Même plus besoin pour les groupes comme Cattle Decapitation d’imaginer un monde dépérissant, où le chaos, grandement aidé par la main de l’homme elle-même, a su infiltrer la moindre lézarde : entre le dérèglement climatique, les conflits qui pullulent et la tension qui grimpe à vue d’œil, le présent n’est plus si reluisant. Une apocalypse au ralenti, où chacun a le loisir de se débattre avant de réaliser qu’il « fait partie du problème », comme le confie le chanteur Travis Ryan. Après deux décennies et demie de carrière, Cattle Decapitation, non content de s’être fait un nom dans la durée avec une salve d’albums plutôt bien reçus, n’entend pas se reposer. Le groupe ne cherche pas refuge dans le nihilisme – Terrasite ne serait d’ailleurs peut-être pas né dans le cas contraire. Pas question non plus de brandir l’arme de culpabilisation à outrance : mettre tout un chacun face à la réalité offre souvent davantage de perspectives. Le pessimisme de cet album reste néanmoins assez appuyé, et pourrait même passer pour l’un des garants de la patte sonore de la formation.







































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