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Chronique   

Blaze Bayley – Circle Of Stone


Blaze Bayley, c’est un peu comme la grand-tante qui a du poil au menton : on aime bien avoir de ses nouvelles de temps en temps parce qu’elle fait partie de la famille, mais personne ne se précipite pour lui faire la bise. Portant définitivement dans son dos une pancarte « ex-chanteur d’Iron Maiden » trop lourde pour lui (celle d’ex-Wolfsbane aurait été bien plus supportable), le natif de Birmingham n’en trace pas moins sa voie avec courage et passion. Sur ce nouvel album, qui fait suite à War Within Me paru en 2021, et dont l’enregistrement s’est achevé quelques jours avant qu’il soit victime d’une crise cardiaque (qui lui a valu plusieurs interventions chirurgicales), le chanteur fait une nouvelle fois ce qu’il sait faire le mieux : du heavy mélodique. Et notre bon Blaze se révèle très en voix. Que ce soit sur le puissant « Ghost In The Bottle » au riff quasi priestien (un comble) où il fait parler sa puissance ou sur le très mélancolique « The Broken Man » sur lequel son chant plaintif résonne comme aux grandes heures, on le sent à l’aise.

Si le début de Circle Of Stone est traditionnel, les six derniers titres qui le composent sont liés et forment un mini-concept mystique sur la tribu humaine et les liens oubliés avec ses ancêtres. Au cours de ce parcours initiatique on croise Niklas Stalvind (de Wolf) sur plusieurs titres, des cornemuses qui agrémentent « The Call Of The Ancestors » et un duo avec la chanteuse Tammy-Rae Bois (agrémenté d’un joli passage de violon) en guise de conclusion avec l’acoustique « Until We Meet Again ». Au final, on a un album aux émotions multiples, qui démontre que Blaze n’est pas blasé et qui plaira sans nul doute aux fans de ce sympathique et méritant survivant.

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Dragonforce – Warp Speed Warriors


C’est une belle année qui débute pour Dragonforce, lancée par la sortie de leur nouvel album Warp Speed Warriors, accompagnée d’une tournée européenne pour le promouvoir. Dès les premières notes rétrofuturistes d’« Astro Warrior Anthem », l’auditeur est plongé dans un monde fantastique porté par la voix grandiloquente de Marc Hudson, laissant ensuite place à une composition rapide, épique et quelque peu progressive en forme de joli flash-back aux premiers albums du groupe. A travers les neuf titres, l’influence des jeux vidéo, plus ou moins old school, dans la touche musicale, artistique et lyrique de l’œuvre est une nouvelle fois de la partie, de quoi satisfaire les fans de Zelda, Tron et autre Space Marine. L’album offre une diversité de tempos et de styles, via des chansons puissantes telles que « Burning Heart » entrecoupées d’hymnes joviaux fédérateurs que l’on imagine facilement repris en chœur par une foule. Le jeu de batterie très sportif s’accorde naturellement au duo de guitaristes fondateurs du groupe et à la maintenant bien intégrée Alicia Vigil.

Ainsi, la maîtrise est au rendez-vous, que ce soit dans l’enjouée « Power Of The Triforce », la festive « Doomsday Party » aux teintes synthétiques eighties (y compris le cliché des roulements de batterie électronique) que n’aurait pas reniées Amaranthe (ça tombe bien, Elize Ryd participe à la version bonus) ou la surprenante « Space Marine Corp » et ses joyeux chœurs militaires. En plus de s’entourer d’invités reconnus sur les bonus, le quintet s’approprie « Wildest Dreams » de Taylor Swift, nécessitant presque deux écoutes pour que l’on s’aperçoive qu’il ne s’agit pas de l’une de ses créations originales. Warp Speed Warriors est la preuve que le temps n’a pas d’effet sur Dragonforce et que, s’ils ralentissent parfois la cadence, c’est simplement pour encore mieux redémarrer. Une chose est sûre, la joie et l’amusement sont partout dans la musique des guerriers de la vitesse de distorsion !

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Myrath – Karma


Myrath annonce la couleur : toute action ne tombera pas dans l’oubli sans retour de ce qu’elle a potentiellement provoqué. En effet, rien n’arrête les Franco-Tunisiens : après une année 2023 passée sur la route, offrant des concerts spectaculaires agrémentés de désormais traditionnels tours de magie, danseuses orientales, humour et surprises en tout genre, la formation poursuit son ambition avec Karma, un album avec lequel elle capitalise sur ses acquis, tout en se renouvelant par petites touches. Certains partis pris décontenanceront peut-être des fans, notamment par un (très) léger recul des teintes orientales au profit d’autres couleurs qui enrichissent la palette de Myrath, à l’instar des inspirations djent (on pense même aux rythmiques très percussives de Tesseract ou Polyphia) de l’introductif « To The Stars » ou du riffing presque blues rock de « Candles Cry ». Et si les cordes en arabesques et autres ponts orientaux habilement intégrés sont toujours de la partie, un morceau tel qu’« Into The Light » va mettre en valeur des sonorités de cuivres et une élégante partie de piano.

Karma est un album digne d’une bande originale de film, une sorte d’épopée mêlant mythes et hymnes à la confiance en soi, à la responsabilisation, à la résilience et aux combats quotidiens. Des vocalises puissantes, un basse-batterie au jeu aussi efficace et groovy qu’élaboré, une guitare généreuse et des orchestrations homériques, le tout pour porter sur un piédestal des refrains comme écrits pour guider l’auditeur dans son voyage ; Karma rassemble tous les codes d’un grand roman épique accessible au plus grand nombre. Après un début de carrière franchement metal prog et une redéfinition plus commerciale avec Legacy (2016), Myrath semble désormais chercher l’équilibre entre sophistication, grandiloquence et immédiateté, et met tous les atouts de son côté pour entretenir son bon karma !

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Tagada Jones – TRNT Best Of 1993-2023


Niko Jones et sa bande sont une synthèse génétique des Béruriens Noirs, des Sheriff, de Parabellum, de The Exploited, Motörhead et Bad Religion. Les rockers bretons fêtent leurs trente ans en nous balançant quinze titres de leur répertoire réenregistrés avec des arrangements d’instruments à cordes pour certains. Ils proposent également « Le Poignard », un titre inédit tranchant, dont la vidéo « dans ta face » vaut le détour. Ce TRNT est comme un triple uppercut dans la mâchoire (« Manipulé », « Je Suis Démocratie ») et démontre tout le talent des dauphins du rock alternatif français. Influencé par le punk (« Hold Up »), le hardcore (« Le Feu Aux Poudres »), le metal (« Thérapie ») avec des touches indus (« Le Dernier Baril » tabasse toujours autant) et un peu de dub avec un soupçon de Bad Brains (« SOS Dub »), Tagada Jones a cette originalité artistique qui fait du bien. C’est une overdose euphorisante, des paroles engagées et d’actualité sur de la musique qui fait bouger toute notre anatomie (« Nation To Nation » avec cette section rythmique massive et la hargne vocale).

Tagada Jones, ce sont également des mélodies qui restent dans la tête et scotchent de façon addictive mais positive. Le hit « Mort Aux Cons », aux vingt millions de vues cumulées sur YouTube (entre le clip et la vidéo live au Hellfest), en est la preuve musicale vivante. Les premières lignes vocales avec ses « lalala » prennent directement aux tripes, les arrangements de cordes et le lead de violon en écho au solo de La Guiche qui lui succède optimisent le titre. Autre tube, « Combien De Temps Encore », datant de l’album Le Feu Aux Poudres (2006), est revisité et rehaussé mélodiquement notamment par des violons et violoncelles qui se substituent aux lignes initiales de guitares. « Vendredi 13 », l’hommage aux victimes du Bataclan, prend une dimension encore plus mélancolique avec ses barils percutés et la douceur des instruments classiques. Trente ans après, Tagada Jones se hisse à un sommet mature rock friendly, parfaitement sculpté pour nos radios FM ou les plateformes mainstream sans renier ses origines. Le dauphin pourrait devenir roi… Qui sait ?

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Borknagar – Fall


Borknagar a émergé, voilà maintenant trois décennies, en tant que projet black metal, mais a toujours eu la volonté de mêler les genres. Dès le premier album, des passages de pure musique folk donnaient la réplique à des assauts impitoyables. Une recette qui ne prend guère de rides, d’autant plus que la formation n’a de cesse de l’actualiser. Imagerie, paroles et même interviews : les montagnes sont incontournables dans la discographie bien fournie du groupe. C’est pour l’infatigable meneur Øystein G. Brun une allégorie de la musique elle-même, et d’une progression au gré de sommets toujours plus élevés. Si Borknagar a de tout temps chanté les louanges de la nature, Fall met en lumière une dualité forte, nous rappelant que vivre est avant tout une lutte, et que la Terre fera tout pour nous rappeler à elle, réduits en poussière. Cette fatalité fait partie intégrante du double sens du titre de l’album, qui renvoie simultanément à l’automne et au concept plus brut de chute. Une chute contre laquelle la meilleure défense est peut-être d’apprécier ce qui se situe « à la périphérie de la vie » – ce qui est essentiel et pourtant si facile à manquer.

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Mick Mars – The Other Side Of Mars


Le guitariste légendaire, l’auteur de riffs mythiques de Mötley Crüe, Mick Mars, soixante-douze ans, sort son premier et tant attendu album solo. Au titre inconscient sur le plan psychanalytique, l’autre côté de Mars dévoile une jolie versatilité artistique, produite par son ami de longue date, Michael Wagener, sorti de sa retraite pour l’occasion. Epaulé à la composition par Paul Taylor (claviers, ex-Winger), Mars a engagé Jacob Bunton et Brion Gamboa (sur deux titres) au chant, Ray Luzier (Korn) à la batterie et Chris Collier à la basse. Ce dernier est également responsable du mix particulièrement punchy et moderne ; le premier single dévoilé, « Loyal To The Lie », lourd et rentre-dedans rythmiquement, avec son refrain très mélodique, en est le parfait témoignage. « Right Side Of Wrong », le second extrait, rappelle le Mötley Crüe de l’époque John Corabi, avec ce riff pachydermique croisé à du Stone Temple Pilots, tandis que le troisième, « Undone », est une power ballade musclée où Gamboa, de son timbre plus sombre, apporte une autre couleur mélodique.

Mars, en maître du riff, laisse sa guitare s’exprimer avec des notes simples, un toucher ciblé et un son massif. Il revisite de façon assez inattendue la fibre d’un Alice In Chains (« Broken On The Inside » au refrain bulldozer et au final mélodique qui se désintègre) ou le heavy rock avec des arrangements mêlant modernité et héritage des années 80 (« Ready To Roll », « Ain’t Going Back »). « Killing Breed » (chanté par Gamboa) opte carrément pour un tempo assommant, presque doom. Le mid-tempo mélancolique « Alone » et le piano-voix « Memories », et ses arrangements de cordes, font office de ballade de rigueur. C’est l’instrumental hard-bluesy « LA Noir » qui clôt les hostilités. Le guitariste y fait chanter sa Fender à coups de sonorités seventies, en écho au « Bittersuite » de l’EP Quaternarty. The Other Side Of Mars ? Tout le talent de Mick Mars résumé en dix titres très contemporains. L’album que Mötley Crüe aurait dû sortir pour son retour ? Peut-être bien…

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Blackberry Smoke – Be Right Here


Nouvelle tempête southern rock en provenance de Georgie, USA ! Les enfants modèles des Black Crowes et Lynyrd Skynyrd reprennent déjà du service après un dernier album sorti il y a un peu plus de deux ans. Alors que le combo est confortablement installé dans le paysage country/hard rock outre-Atlantique, notamment au niveau des charts, la sauce a toujours un peu plus traîné à prendre en Hexagone (altérité culturelle oblige) malgré une fanbase solide chez les amatrices et amateurs du genre.

Il faut dire qu’une fois de plus, le répertoire a de quoi séduire : un chant clair et authentique, des mélodies fortes et entraînantes ou encore une orchestration à l’américaine tout bonnement redoutable, bref, le contrat semble largement respecté. A travers dix nouveaux titres, les cowboys d’Atlanta assoient leurs guitares chaudes et généreuses le temps d’un voyage aux confins des grandes plaines du pays de l’Oncle Sam et continuent de régaler l’auditeur de leurs ballades rock mid-tempo (citons à titre d’exemple et de façon non exhaustive les quatre premiers singles de l’album « Dig A Hole », « Hammer And The Nail », « Little Bit Crazy » et le dernier en date – très réussi – « Azalea »). Nul doute que tous ces chouettes titres sauront gagner encore en profondeur et efficacité sur scène, là où la country énervée des Blackberry Smoke se transforme systématiquement en fête splendide et un brin kitsch (dans le bon sens du terme s’il en est un !). En dépit d’une image parfois jugée (à tort ou à raison – il conviendra de l’appréhender au cas par cas) poussiéreuse et trop conservatrice, le rock sudiste a encore, grâce à de solides ambassadeurs tels que le quintet géorgien, de beaux jours ensoleillés devant lui ! Yee Haw !

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Ace Frehley – 10 000 Volts


Ace Frehley, le Spaceman âgé de soixante-douze ans, guitariste légendaire de Kiss période 1973-1982, est de retour avec un nouvel album solo original intitulé 10 000 Volts, coécrit et coproduit avec son acolyte et ami, Steve Brown (Trixter). A noter qu’Anton Fig qui a officié sur son album solo mythique en 1978 est de retour derrière les fûts.

Le titre éponyme résume parfaitement l’état d’esprit de Frehley (une chanson pour sa nouvelle compagne ?) et la tension électrique de la musique proposée est respectée. Ce sera du pur hard rock, avec des variantes, comme sait le faire son protagoniste. « Up In The Sky » a cette approche groovy, catchy dans ses rythmiques à la « New York Groove », l’un des hits seventies de Frehley. Il y a aussi ce côté plus heavy, appuyé par une production moderne, sur « Cosmic Heart » et son refrain digne des stades, ou encore « Fighting For Life » qui est du pur Kiss démaquillé période eighties. Frehley se veut plus bluesy sur « Life Of A Stranger », un mid tempo digne de la grosse période MTV. Steve Brown apporte clairement sa touche mélodique radio friendly sur l’ensemble de l’album (« Cherry Medicine », « Back Into My Arms Again ») avec des refrains particulièrement soignés (« Constantly Cute »). Frehley est en voix – même s’il est passé par la case autotune – et donne tout ce qu’il a au plus profond de lui. Question solos, c’est une master class du Spaceman avec ce toucher caractéristique si particulier (« Walkin’ On The Moon », « Blinded »). Frehley ne rompt pas sa tradition comportementale artistique habituelle avec un instrumental efficace et très mélodique au titre spatial avec guitares acoustiques et solos pleins de wah wah en fermeture d’album.

Après cinquante années de carrière, des hauts et des bas, un combat contre ses addictions, un retour et un départ dans le Kiss reformé et maquillé de la fin des années 1990-2000, Ace Frehley signe avec ce 10 000 Volts son meilleur album depuis ce coup solo de 1978. Au moment où Kiss tire sa révérence, Ace n’est pas à la fin de la route.

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The Obsessed – Gilded Sorrow


Avec Sacred, sorti en 2017, Scott « Wino » Weinrich était non seulement parvenu à remettre sur pied pour de bon The Obsessed, son premier groupe fondé en 1976 et séparé au milieu des années 1990 après avoir sorti trois albums devenus classiques, mais aussi à produire un album à la hauteur des attentes évidemment élevées des fans de la première heure. Heavy, bon vieux doom, hargne et lourdeur à l’envi : Sacred encapsulait en effet des décennies de rock’n’roll distillées par l’un de ses plus fiers représentants. Quelques années et pas mal de temps passé sur la route plus tard, The Obsessed revient dans une version étoffée avec Gilded Sorrow, son cinquième opus…

Car c’est désormais épaulé d’un deuxième guitariste, Jason Taylor, que Wino a ciselé ces neuf nouveaux morceaux, qu’il qualifie lui-même de « la chose la plus heavy [qu’il] ait jamais faite », ce qui n’est évidemment pas peu dire. Et en effet, avec ses riffs épais, ses solos groovy et la gouaille de Weinrich, Gilded Sorrow passe en revue les différentes facettes du versant le plus brut du hard rock : riffs plombants dans « Stoned Back To The Bomb Age », mélancolie à la Saint Vitus dans « Gilded Sorrow », heavy metal old school dans « Jailine », le tout ponctué d’intermèdes plus lumineux (« Wellspring – Dark Sunshine »)… Pas de temps morts dans cet album au cordeau, brut, efficace et acéré. À l’image de « Realize A Dream », écrite par un Wino encore lycéen il y a près de cinquante ans mais étrangement actuelle, Gilded Sorrow nous propulse dans une temporalité parallèle, à la fois lointaine et familière, où c’est le rock qui rythme les épreuves, les moments de grâce et les excès. The Obsessed est une valeur sûre : ce cinquième album le rappelle avec panache.

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Spectral Voice – Sparagmos


Si Spectral Voice n’a qu’un album derrière lui – Eroded Corridors Of Unbeing, sorti en 2017 –, ses musiciens sont loin d’en être à leur coup d’essai. Composé de membres de la scène de Denver qu’on a déjà entendus dans Blood Incantation et Black Curse, le groupe explore différentes ramifications du death metal : là où le premier propose un death « cosmique », moderne et dissonant, et le deuxième un black/death corrosif, Spectral Voice s’épanouit dans des ténèbres chthoniennes d’où il tire un death/doom caverneux. Dans la droite lignée de son premier opus, qui contenait déjà des titres comme « Visions Of Psychic Dismemberment » et « Dissolution », Sparagmos s’annonce comme rien de moins qu’une mise en pièces…

Le sparagmos, c’est en effet le fait de déchirer et démembrer un être vivant sous l’effet de la transe dionysiaque. Et il y a bien quelque chose de désarticulé dans les quatre longs morceaux qui composent l’album : suintants, barbares, tout en batterie caverneuse et basse abyssale, ils intercalent riffs épais et crissements de guitare, lenteur menaçante et spasmes violents. Étouffante mais pas impénétrable, l’obscurité de Sparagmos a quelque chose d’évocateur, de presque cinématographique tant le groupe soigne les ambiances. Comme des éclats de lumière, des passages atmosphériques (à la fin de « Sinew Censer ») et des incantations en voix claire (« Be Cadaver ») émergent parmi les hurlements : le point d’orgue de la bacchanale est en effet l’extase, la sortie de soi, et c’est bien là que mène « Death’s Knell Rings In Eternity », le dernier morceau de l’album. Évoluant dans les mêmes eaux troubles que Ruins Of Beverast ou le regretté Swallowed, Spectral Voice descend dans le cœur même de ce qui constitue ce genre de death viscéral qui emprunte au black metal son aura sacrée : la sauvagerie et l’exaltation de la vie par la mort.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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