En 2014, Myrkur, le projet de la musicienne américano-danoise Amalie Bruun, entrait dans le monde du black metal par la grande porte : un temps auréolé de mystère, puis du soutien d’acteurs incontournables de la scène, son black atmosphérique et éthéré a fait couler beaucoup d’encre et grincer pas mal de dents, pour un succès finalement éclatant. Près de dix ans et trois albums plus tard, les gardiens du temple peuvent dormir sur leurs deux oreilles : après la folk ancestrale de Folkesange, sur Spine, son nouvel opus, les touches de (black) metal font figure de vestiges d’un temps révolu.
Spine se présente en effet comme un patchwork qui reflète les différentes facettes de Bruun : toujours mélodique et atmosphérique, il mêle rock, lignes de synthé à la Depeche Mode (« Mothlike »), intermèdes folk et arrangements élégants. Les coutures sont lâches : « Valkyriernes Sang » bascule dans l’hommage à Mercyful Fate sans qu’on l’ait vraiment vu venir, et surtout la voix de la chanteuse, lissée et accompagnée d’un écho à la Enya, semble toujours flotter au-dessus de la musique sans jamais vraiment s’y fondre. Lumineuse assurément, évanescente, voire désincarnée – et c’est là que le bât blesse. Malgré l’intensité émotionnelle des sujets abordés – mort et résurrection, affres et joies de la maternité… – et les grands orgues de la mythologie nordique – cérémonie funéraire viking et Valkyries –, on peine à plonger sous la surface lustrée et miroitante de l’album. En laissant derrière elle ses caractéristiques les plus saillantes (l’abrasivité des premiers albums, la vulnérabilité dépouillée de Folkesange, le danois maternel de Bruun remplacé par l’anglais sur la majorité des chansons), la musicienne semble faire le pari du compromis, au risque de perdre sa singularité. Approprié finalement pour un album dont la perte de soi-même semble être en filigrane la question centrale : le futur dira si les fans de la multi-instrumentiste la suivront dans cette nouvelle métamorphose.







































La croisière 70000TONS OF METAL 2027 annonce ses premiers noms
Marilyn Manson à Nîmes : la rédemption du révérend ?
Devildriver peint sa musique sans compromis
A Perfect Circle : La magie d’un groupe presque parfait
Hellfest : le renouvellement perpétuel
ULTRA VOMIT dévoile le clip vidéo live de la chanson « A.N.U.S. »
MASTERPLAN dévoile la chanson « Metalmorphosis »
John Corabi quitte (une nouvelle fois) THE DEAD DAISIES
THE OBSESSED signe chez Heavy Psych Sounds Records et sortira son nouvel album Live Fast – Love Hard – Die Free en 2027
Motocultor : l’équilibre fragile d’un festival à taille humaine