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Chronique Focus   

Isole – Anesidora


On sait depuis les premiers Candlemass que la Suède est la terre d’élection de ce que le doom fait de plus épique, majestueux, voire grandiloquent. La carrière d’Isole le confirme : avec deux décennies d’activité derrière lui ainsi qu’une préhistoire constituée d’une série de démos sorties en tant que Forlorn dans les années 1990, le groupe est passé maître dans l’art de l’epicus doomicus metallicus. Il lui a même imposé sa propre patte en incorporant à son sens du riff et son chant clair habité une mélancolie qui peut rappeler Katatonia, et des touches de viking metal. C’est que le duo historique formé par les deux guitaristes/chanteurs Daniel Brynste et Crister Olsson est aussi à l’origine d’Ereb Altor, projet qui ne fait aucun mystère de l’influence de Bathory époque Twilight of the Gods sur les musiciens, et que la frontière entre les deux groupes se fait parfois ténue. Pour son huitième album en à peine vingt ans, Anesidora, Isole se propose de continuer dans la même direction : il faut dire que l’époque se prête plutôt bien aux paysages grandioses et désolés que peignent les Suédois. Annoncé par le bien nommé « The Songs Of The Whales » [« Les chansons des baleines »] et sa tristesse écrasante, Anesidora s’annonce plus vaste et mélodique que jamais…

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Interview   

Enslaved : à la croisée des mondes et des temporalités


Si Enslaved a pris racine au début du black metal norvégien – Ivar Bjørnson nous raconte d’ailleurs, avec une certaine nostalgie, son excitation au début de l’année 1992, lorsqu’il attendait dans le Helvete que Nocturno Culto apporte les premiers exemplaires d’A Blaze In The Northern Sky de Darkthrone – et a largement contribué à son âge d’or, il s’est vite démarqué de ses congénères jusqu’à emprunter une voie plus progressive inspirée de Pink Floyd. Enslaved est devenu cette passerelle musicale, avec comme fil rouge la mythologie nordique qu’il explore depuis son premier album, Vikingligr Veldi, il y a près de trente ans. Ce n’est donc pas étonnant de voir l’importance qu’a pour le groupe le mystérieux personnage d’Heimdall, gardien du Bifröst, pont entre les mondes, déjà présent en 1994 au travers de « Heimdallr », la toute première chanson composée par Ivar pour Enslaved.

C’est donc sous un effet de circularité qu’Heimdal (oui, avec un seul « l »), nouvel opus des Norvégiens, fait écho à ces premiers pas, tout en poursuivant l’évolution initiée par l’EP Caravans To The Outer Worlds sorti en 2021. C’est donc une interview à cheval entre le passé et le présent, voire également le futur, que nous proposons ci-après pour mieux comprendre l’origine, à la fois, de ce nouvel album, du groupe et du personnage d’Heimdall.

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Chronique Focus   

Periphery – Djent Is Not A Genre


« Du temps, du stress, de la souffrance ». C’est en ces termes que Misha Mansoor décrit le processus qui a abouti au cinquième opus canonique de Periphery, sobrement intitulé Periphery V : Djent Is Not A Genre. L’album est un produit des contraintes de la pandémie où le groupe a dû réviser sa méthode d’enregistrement et de composition. Parfois, Misha envisageait de tout abandonner. Si Periphery IV : Hail Stan (2019) avait profité d’un élan de confiance de la part de la formation, Periphery V est son exact opposé. La composition a démarré en automne 2020 et le groupe a décidé de scrupuleusement respecter les règles anti-Covid-19, quitte à multiplier les sessions d’écriture intermédiaires. Periphery V surpasse donc son prédécesseur en temps d’écriture et d’enregistrement et a éprouvé les musiciens. Malgré toutes ces contraintes, Periphery devait respecter sa ligne de conduite : ne pas (trop) revenir sur des territoires déjà explorés. Ce nouvel effort est donc une véritable épreuve de force qui cherche à prouver quelque chose comme son sous-titre l’indique. C’est aussi un jalon dans la carrière de Periphery : la certitude que le groupe a des liens (remontant jusqu’à seize ans en arrière, dans le cas de Misha et Jake Bowen) capables de tenir bon.

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Interview   

Host : new wave of gothic


Greg Mackintosh, le retour : à peine deux mois s’étaient écoulés depuis notre dernière entrevue, pour évoquer Viscera, le second album de Strigoï, que nous revoilà au téléphone avec le productif guitariste-compositeur de Paradise Lost. « En ce moment, je te parle probablement plus souvent qu’au reste des gars dans Paradise Lost ! » plaisante-t-il à peine. Et pour cause, le bougre n’a pas chômé ces dernières années et revient avec un tout nouveau projet, baptisé Host, en compagnie de son (quasi) inséparable compère Nick Holmes (qui lui-même a sorti, il y a peu, un disque avec Bloodbath).

Host, projet né de l’esprit de Mackintosh pour éviter de se « tourner les pouces », est un peu le retour de balancier qui rétablit une sorte d’équilibre. Là où Strigoï explore la part la plus sombre et horrifique du guitariste, Host apporte une lumière new wave teintée de mélancolie et de tristesse – on ne se refait pas ! Surtout, Host est un évident hommage au disque du même nom que Paradise Lost a sorti en 1999, à la liberté qu’a éprouvée le groupe à cette époque et aux boîtes de nuit de sa jeunesse. Vivement décrié en son temps, Mackingtosh a toujours défendu et assumé Host, l’album, ravi de voir une sorte de réhabilitation désormais opérer, y compris dans les cercles les plus extrêmes. Nous parlons donc de l’histoire de ces deux disques – Host de Paradise Lost et IX de Host (vous suivez toujours ?) – dans un entretien où Greg Mackintosh se fait toujours aussi éclairant sur son histoire (en remontant jusqu’à son adolescence), son groupe de toujours qui est passé de l’ivresse à la gueule de bois en l’espace de deux albums, sa psychologie et sa relation avec ses partenaires musicaux de longue date.

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Chronique Focus   

Haken – Fauna


La musique progressive est un paradoxe. En repoussant les limites à des fins exploratoires, elle rend, à chaque étape, sa propre croissance plus difficile. Pas de quoi effrayer Haken, habitué de la discipline. Après un duo conceptuel – Vector et Virus – un tantinet « sage » car moins diversifié et plus axé metal et gros riffs (sans que le groupe se trahisse pour autant), les Londoniens rempilent et mettent les bouchées doubles avec Fauna, un album conçu sans la moindre restriction stylistique. Cette sortie marque le retour du claviériste Peter Jones, après pas moins de quatorze années loin du groupe. Celui-ci comble avantageusement le vide laissé par un Diego Tejeida parti de son propre côté, doté d’une « vision différente ». Comme si le mélange d’influences des membres déjà présent (incluant le classique, le jazz, la country, le reggae ou encore l’électro) ne suffisait pas, voilà que ce revenant enrichit un peu plus l’ADN d’Haken avec moult tendances jazzy et électroniques glanées au cours de son exil. Cette profusion de styles, plutôt que d’être perçue comme une entrave, est vue par Haken comme une huile permettant de faire circuler les idées de manière fluide. Il est quasi exceptionnel de voir Fauna faire du surplace pour plus de vingt secondes. Ainsi, la recherche d’un concept aussi éclectique que sa musique a amené Haken à concevoir un album sur lequel chaque piste se voit associée à un animal. Une pluie de métaphores déroule une œuvre à plusieurs couches, à travers lesquelles les morceaux se connectent également au genre humain et, parfois, à un vécu personnel.

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Interview   

Insomnium : les années noires


Si c’était encore nécessaire, Insomnium prouve définitivement que metal et littérature font bon ménage. Après Winter’s Gate – une chanson de quarante minutes basée sur une nouvelle rédigée par Niilo Sevänen lorsqu’il était étudiant – et le plus conventionnel Heart Like A Grave, les voilà de retour avec Anno 1696, un album basé sur un nouveau récit du chanteur bassiste, inspiré à la fois par des faits historiques et le recueil de contes d’Aino Kallas, La Fiancée Du Loup. Anno 1696 présente donc la bande originale de cette sinistre histoire, mêlant chasse aux sorcières, loup-garou, famine et histoire d’amour tragique. D’où une teneur musicale particulièrement sombre, Insomnium offrant parmi ses musiques les plus black.

Nous en discutons de long, en large et en travers avec Niilo qui nous raconte la conception d’un disque très « finlandais » et sa vision de l’art en général, et expose le contexte historique et littéraire de cette histoire, mais aussi sa passion pour ces domaines – il nous apprend d’ailleurs travailler actuellement sur son premier roman.

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Chronique Focus   

Enslaved – Heimdal


Si l’on n’y prête qu’une attention distraite, la photographie qui orne le seizième album d’Enslaved ne montre qu’un paysage nordique perdu dans la brume, une langue de terre boisée s’avançant dans l’eau dans laquelle elle se reflète. Il suffit pourtant que le regard s’attarde pour que ce qui apparaissait comme le reflet se révèle être le paysage réel et inversement. A travers cette image en trompe-l’œil, Heimdal s’offre comme une invitation à plonger dans un voyage musical, mythologique et philosophique propre à bousculer nos perceptions les mieux établies. En revenant à la figure aussi centrale qu’ambiguë d’Heimdall, ce dieu de la mythologie nordique considéré comme le pilier du monde, dieu des commencements qui engendra la société humaine, mais dont l’origine et les attributs demeurent incertains, Enslaved revient à un des thèmes qui l’ont inspiré dès ses débuts, lorsqu’il était encore un groupe de pur black metal, et trouve dans son mystère de multiples pistes à suivre pour sa musique encline aux circonvolutions.

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Live Report   

Soilwork reste une valeur sûre


Huitième étape d’une tournée européenne commencée début février chez nos voisins belges, l’Antipode de Rennes accueille un joli plateau composé de deux formations originaires d’outre-Atlantique, les Américains de Wilderun en entrée et les Canadiens de Kataklsym en plat, ainsi que d’un groupe que l’on connaît bien par chez nous, les Suédois (ou devrait-on dire les Franco-Dano-Suédois ?) de Soilwork en guise de dessert. Si l’on peut parfois se poser des questions quant au line-up de certaines tournées, c’est une affiche plutôt pertinente et variée qui s’offre à l’Europe, et notamment la France qui sera copieusement desservie à huit reprises.

Initialement annoncée comme proposant un quatrième groupe, c’est finalement sous cette forme de trio que la tournée se produira, permettant à chacun d’allonger un peu son set. Et on ne va pas se mentir, nous ne contesterons pas cette décision.

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Chronique Focus   

Sortilège – Apocalypso


S’il est un groupe qui mérite bien le qualificatif de « légendaire », c’est bien Sortilège. Et pas seulement parce que ses lyrics font appel à l’univers heroic fantasy, mais aussi parce que son nom circule depuis fort longtemps dans le petit monde du « hard rock français », comme on se plaisait à le dire dans les années 80. Car c’est bien à cette période, précisément entre 1983 et 1986, que la formation originaire de la région parisienne a sorti les trois albums (enfin, deux albums et un maxi 45 tours de cinq titres) qui ont bâti sa légende et sa réputation. Emporté par des conflits internes, le groupe disparu des radars refait surface en 2021 avec le bien nommé Phoenix, un album comprenant douze classiques réenregistrés ainsi que deux inédits. De quoi raviver l’intérêt des fans et relancer une carrière. Encore fallait-il que cette compilation soit suivie d’un véritable nouvel album, afin que cet étonnant retour puisse s’inscrire dans la durée.

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Interview   

Klone : entre ciel et terre, partie 2


Après deux opus que l’on pourrait qualifier d’aériens, Here Comes The Sun et Le Grand Voyage, Klone revient aujourd’hui avec Meanwhile, un album plus physique qui, sans quitter complètement la stratosphère, semble revenir à une nervosité plus terrienne. En deux interviews, Guillaume Bernard et Yann Ligner, respectivement guitariste-compositeur et chanteur du groupe poitevin, décortiquent avec nous l’élaboration et l’approche de ce septième effort qui se révèle être bien plus qu’une simple synthèse de leurs acquis.

Dans cette seconde partie, mesurés et réfléchis, les propos de Yann Ligner sont à l’image du personnage et de ses textes. Pas de bravade ou de réponse à l’emporte-pièce, le chanteur qui s’est toujours fait rare dans les médias revient avec nous sur son approche vocale et scénique, ainsi que sur la base thématique de Meanwhile.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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