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Metalanalyse   

Bukowski sort les griffes


Pour l’écriture de son nouvel album Hazardous Creatures, Bukowski se trouvait dans un contexte incomparable à celui précédant la réalisation de Midnight Sons. Ce dernier est un disque sorti en 2011 par un groupe attendu par un public essentiellement underground. Hazardous Creatures, lui, a été composé par une formation qui, depuis, a réalisé un certain buzz avec son précédent disque ainsi qu’avec la tournée qui a suivi, le combo ayant été notamment programmé à l’affiche de festivals tels que le Hellfest et le Sonisphere.

Aujourd’hui, une grande partie des fans français de metal connaît le nom de Bukowski. Autrement dit, le groupe a composé Hazardous Creatures sachant, non pas que son public l’attendait, mais que le public metal français l’attendait. Un contexte qui aurait pu pousser les musiciens, soit à se contenter de reproduire une formule qui s’était déjà montrée payante, soit à s’orienter vers un registre rock plus consensuel. Mais il faut bien avouer que « consensuel » n’est pas un terme qui colle avec une formation qui emprunte son nom à un écrivain pour le moins couillu.

En l’occurrence, ce contexte favorable n’a ni adouci, ni conduit Bukowski à la fainéantise. Les ébauches de paillettes et de succès qu’a pu apercevoir le groupe suite à cette prometteuse tournée, Bukowski n’y est pas plus sensible que ça. Le chanteur Matthieu nous confessait d’ailleurs, après son set au Sonisphere, être presque gêné de se voir dans la lumière. « On est plus un groupe franchouillard, familial, on est plus à l’aise dans un club », disait-il. L’important pour Bukowski est de continuer à échanger avec son public.

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Sodom se dévoile sous la torture


L’hymne thrash « In War And Pieces » résonne encore dans le caisson de votre serviteur au moment où il écrit ces lignes. Il faut dire que Sodom a visé droit dans le mille lorsqu’il a sorti en 2010 l’album du même nom. Certains osaient même parler d’une sorte de « black album » du trio allemand, en raison de sa quantité de riffs heavy portant les titres à bouts de bras, sa production puissante, ses compositions matures et travaillées, etc. Seulement, Sodom avait aussi conservé une rugosité qui pour certains fait défaut à la référence des Four Horsemen. Bref, Sodom avait en quelque sorte trouvé la bonne recette et réussi à offrir un album majeur à sa discographie. Et après tant d’années de services, à l’image de Motörhead et son Inferno il y a neuf ans, par exemple, il y a là quelque chose de remarquable.

Ceux qui s’étaient cassé la nuque sur In War And Pieces s’attendent forcément à en faire de même, à retrouver les mêmes caractéristiques, avec le suivant, Epitome Of Torture, qui arrive cette année. Pourtant, ce n’est pas toujours dans les faits ce qui se produit ; un artiste, même dans le thrash teuton musclé, étant généralement là pour avancer. Surtout que le meilleur moyen d’éviter l’écueil de la comparaison est d’assumer au moins quelques différences.

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Dillinger Escape Plan plaide la folie


Avec du goudron et des plumes. Voilà la sanction que semble vouloir infliger Dillinger Escape Plan aux observateurs qui auraient pensé ou souhaité voir un radoucissement de son propos musical avec certaines directions prises sur des titres du précédent opus pourtant acclamé, Option Paralysis.

Ben Weinman est un dingue. Un fou de la syncope, de la gifle à contre-temps, du cauchemar rythmique qui en ferait baver n’importe quel batteur sensé. Oui, mais voilà, pour la première fois depuis longtemps dans l’histoire de Dillinger, le batteur, Billy Rymer, est resté le même pendant deux albums d’affilée et celui-ci a eu le temps de se mettre au pas du guitariste et de ses compositions apocalyptiques. A tel point que même le frontman Greg Puciato, pourtant pas avare en démence musicale, a écarquillé les yeux et les oreilles quand il a entendu les maquettes du futur One Of Us Is The Killer : « C’est le premier album, depuis que j’ai rejoint le groupe, où, lorsque Ben (Weinman, guitariste, ndlr) m’a envoyé des chansons, j’ai dit : ‘Qu’est-ce qui se passe ? Ça sonne comme une ruche!’ » (interview accordée à Noisecreep en janvier 2013). Le cadre est donné : pas de demi-mesure, The Dillinger Escape Plan revient avec la ferme intention d’écraser toute forme de compromis hypothétiquement envisagé.

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Ghost : le diable veut se faire un nom


Ghost ne veut pas d’une quelconque confidentialité, on l’a compris. Les Suédois veulent évoluer dans une grande cour, et le revendiquent. Ils envisagent le rock comme un grand cirque – comme nombre de formations avant eux qui ont atteint le statut de référence – dans lequel ils ont leur place.

Papa Emeritus II (petit nom que s’est trouvé le frontman pour ce second opus) et ses sbires ont bien compris qu’ils avaient leurs chances s’ils parvenaient à marquer les esprits avec un concept original, au-delà même de la musique ou, plutôt, en complément de la musique. C’est ainsi que le secret de l’identité véritable des membres du groupe reste inviolé. Mieux encore, en dehors du frontman qui mène la messe en apparat de pape horrifique, les autres musiciens n’ont aucune identité, si ce n’est les Nameless Ghouls (les goules sans nom), et sont tous vêtus comme de sombres moines encapuchonnés et fantomatiques. Tout est là pour attiser la curiosité naturelle du public et le bouche à oreille a permis de voir les audiences de la formation grandir à chacune de ses étonnantes représentations.

L’intention de ce second opus est en tout cas claire, répandre la parole au plus grand nombre. Ce qui donne son premier paradoxe à Ghost : celui de vouloir se faire un nom en cachant ceux de ses membres. Les armes sont désormais, évidemment, plus affûtées que trois ans auparavant, date de la première livraison, celle de l’Opus Eponimus.

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Drowning Pool résiste et retrouve ses marques


Peu connu dans notre vieille contrée européenne, très populaire outre-atlantique, Drowning Pool est avant toute chose une bande de trois musiciens irréductibles qui ont usé plus de chanteurs en une quinzaine d’années que n’importe quel autre groupe en activité.

Quatre chanteurs se sont ainsi succédés depuis 1997 pour des raisons bien différentes : la mort inexpliquée de Dave Williams lors d’une tournée en pleine gloire, les traditionnelles divergences de point de vue musicales qui ont eu raison de Jason Jones ou Ryan McCombs qui a préféré retourner au heavy rock grungy de Soil.

Si les trois acolytes de Drowning Pool ont un mérite, c’est bien celui d’avoir duré aussi longtemps en ayant changé si souvent de frontman. Aujourd’hui, Drowning Pool voit l’arrivée de Jasen Moreno, un chanteur qui offre la possibilité au combo de renouer avec ses origines teintées néo metal.

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Amorphis : une affaire qui tourne


Amorphis, sous sa forme actuelle, c’est déjà cinq albums en sept ans. Mine de rien, c’est presque la moitié de l’existence discographique du groupe. Pourtant, en comparant les tableaux de l’avant et de l’après Tomi Joutsen, chanteur au registre impressionnant qui a intégré la formation finlandaise en 2005, Amorphis a fait preuve ces dernières années d’une constance et d’une homogénéité inébranlable, lassante jugeront peut-être certains.

Amorphis c’est tout de même le groupe qui de 1992 à 2003 est passé d’un death metal épais à un autre plus mélodique aux influences folk puis à un metal/rock progressif en abandonnant le chant growlé, incluant même de manière épisodique du saxophone avant la mode que l’on observe aujourd’hui, à un rock plus direct sur le dernier opus avant le départ du chanteur Pasi Koshinen. Alors, c’est certain, en comparaison, la stabilité de ces sept dernières années paraît manquer d’un peu de piment. Amorphis ne surprend guère plus.

Il faut dire que le groupe semble avoir trouvé la formule magique qui fait mouche à chaque coup. Les quatre albums qui précèdent Circle, dont il est question aujourd’hui, ont prouvé leurs qualités indéniables : un savoir-faire mature, une personnalité propre, un frontman de premier choix, etc. On ne change pas une formule qui rapporte, dans la mesure où c’est cette dernière qui a boosté la popularité du combo, ni une équipe qui gagne. C’est même peut-être parce que l’équipe ne change pas que la formule reste la même. C’est ce que semblait nous suggérer récemment le guitariste Esa Holopainen en entretien, en pointant du doigt les changements musicaux de la première moitié de carrière du groupe qui coïncident avec des changements dans le line-up.

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Discret mais solide, Hacride passe l’épreuve du feu


Quatre ans après la sortie du magistral Lazarus, Hacride revient. Changé mais fidèle à son essence. Enfant soumis aux aléas de la vie du groupe et bien sûr à ses recherches musicales, Back To Where You’ve Never Been est une sorte de trompe-l’œil sonore, un album qui agrège plusieurs perspectives. C’est une ligne issue de Lazarus qui bifurque. Des repères-clés qui disparaissent. Mais le tableau d’ensemble, lui, continue de faire sens. Écouter ce nouvel album d’Hacride c’est donc bien, quelque part, être de retour là où vous n’êtes jamais allés.

Back To Where You’ve Never Been ne prend pas la suite de Lazarus. Exit les velléités progressives des morceaux longs et complexes qui ravissaient les amateurs de « To Walk Among Them » : Back To Where You’ve Never Been soigne des morceaux directs, à l’agressivité brute, au format relativement plus court. Hacride se détourne de cette face progressive qu’il avait approchée, à peine entamée peut-être. Pourtant attentionné envers ses mélodies, en quête d’atmosphères et d’émotions, Hacride aurait pu se plaire à développer un peu plus en se plongeant dans des compositions encore plus complexes et étalées.

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Les Spiritual Beggars n’enterrent pas leur bonne humeur sur Earth Blues


Spiritual Beggars, c’est l’un de ces side-projects, l’un de ces points de ralliement de musiciens autrement plus connus au sein de leurs groupes de metal respectifs. Des musiciens qui sortent leurs plus beaux atouts pour faire revivre les heures de gloire des décennies passées, ces temps anciens – pas si lointains – qui ont selon toute vraisemblance formé leurs oreilles et fait s’agiter frénétiquement leurs doigts dans le vide avant qu’ils ne se posent sur de vraies cordes ou ne s’abattent sur de vrais toms. Spiritual Beggars, c’est l’écran derrière lequel officient Michael Amott (guitare) et Sharlee D’Angelo (basse) du groupe Arch Enemy, Per Wiberg (claviers) ex-membre d’Opeth et Ludwig Witt (batterie) ex-Shining (les Suédois) fraîchement intégré à Grand Magus.

Spiritual Beggars signe avec Earth Blues un opus enraciné dans la grande tradition d’un classic-rock mélodique, élégant, classieux. Et ce huitième album marque un tournant plus serein pour le groupe. D’un point de vue organisationnel tout d’abord, car cette fois-ci, Spiritual Beggars a manifestement réussi à conjuguer les calendriers de ses membres écartelés par les impératifs de leurs différents groupes. Alors que Return To Zero avait mis cinq ans pour réussir à atteindre les bacs en 2010, Earth Blues lui succède seulement deux ans plus tard.

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Sound City : Dave Grohl, l’héritier


La disparition de Kurt Cobain en 1994 avait laissé bon nombre d’observateurs dans l’expectative de ce que pourrait devenir le rock une fois partie une de ses dernières charismatiques incarnations. Ce qui n’avait pas été envisagé à l’époque, c’est que l’un des seconds couteaux de Nirvana se révèle comme le porteur du volet musical du lourd héritage laissé par le défunt Cobain.

Si Dave Grohl n’a jamais été porté sur la chose autodestructrice, il s’est en revanche attaché à faire vivre une certaine image du propos rock, bravant envers et contre tout la vague de modernité qui s’empara du style dans les années 90 et son accouplement avec les nouvelles formes de musique et de technologie.

L’acquisition par Dave Grohl de la fameuse table de mixage Neve 8028 des mythiques studio de Sound City représente une sorte de passage de témoin entre deux époques ; le batteur de Nirvana est depuis devenu tour à tour batteur, chanteur et guitariste de groupes du haut du pavé du rock du XXIe siècle tels que les Foo Fighters, Queens Of The Stone Age ou Them Crooked Vultures et a assuré la survie d’une vision de la musique qu’incarnait à merveille le leader de Nirvana.

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Stone Sour raconte la fin de l’histoire, à moins que ce ne soit qu’un début…


Corey Taylor achève avec la seconde partie de ce House Of Gold And Bones le plus gros projet musical de sa carrière. Car donner une cohérence à vingt trois titres en allant également essayer de chercher dans plusieurs directions musicales n’est pas chose aisée.

Dans cette aventure scindée en deux parties sorties avec quelques mois d’écart, Corey Taylor et ses compères ont poussé Stone Sour dans ses ultimes retranchements, bien plus loin que ne l’aurait fait le groupe de power-rock en forme de machine à tubes des albums Come What(ever) May et Audio Secrecy. Pas que Corey Taylor ne sache plus créer les refrains accrocheurs et efficaces auquel il a habitué son public depuis les débuts de ce qui est devenu bien plus qu’un side-project ; il suffira de jeter une oreille au single de cette nouvelle partie, « Do Me A Favor », pour comprendre que Corey Taylor a toujours ce sens du refrain qui tue, sûrement tiré en partie de son passé grunge. Mais c’est surtout que ses mélodies ont aujourd’hui un berceau musical plus vaste et varié qui offre un cadre beaucoup plus large à Stone Sour. De la volonté même du frontman.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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