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Metalanalyse   

Des étincelles indus dans les rouages de Device pour rallumer la flamme


A force de répéter à qui veut l’entendre que Device est un projet arrivé accidentellement et que, comme on l’expliquait récemment, « l’existence de Device ne veut aucunement dire la fin de Disturbed », le public pouvait légitimement se demander si David Draiman (Disturbed) assumait vraiment le projet Device. Il s’agissait plus vraisemblablement d’une crainte que le public de Disturbed prenne cette incartade aux relents indus en compagnie de l’ex-Filter Geno Lenardo comme un coup de poignard dans le dos.

Une crainte qui, par ailleurs, apparaît étrangement en opposition avec l’enthousiasme débordant qu’a Draiman à parler du projet. Notamment quand il évoque avec nous, dans un entretien à paraître bientôt, l’excitation d’avoir à tout recommencer de zéro : « J’adore être le nouveau gars et faire partie du projet qui attise toutes les curiosités. J’adore avoir la possibilité de recommencer. (Rires) C’est un sentiment très revigorant ! », ou avec le magazine australien Heavy la composition de cet album éponyme : « Cela a été une expérience merveilleuse. J’ai adoré ça, vraiment, d’être libre et de créer. » Comme d’autre frontmen avec leur side-projects, Draiman apprécie de pouvoir un peu prendre l’air avec un projet qu’il emmène plus ou moins où il veut artistiquement. Seize années avec Disturbed l’ont-il fatigué de ses partenaires habituels ?

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Bring Me The Horizon recherche l’éternel comme but


Bring Me The Horizon n’est plus une surprise pour personne. Les fans Hardcore comme les détracteurs acharnés ne peuvent plus ignorer les cinq de Sheffield qui font désormais partie du paysage metal international. Ils ne se terrent plus dans des affiches deathcore réunissant la jeunesse du mouvement, et les tourneurs ne les confinent plus dans ces soirées. Et des fans de metal traditionnel font même leur « coming-out » aux yeux de tous, exhibant fièrement un remix de Suicide Season par Ben Weinman (Dillinger Escape Plan) ou remuant la tête au Sonisphere 2011 devant le show des Anglais avant d’aller défier le Big 4. Même pas peur. Après tout Oliver Sykes et sa bande ont bien mérité un peu de répit ; ils ont gagné leur gallons auprès des grands groupes, comme Machine Head ou DevilDriver en ouvrant pour eux, et des professionnels du milieu en remplissant des salles comme tête d’affiche. Mais Terry Date va-t-il ruiner tous les efforts du groupe à se faire enfin adopter par la scène metal en transformant les Bring Me The Horizon en successeurs de Linkin Park, en sa nouvelle poule aux œufs d’or ?

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Rotting Christ voyage dans la noirceur du cœur des hommes


Le crépuscule s’abat sur la terre hellénique, couvrant le soleil cuisant méditerranéen. Rotting Christ, à l’avant-garde du black moderne, sombre dans le versant brumeux du mont Olympe. Avec Κata Τon Daimona Εaytoy, son nouvel opus, le combo tend à démontrer tout son savoir-faire. Au fil des années, Rotting Christ a accentué sa singularité en se démarquant de la scène black metal des années 90. Pourtant, Theogonia (2007) et Aealo, avaient tous deux démontré ce qui aurait pu être les limites du groupe.

C’était sans compter sur la volonté et la capacité de son leader Sakis Tolis à emmener le son de Rotting Christ toujours plus loin. Et ce sont des chemins plus sombres qu’a choisi d’emprunter Sakis et… personne d’autre : le maestro étant seul aux commandes de sa création musicale. Plus encore cette fois-ci puisque seul son frère Themis l’a secondé pour l’enregistrement de la batterie. Un contexte propice à l’introspection et la réflexion, comme nous l’expliquait le maître à penser récemment, propice à libérer la partie la plus obscure de ses entrailles.

« Do What Thou Wilt » ou « Fais Ce Que Tu Voudras » en français, une citation renvoyant au libre arbitre de chacun et fait écho au fameux précepte latin « Non Serviam » que le musicien chérit tant. Ce titre a été inspiré par une ancienne maxime grecque (reprise par le célèbre occultiste Aleister Crowley) qui replace principalement l’Homme face à lui-même. Telles ces deux gargouilles se faisant front sur le sobre artwork de l’album. Indéniablement, Rotting Christ revêt ici sa plus sombre parure afin de se confronter à ses démons, s’opposer à lui-même.

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Killswitch Engage : parier sur le passé pour construire l’avenir


L’histoire de ce nouvel opus de Killswitch Engage, le sixième en une petite quinzaine d’années, est singulière. En effet, peu de groupes perdent leur chanteur originel au bout de trois ans d’existence, construisent leur renommée internationale pendant dix ans avec un autre, et repartent enfin avec le premier pour continuer l’aventure !

C’est pourtant ce qui est arrivé à la bande de l’explosif guitariste Adam Dutkiewicz. Et dire que le groupe est attendu au tournant avec ce Disarm The Descent est un doux euphémisme. Pourtant les fans de la première heure ont une vague idée de ce à quoi ils seront à nouveau confrontés avec Jesse Leach, puisqu’il était présent sur les deux premiers albums du groupe, l’éponyme et surtout Alive And Just Breathing, une pierre angulaire de la carrière de KSE par son apport au mouvement Metalcore au tournant du XXIe siècle. Et les raisons de ce départ, et de ce retour, jouent un rôle prédominant, à la fois dans l’évolution du groupe, et dans l’aspect vocal de ce nouvel album. Car même si le groupe a compté deux chanteurs dans son histoire, la patte vocale de Jesse Leach et d’Howard Jones, qui alternent tous deux un chant Hardcore et mélodique à leur manière, est l’un des éléments importants de la marque de fabrique Killswitch Engage.

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Avantasia ou l’histoire sans fin ?


Alors qu’il avait pour projet de ne pas renouveler l’aventure Avantasia suite à la sortie de Age Of The Joker avec Edguy en 2011, Tobias Sammet revient en ce début d’année 2013 avec un petit frère à la doublette The Wicked Symphony et Angel Of Babylon sortis tous deux en 2010 et concluant la Wicked Trilogy initiée par The Scarecrow. Hyperactif sur scène comme dans ses différents projets musicaux, Sammet ne pouvait conclure cet opéra rock qu’est Avantasia aussi facilement. Tobias Sammet ouvre donc avec son nouvel album, The Mystery Of Time, un troisième volet à l’histoire du groupe.

Dans l’esprit de son géniteur, Avantasia n’est plus un simple projet quelque peu fantasque réunissant quelques unes des ses idoles mais bel et bien une entité vivante devenu imposante au fil du temps, par son succès et les nombreux artistes qui y ont participé. Pourvu d’une ligne directrice et d’une courbe d’évolution propres, Avantasia est toujours tourné vers de nouvelles choses comme le précisait déjà Tobias Sammet en 2010 : « Les racines, c’est bon pour les imbéciles qui cèdent à ceux qui leur disent qu’ils devraient y retourner. Je ne veux retourner nulle part : je suis passé par là, pourquoi vouloir y retourner ? » Cependant, pour cet ultime opus que devait être The Wicked Symphony/Angel Of Babylon, Tobias Sammet ne souhaitait avoir aucun regret en réalisant là l’accomplissement de toute une vie et ainsi clôturer l’aventure. Mais pour un artiste aussi productif et actif que lui l’accomplissement d’une vie n’est-il pas de pousser chacun de ses projets artistiques encore et toujours plus loin ?

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Pas de révélation nouvelle pour Hypocrisy


En annonçant l’enregistrement de End Of Disclosure fin 2011, le douzième album d’Hypocrisy, Mikael Hedlund ne faisait déjà pas de mystère : « Il est trop tôt pour dire comment cet album va sonner, mais ce que je peux dire, c’est qu’il n’y aura pas de changement de style. Ce sera du Hypocrisy classique, sans compromis. »

Hypocrisy cultive sans complexité surfaite un son bien reconnaissable au fil des années. Et c’est à nouveau le cas sur ce douzième album. Le corps de la musique du groupe suédois est un death métal puissant et direct qui laisse bonne place aux mélodies. Au chant, Peter Tägtgren varie les plaisirs entre des growls profonds typiquement death et des hurlements black plus secs et radicaux.

Hypocrisy atteint ses 23 ans d’existence autour du noyau dur formé par Tägtgren (guitare, voix, synthés) et Hedlund (basse), rejoints depuis 2004 par Horgh (Immortal) à la batterie. Lorsqu’en 2011, à l’occasion du DVD live Hell Over Sofia, Metal Shock Finland demande au groupe de définir ce qu’est l’essence et le but d’Hypocrisy, les musiciens répondent que c’est de « s’amuser », d’enregistrer un nouvel album et de partir en tournée. Pas d’ambition démesurée donc, si ce n’est que Peter Tägtgren, dans un entretien à paraître bientôt dans nos colonnes, oppose ce nouvel album à ses prédécesseurs immédiats qu’il juge plus « complexes » et « extrêmes » et expose sa volonté de « penser Hypocrisy à nouveau » et « revenir à ce qu’on faisait dans les années 90 : des structures de chanson simples, des mélodies très accrocheuses et des riffs heavy. »

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Intronaut élève le metal par le jazz


Bien malin celui qui arrive à définir qui est la tête pensante musicale d’Intronaut. Car en quatre albums studios, pas un des membres ne parvient à tirer son épingle du jeu. Chacun tire la couverture de son côté, empêchant même le frontman Sacha Dunable, guitariste chanteur de son état, de jouer son rôle naturel de leader.

Et si la vraie star d’Intronaut, c’était Joe Lester et sa basse fretless, lui qui donne du relief au fort côté jazz du groupe et fournit de surprenants passages indépendants du jeu de guitare depuis leurs débuts en 2004 ? Ou bien serait-ce le batteur Danny Walker, fan absolu de Meshuggah, et ses polyrythmies à en couper le souffle même de l’autre Danny (Carey, batteur de Tool) au point que Tool les a choisi pour les accompagner lors de leur tournée américaine de 2012 ?

Chez Intronaut, le danger vient de tous les côtés, comme l’a récemment précisé le guitariste Dave Timnick en interview : « Nous essayons toujours de découvrir de nouvelles musiques, et tout ce que nous découvrons finit par nous influencer d’une manière ou d’une autre. » Et les Intronaut écoutent beaucoup de choses, et surtout du jazz, ce qui ressort forcément beaucoup dans leurs compositions progressives, entre Sludge et Post-Core.

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Kvelertak offre le plus qui ouvre le champ des possibles


Une révélation ne vaut que si elle est confirmée. L’adage se vérifie souvent, au risque de faire passer la découverte pour un bref feu de paille.

Après avoir été élu « nouveau groupe le plus excitant de la planète » par Kerrang lors de la sortie de leur premier opus éponyme en 2011, et s’être fait remettre à leur grande surprise un disque d’or des mains mêmes du maître Dave Grohl, la pression est sur les Norvégiens avec la sortie de ce second album intitulé Meir, « Plus » en français. Parce que ce simple mot reflète parfaitement le contenu de l’album, comme l’a confié le chanteur Erlend Hjelvik à l’émission de radio américaine Full Metal Jackie: « Le côté accrocheur l’est encore plus, et le lourd est plus lourd, alors nous sommes très heureux de ce nouvel album. Je pense que si vous avez aimé le premier, vous adorerez le second. » Pas de surprise en perspective donc, pour ceux qui avaient frémi à l’écoute d’un premier opus, plébiscité en Norvège, leur patrie d’origine, et partout dans le monde ? Pas sûr, car en poussant le bouchon plus loin, les Norvégiens abordent, avec un air de ne pas y toucher, d’autres styles dans lesquels pourraient s’inscrire leur avenir, mais également quelques longueurs de titres plus ambitieuses donnant pour la première fois une dimension instrumentale progressive plutôt inattendue.

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Atoms For Peace : l’électro cyborg


Thom Yorke, l’emblématique frontman du non moins emblématique groupe anglais Radiohead, explore depuis son premier album solo The Eraser les contrées électroniques vers lesquelles le porte son inspiration. La passion de Thom Yorke pour la musique électronique, la dance et le mix n’est un secret pour personne. En tout cas plus depuis les productions des années 2000 de Radiohead qui avaient initié avec le marquant Kid A un virage essentiel dans les influences musicales du groupe.

En 2006, Thom Yorke s’engage plus personnellement sur un chemin bordé de beats et d’électronique avec The Eraser. Le projet n’est pourtant pas complètement indépendant de l’écosystème Radiohead. L’album est produit par Nigel Godrich, l’incontournable producteur et « sixième membre » du groupe. L’artwork est de la responsabilité de Stanley Donwood, l’artiste qui réalise les pochettes de Radiohead depuis 1995 avec The Bends. L’album est entièrement composé et joué par Thom Yorke à l’exception du morceau-titre « The Eraser », co-écrit avec Johny Greenwood au piano, autre musicien membre de Radiohead.

L’idée du groupe Atoms For Peace est « née de la tentative de jouer The Eraser en concert » explique Thom Yorke à FACT Magazine en janvier. Sans machines, avec de vrais musiciens : Michael alias Flea des Red Hot Chili Peppers, Joey Waronker batteur pour R.E.M notamment, Mauro Refosco percussionniste occasionnel pour les Red Hot Chili Peppers. Et Nigel Godrich, pilier essentiel dans le travail de Thom Yorke et qui fait cette fois-ci figure de musicien à part entière dans cette formation. Le compositeur avoue même dans une interview pour Dazed Digital : « C’était vraiment la première fois que je jouais vraiment avec un autre groupe, depuis disons, mes 16 ans. » Yorke précisait d’ailleurs à FACT Magazine : « Une partie de moi voulait jouer avec d’autres musiciens, une autre était curieuse de savoir ce qui arriverait avec les beats […] ».

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In Vain : une lumineuse énigme aux sombres contours


Il y a en apparence peu de raisons pour lesquelles In Vain reste un groupe à la popularité plutôt confidentielle : l’une de celles-ci est sûrement ses accointances avec le Black Metal. En dehors de cela, la complexité, les passages planants, les breaks ou rythmiques déstructurées sont autant d’éléments qui font que le groupe norvégien pourrait jouir d’une popularité proche des autres groupes de Metal progressif, américains par exemple.

Oui, mais voilà, ces titres sont l’œuvre d’un groupe norvégien, et le label « Produit au Pays Du Black Metal » y est collé d’entrée sur la jaquette.

Alors, il est vrai qu’In Vain flirte et a toujours flirté depuis sa création en 2003 avec la violence extrême du style Noir, mais l’univers large dans lequel le groupe évolue mériterait que les autres publics s’y intéressent et ne s’arrêtent pas au premier passage de chant à la Cradle Of Filth (époque Dusk…) ou au premier coup de double un peu trop soutenu. Car ceux qui cherchent le bonheur musical dans les contrastes, dans l’opposition de violences et d’intentions plus calmes, dans le fruit généreux qui naît de la contradiction de sentiments opposés en un même lieu, devraient sérieusement pencher une oreille, ou même les deux, du côté de Kristiansand.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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