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Chronique   

Vemod – The Deepening


Avec des membres ayant joué dans One Tail, One Head, Mare ou Whoredom Rife, Vemod est solidement amarré à la scène de Trondheim en Norvège, dont le « nidrosian black metal » a beaucoup fait parler tout au long des années 2010. Mais dès son premier album, Venter På Stormene, sorti en 2012, il s’en distinguait déjà grâce à la lumière ouatée et aux paysages oniriques que l’on entrapercevait derrière une froideur et une noirceur toutes norvégiennes. Plus de dix ans plus tard, Vemod fait un retour qu’on n’osait plus espérer sur Prophecy avec The Deepening, un deuxième opus sous le signe de l’approfondissement…

Dès ses premières minutes, il est évident que ce n’est pas en s’enfonçant dans l’obscurité, mais au contraire en élargissant sa palette que le groupe a progressé. La production de The Deepening a en effet une chaleur et une clarté qui contrastent avec celles de son prédécesseur, et musicalement, les riffs hypnotiques laissent une place plus grande à des passages atmosphériques tout en nuances. La longueur des chansons (introduites par deux brèves interludes) donne aux musiciens l’espace nécessaire pour explorer des territoires qui touchent au black atmo à l’américaine, au post-punk (au début d’« Inn I Lysende Natt »), au rock progressif (à la fin de « True North Beckons »), le tout avec quelques touches folk, notamment au niveau des voix claires (« Der Guder Dør »). Raffiné mais jamais précieux grâce à des parties black plus abrasives que jamais, The Deepening est un album de fin d’hiver : les premiers rayons de soleil (des percées de lumière presque à la Alcest émaillent tout le disque) font fondre la glace, on s’apprête à quitter les ténèbres. Moins nocturne, moins singulier aussi que l’inimitable Venter På Stormene, résolument maîtrisé, ce nouvel opus est celui d’un groupe qui a pris le temps de laisser son art gagner en subtilité et en maturité.

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Dog Eat Dog – Free Radicals


Après avoir véritablement explosé à la face du monde entier en 1994 avec le désormais classique All Boro Kings, Dog Eat Dog a depuis continué son petit bonhomme de chemin au travers des albums Play Games, Amped et Walk With Me qui, malgré des qualités réelles, n’ont jamais connu le même succès que le premier opus. Loin de se décourager, les Américains ont inlassablement arpenté les scènes du monde entier pour y distiller leur musique à la croisée du punk, du hardcore et du rap. Contre toute attente, six ans après leur dernier EP (et dix-sept après leur dernier véritable album !), voilà que Dog Eat Dog est de retour avec Free Radicals, son dernier méfait sorti le 20 octobre dernier.

Dès les premiers accords de « Lit Up », on sent que les musiciens du New Jersey n’ont rien perdu de leur savoir-faire. Le groupe délivre des compositions énergiques et plutôt accrocheuses qui renouent avec l’esprit des débuts. Dog Eat Dog construit ses morceaux crossover avec un son rock lourd appuyé par les lignes de chant hip-hop de John Connor et ses textes engagés. Les mélodies sont bien mises en avant au travers de refrains fédérateurs qui donnent beaucoup de peps à l’ensemble. Fidèle à sa réputation de groupe de scène, la formation américaine propose ici des compositions taillées pour le live, à l’instar de « Never Give In », « Energy Rock » ou « Time Won’t Wait ». Et même si les cuivres, qui étaient auparavant l’une des marques de fabrique de la musique de Dog Eat Dog, passent un peu à la trappe dans ce nouvel album, force est de constater que la qualité de l’écriture est bien au rendez-vous et que le combo possède toujours sa hargne (« Man’s Best Friend », « Looking Back », « Blvk Clvd »…) Au final, ce Free Radicals permet à Dog Eat Dog de se remettre sur les bons rails et démontre que la musique crossover de John Connor et Dave Neabore peut encore tenir le haut du pavé !

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Hulder – Verses In Oath


Si dès ses premières démos, Hulder a attiré l’attention de l’underground, c’est avec son premier album, Godslastering: Hymns Of A Forlorn Peasantry, sorti en 2021, que la multi-instrumentiste s’est imposée comme l’une des figures émergentes du style. D’origine belge mais vivant désormais aux États-Unis, elle est l’un des fers de lance d’une nouvelle génération de musiciens qui reviennent fièrement au raw, aux cassettes, au noir et blanc et au corpse paint dans la forêt, bref, qui contre les hybridations et les modernisations, cultivent un certain art de l’anachronisme. Mais avec Verses In Oath, son nouvel opus qui sort sur le label américain 20 Buck Spin, Hulder s’étoffe et voit plus grand.

Dès la première chanson, « Boughs Ablaze », après une introduction dont les croassements de corbeau plongent immédiatement dans l’univers sombre et bucolique de la musicienne, sa montée en gamme est évidente : la voix de la chanteuse est plus profonde, sa musique a pris en ampleur – elle est désormais accompagnée d’un bassiste et d’un batteur, conséquence peut-être de ses premières tournées – et la production, claire et ambitieuse, est à mille lieues de celle de ses débuts. Ses compositions sont aussi plus riches : là où les morceaux de black et les interludes au synthé alternaient, dans Verses In Oath, les claviers rehaussent les morceaux et leur donnent une majesté inquiétante, les atmosphères sont plus nuancées (le mid-tempo mélancolique de « Cast Into The Well Of Remembrance », le doublé ambient « Lamentation »/« An Offering ») et les moments de furie plus acérés. Agressive et nostalgique, ce n’est pas seulement à un Moyen Âge fantasmé que rend hommage Hulder, mais à la Norvège de 1993, aux vieux Ulver et surtout Satyricon. Si le côté « nécro » des premières productions du projet manqueront sans doute à certains, avec Verses In Oath, Hulder se profile comme une artiste dont on n’a sans doute pas fini d’entendre parler.

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Eve’s Bite – Blessed In Hell


Qui a dit que le hair metal était démodé ? Celui ou celle qui ose penser cela n’a visiblement pas encore laissé Eve’s Bite lui secouer les oreilles. Originaire de Saint-Étienne, le groupe qui propose un hard n’ heavy empli d’une réminiscence de ce qu’il se faisait de mieux dans les 80’s, a déjà de quoi être comparé aux plus grands (Mötley Crüe, Skid Row, H.E.A.T., etc.). Le chanteur maîtrise sa voix criarde et la pousse haut, envoyant des notes qui viennent vous écorcher les tympans (« Rock Fever »), tels un Axl Rose (à l’époque…) ou un Tom Keifer. Du côté des instrumentales, on retrouve une batterie et des riffs pêchus, des solos enflammés – notamment celui de « Tires On Fire », en deux parties : un crescendo puis une explosion d’intervalles rapides. De quoi vous redonner de l’énergie pour la journée !

Il en est presque difficile de croire que cet album ne sort qu’en 2024 tant il est fidèle à l’essence musicale du hair metal qui se jouait quarante ans plus tôt ! Certains titres prennent même une teinte plus thrash (« She’s Got More Balls Than You », « The Fighter », « You And I ») qui n’est pas sans rappeler les jeunes années de Megadeth. On ne peut qu’encourager le combo à continuer dans cette voie-là, et pourquoi pas s’associer à un producteur capable de lui faire passer un palier – car même s’il est clair et punchy, le son garde un petit cachet « fait maison ». Ils ont véritablement trouvé la recette pour des titres dynamiques, nostalgiques et efficaces. Et pour reprendre leurs termes : on ne veut plus entendre de « shits on the radio » ! On veut des groupes comme Eve’s Bite, qui nous rappellent que le hair metal n’est pas mort. Plus lourd et vivant que jamais, aucun doute qu’avec eux, il saura séduire de nouvelles générations de mélomanes.

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Lucifer – V


« Si la mort avait un meilleur ami, ce serait Lucifer et ils traîneraient ensemble au cimetière du coin en taillant le bout de gras », peut-on lire dans le communiqué de presse du disque. Tout un programme direz-vous, aux couleurs à la fois macabres et un brin humoristiques, dont le groupe de Johanna Platow Andersson semble plutôt friand depuis maintenant dix ans et sa création en 2014. Si sur le papier les ingrédients restent finalement assez habituels (un hard rock/doom aux influences croisées entre les premiers Black Sabbath et Blue Oyster Cult), la sauce prend une nouvelle fois sur ce cinquième volume, comme toujours sobrement baptisé d’un seul chiffre romain.

Une pelletée généreuse de riffs lourds et offensifs, assortis d’un chant clair et mélodique, le tout porté par une production bien léchée : la signature du groupe germano-suédois demeure une sorte de compromis opérant savamment entre la frappe ravageuse d’un heavy metal au parfum seventies et l’efficacité tubesque de la pop, à l’image de ce que peut mettre en avant un groupe comme Ghost. Les deux formations avaient d’ailleurs partagé la même affiche sur plusieurs dates de la dernière tournée européenne de la congrégation de Tobias Forge. Comme si Abba rencontrait Tony Iommi et les sœurs Wilson (Heart), Lucifer synthétise des énergies créatrices en apparence contraires mais en réalité pleinement complémentaires. Et malgré des morceaux aux noms finalement assez lugubres, l’écoute se révèle toujours aussi festive et entraînante (« At The Mortuary », « A Coffin Has No Silver Lining » au refrain que Scorpions n’aurait pas renié en 1979, « Maculate Heart », « The Dead Don’t Speak », « Riding Reaper » et ses guitares catchy…), avec une touche de sensualité (« Slow Dance In A Crypt »), confirmant la capacité du combo à faire sourire la mort et progressivement lui faire abandonner sa propre morbidité, au profit d’une fête occult rock des plus étincelantes… et à laquelle on est impatients de pouvoir une nouvelle fois participer.

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Saxon – Hell, Fire And Damnation


Saxon, la légende de la New Wave Of British Heavy Metal, est de retour avec un vingt-quatrième album studio qui nous promet l’enfer, le feu et la damnation. Tout un programme musical, après quarante-neuf années de carrière ! Exit Paul Quinn, l’un des guitaristes originels du groupe et bienvenue à son remplaçant de luxe, Brian Tatler de Diamond Head, qui se partage les solos avec Doug Scarlatt. Biff Byford, qui vient de fêter ses soixante-treize ans, est toujours très en voix et à la coproduction avec son acolyte Andy Sneap (qui s’est également occupé du mixage et du mastering). Le résultat de cette collaboration ? Une architecture sonore moderne et agressive (le power/speed metal « Fire And Steel »), pleine d’énergie (« There’s Something In Roswell » et ce cri final heavy de Biff), avec des mélodies accrocheuses et des riffs entraînants (« Madame Guillotine »).

Côté paroles, Biff déploie son talent d’auteur en abordant des thèmes comme l’affaire Roswell au Nouveau-Mexique, Marie-Antoinette, Kubla Khan, la bataille d’Hastings ou les sorcières de Salem. Après une intro cinématographique lugubre avec une narration de l’acteur anglais Brian Blessed (le Prince Yultan dans Flash Gordon, entre autres) sur « The Prophecy », le titre éponyme et premier single déboule et revisite le côté très heavy des albums Dogs Of War (1995) et Unleash The Beast (1997). Saxon offre aussi tout ce qu’il sait faire de mieux côté hard rock classique des années 1980 en revisitant l’esprit de Strong Arm Of The Law et de Denim And Leather (« Pirates Of The Airwaves »). « 1066 », « Kubla Khan And The Merchant Of Venice » ou « Super Charger », qui clôt l’album, mixent du nouveau avec de l’ancien côté heavy metal catchy. Saxon n’est pas près de tirer sa révérence. Il offre ce qui pourrait bien être son meilleur album depuis les années 1990 avec neuf titres matures à souhait, sans concession. La légende de la NWOBHM est au sommet de son art avec son enfer sonore, son feu rythmique et sa damnation lyrique. Le contrat est rempli.

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Russell / Guns – Medusa


L’ex-chanteur de Great White, Jack Russell, et le prolifique guitariste de L.A. Guns, Tracii Guns, ont décidé de collaborer pour produire une bonne dose de hard rock n’ roll made in Los Angeles sur ce Medusa (à la pochette horrible, convenons-en). Accompagnées de deux L.A Guns, Johnny Martin à la basse et Shane Fitzgibbon à la batterie et d’Alessandro Del Vecchio, l’auteur compositeur producteur du label italien Frontiers Records, aux claviers, les légendes vont à l’essentiel de ce qu’elles savent faire depuis quarante ans : des riffs efficaces, des mélodies simples et accessibles, des chœurs harmonieux et du solo shreddé à l’ancienne, comme en témoignent les deux premiers singles de l’album « Next In Line » et « Tell Me Why ».

Si ces titres rappellent indéniablement le Requin Blanc, Russell la joue plus heavy sur « Coming Down » flirtant avec ce que savent faire les Flingues de L.A. Sur « Medusa », Jack et Tracii suivent un fil conducteur artistique qui s’inspire de la puissance du blues et de l’énergie heavy rock de leurs racines, tout en étant imprégnés d’un dynamisme punchy et d’une production métallique moderne (« Where I Belong », « In And Out Of Love » ou encore le hit « Give Me The Night »). La voix puissante de Russell, en adéquation parfaite avec les guitares de Guns, a une tessiture et une maturité qui varient en fonction des chansons, comme sur le rock n’ roll « For You » avec son orgue Hammond et ses lignes de piano honky tonk, ou qui rappellent la période MTV avec la ballade « Living A Lie ». Il y a aussi cette touche très AOR dans cet album avec « Back Into Your Arms Again » qui n’est pas sans rappeler ce que faisaient Bon Jovi, Bad English, Trixter ou Danger Danger à la grande époque glam metal ! Un retour dans le futur… Le travail réalisé sur Medusa par la paire Russell/Guns parle de lui-même : une combinaison homogène de blues et de sleaze rock, une osmose et une intégrité artistique et une belle surprise musicale du début 2024 pour les fans de ce style.

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Till Lindemann – Zunge


Alerte générale ! Planquez vos femmes et vos ados (on ne sait jamais) : Till Lindemann est de retour. Le chanteur de Rammstein déteste l’inactivité et sort son troisième album, cette fois en solo complet (sans Peter Tägtgren). Fallait-il laisser le bonhomme en totale liberté musicale ? Zunge est en tout cas une représentation complète de son univers musical que l’on sait à la fois racoleur, tordu et malsain. Till sait tout faire, ou plutôt il veut tout faire. Cet album en est une nouvelle preuve. Avec sa voix grave et martiale, il peut parfois flirter sans honte avec l’électro pop old school (« Altes Fleisch »), le synthétique plus posé (« Übers Meer »), et est même capable de tenter la ballade style flamenco, chœurs féminins à l’appui (« Tanzlehrerin »). C’est le côté un peu dingue que ses fans apprécient et pour lui, une façon d’assouvir ses fantasmes musicaux en marge de sa carrière principale.

Comme pour ne décevoir personne, le chanteur fait aussi ce qu’on attend de lui : du metal indus. Mais évidemment, quand on veut faire du Rammstein sans Rammstein, c’est forcément moins bien. La petite allumette qui mettrait le feu aux poudres n’y est pas. Autant l’avouer, si « Sport Frei » ou « Du Hast Kein Herz » pourraient sans nul doute figurer sur un album du groupe, ils seraient malgré tout assez loin d’en être les meilleurs titres. Un peu palots et prévisibles, ils manquent singulièrement d’accroche au niveau des refrains. L’usine à tubes est fermée, passez votre chemin. En définitive, si Zunge constitue un excellent exutoire pour les fantasmes musicaux de Till Lindemann et ne dépare pas à côté de ses deux prédécesseurs (Skills In Pills et F & M), il n’a pas l’éclat d’un album incontournable.

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Helga – Wrapped In Mist


La réalité dépasse rarement la fiction, mais il suffit que les deux s’entremêlent pour qu’une certaine magie opère. Helga Gabriel, chanteuse à l’origine de deux EP, s’est forgé un personnage nourri par les forêts et lacs de la Suède reculée. Rattrapée par une volonté de partage, Helga a ouvert son monde à trois amis de longue date, avant qu’un batteur multi-instrumentiste ne complète ce quintet, donnant un nouveau sens au nom « Helga ». Son identité visuelle déjà établie, la formation a pu se concentrer sur le son. Quelques instruments à cordes invités épaississent la brume, tandis que les percussions viennent la mettre en mouvement.

La candeur incarnée par « Burden » n’est qu’une porte d’entrée vers une recette riche, qui passe du folk au progressif, du post-rock à la pop, et effleure le black metal. Si ces composantes, prises une à une, peinent à se rendre uniques, leur émulsion fait son effet. Les textes, enfin, adoptent tour à tour l’anglais et le suédois selon le message à transmettre. Quelques cris pourront prendre certains auditeurs par surprise, et rappelleront Sylvaine à d’autres (« Farväl », « Som En Trumma »). Aussi verdoyant que soit cet univers, il ne saurait être complètement exempt de souffrances – un pan tout aussi assumé que les danses qui trônent de l’autre côté de la balance (« Vast And Wild »). L’album aborde entre autres la lutte passée d’Helga pour maintenir sa santé mentale (« Alive Again »). On ne revisitera pas forcément Wrapped In Mist pour la profondeur de ses compositions, mais au moins pour la chaleur qu’il apporte. L’album ne fait pas pour autant dans la facilité : il y a toujours un petit quelque chose (souvent logé dans la section rythmique) rappelant qu’on a un pied dans l’underground et les fougères. Au fil des écoutes, un étrange lien de sympathie, presque animal, se tisse.

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Lord Of The Lost – Weapons Of Mass Seduction


Un an après la sortie de son album surprise Blood & Glitter, le quintet allemand est de retour avec un album entier de reprises issues de tous horizons musicaux. Un véritable cadeau de fêtes de fin d’année, pensé pour leurs fans de longue date et les nouveaux initiés, après une année prolifique : participation à l’Eurovision 2023, réédition deluxe de son dernier opus, une seconde tournée avec Iron Maiden, apparition dans de nombreux festivals…

L’œuvre attaque fort avec une reprise électrifiante de « Shock To The System » de Billy Idol, qui représente bien l’énergie usuelle et caractéristique du groupe. On observe très rapidement un changement de registre pour les chansons qui suivent, avec la surprenante « Unstoppable » de Sia, ou encore une version plus sombre de « Smalltown Boy » du groupe de synth-pop Bronski Beat. « Turbo Lover », du géant anglais Judas Priest, ramène l’album aux racines metal du groupe. Quelques screams et un appui des sonorités synthétiques plongent la chanson dans une atmosphère gothique. Seule invitée sur cet album, Anica Russo amène un peu de fraîcheur à « (I Just) Died In Your Arms » (Cutting Crew), autre morceau culte des années 80. Des titres tels que « Hymn » (Ultravox), « Something Only We Know » (Keane) ou « House On A Hill » (The Pretty Reckless) captent l’attention, par l’émotion dégagée dans ces nouvelles versions, tandis que le « Give In To Me » de Michael Jackson voit sa dimension dramatique décuplée. Lord Of The Lost applique sa sauce goth-metal-indus et donne une cohérence à une sélection assez éclectique de reprises, tout en préservant la nature « tubesque » des originaux. Weapons Of Mass Seduction illustre le talent d’adaptation du groupe : certes il ne faut pas s’attendre à de véritables réinterprétations, sa patte n’en est pas moins omniprésente et donne l’illusion que ces onze morceaux pourraient être sa propre création.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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