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Chronique Focus   

Coreleoni – III


Coreleoni a dû composer avec de nombreux changements. Le batteur Hena Habegger a quitté la formation ainsi que Gotthard pour se consacrer à sa famille. Coreleoni l’a remplacé au pied levé par Alex Motta. Surtout, le chanteur Ronnie Romero a décidé de s’investir dans ses autres (nombreux) projets, ce qui a forcé Leo Leoni à trouver de nouveau la perle rare. C’est en regardant l’édition 2018 de l’Eurovision que Leoni a été interpellé par le chanteur albanais Eugent Bushpepa, au CV fourni mais encore méconnu. Coreleoni ne compte désormais plus que Leo Leoni comme membre de Gotthard et si le groupe continue de respecter son dessein originel en fournissant à nouveau des reprises, Coreleoni III est constitué pour l’essentiel de titres originaux. Nouveau line-up et nouveaux objectifs : Coreleoni entend dépasser sa fonction de dépoussiérage.

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Halestorm – Back From The Dead


Même les formations les plus en vogue se sont mises à douter de leurs capacités à écrire et jouer de la musique à cause de la pandémie. C’est le cas des Américains d’Halestorm, qui avaient commencé à composer leur nouvel opus avant le confinement de 2020. Tout leur emploi du temps a été chamboulé et le groupe a eu un état d’esprit fluctuant quant à sa volonté de continuer. Le titre de ce cinquième effort est ainsi explicite : Back From The Dead est l’histoire de musiciens qui ont dû faire du studio une véritable catharsis faute de mieux. Halestorm s’est donc rassuré et entend rassurer également son public en proposant « l’album le plus Halestorm possible » pour reprendre les dires de la chanteuse Lzzy Hale. Back From The Dead se considère presque comme une bouée de sauvetage.

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Ufomammut – Fenice


Près de cinq ans se sont écoulés depuis la sortie de 8, la dernière offrande des Italiens d’Ufomammut. Formé à la fin des années 1990 par Poia (guitare), Urlo (basse) et Vita (batterie), le trio a défini un univers à la fois lourd et éthéré, tout en riffs vrombissants, en space rock psychédélique à souhait et en pochettes éclatantes (Poia et Urlo font partie du collectif Malleus qui s’en charge). Alors qu’il enchaînait les sorties tambour battant, le groupe a donc cette fois-ci pris son temps. C’est qu’à force, Ufumammut a frôlé le burn-out : de plus en plus complexes, de moins en moins spontanés, ses disques étaient devenus suffisamment denses et répétitifs pour que les musiciens s’y perdent. Pour ce neuvième album, Fenice, phœnix en italien, qui sort à nouveau chez Neurot, c’est donc un bain de jouvence voire une renaissance que recherche le groupe. Avec un line-up légèrement altéré – c’est Levre que l’on entend désormais à la batterie – et donc du sang frais, Ufomammut ouvre un nouveau chapitre dans son histoire. Les premiers extraits « Psychostasia » et « Pyramind » prouvent en tout cas que les Italiens ont encore du fuzz et du psychédélisme à revendre…

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Deathspell Omega – The Long Defeat


Depuis la fin de la « trilogie métaphysique » Si Monvmentvm Reqvires, Circvmspice / Fas – Ite, Maledicti, In Ignem Aeternum / Paracletus il y a maintenant plus de dix ans, Deathspell Omega semblait être en période de transition. Après avoir ravagé l’underground français au tout début des années 2000 puis subi une première métamorphose, le groupe s’était imposé comme le fer de lance d’un nouveau black metal opaque et ambitieux, à la fois technique et chaotique, laissant son empreinte sur toute une génération de musiciens qui évoluent aux frontières du black metal, du death technique, voire du post-rock et du free jazz. Suivant donc une trilogie esthétiquement et philosophiquement cohérente où le projet semblait à son apogée, The Synarchy Of Molten Bones et The Furnaces Of Palingenesia semblaient tenir plus de la transformation en cours que d’un véritable nouveau départ : The Synarchy Of Molten Bones en poussant la tendance dissonante, technique et abstruse du groupe à son épuisement, et The Furnaces Of Palingenesia en préparant le terrain pour une future réorganisation des forces. Et cette nouvelle métamorphose, c’est The Long Defeat qui l’effectue : sorti par surprise comme son prédécesseur, il est annoncé comme le premier album de la troisième période de Deathspell Omega…

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Rammstein – Zeit


Que font des bêtes de scène comme les membres de Rammstein lorsqu’une pandémie mondiale les force à remettre à plus tard leur tournée titanesque ? Comme beaucoup de leurs camarades d’une industrie très touchée par les conséquences du coronavirus, elles reprennent le chemin des studios, et ce un an à peine après la sortie d’un septième album, Rammstein, qui, selon les propos du guitariste Richard Z. Kruspe, aurait pu être le dernier. Sorti après dix longues années de silence en 2019 et renouant avec des sonorités électro que les Allemands avaient un peu délaissées, il avait été une agréable surprise pour des fans qui n’osaient plus en espérer tant. Fruit d’une créativité revigorée par l’annulation des concerts et l’austérité des confinements selon Flake, le claviériste du groupe, Zeit, huitième album qui sort seulement trois petites années plus tard, s’annonce comme l’occasion d’enfoncer le clou pour un groupe qui n’a plus rien à prouver.

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Ibaraki – Rashomon


Dans les anciennes légendes japonaises qui rapportent son histoire, le démon Ibaraki, vaincu par un samouraï qui lui coupa le bras, dupa ce héros en se présentant chez lui sous les traits de sa tante, pour récupérer son membre. Revêtir une apparence inhabituelle et se jouer des identités ou des rôles préconçus semblent aussi être les mots d’ordre du projet qui livre ici son premier album. Derrière le nom d’Ibaraki se cache en effet celui de Matt Heafy, chanteur et guitariste de Trivium, qui entend dévoiler par ce biais sa facette… black metal. Le projet, annoncé et resté dans les tiroirs depuis une dizaine d’années, est d’autant plus surprenant que l’Américain a réussi à s’offrir, pour le mener à bien, la collaboration d’Ihsahn. En ajoutant au casting les noms de Nergal (de Behemoth) et de Gerard Way (de My Chemical Romance), en un improbable grand écart entre caution black metal et emo-punk pour adolescent, Ibaraki s’annonçait comme une entité difficile à cerner.

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The Hellacopters – Eyes Of Oblivion


Personne n’aurait réellement misé sur un retour de The Hellacopters. Le groupe de rock suédois s’était séparé suite à la sortie de Head Off en 2008 après une tournée européenne d’adieu, malgré une popularité croissante. The Hellacopters souhaitait s’arrêter en bonne forme, peu désireux d’entretenir une routine nocive pour la créativité. Lorsqu’en 2016 le Sweden Rock Festival leur propose un concert anniversaire pour les vingt ans de Super Shitty To The Max! (1996), le line-up original s’est reformé pour l’occasion – avec notamment Dregen (Backyard Babies) qui n’avait pas officié dans le groupe depuis 1997. Un retour entaché par le départ du bassiste Kenny Håkansson et le décès l’année suivante de Robert Dahlqvist, guitariste du combo de 1999 jusqu’à sa séparation. Malgré tout, force est de constater que l’expérience live a tout simplement ravivé la flamme : The Hellacopters était prêt à arpenter de nouveau les scènes, à condition de ne pas devenir un spectacle nostalgique. C’est dans ce contexte qu’Eyes Of Oblivions, huitième effort studio du groupe, a été envisagé. Il embrasse l’ensemble de la carrière de la formation pour nous rappeler que The Hellacopters a toujours mérité sa cote de popularité.

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Watain – The Agony & Ecstasy Of


Plus de dix ans après la sortie de Lawless Darkness, souvent considéré comme son magnum opus, de l’eau a coulé sous les ponts pour Watain, entre vastes tournées et scandales, projets ambitieux et DIY radical, et, pandémie mondiale oblige, stase et réorganisation des forces. En six albums et plus de vingt ans d’existence, les Suédois ont imposé dans le monde du black metal et au-delà une approche singulière, sans compromis dans le fond – satanisme « anti-cosmique » proclamé lors de concerts-rituels dégoulinants de sang et de flammes – mais accessible dans la forme – guitares mélodiques, sens de l’accroche et du rock’n’roll. Après l’ambitieux The Wild Hunt en 2013 où le groupe poussait à l’extrême ses envies de grandeur au grand dam d’une partie de son public, Watain était revenu à une forme plus compacte et violente avec Trident Wolf Eclipse en 2018. Un split et une cassette autoproduite plus tard, le trio propose son septième album, dont le titre, The Agony & Ecstasy Of Watain, présage une synthèse des opposés, un mariage des contraires, et donc peut-être un retour à l’alchimie particulière de ses disques les plus mémorables…

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Devil Master – Ecstasies Of Never Ending Night


Dans le metal peut-être encore plus qu’ailleurs, on ne sort jamais vraiment de l’éternel retour des années 80. Partout dans la pop culture, de Perturbator à Stranger Things, cette époque a longtemps été pour les metalleux synonyme d’âge d’or, de solos échevelés et de stades pleins à craquer. Mais pour une nouvelle génération de musiciens nés soit à la fin de cette décennie, soit dans les années 90, elle est bien plus que ça : explorée, révisée, fantasmée, celle-ci est un terrain de jeu qui recèle des sources d’inspiration variées, des scènes underground riches et des artistes audacieux. C’est le cas de Devil Master : le groupe, fondé en 2015 à Philadelphie par des membres britanniques et américains, a frappé fort d’entrée de jeu avec une série de sorties confidentielles qui lui ont valu une signature chez Relapse pour son premier album, Satan Spits On Children Of Light, en 2019. Il faut dire que le combo a des arguments : son mélange de D-beat et de black metal première vague qui n’hésite pas à piocher chez les pionniers du rock gothique, son énergie redoutable et son esthétique carton-pâte à prendre au premier ou au quinzième degré sont assez irrésistibles et les distinguent de groupes comme In Solitude, Tribulation ou Unto Others, plus sobres et moins punk dans leur approche. Trois ans et un remaniement de line-up plus tard, le désormais quatuor revient avec un nouvel opus intitulé Ecstasies Of Never Ending Night. Tout un programme…

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Audrey Horne – Devil’s Bell


Le meilleur des deux mondes. C’est ce que cherche à atteindre Devil’s Bell, le dernier effort des rockeurs norvégiens d’Audrey Horne. Le groupe nommé d’après un personnage de Twin Peaks compte parmi ses membres des habitués de la scène metal dont Arve Isdal, le guitariste d’Enslaved. Il est l’un des exemples les plus parlants concernant la polyvalence des musiciens de la scène : depuis Youngblood (2013), Audrey Horne ne se présente plus comme un side-project mais comme un groupe capable de remplir les salles d’importance, à grands coups de riffs rock inspirés des seventies et des eighties. Devil’s Bell a bénéficié d’un soin particulier – pandémie oblige – et souhaite perpétuer la dynamique positive d’Audrey Horne. Pourtant, si le groupe aurait pu se contenter d’enchaîner les hymnes rock décomplexés, il s’est inspiré du contexte actuel propice à un album plus sombre et aux structures légèrement plus complexes. Une sorte de croisement entre l’Audrey Horne des débuts davantage concerné par les atmosphères et le visage récent où l’accroche est le maître-mot.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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