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Myrkur – Spine


En 2014, Myrkur, le projet de la musicienne américano-danoise Amalie Bruun, entrait dans le monde du black metal par la grande porte : un temps auréolé de mystère, puis du soutien d’acteurs incontournables de la scène, son black atmosphérique et éthéré a fait couler beaucoup d’encre et grincer pas mal de dents, pour un succès finalement éclatant. Près de dix ans et trois albums plus tard, les gardiens du temple peuvent dormir sur leurs deux oreilles : après la folk ancestrale de Folkesange, sur Spine, son nouvel opus, les touches de (black) metal font figure de vestiges d’un temps révolu.

Spine se présente en effet comme un patchwork qui reflète les différentes facettes de Bruun : toujours mélodique et atmosphérique, il mêle rock, lignes de synthé à la Depeche Mode (« Mothlike »), intermèdes folk et arrangements élégants. Les coutures sont lâches : « Valkyriernes Sang » bascule dans l’hommage à Mercyful Fate sans qu’on l’ait vraiment vu venir, et surtout la voix de la chanteuse, lissée et accompagnée d’un écho à la Enya, semble toujours flotter au-dessus de la musique sans jamais vraiment s’y fondre. Lumineuse assurément, évanescente, voire désincarnée – et c’est là que le bât blesse. Malgré l’intensité émotionnelle des sujets abordés – mort et résurrection, affres et joies de la maternité… – et les grands orgues de la mythologie nordique – cérémonie funéraire viking et Valkyries –, on peine à plonger sous la surface lustrée et miroitante de l’album. En laissant derrière elle ses caractéristiques les plus saillantes (l’abrasivité des premiers albums, la vulnérabilité dépouillée de Folkesange, le danois maternel de Bruun remplacé par l’anglais sur la majorité des chansons), la musicienne semble faire le pari du compromis, au risque de perdre sa singularité. Approprié finalement pour un album dont la perte de soi-même semble être en filigrane la question centrale : le futur dira si les fans de la multi-instrumentiste la suivront dans cette nouvelle métamorphose.

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Night Ranger – 40 Years And A Night With The Contemporary Youth Orchestra


Night Ranger a fêté ses quarante ans au Key Bank State Theatre de Cleveland le 9 novembre 2022. Les Américains ont connu différentes vagues dans leur carrière avec un succès significatif à domicile dans les années 1980. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Blades, Keagy et Gillis conduisent une machine rock parfaitement huilée et ne connaissent pas les doutes inhérents à la crise de la quarantaine. Ils se sont fait plaisir avec cet unique concert avec le Contemporary Youth Orchestra, composé de plus de quatre-vingts musiciens adolescents. Tous les ingrédients d’une parfaite soirée live sont réunis : interprétations et solos au millimètre avec notamment cette touche vibrato caractéristique de Gillis, échanges réguliers entre Blades et Keagy, et breaks participatifs pour le public. Les arrangements symphoniques habillent somptueusement les morceaux, essentiellement centrés sur les trois premiers albums. Seul « High Road », un titre de 2014, est interprété ce soir-là, s’inscrivant parfaitement dans l’ambiance impulsée par Night Ranger.

Après une intro symphonique annonçant de façon épique « (You Can Still) Rock In America », les Rangers lancent les hostilités. On a le droit à un véritable greatest hits optimisé, avec des chansons parfois rallongées. L’intro et l’outro orchestrales apportent un plus à « Call My Name ». Keagy, derrière ses fûts, ravive des souvenirs hard FM de l’époque MTV en interprétant « Sentimental Street », avec ses accords mélancoliques au piano et ses harmonies vocales, ou la balade acoustique « Goodbye » (écrite en hommage d’un ami du groupe décédé d’une overdose). Sur cette vieille pépite d’or hard rock qu’est « Night Ranger », l’ambiance est folle avec son break basse-batterie funky, le solo de percussions tribales donnant l’impression de participer à une capoeira. Sur « When You Close Your Eyes », Blades et Keagy sont dans une osmose vocale parfaite, catalysée par cette symphonie rock. Qui dit Night Ranger dit « Don’t Tell Me You Love Me », qui clôt le show, suivi en rappel du magistral et intemporel « Sister Christian ». Night Ranger est décidément une mine de tubes classic hard rock. Il ne manquait que du symphonique à leur répertoire pour mettre en lumière tout le talent artistique et créatif du groupe. C’est chose faite !

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Electric Boys – Grand Explosivos


Il s’en est passé des choses depuis la reformation du combo suédois il y a presque quinze ans, et notamment plusieurs sorties discographiques toutes aussi réjouissantes qu’elles furent bienvenues. Et ce n’est pas ce détonant Grand Explosivos qui nous fera dire le contraire, bien au contraire (hein?) ! Toujours aussi à l’aise dans leurs santiags, les garçons électriques poursuivent leur route avec style et détermination, bien décidés à continuer de rattraper tout le temps perdu au cours de leur (trop longue) séparation.

Doté de riffs imparables, de refrains incisifs (« The Great Believer » ou « Karma’s Gonna Get You ») et d’un sens de la fête rock tout à fait délicieux, le quatuor se met au service d’un hard mélodique et redoutable, qui tantôt hume bon les eighties et le hard FM (« I’ve Got A Feelin’ »), tantôt des sonorités plus seventies (le génial « Missed Her By A Minute » et ses couleurs façon ELO), sans oublier sa marque de fabrique bien funk & roll avec la présence de titres tels que « Better Safe Than Sober », « Cozmic Jagger » ou encore, il va sans dire, « When Life Treats You Funky » (avec son court mais fun clin d’œil au « Hey Jude » des Beatles vers la fin). D’aucuns parleraient alors d’un retour aux sources rondement réussi, mené de main… pardon : de voix de maître par un Conny Bloom au timbre mature et assumé, offrant alors une vue d’ensemble crédible et naturelle, loin des productions sur-sophistiquées de certains frontmen vampiriques qui trop souvent s’interdisent de vieillir. Le tour de chant est digne, touchant et accessoirement toujours très convaincant ! Un album sacrément rafraichissant en somme, qui s’il ne bouleversera pas l’industrie du disque fera néanmoins un bien fou à celles et ceux qui prendront le temps d’y prêter une oreille.

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Autopsy – Ashes, Organs, Blood And Crypts


Lorsqu’Autopsy s’y met, on ne les arrête pas : quatre albums entre 1989 et 1995, quatre à nouveau entre 2011 et 2015… Pas étonnant donc que le dixième opus des légendes du death metal, Ashes, Organs, Blood And Crypts – tout un programme – sorte tout juste un an après son prédécesseur, le tonitruant et remarqué Morbidity Triumphant. Passés maîtres dans l’art des riffs caverneux et des éructations bestiales, le tout arrosé de litres d’hémoglobine, les Américains ont tout de la valeur sûre : chaque nouvel album rappelle que ce sont dans les veilles marmites (rouillées) que l’on fait les meilleures soupes (de tripes), et Ashes, Organs, Blood And Crypts ne déroge pas à la règle…

De l’ouverture musclée de « Rabid Funeral » aux derniers accords de « Coagulation », Autopsy ne laisse pas de répit. Qu’il monte en intensité et en barbarie (« Throatsaw ») ou ralentisse le rythme jusqu’à un doom particulièrement lugubre (« Bones To The Wolves »), qu’il pioche du côté du punk (« Toxic Death Fuk ») ou du thrash en ponctuant ses morceaux de solos particulièrement aiguisés ou de passages de basse qui flanquent la nausée, le groupe ne perd ni le fil, ni son sens de la mise en scène. Divertissant comme un bon vieux slasher, brutal et roboratif, Ashes, Organs, Blood And Crypts a quelque chose de la faille spatio-temporelle direction le tournant des années 1990, avant que le metal extrême ne se nettoie, se sophistique et se compromette à l’infini. Si les Américains n’ont, depuis bien longtemps, plus rien à prouver, ce dixième album est comme son prédécesseur une véritable leçon de death metal old school qui renvoie dans les cordes tous les groupes rétro actuels. Maîtrisé, sardonique et jouissif, Ashes, Organs, Blood And Crypts est un ajout particulièrement juteux à l’une des discographies les plus solides du genre.

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Crosses – Goodnight, God Bless, I Love U, Delete.


Chino Moreno n’a jamais caché que ses influences musicales s’étendent bien au-delà du metal : fan revendiqué de dream pop et de new wave, en parallèle de sa carrière avec Deftones, il a exploré cet univers avec Team Sleep, Palms, et plus récemment Crosses (†††). Fondé en 2011 avec Shaun Lopez (Far) et Chuck Doom, ce projet a d’abord émergé mystérieusement avec une poignée d’EPs compilés par la suite en un album. La mode de la witch house battait son plein : avec son esthétique cryptique et ses sonorités sombres et synthétiques, Crosses s’y fondait parfaitement. Avec son nouvel album, Goodnight, God Bless, I Love U, Delete., il entre dans une nouvelle ère : sans Chuck Doom, signé sur Warner, le duo livre cette fois un véritable album composé de quinze titres inédits.

En fil rouge, on y retrouve l’atmosphère unique des premiers EPs, vaporeuse, claire-obscure, à la fois sensuelle et à l’élégance un peu froide, émanant de l’alchimie entre les productions de Lopez et la voix de Moreno : « Pulseplagg » nous replonge ainsi au début des années 2010, alors que « Pleasure » ou « Eraser » explorent la veine plus cinématographique du projet. Moreno renoue avec le rap sur « Big Youth » et a des inflexions à la Dave Gahan sur « Ghost Ride » ; de son côté, Lopez entrecroise ingénieusement les clins d’œil à la synthpop et aux années 1980 (les respirations du premier morceau, très « I Want You Now » de Depeche Mode à nouveau) et des sonorités contemporaines, dualité que l’on retrouve dans le choix des invités : El-P de Run The Jewels d’un côté, et Robert Smith de The Cure de l’autre. Toujours immersif, Goodnight, God Bless, I Love U, Delete. est parfois inégal – ses près de cinquante minutes n’évitent pas toujours le générique ou le délayage – mais lorsque la magie opère, l’atmosphère feutrée et liminale de Crosses y brille dans ce qu’elle a de plus singulier.

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Dokken – Heaven Comes Down


Il est toujours difficile de masquer son appréhension quand un groupe qui existe depuis plus de quarante ans, et qui s’est octroyé une longue pause loin des studios d’enregistrement, décide de revenir. La question qui se pose en premier lieu est : est-ce qu’il est toujours à la hauteur ? Et c’est sûrement la question que de nombreux fans de Dokken se sont posés en apprenant que celui-ci faisait son grand retour. Mais qu’ils soient rassurés : Heaven Comes Down apparaît comme une jolie surprise. Il est à la fois dynamique, nostalgique et frais. Dès les premières notes de « Fugitive », le titre qui ouvre l’album, on a tout de suite l’impression de retrouver le Dokken des années 80, celui qui a conquis le cœur des fans. Il semble n’avoir rien perdu de son essence mélodique et dramatique. Mais l’on sent aussi que les années ont fait prendre de la maturité à Don Dokken et Jon Levin – son acolyte six-cordiste des deux dernières décennies –, et qu’ils ont de la modernité à apporter.

En effet, Heaven Comes Down ne se résume pas à un simple retour vers les 80’s. Entre quelques clins d’œil par-ci par-là à cette époque mythique, la formation américaine cherche surtout à s’offrir une seconde jeunesse. Ainsi, l’on retrouve des titres aux sonorités presque heavy metal, comme « Gypsy » ou « Saving Grace » et son atmosphère mystique supporté par la frappe lourde de Bill « BJ » Zampa, mais également des condensés de pur rock, tels que l’énergique « Is It Me Or You ? » Sans oublier, la sublime ballade « I’ll Never Give Up », avec ses arpèges scintillants à la guitare clean, suivis d’un solo passionné de ce très cher Jon Levin. Ce dernier réussit à maintenir cette ardeur et ce jeu de guitare qui transportent. Après toutes ces années, il n’a rien perdu de sa superbe et tourmente sa guitare pour créer une tension folle, presque sensuelle. Du reste, certes Dokken n’a plus la fougue de ses jeunes années, l’album ne manque pas pour autant de solos bouillonnants, couplés à une énergie foisonnante dans les arrangements et des tempos claquants.

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Duff McKagan – Lighthouse


Le plus punk de la célébrissime formation hard californienne est de retour avec une nouvelle échappée en solitaire, aux couleurs une nouvelle fois un peu plus teintées de folk music (dans le sens premier du terme). Celui que l’on (re)découvrait il y a quatre ans avec la sortie de son deuxième album solo Tenderness persiste et signe son retour aux sources, direction les racines du rock’n’roll. Sans renier pour autant la musique qui a contribué à son succès, Duff souhaite continuer de s’ouvrir vers un répertoire plus roots, comme une respiration artistiquement nécessaire en marge des tournées monumentales des Guns N’ Roses, jubilatoires mais sans aucun doute épuisantes pour le musicien en quête d’expression artistique plus intime.

Entre la pelletée de titres efficaces et joliment structurés que l’on se verrait bien écouter en Cadillac le long d’une grande route américaine (« I Saw God On 10th Street », « Longfeather ») et la présence d’incontournables et jolies petites balades (« Lighthouse », « Forgiveness », « I Just Don’t Know » avec Jerry Cantrell…), avec une gentille incartade punk au milieu (« Just Another Shakedown »), la sauce prend assez naturellement. Et c’est sans mentionner la participation prestigieuse de Slash (évidemment, vous direz) mais également d’Iggy Pop (que Duff accompagne à la basse sur ses récents concerts, aux côtés de Chad Smith notamment) qui lui fait l’amitié de chanter sur le dernier titre de l’album, comme un final triomphal, chic et décontracté. Un peu de country, un peu de rock, un peu de blues : bref, une recette cent pour cent made in USA, qui non seulement lui sied bien au teint, mais semble agir comme une véritable cure de jouvence sur le rockeur blond à la sensibilité définitivement féconde. Tel un phare (en anglais : lighthouse, vous l’avez ?) dans la nuit qui éclaire l’horizon, Duff McKagan en appelle à toutes les âmes esseulées du rock’n’roll et les invite à danser au son de ses guitares plus que jamais franches, bien que légères, et inspirées.

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Mass Hysteria – Tenace, Part 2


Mass Hysteria est tenace : opinion forte, décisions artistiques respectées avec fermeté ! Avec une fin ouverte au suspens à son comble, comme dans une série Netflix, pour le premier volet de l’album sorti en mai, ce second chapitre confirme son énergie poétique métallique. Tenace, part 2 est une toile biaxiale où le côté artistique sombre se mêle à quelque chose de très lumineux.

Mouss, en philosophe urbain, joue avec les mots dans ses titres, dans ses textes comme les plus grands auteurs de la chanson française. Poésie politique avec « L’Inversion Des Pôles », son intro à la Rammstein et ses riffs bien lourds à la Slayer ouvrent les hostilités. Hommage sans concession, accroche émotionnelle mixte tant sur le plan du phrasé révolté que des mélodies et de l’architecture sonore, Yann & Co réveillent la conscience collective. Assange, lanceur d’alerte, porte-parole de WikiLeaks, est mystiquement mis en avant (« Un Assange Passe »). L’air de rien, Mass Hysteria nous emporte dans sa spirale créatrice avec « L’Air Bien ». Un ADN qui est clairement le leur, mixant du Maniac à Matière Noire. Rien n’est laissé au hasard. Les arrangements sont judicieux, avec cette boucle redondante à la Rob Zombie et des vocalises féminines orientalisantes où Mouss énumère des mots comme dans une prière, un véritable tourbillon mélodique aux racines punk. Plus mélodique dans ses intonations et son parler chanté, la diatribe est acerbe sur la géopolitique américaine, soutenue par un duo de guitares thrashy nineties et une section rythmique martiale (« Washington Décès »). Des cordes andalouses introduisent « Ex-Voto », l’offrande votive à la vie « comme cadeau » pour décoller sur du riff entraînant, au style « L’Enfer Des Dieux », avec ses chœurs virils à la Accept. Lignes de violon et chœurs mélancoliques sur des guitares tranchantes, l’empathie de Mouss est à son climax (« L’Emotif Impérieux »). Mass Hysteria nous achève originalement avec son apocalypse « Le Club Du Feu », une véritable B.O. du chaos mondial. A l’instar de Metallica, Guns N’ Roses, Helloween avec leurs albums en deux tomes, les Mass Hysteria signent l’ultime témoignage artistique de leur carrière avec une ténacité déconcertante.

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7 Weeks – Fade Into Blurred Lines


Nouvelle percée pour les rockeurs limougeauds qui du haut de leur sixième album continuent de défendre leur frappe brute et authentique, fruit d’un habile alliage situé entre Queens Of The Stone Age, Eddie Vedder et David Bowie. Une sorte de tiercé forcément gagnant en somme, qui s’il ne représente sans doute pas les seules influences du groupe (peut-être même aucune d’entre elles ?) annonce tout de même la belle couleur de l’ensemble. Et c’est là assurément en partie la richesse de cette nouvelle scène stoner, dont 7 Weeks est l’un des plus beaux représentant hexagonaux, surprenante de filiations riches et inattendues, conséquences d’un sous-genre à la généalogie complexe mais réjouissante.

Entièrement enregistré en live et produit par Pascal Mondaz (Cocoon, La Maison Tellier… bref des références plus pop que heavy !), l’album se veut plus « brut », « décharné », « sans artifice », pour reprendre les termes justes du communiqué de presse. 7 Weeks n’en perd pas pour autant sa finesse et la subtilité de ses compositions. Au contraire, une forme de vulnérabilité, et donc de puissance, s’en retrouve décuplée. Fade Into Blurred Lines s’équilibre avec brio autour d’une succession de moments de rage superbe et maîtrisée (« Gorgo », « Up The Pressure », « Blackhole Your Heart » ou un « Wax Doll » fuzz n’ roll endiablé) avec des instants plus contemplatifs (un « Mute » mélancolique, un « Shimmering Blue » au crescendo aussi entêtant que poignant, un « Travellers » épuré…). Apres un dernier album (Sisyphus, 2020) déjà fort bien accueilli et enrichi peu de temps après d’un EP complémentaire (What’s Next, 2020), le trio poursuit sa féroce ascension et ne peut que nous encourager à souhaiter à ce disque une suite tout aussi féconde, qu’il nous brûle par ailleurs de découvrir sur scène. Comme pour son prédécesseur enfin, mention spéciale à l’artwork de l’album, impeccable, soigné et évocateur, à l’image de sa musique.

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Doro – Conqueress – Forever Strong And Proud


Avec quarante années de carrière au compteur, le talent de Doro n’est plus à prouver. Pourtant, comme un défi envers elle-même, après un double-album en 2018, c’est aujourd’hui un disque de vingt titres, dont cinq bonus, qu’elle dévoile. Intitulé Conqueress – Forever Strong And Proud, ce dix-neuvième album studio, vous l’aurez compris, est plutôt dense. Et disons-le tout de suite : il n’y a pas de quoi s’ennuyer.

Avec sa voix rugissante sur laquelle le temps ne semble avoir aucune emprise, Doro nous embarque avec elle dans ce qu’elle a toujours su faire de mieux, à savoir du heavy metal classique aux sonorités fortes et puissantes, mais avec suffisamment de variété et une pointe de modernité qui retentit tout du long. On lui sent une énergie nouvelle, survoltée, comme si à chaque nouvelle chanson, elle rajeunissait un peu plus. L’opus contient des riffs transcendants et tranchants (« All For You », « Heart In Pain »), mais également des pépites qui se démarquent particulièrement, telles que « I Will Prevail » et son côté presque indus, « Bond Unending » (avec Sammy Amara des Broilers) et ses teintes post-punk, « Love Breaks Chains » et son introduction légèrement onirique, portée par un mid-tempo solide, brute, grave dans les couplets avant de se soulever sur les refrains, ou encore le très court a capella « Warlocks And Witches » qui introduit les bonus et fait référence à son passé musical et à toute son imagerie fantastique. Pour le plus grand plaisir des fans de la première heure, elle revisite également des titres emblématiques des 80’s ; de « Living After Midnight », sur lequel elle forme un duo dynamique avec Rob Halford, qu’elle retrouve sur « Total Eclipse Of The Heart », version metallisée et théâtrale du célèbre tube de Bonnie Tyler, à une fidèle mais efficace reprise de « The Four Horsemen » de Metallica, il va de soi que les metalleux seront conquis. Celle que l’on surnomme The Metal Queen porte toujours en elle la flamme éternelle du heavy metal. Une flamme qu’elle garde plus ardente que jamais.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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