Rhin par exemple, n’a d’oreilles que pour les valeurs établies, délaissant les talents émergents, surtout ceux qui n’auraient pas les moyens financiers et relationnels de s’imposer à eux.

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Dagoba accentue, fusionne et dynamise


Dagoba a très vite été considéré comme le prochain succès de la scène metal française après celui de Gojira. Les deux groupes ont débuté à la même époque et aspiraient aux mêmes évolutions de carrière, pourtant le constat est que Dagoba a pris un train de retard, autant sur la scène française qu’internationale. Peut-être parce qu’il n’a pas tout à fait réalisé les bons choix aux bons moments. Ou, peut-être, parce que depuis ses débuts, Dagoba accumule les paradoxes : par ses partis pris en matière de chant alternant l’ultra-accessible et l’agressif, par des inspirations très metal sur des productions hyper-sophistiquées ou encore par sa volonté ambivalente d’acquérir un public large et en même temps de séduire les extrémistes du style. Toujours est-il que Dagoba est sans doute aujourd’hui à un tournant avec cette signature sur VeryCords, un label de qualité, doté de moyens importants et qui a particulièrement le vent en poupe, là où la plupart des autres labels font grise mine dans un contexte difficile.

Un tournant également parce que le guitariste Yves Tersibachian, dit Z., entre dans le jeu pour remplacer un Izakar prié d’aller jouer ailleurs pour désaccord moral avec l’un des membres de la formation. L’enjeu du cinquième album du groupe, Post Mortem Nihil Est, se situerait-il donc au niveau de la gestion de l’équipe ? Pas seulement. Poseidon, déjà, montrait une volonté de se débarrasser de cette image de groupe post-néo, voire deathcore, qui leur colle à la peau. Le résultat avait atténué les incursions mélodiques au profit d’un propos très metal, avec les influences revendiquées que sont Machine Head, Dimmu Borgir ou Pantera. Post Mortem Nihil Est part de là, d’une volonté, visiblement, de mieux s’affirmer avec les éléments de langage d’un metal qui parleront à un public plus traditionnel et peut-être moins superficiel.

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ASG se tourne désormais vers l’Est


Le coup du guitariste qui devient chanteur, car son groupe de rock ne trouve pas un frontman correspondant à ses attentes est vieux… comme le rock, justement. C’est comme cela que Jason Shi est devenu le chanteur d’ASG, un ex-groupe de l’écurie Volcom Entertainment, la maison de jeunes groupes qui apparaissent essentiellement dans les vidéos de skate, de snow ou de surf, gagnant ainsi en popularité. Jason Shi le dit lui-même : ASG a peut-être été signé trop jeune sur ce label, de sorte que le groupe a été très vite classifié dans la catégorie des groupes pour ados accros de sports extrêmes. L’ambition de Shi et ses potes, c’était plus de fonder un vrai groupe de rock et d’être reconnu pour la qualité de leur jeu, guitaristique notamment, que d’apparaître au générique d’un jeu vidéo de skate ou dans de multiples shows de MTV. Mais cela aide, à payer les factures d’abord, puis à obtenir un peu de liberté pour produire la musique correspondant le mieux à ses attentes.

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Dark Tranquillity à la recherche d’un nouveau souffle


Le son Dark Tranquillity, cela fait des années que le groupe suédois en marque ses albums de son empreinte inaltérable. Car Dark Tranquillity est un groupe historique dont la longévité et la solidité assurent la production d’albums de qualité depuis la création du groupe en 1989. Les derniers albums des Suédois, bien arrimés sur les bases d’un death mélodique qui s’est forgé en même temps que l’identité du groupe, en sont la démonstration. En 2010, Dark Tranquillity sortait « We Are The Void » pour porter une inflexion plus sombre et dépressive à leur discographie. En 2013, vingt ans après leur premier album Skydancer, les Suédois ne dérogent pas à leur productivité musicale et présente leur dixième opus : Construct.

Un fourmillement médiatique et promotionnel a entouré la nouvelle sortie de ce groupe emblématique. Le son de cloche est donné par le premier morceau dévoilé au public et le discours qui l’accompagne : « For Broken Words » est là pour annoncer un album différent, une évolution majeure dans la musique de Dark Tranquillity. Et, effectivement, les riffs du premier morceau de Construct annoncent un ton au premier abord rafraîchissant. L’atmosphère est sombre, marchant dans les traces de We Are The Void, mais plus aérée. En fond, les synthés prennent quelques libertés discrètes mais notables. Même si le morceau reste bien death avec son chant hurlé caractéristique, il se dégage une certaine sérénité de l’ensemble.

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The Black Angels : un arc-en-ciel aux fondations obscures


The Black Angels, à l’inverse de ce que leur nom pourrait supposer, prennent le psychédélisme, dont il participent à la résurgence, par son côté lumineux avant tout. Évidemment que The Doors et 13th Floor Elevator ne sont pas les groupes les plus joyeux de l’histoire ; pourtant, au-delà de leurs destins tragiques et de leurs expériences de la vie parfois sombres, ces groupes dégageaient une forme d’onde positive que les Black Angels ont tenté de saisir et de reproduire. Une sorte de naïveté attachante dans la façon de faire tourner couplets et refrains, bien propre à la fin des années 60 et au tout début des années 70, que les divers courants du rock ont ensuite éteint par la force des choses. Difficile de faire revivre le côté solaire de compositions rock héritées du Flower Power dans un monde rock actuel dévorés par les sous-genres et la sophistication des productions…

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Megadeth ajoute des couleurs à sa palette


Après la traumatisante expérience Risk, on aurait imaginé ne plus reprendre Dave Mustaine à s’écarter du droit chemin. Traumatisante car mal vécue par une grande partie de son public, rejetant l’album en bloc et tamponnant « vendu » sur le front de Mustaine. Quelques années plus tard, Mustaine lui-même s’est, d’une certaine manière, rangé à l’avis des fans, nettoyant l’album de ses relents alternatifs et lui octroyant un mixage moins « osé » pour la version remastérisée de 2004, l’accompagnant d’une note qui avait tout l’air d’un mea culpa. Repentance face à une erreur (notamment le fait de l’avoir sorti sous le nom Megadeth) ou bien difficulté à assumer ses choix artistiques et le rejet d’une communauté ?

Qui est le plus vendu ? Celui qui reste immobile de peur de voir son public lui tourner le dos et bouder le disque ou bien celui qui se laisse tenter par le changement sans bien savoir ce qu’il récoltera commercialement ? Toujours est-il que Megadeth, depuis 2001, enchaîne les albums heavy thrash de manière sécurisée, dont les deux derniers loués par la critique et une majorité de fans. Deux albums coïncidant d’ailleurs avec la stabilité du line-up.

Voilà pourquoi il était convenu que ce Super Collider suivrait ses prédécesseurs immédiats comme modèles. Autant Super Collider n’est clairement pas un Risk bis, autant on y sent une évidente envie d’émancipation par rapport à ses prédécesseurs et d’essayer de nouvelles choses. Il faut croire que Dave Mustaine n’est pas de ces artistes que l’on peut éternellement contenir entre quatre murs. Il suffit de voir l’histoire de Megadeth, jusqu’à au moins 2001, marquée par une courbe d’évolution quasi constante.

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Black Star Riders : pas besoin d’alibi pour continuer la légende


Le premier album de Black Star Riders, All Hell Breaks Loose, c’est une histoire de trente ans. Trente années depuis la fin de Thin Lizzy et depuis le dernier disque du groupe, Thunder And Lightning en 1983. Une période marquée aussi par le deuil suite au décès du frontman de la formation irlandaise Phil Lynott trois ans après cette séparation, condamnant les fans à enfermer sous une dalle de marbre noir tout espoir de retour.

Et pourtant, retour il y a eu : dans les années 90, John Sykes, un des derniers guitaristes du groupe (passé ensuite par Whitesnake), donc pas nécessairement le plus légitime pour lancer une telle entreprise, lançait le come-back scénique de la Fine Lizzy, qui dure encore aujourd’hui, et qui a permis aux anciens membres (Scott Gorham et Brian Downey en tête) mais aussi à d’autres personnalités du rock (comme Vivian Campbell de Def Leppard, Richard Fortus de Guns N’ Roses et Damon Johnson, ex-Alice Cooper) de célébrer la mémoire et l’œuvre de Lynott. Un retour qui se transforme aussi en une histoire de rencontres : après le départ de Sykes, Gorham fait appel, sur les conseils de Joe Elliot (Def Leppard), au chanteur Ricky Warwick, rencontré lors de l’enregistrement du premier album solo de celui-ci, qui apporta du sang neuf et frais, et donc une nouvelle étincelle d’énergie, à cette bande.

Une étincelle symbole de création. Il ne manquait peut-être que cette venue pour qu’émerge fatalement ce qui devait arriver quand sont réunis autant de musiciens et de compositeurs de talent, capables déjà sur scène d’insuffler à des chansons (qu’ils n’ont pas tous écrites) autant d’âme : une envie de donner la vie, de créer de la musique. Et ainsi, près de trente ans après, Thin Lizzy était prêt à retourner en studio, prêt à refaire un pas dans l’histoire du rock.

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Kylesa au bord du gouffre


Quand les membres de Kylesa se sont décidés à fouiller dans le coffre contenant les raretés et les titres oubliés qui ont jalonné leur carrière pour sortir une compilation l’année dernière (From The Vaults, Vol.1 ), ils ont sûrement dû y chercher et trouver quelque inspiration ou piste de départ pour ce sixième album studio. Car la vie après l’acclamé Spiral Shadow n’a vraisemblablement pas été simple. Tant au niveau des vies personnelles des compositeurs, guitaristes et chanteurs Phillip Cope et Laura Pleasants que dans la tentative de fournir un successeur à un album qui a montré sûrement l’une des faces les plus attractives du groupe, que ce soit par sa diversité ou par ses accroches mélodiques.

Avec Static Tension, qui a donné un tournant à sa carrière, puis un Spiral Shadow lumineux, Kylesa a agrandi le cercle de ses inconditionnels. Incorporés aux fans du sludge sans concession qu’ils pratiquaient dans la première moitié des années 2000 jusqu’à l’album Time Will Fuse Its Worth, les nouveaux adhérents de la cause Kylesa devront cette fois-ci lâcher un peu la précédente offrande pour s’approprier ce qui n’est pas loin d’être l’œuvre la plus sombre du groupe.

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Shining reprend sa grille sur One One One


Shining est un groupe dont le passé et l’évolution sont insolites dans le monde du metal. De musiciens aficionados de pur jazz, ils sont venus se placer en proue d’un style hybride dont leur cinquième album offrait en 2010 un nouveau nom : Blackjazz. Allier le metal avec le jazz dans une bonne dose d’expérimentation progressive, ce n’était pas nouveau. Parmi les compatriotes norvégiens de Shining, Ihsahn ou Ulver avaient déjà pour habitude d’apporter à leur metal sombre et expérimental des touches jazzy. Mais les musiciens de Shining, eux, ont parcouru le chemin en sens inverse. Un changement qui s’est opéré en l’espace de cinq albums pour aboutir sur la radicalité et les sons industriels de Blackjazz.

Après le succès de celui-ci et la sortie d’un album live travaillé autour du même concept, Shining continue de creuser le filon qu’il a mis au jour il y a trois ans. One One One, le septième album des Norvégiens, affiche son ambition : enchaîner des morceaux autonomes, se suffisants à eux-mêmes, une série de « singles », de « One ». A l’origine de cette démarche se cachent deux morceaux : « The Madness And The Damage Done » et « Fisheye », les deux premiers titres marquants de Blackjazz. Deux titres qui synthétisaient l’essence de ce disque dans son aspect le plus immédiat. Et One One One se veut une extension de ces deux titres : un Blackjazz nouvelle version, plus direct.

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Le Queensrÿche de Geoff Tate trace sa route


Nous n’allons pas ici reprendre toute l’histoire pour expliquer comment ils en sont arrivés là, à la fois triste et insolite, situation actuelle. Cela a été détaillé ici, ici, ici, ici, ici ou encore . Toujours est-il qu’aujourd’hui, en l’absence de décision de justice tranchée (jusqu’à novembre, peut-être), deux Queensrÿche différents, conséquence de la rupture du chanteur Geoff Tate avec ses musiciens, sortent quasi simultanément leurs albums respectifs.

Après avoir tourné pour l’anniversaire des 25 ans du classique Operation: Mindcrime, parfois promu sous le nom de Geoff Tate’s Queensrÿche par les tourneurs, moins d’un an après la rupture, c’est bien s’appropriant le nom seul de Queensrÿche que le chanteur sort son album avec la participation d’une pléthore de musiciens et d’invités qui n’est pas sans rappeler l’impressionnante liste de contribution au Chinese Democracy de Guns N’ Roses. C’est ainsi qu’il devance de deux mois ses anciens collègues. On ne peut pas dire qu’il se soit reposé, produisant même dans l’intervalle un album solo et nous ayant confié il y a quelques jours avoir déjà commencé à plancher sur un successeur à Frenquency Unknown, là où l’autre Queensrÿche n’a fait « que » travailler sur un album déjà démarré sous le nom de Rising West avant la séparation. Si course à la présence médiatique, discographique et scénique il y a entre les deux entités, assurément Tate l’a aujourd’hui gagnée. Cela signifie-t-il pour autant que ce Frequency Unknown a été fait dans l’urgence ? C’est ce que pourrait indiquer un mixage repris à la dernière minute, alors que les premiers CDs avaient été pressés, car jugé trop hasardeux par les premières critiques ou quelques indices musicaux comme des fins parfois un peu sèches (l’enchaînement des titres « Slave » et « In The Hands Of God » jure un peu). Mais Geoff Tate est un professionnel qui a du métier et un certain savoir-faire, alors forcément le résultat se tient, même si le risque d’enchaîner ainsi les sorties et s’imposer de telles limites de temps est celui de tomber dans certains automatismes.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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