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Interview   

Grave Pleasures : « détruire un monde pour créer un monde »


Avec Motherblood sorti en 2017, Grave Pleasures semblait avoir enfin trouvé son équilibre : entre joie et destruction, lumière et obscurité, et death rock et modernité, le groupe laissait ses tâtonnements initiaux et ses remaniements de line-up derrière lui, pour se concentrer sur un avenir prometteur, baigné de post-punk et de fantasmes cataclysmiques. Dix ans après les premières sorties de Beastmilk, son ancêtre underground, Grave Pleasures sort son troisième album, Plagueboys, l’œuvre d’artistes sûrs de leurs acquis mais pas décidés à se reposer sur leurs lauriers pour autant. Plus post-punk, volontiers new wave, il rebrode les sonorités et les thématiques chères aux musiciens et les inscrit dans notre monde anxieux post-Covid.

Mélancolique souvent, sardonique parfois, toujours accrocheur, il reflète les réflexions récentes de ses concepteurs. C’est ce que nous ont expliqué Juho Vanhanen (guitare) et Mat McNerney (chant) au cours de deux interviews fleuves. Généreux et réfléchis, les deux musiciens parlent aussi volontiers de musique – la leur et celle des autres – que de leur vision du monde : changeante et nuancée, parfois optimiste et souvent pessimiste, à l’image de ce nouvel album.

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Sortilège : la magie opère à nouveau


Après une très longue absence, une reformation tumultueuse, un album composé majoritairement de réenregistrements, et un retour réussi sur scène, Sortilège revient ce coup-ci avec un nouvel album tout neuf dénommé Apocalypso. Ce dernier allie modernité et respect du passé, avec des morceaux classiques et d’autres un peu plus aventureux. L’attente des fans était forte et il y a fort à parier que ce nouvel album les comblera de plaisir.

Chritian « Zouille » Augustin et Olivier Spitzer ont pris le temps d’un long échange pour aborder avec nous les retours reçus sur l’album précédent, Phoenix, la manière dont ils ont conçu ce nouvel album, entre leur envie de moderniser Sortilège et le respect de son histoire. Ils ont aussi partagé leur enthousiasme et leurs inquiétudes à créer ces nouveaux morceaux, nous ont détaillé les collaborations sur cet album, ainsi qu’expliqué les raisons du report de la tournée.

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Gorod ne tourne pas que sur lui-même


Si durant la période de pandémie la Terre n’a pas cessé de tourner, Gorod lui s’était bien arrêté. Il a fallu attendre que les planètes s’alignent pour pouvoir concevoir un successeur au très acclamé Aethra, comprenez ici que les concerts reprennent pour que la musique vive de nouveau ! Malgré la solidité musicale et l’assurance chirurgicale des compositions du mastodonte du death français, Gorod ne se définit pas comme un groupe de studio, ce qui l’intéresse, c’est avant tout de faire zouker le public quand il est sur les planches. Preuve en est avec The Orb, cette collection de chansons qui, si elle garde une forme d’exigence dans son exécution, montre la formation sous un jour plus accessible et plus ouvert. L’album n’épargne cependant pas l’auditeur de sa violence musicale, puisqu’il se veut sans compromis quand la musique elle-même l’exige, les amateurs de brutalité de la première heure n’auront donc pas à déserter le groupe qui ne rejette pas ses fondamentaux… Au contraire même, il multiplie dans le même temps les clins d’œil au passé et le revendique.

L’ouverture et la nostalgie n’ont donc rien d’antinomique chez Gorod. Bien que la méthode n’ait pas fondamentalement été changée, nous pouvons retenir quelques explications quant à ces légères évolutions des confidences du chanteur Julien Deyres dans cet entretien, notamment sur le fait que le guitariste Mathieu Pascal ait pour la première fois délégué quelques parties de composition. Cela étant, Gorod reste, pour le meilleur et pour le pire, fidèle à ses principes avec une attitude presque punk puisqu’il a à nouveau presque tout composé dans l’urgence, malgré le contexte ! Le très sympathique vocaliste revient pour nous sur toute cette période et évoque évidemment avec nous le concept de ce nouvel opus, qui, après le symbolisme de la lune, s’intéresse naturellement au soleil…

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Overkill entretient la flamme


Vingt albums. La carrière d’Overkill est remarquable de longévité et de persévérance. Le groupe du New Jersey fondé en 1980, porté à bout de bras par le bassiste-compositeur D.D. Verni et le chanteur-parolier Bobby « Blitz » Ellsworth, n’a jamais failli. Même dans les difficiles années 90, marquées notamment par un I Hear Black (1993) façonné par des influences diverses, ils ont réussi à maintenir le niveau et la cadence grâce à une gestion intelligente de la conjoncture. Plus remarquable encore, en 2023, Overkill parvient toujours à conserver sa vitalité et à apporter un vent de fraîcheur grâce à son nouvel album Scorched.

Scorched est l’album de vieux briscards du thrash qui ont plus d’un tour dans leur sac et se sont vu offrir du temps en raison des circonstances que l’on a connues ces dernières années. L’occasion de sortir les influences heavy, prog, blues, gothiques, et d’enrichir les morceaux de quelques éléments et arrangements bien sentis sans jamais dénaturer l’identité reconnaissable entre mille d’Overkill. La flamme de Feel The Fire (1985) brûle avec toujours autant d’éclat, mais elle est mieux maitrisée, en somme. Nous en parlons ci-après avec Ellsworth.

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Pop Evil : la vie avant la mort


Au-delà de la musique, Pop Evil s’est donné pour mission première de répandre l’espoir et la force, en d’autres termes, de voir la lumière dans l’obscurité, le positif dans le négatif. Alors que Versatile avait été enregistré fin 2019 et début 2020, se prenant la pandémie de plein fouet pour sa sortie, Skeletons, lui, est un pur produit, autant émotionnellement que sur le plan organisationnel, de cette période morose faite de confinements, de craintes et d’incertitudes, notamment pour l’industrie musicale. Voilà de quoi pousser les membres de Pop Evil à se poser une multitude de questions, mais aussi leur offrir une matière première en abondance pour faire ce qu’ils font de mieux. Certes, le titre de l’album et sa pochette avec sa multitude de crânes ont quelque chose de macabre, mais c’est pour dire que « derrière chaque squelette, il y a une histoire et quelque chose qui mérite qu’on en parle », en d’autres termes, qu’il y a une vie avant la mort.

Et justement, c’est pour en parler que nous avons joint le frontman Leigh Kakaty. Il nous raconte la conception d’un album « retour aux sources », émotionnellement parlant, mais qui, à la fois, cherche le compromis entre l’ancienne et la nouvelle école, comme le démontre une musique en tension entre l’organique et le numérique. Une forme de métaphore en soi pour ce besoin d’intégrer malgré eux la technologie, en particulier les réseaux sociaux, dans leur quotidien de groupe. Un entretien dans lequel le frontman se fait toujours aussi loquace sur ses remises en question, sur la carrière du groupe, sur le sens de ses réflexions, etc.

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The Answer : remise à zéro


Ils nous avaient laissés en 2016 avec le surprenant Solas. Le groupe y explorait ses racines celtiques et des ambiances plus tamisées. Certes, The Answer paraissait par moments transfiguré, mais il s’agissait là d’un des meilleurs exemples d’« écart de conduite » ou de renouvellement artistique réussi. L’album a été suivi d’une année de tournée, puis… silence radio. Ce n’est que l’année dernière que le quatuor a refait surface avec une mise au point et l’annonce d’un nouvel album : « Après six albums et quantité de kilomètres sur la route, nous avons estimé avoir besoin de prendre du recul sur tout ça et de faire une remise à zéro. Même si ça n’a pas été une décision facile, avec le recul, c’est la meilleure que nous ayons jamais prise parce que le résultat est l’album que nous avons attendu de faire toute notre vie… plein de bon rock n’roll et d’énergie positive créés par quatre frangins qui, très franchement, se sont manqué. »

Tout est dit : Table rase des expérimentations de Solas, place au The Answer de la première heure, l’expérience en plus. Sundowners est un album hors du temps, sur lequel ça fuzze et ça groove, et grâce auquel on oublie tous nos tracas. Il y aura les déçus de ne pas voir le groupe s’engouffrer davantage dans l’ouverture qu’il avait entrouverte, et il y aura ceux qui seront ravis de ce retour aux sources – il faut le dire – en grande forme. Dans tous les cas, les uns comme les autres devraient trouver les réponses à leurs questions dans l’entretien qui suit, dans lequel on aborde avec le guitariste Paul Mahon et le chanteur Cormac Neeson aussi bien le hiatus de ce « reset » et bien d’autres sujets sur la carrière des Irlandais.

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Paul Gilbert : la voix de Dio


Cela fait treize ans que Ronnie James Dio nous a quittés mais son œuvre et son génie restent toujours aussi vivants et vibrants. Les « Heaven And Hell », « Stargazer », « Holy Diver » et même « Love Is All » (de Roger Glover) n’ont pas pris une ride. Il y a même quelque chose de réconfortant à écouter du Ronnie James Dio, un artiste qui parle à notre instinct de vie et nous donne de la force, et, à la fois, nous permet de nous évader des tracas quotidiens. C’est d’ailleurs ainsi, par ce qu’évoquait pour lui ces trois lettres – DIO – inscrites sur une casquette, que Paul Gilbert a eu envie de rendre hommage à l’elfe, mais aussi aux trois guitaristes principaux qui ont accompagné et contribué à ses plus grands moments : Tony Iommi, Ritchie Blackmore et Vivian Campbell.

Plus que ça encore, The Dio Album, est une continuation de l’exploration de l’expressivité vocale à la guitare, puisque le guitariste de Mr. Big et Racer X reprend une poignée de classiques de Black Sabbath, Rainbow et Dio… en instrumental. Tout le défi était d’étudier dans les moindres détails les lignes de chant de Ronnie et de les reproduire le plus fidèlement à la six-cordes. Paul nous raconte ainsi, dans l’entretien qui suit, son rapport à l’œuvre de Ronnie James Dio, son regard de professeur de guitare et son propre apprentissage.

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The Banishment : le laboratoire industriel de George Lynch


Certes, George Lynch a largement marqué le monde du hard rock et du metal de son empreinte par le biais des premiers albums de Dokken et de Lynch Mob, mais le réduire à ça serait vraiment passer à côté de l’artiste qu’il est réellement. Au fil des années, s’il n’a jamais abandonné la formule qui a fait sont succès, il n’a pas non plus hésité à sortir des sentiers battus. Parfois, c’était un fiasco auprès des fans – l’album Smoke This de Lynch Mob. Parfois, c’était une réussite – plus récemment, les albums de KXM.

C’est un nouveau chemin de traverse que propose désormais George Lynch avec Machine And Bone, premier album de The Banishment, qui aura mis une bonne dizaine d’années à voir le jour… Dans ce projet fondé avec Joe Haze, producteur-ingénieur aux multiples casquettes, et qui a vu passer en son sein plusieurs chanteurs, dont Tommy Victor de Prong, avant de se stabiliser sur Devix Szell, on découvre le mélange de deux univers : celui résolument électronique, industriel et expérimental de Haze et celui plus guitaristique de Lynch. Nous en discutons ci-après avec ce dernier dans un entretien toujours aussi riche et instructif.

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Hypno5e et l’éternel recommencement


Dans le domaine de la confusion des arts, Hypno5e est désormais un maître en la matière. Décrire minutieusement la musique du combo français sans passer par des images ou des concepts paraît compliqué, c’est d’ailleurs ça qui a attiré le groupe vers la lumière. La marque de fabrique reconnue du groupe repose évidemment sur la liaison intime entretenue avec le septième art, Emmanuel Jessua nous rappelant par ailleurs dans l’entretien qui suit que son premier rapport à l’art était par l’image et le cinéma, mais la curiosité naturelle du compositeur pour la peinture et la littérature se fait également ressentir pour l’auditeur qui s’attarde sur les concepts développés par la musique d’Hypno5e. Sheol découle ainsi de cette ouverture, se voulant encore plus narratif que les précédents travaux du groupe, quitte à ne pas bouleverser fondamentalement la formule musicale établie ces dernières années mais à l’affiner plus subtilement pour joindre les deux bouts de l’histoire entamée avec A Distant (Dark) Source.

L’enchevêtrement des arts ne signifie pas pour autant noyer le plus important : la musique. Si Hypno5e propose une histoire derrière un diptyque conceptuel travaillé et un soin particulier pour son imagerie notamment à travers des clips élaborés, ce n’est finalement qu’un « cadre » pour mieux saisir la proposition musicale, pour reprendre les mots du compositeur. Autrement dit, l’auditeur peut très bien se passer du concept pour être embarqué par les mélodies ambivalentes du projet, tout cela n’étant finalement que du bonus pour l’auditeur qui voudrait aller plus loin. Forcément, notre discussion dans une brasserie parisienne à l’heure du déjeuner nous a permis de creuser tous ces sujets avec Emmanuel, avec qui nous avons également évoqué les récents changements de line-up, le dernier album live, la composition, jusqu’à nous promener quelques instants en Bolivie.

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Lordi fait son cinéma


Ça a bougé du côté de chez Lordi ces dernières années. D’une part, avec la sortie de Lordiversity en 2021 qui voyait le groupe sortir sept albums d’un coup, sept albums d’une discographie fictive, couvrant les années de 1975 à 1995. D’autre part, avec le départ du guitariste Amen en 2022, qui accompagnait Mr. Lordi depuis un quart de siècle, remplacé par Kone. Ça faisait donc beaucoup à digérer pour les fans qui méritaient bien qu’on les brosse dans le sens du poil.

Voilà précisément ce que fait Screem Writers Guild, un dix-huitième album qui débarque – métronomiquement – deux ans après Lordiversity. Un album volontairement « pas trop heavy, pas trop metal, et très orienté années 80, très traditionnel – très facile et simple » pour retrouver les monstres tels qu’on les a aimés au début (à quelques surprises près), alors que leur premier (vrai) album, Get Heavy, vient de passer la barre des vingt ans. Nous en parlons avec Mr. Lordi qui évoque également le cinéma d’horreur, ses funérailles et son chant clair…

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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