La musique de System Of A Down est désormais inscrite dans le patrimoine du rock. Difficile dès lors d’en ressusciter l’esprit, d’autant plus lorsque les artisans de son succès ne sont plus sur la même ligne artistique. S’il a un temps espéré ramener son ancienne formation vers le chemin du studio, le guitariste-chanteur Daron Malakian semble s’être résigné à tracer son futur avec Scars On Broadway. Et pourtant, son projet n’est réactivé que de façon sporadique, comme un défouloir entre deux tournées d’un SOAD figé dans une époque révolue. Addicted To The Violence aura ainsi nécessité sept longues années de gestation.
Malakian l’avait clairement annoncé : Dictator, son précédent opus sous le nom de Scars On Broadway, rassemblait des compositions initialement destinées à System Of A Down. Le temps passe, mais l’homme reste fidèle à son éthique musicale. Addicted To The Violence présente la même coloration bigarrée, un univers au chaos finement structuré ainsi qu’aux contours azimutés. Le frontman s’y autorise tous les délires, mené par une idéologie punk et anticonformiste qui l’amène à s’envoler dans les hauteurs vocales délirantes ou à s’abandonner dans les mélodies biscornues (« Your Lives Burn », brûlot speed et délicieusement décalé). Malakian reste cet animal perché, schizophrénique et indomptable, quitte à parfois en faire légèrement trop. Le disque est résolument foufou, strié d’influences orientales fusionnées à la fureur de riffs heavy, rythmé par un groove implacable. Pourtant, contrairement à certains travaux de son comparse Serj Tankian, le guitariste parvient à conserver un fil conducteur, une vraie cohérence. D’une richesse d’écriture foisonnante, Scars On Broadway parvient toujours à faire émerger du magma des refrains qui accrochent, hypnotisent et emportent ailleurs. Malakian s’amuse des ambiances, des tempos ainsi que de ses thématiques habituelles – drogue, politique, religion –, mais n’en oublie jamais l’efficacité. Une finalité de son écriture qui traduit une parfaite maîtrise de sa folie artistique.







































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