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Interview   

Dark Funeral et ses oppositions


Cela fera trente ans l’année prochaine que Dark Funeral – l’un des membres de la « trinité noire de Suède » avec Dissection et Marduk, pour reprendre les termes de son leader Lord Ahriman – œuvre pour les forces obscures d’un black metal satanique. Certainement l’un des groupes les plus brutaux du genre, il n’en est pas moins capable de nuance comme l’a démontré Where Shadows Forever Reign (2016), qui entérinait l’intégration du chanteur Heljarmadr, et comme le confirme le nouvel opus We Are The Apocalypse. Un album qui se veut dynamique voire cinématographique – après tout, ils rendent hommage à Nosferatu, le film de 1922, adaptation du célèbre roman de Bram Stoker Dracula, qui inaugurait le genre cinématographique de l’horreur et de l’épouvante et qui fête ses cent ans cette année.

Dark Funeral fait du black metal à sa manière, où l’agressivité extrême peut être contrebalancée par la mélancolie, composé initialement en acoustique pour mieux travailler les atmosphères, avant de remettre la distorsion et garantir l’intensité, maître mot de son œuvre. Nous en parlons avec Lord Ahriman qui explique en outre son antichristianisme persistant et revient sur la scène du début des années 90.

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Chronique Focus   

Animals As Leaders – Parrhesia


Animals As Leaders voulait être à l’origine un projet « anti-metal », pour contraster avec l’ancienne formation metalcore de Tosin Abasi. Ironie du sort, Animals As Leaders est devenu l’un des groupes de metal instrumental les plus inventifs et reconnus de la scène, et ce dès son premier opus (2009). Depuis, le trio emmené par le guitariste virtuose Tosin Abasi, accompagné de Javier Reyes et du batteur Matt Garstka, n’a eu de cesse de peaufiner sa formule musicale, quitte à accroître les prouesses techniques et à se laisser aller à quelques expérimentations, à l’instar de The Madness Of Many (2016). Inévitablement, une certaine angoisse naissait quant à la capacité d’Animals As Leaders de continuer à évoquer par l’instrumental. Parrhesia – « liberté de discours » en grec – intervient après six ans d’absence en raison de la pandémie évidemment, mais aussi d’un besoin de se préoccuper à nouveau de la pertinence d’un travail instrumental. Animals As Leaders rechigne certes toujours à nous tenir la main, il nous permet néanmoins d’imaginer à nouveau et pas seulement de plisser les yeux pour suivre.

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Interview   

Pensées Nocturnes : l’art et ivresse


Trois ans après la sortie de Grand Guignol Orchestra, Pensées Nocturnes vient faire valdinguer les étagères des vieux bistrots parisiens à coups de valses incontrôlables et ronflements d’accordéons avec son nouvel album Douce Fange, ravivant ainsi la flamme de plus d’une lampe à huile poussiéreuse. Délaissant les clowns rabougris et la folie hurlante des cirques de l’opus précédent, c’est avec toujours autant de décadence et d’expérimentation farfelue que Pensées Nocturnes s’attelle aux piliers du patrimoine français et de la ruralité profonde de jadis. Un album qui donne à voir en spectacle le grotesque de la vie d’antan, l’aridité des gosiers biberonnés au vin rouge, l’enthousiasme excessif des bagarres aux abords des rues et son propre reflet dans l’éclatante brillance des caniveaux aspergés par le résultat d’une ivresse invétérée.

Comme à son habitude, Léon Harcore, maître d’œuvre derrière Pensées Nocturnes, engloutit son auditeur – ou plutôt son spectateur – sous une masse visqueuse mais non moins minutieusement réfléchie, pleine de sens et de non-sens ! Au cœur de cet entretien, Léon nous guide dans les coulisses de Pensées Nocturnes, où chacun des nombreux intervenants a un rôle aussi précis que libre dans l’interprétation, où le processus complexe de composition s’accompagne d’un travail quotidien pour entretenir l’art du jeu de mots que Léon manie avec toujours plus d’aisance et dont l’inventivité délirante s’inspire des plus grandes œuvres populaires des années passées.

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Chronique Focus   

Dark Funeral – We Are The Apocalypse


Au-delà de ses inspirations thématiques et de ses tournures stylistiques, la discographie de Dark Funeral possède elle-même quelque chose de cérémoniel et de rituel. En effet, une nouvelle fois six ans après leur dernière sortie, leur nouvelle offrande obscure, théâtralement baptisée We Are The Apocalypse, vient poser le nouveau jalon d’une histoire aussi temporellement étendue que relativement mesurée en termes d’occurrences. Un nouveau chapitre qui porte la difficile charge d’innover ou réactualiser une musique très codifiée tout en respectant les tropes stylistiques attendus qui ont fait l’identité sonore du groupe, une démarche fondamentalement marquée par le paradoxe.

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Interview   

Allegaeon ouvre son cœur


Les tragédies inspirent de grandes œuvres. C’est dans ce constat que s’inscrit Damnum, le nouvel album d’Allegaeon. On peut évidement penser à la pandémie qui fait rage depuis bientôt deux ans, mais c’est surtout à des épreuves personnelles, des décès dans l’entourage du groupe, que l’album répond. Exit les thématiques scientifiques austères, c’est ici l’émotion avant tout qui guide le groupe de tech death progressif. Le changement est particulièrement palpable dans l’approche du chanteur Riley McShane qui a dû puiser au fond de lui-même comme il ne l’a jamais fait auparavant, non sans une certaine appréhension, et qui, cette fois-ci, assume pleinement les différentes facettes de sa voix, du growl le plus brutal au chant clair le plus délicat.

Damnum, c’est aussi une nouvelle méthodologie qui aura déstabilisé le guitariste-compositeur et seul rescapé des premières années Greg Burgess : pour la première fois, Allegaeon a composé en groupe. C’est donc pour relater cette expérience nouvelle et en décortiquer le résultat que nous avons échangé avec Greg et Riley, chacun livrant son propre vécu. L’occasion également d’en savoir plus sur un chanteur qu’on découvre peut-être pour la première fois dans toute sa dimension.

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Chronique Focus   

Eric Wagner – In The Lonely Light Of Mourning


Cela faisait des années qu’Eric Wagner, l’une des voix les plus iconiques du doom traditionnel, projetait de travailler sur un album solo, mais ce n’est qu’en 2017, après plus de trois décennies de carrière, qu’il s’y est attelé pour de bon. Quatre ans de travail plus tard, ce qui est devenu In The Lonely Light Of Mourning, et qui s’annonçait comme le couronnement d’une vie de musicien particulièrement bien remplie, était enfin terminé : par un coup du sort particulièrement cruel, Eric Wagner est décédé quelques semaines plus tard à peine, à l’âge de soixante-deux ans, des suites du Covid-19. Wagner a marqué l’histoire du doom américain au sein de Trouble, qui dans les années 80 avait sorti les classiques Psalm 9 et The Skull, puis avec Lid, The Skull, et Blackfinger : sa voix expressive, immédiatement reconnaissable, et ses paroles mélancoliques ont laissé leur marque sur des générations de groupes. Mais bien qu’estampillé solo et malgré son titre (« Dans la lumière solitaire du deuil »), ce projet n’a jamais été conçu comme un effort solitaire : pour la composition, Wagner s’est adjoint les talents de son collaborateur de longue date David Snyder (batteur pour Trouble and Blackfinger) ; il a de plus rassemblé amis et collègues rencontrés au fil des années, parmi lesquels des membres de Trouble, Blackfinger, The Skull et Lid évidemment, mais aussi Pentagram, Death Row et Place Of Skulls, qui ont tous laissé leur patte sur ce projet de longue haleine. Un casting de luxe pour la synthèse d’une carrière qui force le respect.

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Interview   

Crowbar : prise de température


Kirk Winstein a dû prendre son mal en patience : le nouvel album de Crowbar est prêt depuis février 2020 et ne sortira pourtant que deux ans plus tard. La faute à une pandémie, évidemment, qui n’offrait pas les meilleures conditions pour l’accueillir. Étrangement, bien qu’il ait été conçu dans un contexte très différent, Zero And Below est particulièrement éloquent après ces deux dernières années, que ce soit avec un titre d’album on ne peut plus approprié ou par certains messages voulant donner de l’espoir, à l’image d’un « Crush Negativity » qui se passe d’explication. Avec l’âge, Kirk Winstein a appris à voir « la lumière au bout du tunnel » plutôt que de s’enfermer dans la noirceur du réel comme il a pu le faire à une époque.

Paradoxal, peut-être, pour un album qui, musicalement, se veut plus old school que jamais en renvoyant à ses débuts et à ses premières influences, dont Type O Negative, mais aussi au classique Odd Fellows Rest (1998). En vérité, Zero And Below est une version plus mature de tout cela, profitant notamment de l’expérience en solo de Kirk Windstein. Nous en parlons avec ce dernier, qui évoque quelques sujets plus personnels et nous donne des nouvelles de Down.

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Chronique Focus   

Ghost – Impera


Prequelle (2018) dont la thématique gravite autour de la peste médiévale aurait pu être considéré comme prémonitoire. Tobias Forge a pu malheureusement constater l’illustration des sujets développés dans son album. La pandémie a frappé juste à la fin du cycle de tournées de Ghost et n’a ainsi pas réellement altéré son programme : une pause d’un an pour enregistrer un nouvel album avant de retourner sur les routes. Tobias Forge a donc travaillé sur une nouvelle œuvre et profité du temps supplémentaire pour vivre avec les siens. De quoi revenir avec un album qui s’inscrit évidemment en miroir des évolutions de notre société toujours marquée par le virus et la concrétisation de sempiternelles tensions. Impera propulse Ghost à l’ère victorienne au XIXe siècle, une période de changements majeurs et brutaux via l’industrialisation et le déclin d’anciens « empires ». Impera met en avant la disparition de l’humanité au profit de nouvelles technologies et d’un retour en arrière sur ce que Tobias Forge considérait comme des progrès moraux. Tout n’est qu’un cycle et la destruction accompagne toujours le renouveau.

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Interview   

Sabaton repart comme en 14


Il s’est écoulé à peine deux mois entre notre entretien à Bruxelles à l’occasion de la listening session de The War To End All Wars et cette interview par Skype interposé, et Joakim Brodén n’a manifestement rien oublié de sa soirée passée à enchaîner les gin-tonics en compagnie de la Team France. La première question de l’interview, c’est d’ailleurs lui qui la pose : « Ça va, tu n’avais pas trop la gueule de bois le lendemain ? » Joker, je ne répondrai qu’en présence de mon avocat ! « Oui, le retour à la maison a été difficile pour moi aussi ! » Bienvenue au club, Joakim – bienvenue au club…

Après une première discussion à chaud, deux heures à peine après avoir entendu ce dixième album de Sabaton pour la première fois, il est temps de passer à des questions plus générales qui, paradoxalement, appellent des réponses plus approfondies de la part d’un compositeur qui n’avait jamais prévu de devenir l’une des voix les plus aisément identifiables de la scène metal. De façon presque prophétique au regard des événements actuels, l’entretien ci-dessous traite, en vrac, de géopolitique, des relations russo-suédoises et de la possibilité d’une Troisième Guerre mondiale. À ce propos, si Joakim tient à revenir sur sa réponse délicieusement optimiste, c’est le moment ou jamais…

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Chronique Focus   

Marillion – An Hour Before It’s Dark


Évoquer ou non la pandémie que le monde subit depuis deux ans est le dilemme auquel Steve Hogarth s’est retrouvé confronté au moment d’entamer les textes de ce nouvel album. Le groupe, qui a toujours laissé les soubresauts du monde imprégner son art, ne pouvait finalement pas ignorer la situation sanitaire ni, surtout, la situation écologique, et l’urgence de la réaction que celle-ci exige a guidé la plume du chanteur. Une plume qui, malgré ces thèmes factuels et sociétaux, se révèle subtile, riche en images poétiques et ouverte à de multiples interprétations. Ainsi, le titre de l’album, dont l’idée traverse l’ensemble des morceaux, inspiré par une mère rappelant à son enfant qu’il lui reste une heure pour jouer dehors, évoque aussi le peu de temps dont nous disposons pour sauver la planète, ou encore la dernière heure d’une personne mourante.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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