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Chronique Focus   

Fvnerals – Let The Earth Be Silent


Le nom « Fvnerals » peut prêter à confusion. Pour mener à bien une cérémonie funéraire, il faut du personnel et une audience ; dans l’œuvre du duo belgo-suédois, il serait bien difficile de réunir le monde nécessaire, ou même de trouver une forme de vie notoire. Le projet est né en Angleterre de la collision entre la chanteuse-bassiste Tiffany Ström et le guitariste Syd Scarlet, comme deux particules donnant le jour à une énergie destructrice. Passés par l’Écosse, la Belgique et enfin l’Allemagne, ces ténébreux lurons invitent sur cet album Thomas Vaccargiu pour s’occuper des fûts et autres outils percussifs. Avec deux albums et autant d’EP au compteur, le groupe nous livre le troisième volet de leur aventure, Let The Earth Be Silent. Leur style, toujours difficile à caractériser, mêle la lenteur du funeral doom et du drone, sur laquelle se greffent des embruns ambiants, diverses nappes éthérées et un soupçon d’électronique.

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Rise Of The Northstar – Showdown


Le sang saiyan. Quelque part, Rise Of The Northstar peut prétendre en avoir un peu. En raison de la pandémie, le groupe français a dû annuler une tournée prévue en avril 2020. Lorsqu’on sait que ROTN existe par et pour le live et que ce dernier s’est refusé à proposer des concerts en streaming pour préserver le côté viscéral de l’expérience, on pouvait douter de sa capacité à revenir sur le devant de la scène. Mais à l’image d’un Vegeta qui revient plus fort après avoir frôlé la mort – trait principal de son peuple – Rise Of The Northstar met un terme à trois années de silence pour accoucher de Showdown. Le shonen sans fioritures, troisième arc.

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Asylum Pyre – Call Me Inhuman


Par définition, le concept de « groupe à chanteuse » est nul et non avenu. Il revient en effet à mettre dans le même panier des formations aussi diverses que Nightwish et Arch Enemy. Et pourquoi pas les Pussycat Dolls tant qu’on y est ? Et puis, a-t-on déjà entendu parler de « groupe à chanteur » ? Mais que les fanas de la valse des étiquettes se rassurent, Asylum Pyre pourrait s’en voir coller une tripotée : power speed électro pop metal progressif avec des touches tribales. Et des influences celtiques aussi ? Y’en a… Pour son cinquième album, le second enregistré avec la vocaliste Oxy Hart, le groupe a choisi de nous emmener au cœur de l’union des « fighters » dans un univers pré-apocalyptique, en poursuivant son concept qui traque l’évolution des humains de nos jours jusqu’en 2062. Une façon peut-être de repousser encore un peu plus ses frontières musicales et de s’autoriser à aborder de nouvelles influences.

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Fågelle – Den Svenska Vreden


Les contrées nordiques peuvent s’avérer, musicalement parlant, cinglantes comme le blizzard (on pense notamment au black metal islandais) ou d’une délicatesse tout aussi caractéristique. Si la première minute de Den Svenska Vreden fera volontiers croire que ce nouvel opus de la Suédoise Klara Andersson, alias Fågelle, rejoint la première catégorie, un solide cadre sera bien vite monté et ne laissera plus de doute quant à sa tonalité.

Et pourtant ! Le titre de l’album se traduit par « La Rage (ou « Colère ») Suédoise ». À en croire Klara, les Suédois auraient tendance à enfouir ce type d’émotions, souffrant en silence, « patiemment », attendant la venue d’un futur plus radieux. Les normes du pays placent une forte estime sur la retenue émotionnelle et le fait de garder la tête froide – et ce de manière plus insistante encore pour les femmes –, pour le meilleur comme pour le pire. Cette pression déshumanise, réduit à l’état de « colle sociale », et pousse les opinions vers un tourbillon dangereusement consensuel. On trouve ainsi, au cœur de cette sortie, un sentiment d’isolement, le besoin de partager un ressenti profond, et le bouillonnement interne généré. Déménager en Allemagne a fourni à Klara le recul nécessaire pour comprendre et sublimer cette tempête intérieure.

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Downfall Of Gaïa – Silhouettes Of Disgust


Au matin d’un hiver froid, sous la brume grisâtre d’une pluie s’écrasant sur le goudron craquelé d’une route de campagne déserte, le vent se lève. Un vent ravageur, une tornade exceptionnelle qui emporte tout sur son passage. Une bourrasque qui se transforme en tempête et qui cisèle les airs à feu et à sang. À l’origine de ce chaos se trouve le nouvel opus de Downfall Of Gaïa. Une fois de plus, les Allemands ouvrent d’immenses crevasses desquelles surgit l’éruption explosive qu’est Silhouettes Of Disgust, et confirment encore que la rage qu’ils contiennent est intarissable.

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Hanging Garden – The Garden


Hanging Garden est un cas un peu à part dans le paysage musical finlandais. Tout en s’inscrivant dans la scène doom-death mélodique et atmosphérique typiquement locale, le groupe s’est au fil des albums accordé quelques embardées stylistiques : vers le sludge et le post-hardcore sur TEOTWAWKI, vers le post-rock sur Blackout Whiteout et vers l’électro sur I Am Become. Depuis Into That Good Night, il semble avoir trouvé une certaine stabilité, tout en laissant de plus en plus de rayons de lumière percer à travers son immuable voile de mélancolie.

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Mork – Dypet


Dix ans à peine se sont écoulés depuis la sortie d’Isebakke, le premier album de Mork, mais le projet en est déjà à son sixième album. Pas mal pour ce qui avait commencé comme un side-project pour son seul membre, Thomas Eriksen, en 2004 : Mork a toujours progressé à son propre rythme, gagnant peu à peu l’attention du public et le respect de ses pairs. C’est que le projet s’est épanoui dans une scène à la fois très active et saturée par sa propre histoire, le petit monde du « true » black metal norvégien, à un moment de reflux où les déclinaisons possibles du genre n’en finissaient pas de se multiplier. Rapidement signé chez Peaceville, Mork s’est depuis imposé comme un protagoniste particulièrement fiable du style, qui, avec chaque album, revisite et se réapproprie le foisonnant héritage des années 1990. Deux ans après un Katedralen sorti en pleine pandémie, Dypet s’annonce comme une plongée dans les abîmes (ce titre signifie « Les profondeurs » en norvégien), thème de choix pour s’immerger à nouveau dans l’univers sombre et froid – comme il se doit – de Mork.

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Ne Obliviscaris – Exul


Ne Obliviscaris n’a jamais recherché la facilité, ni dans sa musique, metal extrême progressif et hybride, ni dans son organisation, comme en témoigne notamment la présence dans ses rangs du Français Benjamin Baret qui, avant de finalement s’exiler, résidait à des milliers de kilomètres des autres membres australiens du groupe. Cette fois, c’est un élément externe, la pandémie, qui a compliqué la création de son nouvel album. Entamé juste au moment où les frontières se sont refermées les unes après les autres, en mars 2020, l’enregistrement d’Exul a été suspendu pendant deux ans. Une période difficile qui a failli briser le groupe, mais dont il a su tirer parti en utilisant ce temps supplémentaire pour parfaire des détails de l’album et parfois en réécrire complètement des parties.

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Babymetal – The Other One


Qu’on le veuille ou non, Babymetal a aujourd’hui le statut de superstar. La fusion entre une musique heavy complètement débridée et polymorphe et la J-pop a fait des émules dans le monde entier : l’occasion de découvrir la rigueur extrême du traitement des idoles et du niveau de performance demandé lors des représentations. Seulement, une fois passées la curiosité de la nouveauté et la tolérance des premières accointances, on peut se demander si la formule Babymetal fonctionne toujours. The Other One, leur quatrième opus, a la lourde charge de prouver que la formation est toujours pertinente – même amputée de son troisième membre, Yuimetal, partie pour entreprendre une carrière solo et absente des projets depuis 2018. A nouveau, la formation suscitera le rejet quasi automatique de bon nombre d’aficionados du metal. Et pourtant…

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Pop Evil – Skeletons


« Tailler dans le gras ». C’est un peu ce qui résume la démarche des Américains de Pop Evil concernant leur dernière réalisation et septième album studio intitulé Skeletons. Ce dernier succède à Versatile (2021), un véritable exercice d’application des rudiments du rock et un hommage à un genre sans cesse évoqué comme déclinant. Selon le frontman Leigh Kakaty, Skeletons n’entend pas répondre à la même approche exhaustive de ce qui fascine dans le genre. Le groupe veut aller à l’essentiel et retranscrire l’énergie du live (à quelques effets électro en postproduction près, garants du cachet moderne de Pop Evil), fidèle poncif pour les formations qui font leur réputation sur scène. Skeletons n’a donc pas peur de son aspect téléphoné : il l’embrasse pleinement.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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