Ceux qui ont déjà écouté l’œuvre de Solefald ont sans doute déjà eu le terme « absurde » qui leur est venu à l’esprit pour qualifier ce qu’ils entendaient. Pourtant, c’est avec Anti, le premier album de son nouveau projet, White Void, dans lequel il propose sa musique la plus cohérente et accessible, que Lars Nedland a choisi de traiter le sujet complexe de l’absurde en allant piocher dans la philosophie d’Albert Camus. Mais il y a une logique : White Void est sa révolte pour dépasser sa condition d’artiste expérimental, tout comme Albert Camus faisait de son existence un acte de révolte pour dépasser l’absurde.
Pour autant, les fans de Solefald et de Borknagar ne seront pas totalement dépaysés tant la patte artistique du chanteur-claviériste est prégnante. Il s’agit simplement d’une facette de celle-ci, plus foncièrement rock, qu’il exploite et laisse s’exprimer librement avec le talent d’une poignée de musiciens venant d’horizons très différents. Il y a donc deux grands axes abordés dans l’entretien qui suit, tout aussi passionnants l’un que l’autre : l’approche musicale de Lars et la mise en rapport de ses trois groupes principaux, puis son rapport philosophique à l’absurde et sa manière de l’aborder dans ce nouvel exutoire.



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