Il y a des groupes qui imitent leurs idoles sans véritablement l’admettre. Et il y a Gruesome. Eux assument faire, en guise d’hommage, de la musique dans le style de Death. De but en blanc, le concept a de quoi rendre sceptique : Chuck Schuldiner était une légende, un pionnier, un génie. Comment peut-on ne serait-ce que vouloir s’y mesurer ? Pourtant, avec Gruesome, on est vite bluffé, grâce à un certain talent et à l’expérience des membres – on n’a pas affaire à des novices – mais aussi à la sincérité, la passion, le respect et le désir de faire honneur au matériau initial qui les anime.
Après trois disques passés à explorer et ranimer les premières années de Death, c’est à un véritable monument que le quatuor s’est attaqué : le mythique Human de 1991. Le batteur sur ce dernier, ainsi qu’idole et ami, Sean Reinert devait en être le producteur. Le destin en aura décidé autrement suite à une rupture aortique début 2020. Se sont ensuivis des larmes, des doutes, des atermoiements, pour finalement relever la tête et aboutir à un Silent Echoes dont ils peuvent assurément être fiers. C’est à l’occasion de la sortie de ce dernier que nous avons longuement échangé avec le chanteur-guitariste Matt Havery et le batteur Gus Ríos – tous deux également membres de Left To Die aux côtés des ex-Death Rick Rozz et Terry Butler. Ils nous racontent cette genèse compliquée mais aussi reviennent sur le concept même de Gruesome et leur amour indéfectible pour l’œuvre de Chuck Schuldiner.































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