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Chronique Focus   

Jason Bieler And The Baron Von Bielski Orchestra – Postcards From The Asylum


Jason Bieler est une sorte d’hyperactif de la musique. C’était l’homme à pratiquement tout faire au sein de Saigon Kick qui a rencontré un succès important aux USA jusqu’à leur séparation en 1999. Malgré une reformation en 2012, le groupe ne s’est plus réellement manifesté. Peu importe pour Jason Bieler, ce dernier s’exprimant désormais par son projet solo, libre et indépendant. Depuis Songs For The Apocalypse (2021), l’œuvre de l’artiste se présente sous le nom de Jason Bieler And The Baron Von Bielski Orchestra. Postcards From The Asylum est sa nouvelle réalisation, sorte d’hybride entre l’album concept et la collection de titres qui cherchent à se démarquer individuellement. C’est surtout un énorme effort collaboratif avant d’être le produit d’un seul homme.

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Interview   

Carcariass dans le monde d’après


Groupe culte de la scène death française depuis 1991, Carcariass n’est pourtant plus véritablement le même depuis quelques années… Le combo s’est refait une petite beauté et a rafraîchi sa dynamique et sa musique, avec désormais cinq membres sur les planches, dont un chanteur permanent. Exit donc le trio de death technique aux compositions principalement instrumentales, voici depuis Planet Chaos un groupe plus mélodique et accessible, avec une ouverture encore plus assumée sur Afterworld. Changer de mode opératoire n’a rien d’évident pour un groupe avec une si longue carrière, mais il faut bien affirmer que ce Carcariass version 2020 leur correspond bien au vu de la qualité de ce Afterworld qui franchit un pas et qui a des arguments solides pour s’adresser à un autre public. Après une période de trêve propre à l’histoire du groupe et la pause forcée provoquée par la pandémie, Carcariass revient plus en forme que jamais.

Cette évolution naturelle, le batteur Bertrand Simonin présent depuis les débuts du groupe y revient avec nous. Il évoque une certaine lassitude des productions trop brutales, démonstratives et techniques qui sont peut-être des déclencheurs de ce virage musical et de la nouvelle couleur de Carcariass aujourd’hui. Entre quelques anecdotes sur le passage au Hellfest, le rapport du groupe à la science-fiction et quelques réflexions sur la force de l’âge, Bebert nous dresse le tableau du Carcariass d’aujourd’hui dans cet entretien.

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Chronique Focus   

Dødheimsgard – Black Medium Current


La confusion de l’existence et le désespoir profond qu’elle suscite en l’homme œuvre à faire de lui un être libre, qui, en se confrontant à ces états émotionnels inconfortables, existe nécessairement. Mais, « sommes-nous dans un désespoir perpétuel parce que notre identité dépend de qualificatifs qui peuvent s’effondrer à tout moment ? », c’est ainsi que Vicotnik, le chanteur et guitariste de Dødheimsgard, s’interroge sur le combat que l’esprit humain mène de front entre son libre arbitre et le déterminisme auquel il est inévitablement soumis. Leur dernier album en date, Black Medium Current, place habilement le curseur sur les fluctuations de l’humeur aussi drastiques et intempestives qu’elles soient, par une musique avant-gardiste qui allie aux ambiances sombres et glaciales un imbroglio mélodique parfaitement maîtrisé.

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Interview   

Grave Pleasures : « détruire un monde pour créer un monde »


Avec Motherblood sorti en 2017, Grave Pleasures semblait avoir enfin trouvé son équilibre : entre joie et destruction, lumière et obscurité, et death rock et modernité, le groupe laissait ses tâtonnements initiaux et ses remaniements de line-up derrière lui, pour se concentrer sur un avenir prometteur, baigné de post-punk et de fantasmes cataclysmiques. Dix ans après les premières sorties de Beastmilk, son ancêtre underground, Grave Pleasures sort son troisième album, Plagueboys, l’œuvre d’artistes sûrs de leurs acquis mais pas décidés à se reposer sur leurs lauriers pour autant. Plus post-punk, volontiers new wave, il rebrode les sonorités et les thématiques chères aux musiciens et les inscrit dans notre monde anxieux post-Covid.

Mélancolique souvent, sardonique parfois, toujours accrocheur, il reflète les réflexions récentes de ses concepteurs. C’est ce que nous ont expliqué Juho Vanhanen (guitare) et Mat McNerney (chant) au cours de deux interviews fleuves. Généreux et réfléchis, les deux musiciens parlent aussi volontiers de musique – la leur et celle des autres – que de leur vision du monde : changeante et nuancée, parfois optimiste et souvent pessimiste, à l’image de ce nouvel album.

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Chronique Focus   

Predatory Void – Seven Keys To The Discomfort Of Being


La Church Of Ra n’en finit pas d’étendre ses ramifications. On doit à ce collectif belge actif depuis une vingtaine d’années des artistes comme Amenra, Wiegedood, Dehn Sora et bien d’autres, et surtout une certaine éthique et une esthétique sobre et sombre immédiatement reconnaissable. Après Absent In Body l’année dernière où Mathieu J. Vandekerckhove et Colin H. Van Eeckhout exploraient des territoires arides et industriels, c’est au tour de Predatory Void, fondé par leur camarade Lennart Bossu, de faire ses débuts. Avec seulement un concert et une poignée de singles derrière lui, le projet sort son premier album, Seven Keys To The Discomfort Of Being, qu’il jouera dans son intégralité lors du prochain Roadburn à la fin du mois. Fondé par Bossu dont certaines des compositions étaient trop éloignées d’Amenra pour être utilisées par le groupe, Predatory Void rassemble cinq musiciens de Gand venant d’horizons aussi divers qu’Aborted ou Cross Bringer, du grindcore comme du black metal. Et si on retrouve dans ce projet des éléments récurrents dans la carrière du guitariste – membre d’Amenra donc, mais aussi d’Oathbreaker et plus récemment du groupe de death metal Living Gate – comme une prédilection à la fois pour le contraste et l’obscurité la plus épaisse, on en découvre aussi de nouveaux, plus lourds et dissonants que jamais.

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Interview   

Sortilège : la magie opère à nouveau


Après une très longue absence, une reformation tumultueuse, un album composé majoritairement de réenregistrements, et un retour réussi sur scène, Sortilège revient ce coup-ci avec un nouvel album tout neuf dénommé Apocalypso. Ce dernier allie modernité et respect du passé, avec des morceaux classiques et d’autres un peu plus aventureux. L’attente des fans était forte et il y a fort à parier que ce nouvel album les comblera de plaisir.

Chritian « Zouille » Augustin et Olivier Spitzer ont pris le temps d’un long échange pour aborder avec nous les retours reçus sur l’album précédent, Phoenix, la manière dont ils ont conçu ce nouvel album, entre leur envie de moderniser Sortilège et le respect de son histoire. Ils ont aussi partagé leur enthousiasme et leurs inquiétudes à créer ces nouveaux morceaux, nous ont détaillé les collaborations sur cet album, ainsi qu’expliqué les raisons du report de la tournée.

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Chronique Focus   

Paul Gilbert – The Dio Album


Paul Gilbert se lance des défis pour le moins… particuliers. Après être tombé complètement par hasard sur une casquette de baseball marquée « Dio », le guitar-hero se met en tête de réaliser un album hommage reprenant les grands classiques de Ronnie James Dio. Avec la singularité de réinterpréter non seulement les soli et les riffs de grands noms tels que Tony Iommi, Ritchie Blackmore et Vivian Campbell mais surtout les lignes de chant de Dio… à la guitare évidemment. Paul Gilbert est connu pour sa virtuosité et son côté intrépide à l’œuvre avec Racer X et Mr. Big. Honorer un chanteur sans chant est certes intrigant, mais c’est peut-être la formule la plus respectable finalement.

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Interview   

Gorod ne tourne pas que sur lui-même


Si durant la période de pandémie la Terre n’a pas cessé de tourner, Gorod lui s’était bien arrêté. Il a fallu attendre que les planètes s’alignent pour pouvoir concevoir un successeur au très acclamé Aethra, comprenez ici que les concerts reprennent pour que la musique vive de nouveau ! Malgré la solidité musicale et l’assurance chirurgicale des compositions du mastodonte du death français, Gorod ne se définit pas comme un groupe de studio, ce qui l’intéresse, c’est avant tout de faire zouker le public quand il est sur les planches. Preuve en est avec The Orb, cette collection de chansons qui, si elle garde une forme d’exigence dans son exécution, montre la formation sous un jour plus accessible et plus ouvert. L’album n’épargne cependant pas l’auditeur de sa violence musicale, puisqu’il se veut sans compromis quand la musique elle-même l’exige, les amateurs de brutalité de la première heure n’auront donc pas à déserter le groupe qui ne rejette pas ses fondamentaux… Au contraire même, il multiplie dans le même temps les clins d’œil au passé et le revendique.

L’ouverture et la nostalgie n’ont donc rien d’antinomique chez Gorod. Bien que la méthode n’ait pas fondamentalement été changée, nous pouvons retenir quelques explications quant à ces légères évolutions des confidences du chanteur Julien Deyres dans cet entretien, notamment sur le fait que le guitariste Mathieu Pascal ait pour la première fois délégué quelques parties de composition. Cela étant, Gorod reste, pour le meilleur et pour le pire, fidèle à ses principes avec une attitude presque punk puisqu’il a à nouveau presque tout composé dans l’urgence, malgré le contexte ! Le très sympathique vocaliste revient pour nous sur toute cette période et évoque évidemment avec nous le concept de ce nouvel opus, qui, après le symbolisme de la lune, s’intéresse naturellement au soleil…

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Chronique Focus   

Grave Pleasures – Plagueboys


Grave Pleasures annonce la couleur d’entrée de jeu : entre plaisirs et pierres tombales, le groupe a peaufiné au fil des années un mélange de post-punk et de death rock à la fois morbide et hédoniste. Né sur les cendres de Beastmilk qui avait fait courir un frisson cold wave dans l’underground au début des années 2010 et porté par le prolifique Mat McNerney, connu pour ses contributions à la scène black metal (Code, Dødheimsgard, The Deathtrip), son projet de folk psychédélique Hexvessel, et ses apparitions chez Carpenter Brut, Me And That Man et ailleurs, après quelques ajustements de line-up, Grave Pleasures est composé de quatre musiciens finlandais venant d’horizons variés en plus du Britannique McNerney au chant. Motherblood, sorti en 2017, était l’œuvre d’un groupe qui avait enfin trouvé son équilibre et sa formule, parfaitement à l’aise dans un son taillé pour faire danser dans les bunkers ou les caves d’un monde au bord de l’effondrement. Pour leur troisième album, Plagueboys, les musiciens continuent l’exploration de ce même univers peuplé de rêves d’annihilation, de collisions romantiques et d’échos des sonorités froides des années 1980, mais ne se contentent pas de se reposer sur leurs acquis pour autant…

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Interview   

Overkill entretient la flamme


Vingt albums. La carrière d’Overkill est remarquable de longévité et de persévérance. Le groupe du New Jersey fondé en 1980, porté à bout de bras par le bassiste-compositeur D.D. Verni et le chanteur-parolier Bobby « Blitz » Ellsworth, n’a jamais failli. Même dans les difficiles années 90, marquées notamment par un I Hear Black (1993) façonné par des influences diverses, ils ont réussi à maintenir le niveau et la cadence grâce à une gestion intelligente de la conjoncture. Plus remarquable encore, en 2023, Overkill parvient toujours à conserver sa vitalité et à apporter un vent de fraîcheur grâce à son nouvel album Scorched.

Scorched est l’album de vieux briscards du thrash qui ont plus d’un tour dans leur sac et se sont vu offrir du temps en raison des circonstances que l’on a connues ces dernières années. L’occasion de sortir les influences heavy, prog, blues, gothiques, et d’enrichir les morceaux de quelques éléments et arrangements bien sentis sans jamais dénaturer l’identité reconnaissable entre mille d’Overkill. La flamme de Feel The Fire (1985) brûle avec toujours autant d’éclat, mais elle est mieux maitrisée, en somme. Nous en parlons ci-après avec Ellsworth.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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