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Interview   

Svart Crown et la politique de la terre brûlée


Svart Crown, c’est terminé. Après dix-huit ans d’activités et cinq albums, JB Le Bail met fin à une aventure fluctuante bouleversée par de nombreux changements de line-up au fil des années. Entre la flamme qui s’est éteinte et une nouvelle qui s’allume depuis son arrivée au poste de chanteur dans Igorrr, le musicien et son groupe ont tout de même délivré dans un dernier souffle un EP quasiment en autoproduction et un dernier concert sous le Temple du Hellfest. Les Terres Brûlées est donc une dernière production lourde de sens, qui paradoxalement présente quelques premières fois pour un groupe qui se meurt, comme le chant en français et une reprise enregistrée. Elle symbolise aussi la carrière de Svart Crown, en s’éloignant peut-être des excursions progressives du dernier album Wolves Among The Ashes, pour aller vers quelque chose de plus radical et revenir à l’essentiel pour la formation qui a marqué le metal extrême des années 2000.

On peut évidemment imaginer comme il est difficile de parler d’une sortie quand on sait que c’est la dernière en tant qu’artiste. Le chanteur et compositeur JB Le Bail nous a quand même fait quelques confidences sur les derniers mois de Svart Crown qui entourent cette sortie, dans un entretien qui s’est déroulé en deux temps, avant et après la sortie de l’EP, de l’annonce de la séparation et du concert d’adieu. Pourtant, même s’il est longuement question du passé dans cette interview, nous évoquons également le futur du musicien qui ne manque pas de projets, entre bien d’autres sujets…

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Kreator : de la haine à l’amour


Certes, Kreator prend son temps entre ses albums, mais ce n’est que pour mieux marquer le coup quand ceux-ci sortent. Difficile de ne pas reconnaître que le groupe allemand est depuis deux décennies dans une dynamique forte que rien ne semble pouvoir arrêter, pas même une pandémie ou un changement de bassiste. Fait notable : même ses œuvres un temps controversées semblent être redécouvertes et générer un regain d’intérêt, à l’image d’Endorama (1999) sur lequel Mille Petrozza a exprimé tout son amour pour les musiques gothiques et qui s’est vu récemment réédité.

Plus encore, on se rend compte désormais à quel point, même après avoir largement renoué avec les racines du groupe, ce genre d’« expérience » a enrichi la palette sonore de Kreator. Pour preuve le nouvel album Hate Über Alles : si on retrouve le thrash hymnique, brutal et sans concession qu’on adore chez les Allemands ainsi que les thématiques chères à Petrozza, tantôt en forme de sonnette d’alarme, tantôt galvanisantes, le quinzième opus de Kreator ne manque pas de surprises. La bande-son idéale pour se rendre compte du chemin parcouru et célébrer quarante ans de carrière pour le groupe qui a commencé en 1982 sous le nom de Metal Militia… Nous discutons de tout cela, ci-après, avec la tête pensante de Kreator.

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Ghost : l’empire dans la tête de Tobias Forge


Interviewer Tobias Forge est toujours frustrant. Pourquoi ? Parce qu’on n’a jamais assez de temps ! Même si son identité a été officiellement révélée avec Prequelle (2018), force est de constater que l’homme derrière Ghost fascine toujours, à la fois par son succès, conséquence d’une vision affûtée qu’il a pour son projet et sa musique, mais aussi par sa capacité de réflexion. Ghost, c’est avant tout du divertissement, certes, mais derrière le satanisme à grand spectacle, il y a toujours des faux-semblants, des pistes à éclaircir et une dimension plus empreinte de « réel » à explorer.

A la fin de notre dernier entretien le 21 mars dernier, à l’occasion de la sortie d’Impera, nous étions loin d’avoir pu aborder tout ce que nous voulions avec Tobias. Voilà pourquoi nous avons saisi la venue de l’artiste à Paris quelques jours avant le Hellfest comme une occasion de poursuivre notre échange et, notamment, d’approfondir sa vision de l’art, mais aussi son concept de cycle des empires, faisant le parallèle avec ce que l’on vit aujourd’hui. Comme toujours, l’échange a été trop court, mais passionnant et sincère.

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Hyrgal et le pacte de la renaissance


Un règne s’achève et un nouveau cycle s’ouvre. Si seulement dix-huit mois séparent Fin De Règne et ce troisième album qui se passe de titre, il s’agit bien d’un Hyrgal nouveau intensément plus noir. Une dimension plus radicale, un son plus cru et une nostalgie toujours plus évidente pour l’âge d’or du black metal. D’autant plus que la perspective du projet est tout à fait différente pour ce groupe mené par Clément Flandrois qui peut désormais s’y dévouer corps et âme, l’aventure de Svart Crown s’étant terminée dans le même temps. S’il s’agit bien d’un nouveau cycle qui s’annonce, il n’en est pas pour autant une surprise puisque son compositeur évoquait déjà avec nous lors du dernier entretien son désir de revenir à la source de la flamme qui l’anime…

Sur la base d’une spiritualité nouvelle, mêlée à de la colère et à de la rage, les membres d’Hyrgal scellent un nouveau pacte. Malgré la fidélité au principe de la musique de l’instant, nous sentons bien en discutant avec le musicien que le disque sans nom a pris une tournure différente que ce qui était initialement envisagé, portant sans doute avec lui des épreuves de la vie supplémentaires et imprévisibles. C’est à quelques jours de la présentation scénique de ce nouveau méfait dans le cadre du LADLO Fest, qui devait initialement être celle de Fin De Règne mais qui n’a jamais pu se tenir à cause de la pandémie, que nous nous sommes entretenus avec l’artiste. Du retour à un enregistrement traditionnel au fil thématique qui se dégage, Clément Flandrois nous en dit plus sur ce « redémarrage à zéro »…

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Mantar : 1 – Univers : 0


Pain Is Forever And This Is The End : derrière ce titre exagérément dramatique et cynique se cache en réalité l’album qui a bien failli mettre un coup d’arrêt à Mantar. Entre un genou cassé à deux reprises, une déprime, le « syndrome de l’imposteur » et des crises de rage, ça n’aura pas été une partie de plaisir de venir à bout de ce cinquième opus. Toujours est-il que les épreuves ont été surmontées et Pain Is Forever And This Is The End voit désormais le jour, et il pourrait bien déstabiliser les habitués du groupe qui a légèrement revu sa formule : plus rock, plus mélodique, plus dynamique, plus varié.

C’est en substance ce dont nous parlons ci-après avec Hanno Klänhardt, chanteur-guitariste du duo, qui explique notamment l’influence de l’album de reprises Grungetown Hooligans II sur les nouvelles compositions et sur certaines prises de conscience. Il revient également sur la thématique générale de l’album – la peur de notre propre finitude – pour digresser sur des sujets plus socio-politico-spirituels. Comme d’habitude : la conversation s’est avérée particulièrement riche. Pas mal pour un groupe qui, finalement, n’a d’autre prétention que « divertir »…

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Lux Incerta dans l’ombre du crépuscule


Dire qu’il aura fallu vingt ans à Lux Incerta pour être considéré comme un projet de premier plan pour ses compositeurs serait un peu tiré par les cheveux, mais la vérité n’est finalement pas très éloignée si l’on en croit les confidences de son guitariste. Lux Incerta se faisait difficilement une place entre les différentes formations du duo fondateur Benjamin Belot et Gilles Moinet, avec Penumbra pour le premier et The Old Dead Tree pour le guitariste, si bien que le premier album A Decade Of Dusk a été publié dans une grande intimité, comme trop souvent dans la scène doom par ailleurs… Mais les années passent, certaines formations s’éteignent et la vie professionnelle et personnelle se tasse, et Lux Incerta peut aujourd’hui enfin bénéficier du temps et de l’investissement qu’il mérite. En résulte Dark Odyssey, une œuvre beaucoup plus aboutie qui affiche clairement son ambition d’être amenée à la lumière…

Bien qu’imprégné d’une certaine nostalgie et d’une admiration sans faille pour les classiques du doom/death, Dark Odyssey est un album qui se veut résolument contemporain avec une production léchée et maîtrisée bénéficiant notamment d’orchestrations travaillées. En réalité, ses penseurs et compositeurs préfèreront l’appellation de dark metal pour le qualifier, Lux Incerta ne se contentant pas d’appliquer les codes du doom mais embrassant aussi les mélodies du metal progressif voire même du post-black metal. Un disque plus complet et complexe, qui enferme évidemment un noyau mélancolique et une tristesse profonde sublimés par des pièces massives et éclectiques. Nous revenons en profondeur avec le guitariste Gilles Moinet sur ce qui entoure cette œuvre et plus globalement sur l’histoire du groupe, accompagné de la nouvelle recrue Maxime Pascal à la basse, qui vient tout juste de rejoindre le train de Lux Incerta et qui partage ses sentiments sur ce premier voyage.

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Sur la route avec Messa


Avec leurs deux premiers albums, Befry (2016) et Feast For Water (2018), les Italiens de Messa s’étaient fait remarquer pour le doom élégant et atmosphérique. Arrivés juste après la vague occult rock/doom à chanteuse des années 2010, ils s’approprient cette recette et affirment leur personnalité, qui brille sur Close, sorti cette année : en allant puiser leur inspiration tout au long du pourtour de la mer Méditerranée, ils proposent cette fois-ci un voyage fantasmé, tant vers de nouveaux horizons qu’au long de paysages intérieurs. Fraîchement signé par Svart, le label finlandais, Messa rend autant hommage à ses influences (Om pour le doom orientalisant, The Devil’s Blood pour l’inspiration initiale, comme nous le confiaient les musiciens après l’interview) qu’il s’en émancipe.

À l’occasion de la double performance du groupe au Roadburn – d’abord l’interprétation de Close dans son intégralité sur la Main Stage, puis un set inédit dans le skate park –, nous avons échangé avec Marco (basse) et Alberto (guitare), les deux compositeurs principaux du groupe. Affables et chaleureux, ils sont revenus avec nous sur la genèse de Close, mais aussi sur leur parcours de musiciens provenant d’horizons différents…

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Final Light : Cult Of Perturbator


C’est devenu une marque de fabrique : le Roadburn Festival est un créateur de rencontres et de collaborations fascinantes. La dernière en date : celle entre James Kent, l’homme derrière le projet Perturbator, et Johannes Persson, le leader de Cult Of Luna. Une rencontre improbable… ou peut-être pas tant que ça quand on connaît leurs univers respectifs et qu’on constate le naturel du résultat. Chacun est fan de l’œuvre de l’autre, mais ça ne suffit pas : il faut qu’une alchimie se crée, et force est de constater qu’entre James et Johannes, ça a tout de suite collé. Conçu à l’origine en deux mois pour être produit sur scène lors du Roadburn 2020, Final Light a finalement profité de la pandémie pour parfaire ses six premiers morceaux qui constituent le premier album, pour enfin le présenter au public cette année, accompagné des batteurs Mehdi Thépegnier et Dylan Hyard.

Alors que le premier était en vacances à Seattle et le second chez lui en pleine préparation du dîner pour ses enfants, nous avons interrogé James Kent et Johannes Persson pour en savoir plus sur le projet, son approche, son processus, mais aussi la personnalité des deux musiciens qui, là encore, se rejoignent sur bien des points.

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Powerwolf : la messe enflammée


Powerwolf, en digne héritier des groupes à grand spectacle, tels Iron Maiden ou Kiss, la grandiloquence, ça les connaît. Et quand, alors qu’ils n’ont toujours pas pu défendre leur dernier album en date Call Of The Wild, ils décident de donner dans le live stream, ils ne font pas les choses à moitié. Ainsi est né The Monumental Mass – la messe monumentale, tout est dans le titre. Au programme : une heure vingt, quatre plateaux pour quatre chapitres, un écran à LED géant, des intermèdes cinématographiques, des acteurs et figurants, des danseuses, un orgue d’où jaillissent des gerbes de feu, des ailes d’anges qui s’embrasent, des effets en veux-tu en voilà… Et le groupe qui fait le show évidemment, entre hymnes heavy à s’époumoner dans son salon et grand divertissement qui en met plein la vue. Même les géants de la pop n’ont qu’à bien se tenir face à la meute de loups !

C’est à l’occasion de la sortie de ce véritable film-concert que nous avons échangé avec Falk Maria Schiegel, le plus intenable des claviéristes, pour qu’il nous parle des dessous de cette prouesse, mais aussi de son rapport au live et du concept scénique global de Powerwolf.

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Shinedown : le devoir de vérité


Décidément, Shinedown ne prend pas ses albums à la légère. Après un Attention Attention narrant une histoire faisant appel à des vécus et sentiments très intérieurs, le combo floridien a cette fois saisi le côté à la fois dramatique et historique de la période que nous vivons pour développer un concept tourné vers l’extérieur. Planet Zero dépeint un potentiel monde futur « avec zéro bon sens, zéro responsabilité, zéro tolérance pour les opinions différentes de ce qu’on entend sur Twitter ou à la télé ». Tout y passe : réseaux sociaux, cancel culture, les fractures idéologiques, les questions environnementales… A croire Shinedown, la science-fiction dystopique est proche de devenir réalité, si ce n’est déjà fait.

Planet Zero se veut avant tout une sonnette d’alarme pour une prise de conscience, car malgré tous ces problèmes le chanteur Brent Smith, que nous avons interrogé ci-après, garde foi en l’humanité. C’est pourquoi la musique de Shinedown est tout sauf déprimante : elle veut fédérer pour mieux instaurer le dialogue et la discussion sur tous ces sujets. Un album très humain dans sa philosophie, très centré sur l’essence du rock, et dans sa conception. L’honnêteté prime autant dans le son que dans les mots.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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