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Chronique Focus   

Kamelot – The Awakening


Rare représentant américain d’un metal mélodique équilibré entre power metal et metal symphonique, Kamelot a connu en ses plus de trente ans de carrière des périodes de grand creux proportionnel à son ascension des sommets dans la première moitié des années 2000. Remontant doucement la pente depuis l’album Silverthorn, suivi de Haven, le groupe avait livré en 2018 avec The Shadow Theory un effort honorable mais trop prévisible. Entamé dès 2020, son successeur a finalement laissé passer cinq années. Jamais autant de temps ne s’était écoulé entre deux albums du groupe et cette longue gestation laissait espérer un renouvellement qui est au rendez-vous avec le bien nommé The Awakening.

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Redemption – I Am The Storm


Né il y a plus de vingt ans, Redemption a su devenir, malgré un line up assez changeant, l’une des valeurs sûres du metal progressif US. Il doit cette reconnaissance (demeurée étonnamment en deçà de la notoriété méritée) à la fois au talent individuel de ses membres à la renommée souvent déjà bien établie et à l’excellence des compositions de Nick van Dyk. Sous ses allures de supergroupe – il a notamment compté dans ses rangs Corey Brown de Magnitude 9, Ray Alder de Fates Warning, Jason Rullo de Symphony X et Bernie Versailles d’Agent Steel –, Redemption a rapidement forgé son style propre, caractérisé par un équilibre parfaitement mesuré entre agressivité et calme, frontalité et complexité, puissance et mélodie. En 2017, suite au départ de leur précédent chanteur, les Américains sont allés chercher de l’autre côté de l’Atlantique leur nouvelle voix en la personne de Tom S. Englund. Un choix qui pouvait étonner, la teneur musicale de Redemption paraissant assez éloignée des tendances mélancoliques d’Evergrey. Pourtant, dès Long Night’s Journey Into Day, sorti il y a cinq ans, le Suédois avait su donner raison à cette collaboration qui permettait de découvrir d’autres facettes de ses capacités.

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Høstsol – Länge Leve Döden


La pause imposée aux musiciens par l’épidémie de Covid-19 a souvent été fertile, comme le prouve l’avalanche de sorties et de nouveaux projets de ces derniers mois. Parmi ceux-ci se détache Høstsol (« soleil d’automne » en norvégien), qui bénéficie de l’éclat de son casting septentrional : le quatuor est composé du Norvégien Cernunnus de Manes à la guitare, des Finlandais Kalmos et Rainer Tuominkanto d’Ajattara à la basse et à la batterie, et du Suédois Niklas Kvarforth de Shining au chant. Formé en 2020 avec pour objectif revendiqué de rendre hommage au black metal des années 1990 et (donc ?) à la mort, le groupe avait sorti un premier morceau l’année passée à l’occasion d’un split avec Shining justement, « Din Skördetid Är Nu Kommen ». Son premier album, intitulé Länge Leve Döden (« Vive la mort » en suédois), aux côtés de quatre titres écrits « au cours d’un processus horrible et malsain », dixit le groupe lui-même – on n’en attendait pas moins vu les personnalités impliquées. Bref, tout semble indiquer qu’avec Høstsol, Kvarforth et consorts sont fidèles à eux-mêmes, et prêts à en découdre…

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The Answer – Sundowners


Sept ans que The Answer n’a pas donné signe de vie. Le groupe avait réalisé son dernier opus en 2016, intitulé Solas. Un virage stylistique vers des contrées plus folks et celtiques faisant suite à une période de profonde remise en question. Peu de temps après, les Irlandais avaient décidé de prendre du recul, comme si Solas n’avait pas su effacer les désillusions. Si le frontman Cormac Neeson s’était illustré avec un projet solo du nom de White Feather (2019), les Irlandais restaient confidentiels quant à leurs activités et encore davantage concernant un retour de The Answer aux affaires. Sundowners est le septième opus de la formation et se veut le témoin le plus éloquent quant aux bienfaits du hiatus. Tout l’enjeu était de retrouver la flamme.

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Nanowar Of Steel – Dislike To False Metal


Les facéties de Nanowar Of Steel ne s’arrêteront sans doute jamais. Le groupe prend un malin plaisir à se moquer des codes d’un genre qui se prend trop au sérieux selon lui. Son sens de l’humour douteux s’allie à une expertise musicale indéniable, suffisamment riche pour parvenir à un cinquième opus qui perpétue la blague intitulée Dislike To False Metal. Tout un programme, où tout y passe. Reste à savoir si le niveau comique des Italiens tutoie toujours les sommets ou s’il s’enfonce dans les abysses du mauvais goût et de la blague éculée. Dans tous les cas, le groupe semble ne pas accuser de pannes d’inspiration.

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Isole – Anesidora


On sait depuis les premiers Candlemass que la Suède est la terre d’élection de ce que le doom fait de plus épique, majestueux, voire grandiloquent. La carrière d’Isole le confirme : avec deux décennies d’activité derrière lui ainsi qu’une préhistoire constituée d’une série de démos sorties en tant que Forlorn dans les années 1990, le groupe est passé maître dans l’art de l’epicus doomicus metallicus. Il lui a même imposé sa propre patte en incorporant à son sens du riff et son chant clair habité une mélancolie qui peut rappeler Katatonia, et des touches de viking metal. C’est que le duo historique formé par les deux guitaristes/chanteurs Daniel Brynste et Crister Olsson est aussi à l’origine d’Ereb Altor, projet qui ne fait aucun mystère de l’influence de Bathory époque Twilight of the Gods sur les musiciens, et que la frontière entre les deux groupes se fait parfois ténue. Pour son huitième album en à peine vingt ans, Anesidora, Isole se propose de continuer dans la même direction : il faut dire que l’époque se prête plutôt bien aux paysages grandioses et désolés que peignent les Suédois. Annoncé par le bien nommé « The Songs Of The Whales » [« Les chansons des baleines »] et sa tristesse écrasante, Anesidora s’annonce plus vaste et mélodique que jamais…

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Periphery – Djent Is Not A Genre


« Du temps, du stress, de la souffrance ». C’est en ces termes que Misha Mansoor décrit le processus qui a abouti au cinquième opus canonique de Periphery, sobrement intitulé Periphery V : Djent Is Not A Genre. L’album est un produit des contraintes de la pandémie où le groupe a dû réviser sa méthode d’enregistrement et de composition. Parfois, Misha envisageait de tout abandonner. Si Periphery IV : Hail Stan (2019) avait profité d’un élan de confiance de la part de la formation, Periphery V est son exact opposé. La composition a démarré en automne 2020 et le groupe a décidé de scrupuleusement respecter les règles anti-Covid-19, quitte à multiplier les sessions d’écriture intermédiaires. Periphery V surpasse donc son prédécesseur en temps d’écriture et d’enregistrement et a éprouvé les musiciens. Malgré toutes ces contraintes, Periphery devait respecter sa ligne de conduite : ne pas (trop) revenir sur des territoires déjà explorés. Ce nouvel effort est donc une véritable épreuve de force qui cherche à prouver quelque chose comme son sous-titre l’indique. C’est aussi un jalon dans la carrière de Periphery : la certitude que le groupe a des liens (remontant jusqu’à seize ans en arrière, dans le cas de Misha et Jake Bowen) capables de tenir bon.

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Haken – Fauna


La musique progressive est un paradoxe. En repoussant les limites à des fins exploratoires, elle rend, à chaque étape, sa propre croissance plus difficile. Pas de quoi effrayer Haken, habitué de la discipline. Après un duo conceptuel – Vector et Virus – un tantinet « sage » car moins diversifié et plus axé metal et gros riffs (sans que le groupe se trahisse pour autant), les Londoniens rempilent et mettent les bouchées doubles avec Fauna, un album conçu sans la moindre restriction stylistique. Cette sortie marque le retour du claviériste Peter Jones, après pas moins de quatorze années loin du groupe. Celui-ci comble avantageusement le vide laissé par un Diego Tejeida parti de son propre côté, doté d’une « vision différente ». Comme si le mélange d’influences des membres déjà présent (incluant le classique, le jazz, la country, le reggae ou encore l’électro) ne suffisait pas, voilà que ce revenant enrichit un peu plus l’ADN d’Haken avec moult tendances jazzy et électroniques glanées au cours de son exil. Cette profusion de styles, plutôt que d’être perçue comme une entrave, est vue par Haken comme une huile permettant de faire circuler les idées de manière fluide. Il est quasi exceptionnel de voir Fauna faire du surplace pour plus de vingt secondes. Ainsi, la recherche d’un concept aussi éclectique que sa musique a amené Haken à concevoir un album sur lequel chaque piste se voit associée à un animal. Une pluie de métaphores déroule une œuvre à plusieurs couches, à travers lesquelles les morceaux se connectent également au genre humain et, parfois, à un vécu personnel.

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Enslaved – Heimdal


Si l’on n’y prête qu’une attention distraite, la photographie qui orne le seizième album d’Enslaved ne montre qu’un paysage nordique perdu dans la brume, une langue de terre boisée s’avançant dans l’eau dans laquelle elle se reflète. Il suffit pourtant que le regard s’attarde pour que ce qui apparaissait comme le reflet se révèle être le paysage réel et inversement. A travers cette image en trompe-l’œil, Heimdal s’offre comme une invitation à plonger dans un voyage musical, mythologique et philosophique propre à bousculer nos perceptions les mieux établies. En revenant à la figure aussi centrale qu’ambiguë d’Heimdall, ce dieu de la mythologie nordique considéré comme le pilier du monde, dieu des commencements qui engendra la société humaine, mais dont l’origine et les attributs demeurent incertains, Enslaved revient à un des thèmes qui l’ont inspiré dès ses débuts, lorsqu’il était encore un groupe de pur black metal, et trouve dans son mystère de multiples pistes à suivre pour sa musique encline aux circonvolutions.

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Sortilège – Apocalypso


S’il est un groupe qui mérite bien le qualificatif de « légendaire », c’est bien Sortilège. Et pas seulement parce que ses lyrics font appel à l’univers heroic fantasy, mais aussi parce que son nom circule depuis fort longtemps dans le petit monde du « hard rock français », comme on se plaisait à le dire dans les années 80. Car c’est bien à cette période, précisément entre 1983 et 1986, que la formation originaire de la région parisienne a sorti les trois albums (enfin, deux albums et un maxi 45 tours de cinq titres) qui ont bâti sa légende et sa réputation. Emporté par des conflits internes, le groupe disparu des radars refait surface en 2021 avec le bien nommé Phoenix, un album comprenant douze classiques réenregistrés ainsi que deux inédits. De quoi raviver l’intérêt des fans et relancer une carrière. Encore fallait-il que cette compilation soit suivie d’un véritable nouvel album, afin que cet étonnant retour puisse s’inscrire dans la durée.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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