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Interview   

Blind Guardian et l’œuvre du créateur


S’il y a un groupe qui a su exploiter avec brio la dimension « symphonique » dans un contexte heavy metal, c’est bien Blind Guardian. Associée à des structures progressives complexes, elle leur a permis d’accoucher de certaines des pièces les plus épiques du genre (le monumental « And Then There Was Silence » déjà en 2002, « Sacred Worlds », « Wheel Of Time » ou « Grand Parade » plus récemment), jusqu’à aboutir au paroxysme de la démarche avec un Legacy Of The Dark Lands purement orchestral qui aura nécessité environ vingt ans de travail. Sorti en 2019, il aura aussi marqué la fin d’une ère : il s’agissait désormais pour Blind Guardian de voguer vers de nouveaux horizons, quitte à regarder dans le rétroviseur et à renouer en partie avec l’esthétique plus directe et speed metal d’albums tels que Somewhere Far Beyond et Imaginations From The Other Side – dont le groupe vient justement de célébrer, respectivement, les trente et vingt-cinq ans.

Ceci nous amène aujourd’hui au nouvel album The God Machine, avec lequel Blind Guardian donne l’étrange impression d’avoir rajeuni. Pourtant, il n’en capitalise pas moins sur l’expérience acquise et fait preuve de maturité pour proposer des compositions fraîches qui s’inscrivent dans leur époque. Nous avons échangé avec le chanteur Hansi Kürsch et les guitaristes André Olbrich et Marcus Siepen afin de discuter de tout cela, mais aussi de thématiques qui reposent sur diverses œuvres servant de base de réflexion sur la spiritualité, le décès d’un proche ou l’univers.

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Chronique Focus   

Behemoth – Opvs Contra Natvram


En trente ans de carrière, Behemoth est passé de l’obscurité de l’underground polonais aux feux des projecteurs du monde entier. Mené par le charismatique Nergal, le groupe a certes évolué musicalement, mais n’a jamais quitté le monde du metal extrême, et idéologiquement, n’a jamais divergé d’un satanisme anti-religieux sans compromis. Il ne s’est jamais non plus laissé abattre par les tribulations de son leader, des plus menaçantes – leucémie, procès pour blasphème – aux plus anecdotiques – passage comme juré dans un radio-crochet, autres aventures musicales comme son projet rock/folk Me And That Man –, au contraire : rien ne semble pouvoir arrêter l’ascension de Behemoth. Avec The Satanist, dixième opus du combo, en 2014, elle semblait avoir atteint son sommet. Succès tant critique que commercial, l’album avait porté à incandescence la patte du groupe : black death épique mais accessible, atmosphère sombre et esthétique ambitieuse. Son successeur, I Loved You At Your Darkest, avait reçu en 2018 un accueil plus nuancé : dans la même lignée que The Satanist, ses audaces, notamment ses touches rock, ont été autant saluées que décriées. C’est donc à son douzième album, Opvs Contra Natvram, que va incomber la tâche de véritablement transformer l’essai.

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Interview   

Parasite Inc. : au cœur de la machine


Si Parasite Inc. aura une fois de plus mis le temps (quatre ans contre cinq ans pour l’album précédent, Dead And Alive, ça se réduit tout de même…) et que Kai Bigler, son chanteur-guitariste, considère être « encore en train de développer [leur] son », force est de constater que le groupe de death metal mélodique allemand s’affirme sur son troisième Cyan Night Dreams. Plus agressif, mais aussi plus mélodique. Plus moderne, mais renforçant les éléments synthétiques et électroniques hérités des années 80 et 90. Surtout, Paradise Inc. s’émancipe mieux de ses influences – ou les camouflent mieux – qu’il ne le faisait sur Dead And Alive (2018), à l’instar de celle de Children Of Bodom, groupe qui reste malgré tout important dans le cœur du frontman.

Nous avons justement échangé avec ce dernier afin qu’il nous parle de la nouvelle étape que représente Cyan Night Dreams dans la carrière du groupe – ce dernier ayant élaboré un concept visuel où chaque artwork représente métaphoriquement où en est Parasite Inc. –, album conçu en pleine pandémie, même si celle-ci n’a eu que peu d’influence, et de ses affinités musicales éclectiques.

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Chronique Focus   

The Hu – Rumble Of Thunder


Si l’on parle beaucoup ces derniers temps des tensions autour de Taïwan, ce n’est pas le seul territoire dont la souveraineté est mise à mal par l’Empire du Milieu, où le simple fait de prononcer le nom de Genghis Khan peut être perçu comme un affront. La Mongolie, malgré son exode rural massif et ses paysages meurtris par l’activité minière internationale, trouve encore en ses steppes de fervents défenseurs de sa culture et de son histoire. Une défense qui prend avec The Hu une tournure pour le moins inattendue et captivante, avec un metal folk qui a conquis le cœur d’un public toujours plus grand et hétéroclite, qui plus est à une vitesse fulgurante. L’un des enjeux de ce second album est ainsi de convaincre les éventuels derniers sceptiques que, au-delà du buzz, The Hu est avant tout un véritable groupe, avec un projet, des idées, et les ambitions qui vont avec.

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Tribune   

Carpenter Brut : des tripes dans la péloche


« La vie en général est un film d’horreur, comme le personnage dans le film, on va finir par mourir ». Jamais avare en bons mots comme en riffs et beats ravageurs, Carpenter Brut revient avec nous sur cinq classiques du cinéma horrifique chers à son cœur qui, on le suppose, ont dû forger de près ou de loin l’esthétique ciselée du projet qui à sorti en avril dernier son nouvel album, Leather Terror, dont nous en parlions de long en large avec l’artiste dans notre interview. Bref, un top qui sent fort le magnétoscope et le sang séché.

Note : article paru initialement dans le numéro 9 du magazine Radio Metal, toujours disponible en commande dans notre boutique en ligne.

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Chronique Focus   

Blind Guardian – The God Machine


Sept ans après Beyond The Red Mirror (2015), et trois ans après Twilight Orchestra: Legacy Of The Dark Lands (2019), leur album symphonique et orchestral, le nouvel opus de Blind Guardian est l’objet d’une attente particulière. En effet, la formation allemande, qui peut se targuer d’avoir composé de véritables œuvres de référence, souhaite démarrer avec lui une nouvelle étape de son odyssée musicale. Alors que le groupe a soufflé les trente bougies de Somewhere Far Beyond (1992) – qu’il a interprété en intégralité lors de ses performances estivales –, il tourne la page d’une quête stylistique, articulée autour des arrangements symphoniques, qui a abouti à Legacy Of The Dark Lands et qui appelait, de fait, de nouvelles perspectives stylistiques. Entre écho du passé et élan vers l’avenir, The God Machine entend pleinement manifester ce nouvel horizon qui s’annonce dès sa genèse marqué par une forme de rupture.

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Interview   

Circle Jerks : Keith Morris, le sniper du punk


Keith Morris c’est le genre de gars qui est toujours là au bon moment. Ainsi, lorsque le guitariste Greg Ginn a formé Black Flag en 1976 et qu’il a fallu trouver un hurleur digne de ce nom pour ouvrir grand les portes du succès avant l’arrivée d’Henry Rollins, Keith Morris était là. Lorsque Circle Jerks s’est formé en 1979 autour de Greg Hetson, Keith Morris était là pour vociférer dans le micro et signer des albums mythiques comme Group Sex en 1980 ou l’excellent Wild In The Streets en 1982. Après pas mal d’années à mener le navire fou Circle Jerks dans toutes les eaux troubles du punk rock du monde, Keith Morris s’en est allé former Off! en 2009 avec le gratteux Dimitri Coats et Steven Shane McDonald – qui a maintenant rejoint les Melvins. Parallèlement à ça, l’ami Morris a aussi mis sur pied Flag en 2013 avec les musiciens du Black Flag des débuts, faisant un pied de nez à Greg Ginn en remportant un franc succès… Keith Morris ou l’art de toujours être là au bon moment.

À l’occasion des quarante ans de la sortie de Wild In The Streets, on apprenait via les réseaux sociaux la reformation de Circle Jerks pour une tournée mondiale avec les membres de la belle époque, à savoir Keith Morris (chant), Greg Hetson (guitare), Zander Schloss (basse) accompagné par le batteur Joey Castillo (ex-Danzig). Pour l’occasion, la formation a même prévu une tournée européenne, trente-cinq ans après son dernier passage sur le Vieux Continent ! Autant dire que l’excitation est bel et bien présente chez les fans, même si cette reformation n’est pas la première et que l’ambiance au sein de Circle Jerks est généralement tendue, voire même explosive.

Dans le cadre de son passage à l’Xtreme Fest 2022, nous sommes allés à la rencontre de Keith Morris pour en savoir plus sur la reformation de Circle Jerks et connaître les tenants et les aboutissants de cette tournée mondiale. Jamais avare en bons mots et toujours prêt à balancer quelques piques sur ses petits camarades de jeu, c’est un Keith Morris sympa-mais-sans-plus qui nous a reçus à quelques heures du passage attendu de Circle Jerks sur scène.

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CR De Festival   

Guitare En Scène : le paradoxe de Saint-Julien


Eté 2022, enfin les festivals sortent de leur réserve pandémique, les départements retrouvent leurs évènements rock et metal et certains sont bien dotés en gros son. Loire-Atlantique ? Il faudrait voir à ne pas centrer le monde metallique à l’ouest de la France. En effet, l’Est offre aussi de quoi fêler vos tympans comme l’aurait dit Jeff Bouquet. En Haute-Savoie précisément, Panic Fest et Guitare En Scène ont de quoi ravir petits et grands.

Nous vous avions amenés il y a quelques années au Panic Fest de Saint-Félix, nous vous proposons cette année une visite de Guitare En Scène à Saint-Julien-en-Genevois, visite ciblée sur les propositions les plus metal de ces cinq jours. Une histoire de saints finalement qui sied à tous ces sons si diaboliques ! Le blues avec Robert Cray, Kingfish sans parler du metal qu’une cohorte de chevelus d’Amérique, d’Australie ou d’Allemagne vont déverser Stade des Burgondes où se déroulent les festivités.

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Interview   

Voivod : « brain scan » avec Away


Il n’a pas la carrière monumentale d’un Iron Maiden et d’un Metallica, et pourtant c’est l’un des groupes les plus influents du metal : Voivod. La scène canadienne, et québécoise en particulier, a été évidemment durablement marquée par le groupe, mais on ne compte pas non plus le nombre de formations internationales qui ont emprunté directement ou indirectement à l’esthétique unique de Voivod, notamment son sens de la dissonance – comme nous en parlions déjà avec Chewy à l’occasion de la sortie du nouvel album Synchro Anarchy.

Aujourd’hui, Voivod passe la barre des quarante ans. L’occasion pour ceux qui ne l’ont pas encore fait de découvrir la musique du groupe et de plonger dans son univers insolite, qui ne ressemble à aucun autre. Ça tombe bien : BMG vient de ressortir dans un magnifique coffret vinyle intitulé Forgotten In Space trois albums phares, ceux de l’ère Noise Records : Rrröööaaarrr (1986), Killing Technology (1987) et Dimension Hatröss (1988). Même si la discographie de Voivod contient de nombreuses perles et que le fascinant concept musical, narratif et visuel du groupe n’a cessé d’évoluer d’album en album, voilà un bon point de départ pour ceux qui veulent s’y mettre. L’occasion pour nous aussi de tailler le bout de gras avec Michel Langevin, alias Away, le batteur et membre fondateur du groupe, et de replonger dans les dix premières années de Voivod.

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Chronique Focus   

Bloodbath – Survival Of The Sickest


En plus de vingt ans d’existence, Bloodbath ne s’est jamais vraiment éloigné de son projet initial : faire du death metal suédois « comme on n’en fait plus » – en 1998, donc, et a fortiori en 2022. Avec ses allures de Hall of Fame du metal suédois (composé de membres de Katatonia et Opeth notamment, il a vu passer en ses rangs Mikael Åkerfeldt d’Opeth justement, ainsi que Peter Tägtgren d’Hypocrisy), le (super)groupe s’est imposé comme une valeur sûre du style : Bloodbath ne cherche pas à réinventer la roue – dentée et grinçante – du death metal, mais à rendre hommage à ses grands noms, d’Entombed à At The Gates. Et si l’on sait donc à quoi s’attendre avec les Suédois, ils se sont au fil des années permis quelques entorses à la formule, histoire sans doute de ne pas vivre (complètement) dans le passé : le Britannique Nick Holmes de Paradise Lost qu’on n’avait pas entendu grunter depuis des décennies, rien que ça, a rejoint le groupe à partir de Grand Morbid Funeral (2014), et The Arrow Of Satan Is Drawn (2018), leur dernier album en date, incorporait au désarroi de certains de larges quantités de black metal. Mais pour Survival Of The Sickest, son premier disque chez Napalm Records, retour en terrain connu : le death old school façon tournant des années 90…

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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