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Chronique   

Sortilège – Coram Populo


Tu sais son nom ? Comme il s’appelle ? Comment ça tu l’ignores encore ? Il se nomme Sortilège et il est ressuscité. Le groupe a d’ailleurs fait tout son possible pour répandre la bonne nouvelle à travers l’Hexagone à grand renfort de concerts. Après une compilation de titres réenregistrés (Phoenix) et un véritable nouvel album (Apocalypso), l’album live était un passage quasiment obligatoire afin de célébrer ce retour sur le devant des scènes. C’est la date du Forum de Vauréal qui a été choisie pour témoigner de la parfaite santé de la formation actuelle. Curieusement enregistré avant la sortie d Apocalypso, Coram Populo se veut pourtant un passage en revue le plus complet possible du répertoire de la (re)formation.

Ainsi, les classiques incontournables côtoient les inédits de la compile ainsi que quatre extraits du nouvel album. Si le public se déchaîne et reprend en chœur les classiques que sont « Gladiateur », « Le Cyclope de l’étang », « Métamorphose » ou « Sortilège » (pour ne citer qu’eux) au point que le chanteur Zouille a parfois du mal à en placer une (« Majesté »), les titres récents, comme « Le Sacre Du Sorcier », « Vampire » ou encore « Attila » sur lequel Stéphane Buriez de Loudbast vient en guest faire parler sa (toute-)puissance vocale, reçoivent également un accueil enthousiaste. Le DVD qui accompagne le CD démontre par l’image la belle cohésion qui règne entre les musiciens. La voix de Zouille, plus agressive que jadis, n’a rien perdu de son éclat, les guitaristes Olivier Spitzer et Bruno Ramos font le job à la perfection tant que la section rythmique Sébastien Bonnet (basse) et Clément Rouxel (batterie) assure des tempos sans failles. Cet album est aussi indispensable aux fans qu’à ceux qui voudraient le devenir. Comme quoi la résurrection, ça a du bon !

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Tarja – Dark Christmas


Noël approche à grands pas, et cette année encore vous allez avoir droit à des cadeaux somptueux, utiles et agréables : des boutons de manchettes et un album de Tarja. Génial non ? Allez, cachez votre joie. La diva venue du froid (comme le Père Noël, dis donc) a en effet enregistré un album complet de chansons de Noël qui constitue une sorte de suite logique à son From Spirits And Ghosts (Score For A Dark Christmas) paru en 2017. Pourquoi ? Parce qu’elle aime ça ! Il faut dire que ces douces mélodies arrangées façon sombre (mais qui ne ferait même pas fuir le plus trouillard de nos bambins), avec des orchestrations symphoniques et des chorales d’enfants, lui vont bien au timbre. Sa voix de soprano (ou presque, diront les puristes) se pose en beauté sur les classiques qui sentent bon le sapin que sont « O Holy Night », « Jingle Bell » (joué deux fois : en version traditionnelle puis rock synthétique du plus bel effet) ou encore « White Christmas ». Chaque titre a été repensé pour coller le plus possible à l’univers de Tarja, toujours à mi-chemin entre gothique et symphonique.

Du coup, on est assez loin des chants de Noël traditionnels, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Même le fameux « All I Want For Christmas Is You » emprunté pour l’occasion à la rondouillarde Mariah Carey et qui n’est pas dédié à Tuomas, « Wonderfull Christmastime » de McCartney ou « Last Christmas » de Wham! sont méconnaissables passés à la moulinette par l’ex-Nightwish. Cet album n’a rien de traditionnel ni de festif. Il risque même de faire passer un souffle glacial chez les convives en cas d’écoute lors du dîner du 24 décembre autour de la dinde ou du plateau de fruits de mer. Mais il n’est pas inintéressant pour autant et constitue une idée cadeau originale. Sinon, quelle couleur pour les boutons de manchette ?

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Children Of Bodom – A Chapter Called Children Of Bodom: The Final Show In Helsinki Ice Hall 2019


Ce devait être le groupe qui ferait la passerelle entre le metal extrême et le heavy traditionnel voire symphonique. Hélas, malgré un certain succès et beaucoup d’estime, Children Of Bodom n’a jamais complètement remporté son pari avant sa disparition, en 2019. Leur dernier concert, chez eux au Ice Hall de Helsinki, le 15 décembre de cette même année, restera comme le testament de son talent et de sa puissance scénique. Quatre ans après, jour pour jour, les membres du groupe et les héritiers ayants droit de son leader Alexi Laiho, disparu le 29 décembre 2020, décident de le partager avec les fans sous la forme d’un album live posthume.

De quoi déclencher chez eux un torrent de nostalgie dévalant une montagne de regrets. Car autant le dire d’emblée, jusqu’à la dernière minute, le groupe n’avait rien perdu de sa rage ni de sa virtuosité. Dès les premières notes de « Under The Grass And Clover » jusqu’au dernier larsen de « Downfall », l’ultime rappel, on retrouve cet esprit vengeur qui s’exprime à coups de riffs tranchants et de vocaux ultra-nerveux. Mais au milieu de cette avalanche de puissance qui rythme le punchy « In Your Face », l’apocalyptique « I Worship Chaos » ou le furibard « Hate Crew Deathtroll », des mélodies souvent imprimées par les claviers de Janne Wirman, ou par les jaillissements guitaristiques d’Alexi qui part en solo sans prévenir et avec la souplesse d’un pet sur une toile cirée, viennent capter et renouvellent sans cesse l’attention de l’auditeur. On ne peut que ressortir conquis d’une telle performance. Qu’on les range dans le death mélodique, black symphonique ou thrash metal nordique… Au final, peu importe l’étiquette. Ils étaient Children Of Bodom et ils étaient sacrément bons.

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Reverend Kristin Michael Hayter – Saved!


Il y a un an, Kristin Hayter mettait fin au projet qui l’avait fait connaître, Lingua Ignota : aussi lourd et intense dans le fond que dans la forme, il mêlait noise, néoclassique et performances live écorchées pour explorer traumatisme, violence domestique et envies de vengeance. Au point que la musicienne, éreintée, a décidé de passer à autre chose pour laisser ces expériences douloureuses derrière elle. C’est donc en tant que Reverend Kristin Michael Hayter qu’elle se présente cette fois-ci, à la tête de son propre label, Perpetual Flame Ministries, avec un album au titre qui annonce la couleur : Saved!

Et si c’est bien de réinvention qu’il est question, ce nouvel opus fait aussi office de transition. On y retrouve l’intensité émotionnelle et l’utilisation de la religion comme métaphore de Lingua Ignota, et si le déluge de bruit de ses débuts semble loin, Sinner Get Ready nous avait déjà acclimatés à la folk/americana à la sauce Hayter. Sur Saved!, les morceaux sont plus dépouillés, presque squelettiques, capturés sur des bandes intentionnellement malmenées, sans âge : seule avec son piano, Hayter fait résonner sa voix, tantôt magistrale, tantôt nasillarde, en écho, en chœur, en langues. L’ensemble, fascinant, est à la fois lumineux et étouffant, et si l’auditeur non familier avec le mouvement pentecôtiste passe sans doute à côté de l’inquiétante étrangeté du disque (une grande partie des morceaux sont des reprises), la plongée dans ce à quoi pourraient ressembler le salut, la transcendance et une authentique renaissance n’en est que plus terrifiante – à ce titre, les passages de glossolalie (induite, nous dit-on, par le jeûne et le manque de sommeil) du dernier morceau sont peut-être ce que la musicienne a fait de plus perturbant. Une telle mue ne se fait pas sans y laisser quelques plumes : gageons que le futur de la Révérende désormais apaisée n’en sera plus que brillant.

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Mars Red Sky – Dawn Of The Dusk


Cinquième grande messe discographique pour les Bordelais de Mars Red Sky, respectables piliers de la scène heavy-psyché hexagonale. Entre ambiances planantes et aériennes et atmosphère lourde et drôlement pesante, le trio fait de ses multiples influences de savants compromis esthétiques de chaque instant. Une sorte de krautrock stoner à la sauce psychédélique en somme, soit la construction d’un répertoire assez difficilement imputable à un seul et unique courant, et c’est tant mieux. Doom, prog, rock-psyché… inutile après tout de se risquer à vouloir borner l’indomptable, l’essentiel résidant dans la charmante cohérence de ces huit titres vigoureux et exigeants, faits majoritairement de riffs gras et caverneux sur lesquels se promènent avec justesse soli parfaitement mélodiques et chants légers et vaporeux (« Break Even », « The Final Round » ou encore « Carnival Man »).

On retiendra tout de même plusieurs sorties de route assez délectables, telles que l’hallucinée « A Choir Of Ghost » entièrement instrumentale, la rédemptrice échappée folk et épurée « Trap Door », ou enfin la ballade « Heavenly Bodies », comme un postlude délicat et joliment conclusif à cet album finalement très conceptuel. Car c’est ainsi que le groupe semble l’avoir imaginé, jusqu’à façonner l’enchaînement des trois derniers titres comme s’ils ne formaient qu’une seule et unique pièce magistralement schizophrène. Notons par ailleurs la présence de « Maps Of Inferno », issu de la collaboration avec la chanteuse Queen Of Meadow (alias Helen Ferguson, qui a aussi apporté chœurs et autoharpe à « Heavenly Bodies ») et paru sous forme d’EP en avril, qui allie avec un naturel déconcertant riffs massifs et douceur dark folk. Une fois de plus, le combo girondin fait la démonstration d’un répertoire aux visées résolument universelles – au sens cosmique du terme – et continue de prouver qu’il porte définitivement bien son nom.

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Therion – Leviathan III


Therion voulait de l’épique avec sa trilogie Leviathan, voilà de quoi être servi ! Si les deux premiers volets s’étaient concentrés sur le côté « tubesque » du groupe, le troisième prend des airs d’opéra metal plus audacieux, dans lequel les voix féminines et de ténors se mêlent harmonieusement à la symphonie des instruments classiques, créant une fusion dont le maestro Christopher Johnson a le secret. Si celui-ci déclarait dans nos colonnes que cet album « sera globalement le moins populaire des trois », il y a de quoi mettre sa parole en doute tant la richesse des musiques et des styles fait davantage honneur à ses triomphes passés.

L’opus se déploie comme une épopée musicale, à la croisée de sonorités médiévales et ethniques (« Ruler Of Tamag » ou « Duende » et son intro de guitare aux accords hispaniques), ainsi que des riffs tranchants et une puissance brute (le quasi thrash « Baccanale ») qui rappellent que Therion reste un monstre sacré de la scène metal. S’extirpant de toute formule, les deux minutes trente de « Nummo » aux riffs pleins de tension et refrain catchy y côtoient les huit minutes d’« Ayahuasca » qui vont jusqu’à nous faire planer… Les chœurs et harmonies accentuent le tout, évoquant la grandiosité des chorales religieuses. Enrichi par des parties au clavier et à l’orgue Hammond qui remplissent l’atmosphère d’un voile mélodieux et chaleureux, chaque titre résonne également de manière romantique.

C’est ainsi que Therion, véritable architecte de sonorités et maître de l’épique, clôt magistralement sa trilogie Leviathan. Avec une diversité musicale témoignant de leur maîtrise artistique, les Suédois nous guident à travers un voyage musical vers des frontières plus expérimentales, mais pas moins envoûtantes. Avec ce troisième opus en forme de clou du spectacle, l’écho puissant de Leviathan est bien parti pour résonner encore longtemps dans les oreilles des fans du groupe.

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Dirty Black Summer – Gospel Of Your Sins


De Seattle à la Côte d’Azur, il n’y a qu’un pas ! Après Great Deception, un chouette EP sorti en 2021, le quintet méditerranéen présente son tout premier album et semble bien résolu à se faire une place de choix sur la scène rock actuelle. Fort de l’influence écrasante (mais si inspirante) des figures tutélaires que furent Pearl Jam, Nirvana ou encore Alice In Chains (voire même Danzig, dont l’un des titres a finalement baptisé le groupe), le groupe invite à un réjouissant voyage aux confins de l’alternatif made in USA, exécuté ici « à la française », au cours duquel l’auditeur est frénétiquement et successivement aussi bien renvoyé à l’héritage retro des 90’s que projeté vers une frappe stoner moderne et redoutable. Du titre d’introduction « All Saints » au joliment conclusif « Last Confession », le constat d’efficacité est alors sans appel : c’est lourd, saturé, sublimement agressif, furieusement impétueux et surtout superbement abouti. Ponctué d’instants de calme rédempteur (bien que parfois trompeur !) grâce à des morceaux tels que « Nothingness », « Spit On My Grave » ou encore celui qui donne son nom au disque, « Gospel Of Your Sins », l’album couve un post-grunge sépulcral, intime et poétique à la réalisation qui n’a absolument rien à envier à celle de ses pairs d’outre-Atlantique.

« Cela fait près d’un an maintenant que nous gardons cet album pour nous […]. Il porte en lui la tristesse, la luxure, la colère, la douleur, l’anxiété mais aussi la beauté accumulées au cours de ces deux dernières années », confiait le fondateur du groupe, JB Le Bail (ex-Svart Crown). Tout un programme en somme, qui sur un malentendu pourrait bien être la promesse d’une formation sincère et authentique sur laquelle il faudra probablement désormais sérieusement compter. Vivement l’été prochain !

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Tangled Thoughts Of Leaving – Oscillating Forest


Que se passe-t-il lorsqu’un groupe déjà affilié à l’avant-prog opère un virage expérimental ? Oscillating Forest expose une réponse possible à cette question. L’album, vendu comme semi-improvisé, caresse la performance artistique pure : les membres s’observent, vivent, meurent, exultent. Le terme « débandade » vient occasionnellement à l’esprit, mais on discerne des mouvements cohérents, dans une tradition très post-rock. Pour une fois, le jazz injecté dans le metal se traduit par autre chose que ces rustines de saxophone qui collectionnent les détracteurs. Ici, la vedette est ce piano tonitruant, grondant, par lequel Tangled Thoughts Of Leaving s’est fait connaître. Il met les bizarreries au pas, coud entre elles d’un fil argenté. Même dans les parties plus reposantes, nos préconceptions écopent d’un bref séjour dans un mixeur. La dissonance arrache un rôle de choix ; le noise lui-même fait des apparitions. Bien qu’une guitare soit présente, inutile d’attendre de réels riffs.

Des sanctuaires post-rock ou ambiants ont été aménagés. Sur « Twin Snakes In The Curvature », synthétiseurs et percussions industrielles offrent cinq minutes fantomatiques, dérangeantes bien que pourvues de douceur si l’on gratte la surface. « Trinket Forest » invite même au recueillement. Les cordes grincent, trépignent, bruissent… On jurerait entendre le tapis de feuilles mortes de la forêt éponyme. Une riche panoplie sonore se trouve mise au service d’un film imaginaire, dont la conclusion viendra combler nos envies de post-metal. Oscillating Forest souffle le chaud et le froid, et l’un comme l’autre ont des effets à ne pas négliger. Certains verront là une œuvre exigeante ; d’autres se perdront dans sa déliquescence sans se poser de questions. Des membres des deux catégories y trouveront un contentement qui leur sera propre.

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Deathcode Society – Unlightenment


A l’heure des inondations de sorties d’albums dans la scène black metal, Deathcode Society n’aurait sans doute pas eu aujourd’hui la chance qu’il a eue à ses débuts, c’est-à-dire attirer l’attention du public sur la toile rien qu’avec une démo lâchée de manière quasi anonyme en 2009. Suscitant dans un premier temps la curiosité des nostalgiques d’Anorexia Nervosa, le groupe haut-savoyard avait confirmé les attentes avec le solide Eschatonizer (2015) qui tend aussi bien vers la grandiosité du black metal scandinave de la fin des années 90 que vers la scène extrême dite « symphonique » contemporaine. Huit ans après, le deuxième opus reprend le même sentier sinueux que son prédécesseur, à quelques détails près.

« Scolopendra » est le parfait single pour vous traîner les yeux fermés dans cette nouvelle promenade funeste. La chanson est trompeuse en raison de son accroche mélodique efficace qui ferait croire que Deathcode Society joue, malgré sa virulence musicale, sur un terrain presque accessible, à l’image d’un Dimmu Borgir des grandes heures. Pourtant, le groupe n’a pas vocation à faciliter l’écoute, laissant peu de repères et d’indices sur la trajectoire qu’il emprunte, en dépit des chants clairs de « Shards » et des passages plus abordables de « La Nuée » faisant illusion au milieu d’une musicalité dense, exigeante et raffinée. La formation française emmène l’auditeur dans un sombre labyrinthe en lui lâchant assez rapidement la main. Il se plaît à incorporer des bizarreries dans le décor et à poursuivre ses expérimentations. L’énigmatique et mystique « Scales » peut, à cet égard, rappeler le Emperor époque Prometheus voire certains travaux de la discographie d’Ihsahn dans son versant le plus extrême. L’expérience peut aussi tourner au cauchemar avec les sonorités horrifiques et dissonances de « Mazed Interio » (le jeu de notes stridantes y rappelle, là encore, celui d’« Empty » d’Emperor), sans pour autant tomber dans un simulacre ou une parodie d’épouvante, en confinant même à la musique savante. Jusqu’à ses pièces finales, puissantes et théâtrales – les dix minutes de « À La Néante », qui flirtent avec les étrangetés à la Devin Townsend, et l’épilogue « Narcosis » au final en forme d’apothéose cinématographique –, Unlightenment est une ode au surréalisme et à un certain jusqu’au-boutisme. Souvent complexe et volontairement outrancier, il redonne sa superbe à un metal extrême qui décontenance et bouscule l’auditeur qui souhaite s’y frotter.

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KK’s Priest – The Sinner Rides Again


KK et Judas sont les deux fils jumeaux de la famille Priest. Et leur principal problème est qu’ils jouent en permanence à savoir lequel des deux est le plus ressemblant. Dans cette quête inutile, Judas a pour principaux atouts le nom du groupe originel et surtout son chanteur, le légendaire Rob Halford, dont le timbre de voix unique est un trademark du heavy metal à lui tout seul. De l’autre côté, il y a bien sûr le guitariste KK Downing, auteur (ou coauteur) de quelques-uns des titres les plus populaires de son ancien groupe mais aussi le vocaliste Tim « Ripper » Owens qui fit l’intérim dans Judas Priest et qui reste une sorte de sosie vocal de son prédécesseur. Alors forcément, on s’y perd un peu.

Et ce n’est pas avec ce deuxième album de KK’s Priest que les choses vont changer. Tout simplement parce que K.K. Downing fait ce qu’il sait faire de mieux : composer du heavy metal traditionnel, pur et dur. Pas étonnant alors que l’on retrouve pratiquement tous les ingrédients d’un vrai album de son groupe précédent. Prenons par exemple « Reap The Whirlwind » ou « Sons Of The Sentinel » : voilà deux purs titres heavy metal, rapides et pourvus de belles guitares aussi mordantes qu’un loup garou en période de pleine lune. On croise aussi à certains moments des atmosphères épiques comme pendant le très 70’s « Hymn 66 » ou « The Sinner Rides Again », durant lesquels le groupe ralentit le tempo avant de repartir de plus belle. Là non plus, rien de surprenant pour ceux qui ont suivi la carrière de Priest sur la longueur. Alors qu’est-ce qui pourrait bien faire la différence ? « Keeper Of The Graves » peut-être, avec ses breaks savamment amenés et ses chœurs majestueux ? Même pas : là aussi on est habitués. C’est bien pensé, bien joué, c’est vraiment du K.K… Au moins vous êtes prévenus.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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