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Chronique Focus   

Xandria – The Wonders Still Awaiting


Xandria s’est retrouvé au centre de la polémique fin 2017 avec le départ de sa chanteuse Dianne van Giersbergen, qui a dénoncé à demi-mot la façon dont elle (comme ses prédécesseurs qui se sont exprimées à leur tour) aurait été contrainte d’outrepasser ses limites physiques, jusqu’à provoquer des « symptômes de stress incontrôlable », et injustement rétribuée pour ce qu’elle avait apporté au groupe. Le fondateur, guitariste et claviériste du groupe, Marco Heubaum, s’était défendu en imputant notamment le malaise à une impréparation de la chanteuse face au stress inhérent à la vie de musicien. Toujours est-il qu’après l’intérim d’Aeva Maurelle pour défendre Theater Of Dimensions en live, le groupe s’est retrouvé en hiatus lors duquel se sont succédé les départs du bassiste Steven Wussow, du batteur Gerit Lamm et du guitariste Philip Restemeier, autrement dit l’ensemble du groupe à l’exception de Marco.

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Interview   

Le rêve lucide de Jeff Grimal


Si la musique convoque souvent plusieurs arts à la fois, grâce aux visuels qui l’accompagnent, que ce soit par les pochettes, les photographies ou les clips vidéo qui sont parfois de véritables courts-métrages, les artistes multi-casquettes sont sans doute les plus fascinants par la proposition d’un univers complet. Découvert par une bonne partie du public metal lors de l’ascension de The Great Old Ones, Jeff Grimal est de ces artistes qui démontrent aussi bien ses talents dans l’illustration que dans la musique. Son travail en tant qu’illustrateur est évidemment bien plus exposé, notamment grâce à ses œuvres pour Gorod, Cellar Darling et évidemment les adorateurs de Lovecraft français susmentionnés, que ses divers projets musicaux plus intimistes et s’adressant davantage à une niche. Sa capacité à s’acclimater aux exigences des musiciens qui lui font confiance tout en conservant une cohérence et une identité impressionne, mais c’est sans doute quand il a la liberté de lier ses œuvres graphiques musicales à sa propose vision musicale qu’il rayonne le plus.

Cet éclat n’a d’ailleurs pas manqué à la vigilance d’Emilien Nohaïc des Editions Des Flammes Noires qui lui a proposé après quelques discussions de sortir un livre d’art autour de ses travaux, idée qui a séduit l’artiste. Retraçant ses différents concepts mais aussi ses méthodes, ce bouquin immersif permet de mieux saisir la vision de l’artiste et ce qu’il cherche à illustrer. C’est à l’occasion de cette parution que nous les avons interrogés tous les deux, pour connaître les tenants et les aboutissants de la démarche, mais évidemment pour en savoir un peu plus sur l’artiste et évoquer évidemment son rapport à la musique, à la peinture et à l’art en général.

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Chronique Focus   

Gaupa – Myriad


Les Suédois de Gaupa ne perdent pas de temps : après un EP en 2018, ils se font remarquer dans leur pays avec leur premier album, Feberdröm, en 2020, et tapent au passage dans l’œil de Nuclear Blast, rien que ça. Il faut dire que leur mélange de stoner et de voix tantôt puissante, tantôt cristalline, s’il tranche sur les sorties habituellement très metal du label, est rafraîchissant et les distingue des groupes d’occult rock dont ils semblent à première vue faire partie. En effet, pas d’atmosphère sombre et de sorcellerie ici : l’ambiance est plus volontiers féerique, teintée d’obscurité à l’occasion, certes, mais aussi de lumière, et puise autant dans les années 1970 que dans les années 1990. Attendu au tournant avec ce deuxième album qui a tout pour être celui de l’explosion pour le quintette, Gaupa n’a rien laissé au hasard, et Myriad montre à la fois l’étendue de sa palette et les progrès accomplis depuis ses premiers pas…

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Interview   

Riverside : contrôle d’identité


Si Wasteland (2018) était une épitaphe, pour à la fois le guitariste Piotr Grudziński décédé en 2016 et les deux premières décennies de Riverside, le nouvel album ID.Entity ouvre une nouvelle ère. Fini le deuil : le frontman et leader du groupe Mariusz Duda porte certes toujours une forme de mélancolie en lui, mais il veut retrouver de la joie. Ça passe évidemment par des musiques plus lumineuses et positives, mais aussi par une envie de recréer en studio l’énergie du live et de retrouver une collaboration entre les membres, là où, ces dernières années, Riverside s’était de plus en plus transformé en projet solo. Un changement complet d’approche et d’état d’esprit, où la pression et l’envie de prouver des choses n’ont plus leur place. ID.Entity, comme l’indique son titre, est la nouvelle « carte d’identité » de Riverside.

Nous parlons donc de long en large de cette remise en question avec un Mariusz Duda authentique, parfaitement honnête dans ses réponses, évoquant également la trajectoire que nos sociétés sont en train de prendre et son point de vue sur celle-ci. Optimiste en observant la nouvelle génération et véhiculant un message d’unité, ID.Entity exprime aussi dans ses textes une autre facette, plus sombre et coléreuse, que ce soit à l’encontre des anciennes générations encore réfractaires au changement, de ceux qui restent fermés au dialogue ou des manipulations de la Big Tech.

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Chronique Focus   

Steve Vai – Vai / Gash


Steve Vai fait ressurgir les vieux démons. En 1991, le virtuose de la six-cordes avait le désir brûlant de composer la musique qu’il avait envie d’entendre en tant qu’adolescent des années 1970. En d’autres termes, de la musique de bikers au cuir lourd et luisant chevauchant des Harley Davidson. Un projet nourri par la rencontre avec Johnny Sombrotto. Ce dernier, « Gash » de son surnom, a survécu à un terrible accident qui lui a brûlé une grande partie du corps. Défiant les pronostics, Gash est devenu une figure inspirante pour Steve Vai, jusqu’à le surprendre en studio par une voix parfaitement adaptée au rock sauvage que souhaitait le musicien. Un entrain brusquement stoppé net par la mort de Gash – presque fatidique – lors d’un second accident de moto en 1998. Des années plus tard, Steve Vai souhaite partager ce qu’il n’a cessé d’écouter régulièrement de manière intime : un rock illustré par l’un des « plus grands leads singers rock » qui soient. Comme un appel à regretter avec lui la disparition précoce de son ami.

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Interview   

Caïnan Dawn en immersion


Quand on souhaite jouer et écouter de la musique non conforme, on accepte que celle-ci sorte de sa propre conformité. Caïnan Dawn l’a bien compris et le prouve avec son évolution stylistique, qui, quoi que peuvent en dire certains, reste malgré tout du black metal. Avec Lagu, le groupe savoyard souhaite véritablement sortir des sentiers battus pour une baignade glacée dans un lac dont il dessine bien les profondeurs. Il va puiser cela dans des inspirations qui vont de la cold wave à Type O Negative, en passant par les indétrônables Blut Aus Nord… et même jusqu’aux ambiances du jeu rétro Ecco Le Dauphin. Le résultat est un album intensément atmosphérique, qui malgré son ouverture et ses expérimentations, respire toujours le souffle de Caïnan Dawn.

C’est dans le cadre d’une promotion sommaire et une annonce à la volée, dans la tradition du label extrême français Osmose Productions, que nous avons saisi l’opportunité de la sortie de ce nouveau disque pour nous entretenir avec la formation. La discussion a été riche, oscillant entre les codes du black metal aux atmosphères de Lagu, mais aussi entre les projets actuels ou enterrés du chanteur et compositeur Heruforod et du bassiste Keithan. Tant d’éléments qui permettent de comprendre la dynamique de la formation et de plonger avec eux dans leur univers…

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Chronique Focus   

Ef – We Salute You, You And You!


Si Göteborg, en Suède, est surtout connue comme le berceau de mythiques groupes de death mélodique, elle a aussi engendré Ef. Ce projet de post-rock, au parcours bien rodé, s’est constitué sa petite meute d’irréductibles fans au fil de sa quinzaine d’années d’existence. Lentement mais sûrement harponné par Pelagic Records (amitié avec des membres de The Ocean aidant), le groupe est sorti fin 2022 d’un silence « involontaire » de cinq années. Leur précédent opus, Ceremonies, date en effet de 2013, et seul un split EP, Vāyu, avait pointé, en 2016, le bout de son nez pour nous aider à supporter cette traversée de désert musical.

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Interview   

Katatonia : en l’absence de repères


En 2020, sortait au pire moment qu’on pouvait imaginer City Burials, le onzième album de Katatonia. Pas de tournée pour le promouvoir. Comme tant d’autres, ils se sont essayés à l’exercice du livestream. Et comme tant d’autres, voyant le temps devenir un peu long, ils se sont rapidement attelés à un nouvel album – à vrai dire, deux nouveaux albums dans le cas spécifique de Jonas Renkse et Anders Nydström, puis qu’ils ont sorti il y a quelques mois Survival Of The Sickest avec Bloodbath. Au vu de la proximité temporelle entre les deux disques, on ne s’étonnera pas de leur connexion artistique, si ce n’est que Sky Void Of Stars appuie un peu plus sur la fibre heavy des guitares.

Ceci dit, malgré des nuances, variantes et quelques surprises, cela fait longtemps que Katatonia n’a plus effectué de virage stylistique majeur. Alors que leur premier album Dance Of December Souls va bientôt célébrer ses trente ans, force est de constater qu’ils ne sont pas prêts à suivre l’exemple de Paradise Lost – qui était pourtant une influence importante à leurs débuts, comme ils l’avouent eux-mêmes – en opérant un retour à leurs racines death metal. Non, Katatonia reste sur sa lancée, qui remonte au tournant Discouraged Ones en 1998, et poursuit sa douce et constante évolution sans jamais trahir cette élégante et profonde mélancolie qui fait sa marque de fabrique. Nous discutons de tout ceci avec les deux compères inséparables et membres fondateurs, Jonas et Anders.

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Chronique Focus   

Riverside – ID.Entity


Wasteland, sorti en 2018, avait prouvé la capacité de Riverside à survivre à son cofondateur et génial guitariste Piotr Grudziński, décédé en 2016. Remplacer le musicien n’était pourtant pas une évidence, au point que les trois membres restants avaient dans un premier temps décidé de continuer en tant que trio. C’est seulement en 2020 que le guitariste Maciej Meller, qui avait rejoint le groupe en 2017 en tant que musicien live, l’intégra en tant que membre permanent. Wasteland fut le fruit d’une remise en question forcée, ID.Entity est celui d’une nouvelle, voulue par Mariusz Duda. Ayant fait un point sur l’identité de Riverside pour déterminer la direction qu’il devait suivre, le leader observa qu’un des points forts du groupe était ses performances live et décida d’enregistrer un album « qui refléterait musicalement le caractère et la dynamique de ses concerts ». Surtout, il souhaitait, après l’album de deuil que constituait Wasteland, tourner la page triste et mélancolique de ses récents albums.

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Interview   

Antilife répand la fièvre


Bien loin de la vague qui rend le black metal plus accessible, avec des productions qui semblent parfois bien lissées et des finitions mélodiques parfumées, un autre mouvement reste attaché à la nature violente et repoussante des racines du style… Antilife est sans aucun doute de cette école. Certes, cette binarisation ne reflète pas la complexité d’une esthétique musicale qui va bien au-delà des apparences et qui a su évoluer avec le temps, mais elle peut donner quelques clés de compréhension pour ce projet qui se revendique du suicidal black metal. D’ailleurs, l’ouverture musicale est loin d’être rejetée dans ce projet qui se distingue de tout purisme, le dernier album My Name Is Sickness étant une démonstration des horizons funestes qu’il peut explorer dans des registres musicaux larges. Ce qui rapproche Antilife des origines du black metal réside plus dans l’intention et sa démarche jusqu’au-boutiste.

Retrouver un certain malaise, être confronté à une œuvre d’art dérangeante et incomprise, en projetant et en idéalisant peut-être ce que le black metal offrait dans les années 90, c’est ce que propose le groupe français dans cette ode à la mort. Le chanteur Haine et le guitariste Symptôme assument pleinement dans cet entretien que le concept derrière Antilife puisse rebuter les auditeurs et les spectateurs. L’idée n’étant pas de choquer par surprise ou de répandre le vice, comme peuvent le revendiquer (souvent par posture) d’autres artistes, mais plus de partager une expérience sensationnelle et sensorielle. La proposition d’Antilife est sans doute difficile, mais elle n’en reste pas moins intrigante, et les deux musiciens évoquent longuement cela avec nous.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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