Joey Jordison, la tête pensante rythmique de Slipknot, est un artiste insatiable de créativité, à l’image de Corey Taylor, le frontman des Neuf de Des Moines qui mène également la barque Stone Sour avec succès quand l’équipage Slipknot reste à quai. Après l’aventure Murderdolls en compagnie de Wednesday 13 qui s’est éteinte cette année, peut-être pour de bon, il a fallu que le batteur trouve un autre exutoire pour sa débordante envie de créer. C’est chose faite avec Scar The Martyr. Comme il s’attache à nous le rappeler dans l’interview qu’il nous a accordé, Scar The Martyr est une formation et non un projet, et loin de lui l’idée d’en faire un « super-groupe », même si la présence de Kris Norris de Darkest Hour ou de l’ex-Nine Inch Nails Chris Vrenna aurait pu induire certains en erreur.
Si Joey Jordison a voulu monter ce nouveau groupe, c’est avant tout pour faire de bonnes chansons. Et pour éviter au public l’impression de faire face à un « super-groupe », Joey a engagé un chanteur inconnu (peut-être plus pour très longtemps), Henry Derek, et avec lequel il a travaillé pour monter cette formation intensément metal aux relents industriels. Pas pour oublier Slipknot, qui reste la maison-mère du batteur, peu importent les événements, mais surtout pour que ses qualités de song-writer et de multi-instrumentiste trouvent un nouveau berceau et qu’il puisse écrire son histoire la plus personnelle et entière en tant que frontman, accompagné de musiciens taillés pour les titres qu’il a composé.
Et, soit dit en passant, au sujet de Slipknot, Jordison tient à rassurer les fans en affirmant qu’« il y a des nouveaux morceaux de Slipknot à l’horizon », « un tas de chansons » même, qu’ils travaillent « pour sortir un nouvel album » et que « c’est juste une question de temps » pour qu’il voit le jour.



Chinese Democracy. Deux mots qui ont représenté en 2008 pour les fans de Guns N’ Roses une libération : enfin leur groupe préféré avait réussi à extraire du néant, aux forceps, cet album, le premier en quinze ans, le premier avec de nouvelles compos en dix-sept ans. Deux mots qui représentent aussi depuis une forme de malédiction, souvent évoqué avec un petit sourire en coin narquois : « Non, notre prochain album ne sera pas le nouveau Chinese Democracy », disent parfois certains artistes de la sphère metal/hard rock pour rassurer leurs fans quant à l’attente de leur prochain disque.
Bien que Stone Sour soit un projet antérieur à Slipknot, ce dernier n’a jamais fait que croître dans le sillon laissé par les hommes masqués. Cela fait désormais vingt ans que Stone Sour existe et aujourd’hui, crise d’adolescence passée – après l’exutoire qu’a été Slipknot, en grande partie – Corey Taylor, en maître à penser des Stone Sour, semble fin prêt à offrir « cet album de la maturité » si cher à de nombreux groupes. Cependant, comment le groupe en est-il arrivé là ? Comment a-t-il fait pour se détacher de sa propre ombre ? Indubitablement, Corey Taylor pense enfin avoir atteint l’âge adulte, c’est d’ailleurs le thème central du concept-album en deux parties que Stone Sour s’apprête à sortir en deux temps. Une première pour le groupe.
































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