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Interview   

Antilife répand la fièvre


Bien loin de la vague qui rend le black metal plus accessible, avec des productions qui semblent parfois bien lissées et des finitions mélodiques parfumées, un autre mouvement reste attaché à la nature violente et repoussante des racines du style… Antilife est sans aucun doute de cette école. Certes, cette binarisation ne reflète pas la complexité d’une esthétique musicale qui va bien au-delà des apparences et qui a su évoluer avec le temps, mais elle peut donner quelques clés de compréhension pour ce projet qui se revendique du suicidal black metal. D’ailleurs, l’ouverture musicale est loin d’être rejetée dans ce projet qui se distingue de tout purisme, le dernier album My Name Is Sickness étant une démonstration des horizons funestes qu’il peut explorer dans des registres musicaux larges. Ce qui rapproche Antilife des origines du black metal réside plus dans l’intention et sa démarche jusqu’au-boutiste.

Retrouver un certain malaise, être confronté à une œuvre d’art dérangeante et incomprise, en projetant et en idéalisant peut-être ce que le black metal offrait dans les années 90, c’est ce que propose le groupe français dans cette ode à la mort. Le chanteur Haine et le guitariste Symptôme assument pleinement dans cet entretien que le concept derrière Antilife puisse rebuter les auditeurs et les spectateurs. L’idée n’étant pas de choquer par surprise ou de répandre le vice, comme peuvent le revendiquer (souvent par posture) d’autres artistes, mais plus de partager une expérience sensationnelle et sensorielle. La proposition d’Antilife est sans doute difficile, mais elle n’en reste pas moins intrigante, et les deux musiciens évoquent longuement cela avec nous.

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Obituary : le groove de la mort


La famille historique du death metal de Tampa, en Floride, a de remarquable le fait que chacun de ces groupes se démarquait des autres par une identité propre, alors qu’ils se côtoyaient, vivaient dans le même environnement et allaient tous dans le même studio, le fameux Morrisound. Du côté d’Obituary, les caractéristiques principales étaient son sens du groove hérité du bon vieux rock, sa simplicité et bien sûr la voix encore aujourd’hui inimitable de John Tardy. Trente-quatre ans après Slowly We Rot, le nouvel opus Dying Of Everything suit cette doctrine à la lettre, si ce n’est avec une dynamique accrue, grâce à un sens du contraste accentué et à la mise à profit du passé thrash du guitariste Ken Andrews arrivé dans les rangs du groupe il y a maintenant dix ans.

C’est en pleine tournée américaine, à peine étaient-il arrivés à l’hôtel du jour, que nous avons joint en vidéoconférence les joviaux frères Donald et John Tardy – dont la complicité ne fait aucun doute – pour nous parler de ce onzième album, prêt depuis quasi deux ans. Ainsi, nous discutons des méthodes d’Obituary, de sa philosophie, de son groove légendaire, des live-streams proposés durant la pandémie et de l’époque bénie du début de la scène floridienne, le tout enrichi de quelques anecdotes.

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Dans la forteresse de Darkthrone


Avec trente-cinq ans de carrière et vingt albums derrière eux, les Norvégiens de Darkthrone n’ont plus grand-chose à prouver. Ils tracent d’ailleurs leur route sans sembler se soucier du temps qui passe et du monde qui les entoure, notamment celui d’une scène black metal dont ils ont pourtant contribué à poser les fondations. Ouvertement tourné vers ses influences – le metal des années 1980, black, speed, death ou doom – depuis une bonne dizaine d’années, le duo propose avec Astral Fortress, son dernier album, un nouveau retour aux sources truffé de clins d’œil à ses illustres prédécesseurs et à ses propres débuts, notamment ce qui a précédé la fameuse « Unholy Trinity » du début des années 1990. L’occasion était donc idéale pour revenir sur la genèse de ce dernier opus et la longue histoire du groupe avec son chanteur-guitariste, le discret Ted « Nocturno Culto » Skjellum.

Alors qu’on se l’imaginait volontiers laconique, et malgré ses propres dénégations (« Je n’ai pas grand-chose à dire, en fait, mais remets une pièce dans la machine et je parlerai, c’est sûr ! » concluait-il après une heure de discussion), le musicien se révèle accessible et loquace. Avec une humilité et un humour pince-sans-rire imparables, il rappelle les fils rouges qui courent tout au long des vingt albums de Darkthrone : une éthique punk et un amour du metal inébranlables, un partenariat solide avec son comparse de toujours, Fenriz, au sujet duquel il ne tarit pas d’éloges, et une fidélité à soi-même constante. « Ce serait horrible si nous nous mettions des contraintes. Sois toi-même et tout ira bien. Quoi que ce soit d’autre serait absurde », explique-t-il : voilà donc Nocturno Culto tel qu’il est, « une sorte de nain de jardin » (!) selon ses propres mots, en tout cas authentique, sans prétention et passionné, comme sa musique.

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Blackrain : au naturel et sans restriction


Depuis sa « libération » en 2016, la bête Blackrain a beau être « une espèce en voie de disparition », elle continue de faire sa vie comme elle l’entend, indomptable. Certes, le cycle de Dying Breed n’a duré que quelques mois avant la pandémie et l’arrêt des concerts, mais pas de quoi ternir la passion des Hauts-Savoyards pour le sleaze, le glam et le heavy metal. C’était, au contraire, une bonne occasion de plancher sur un nouvel album sans contrainte. Ainsi est né Untamed, qui se veut sans « aucune limite au niveau du style », mais foncièrement Blackrain, avec le son qu’ils recherchaient depuis toutes ces années, obtenu grâce à leur collaboration avec Hannes Braun de Kissin’ Dynamite.

Un album qu’ils accompagnent d’une floppée de clips humoristiques montrant un groupe plein d’autodérision et se jouant des clichés, jusqu’à aller investir la salle de répétition de la série Hélène Et Les Garçons en compagnie des acteurs eux-mêmes… Nous parlons en détail de tout ceci avec Swan Hellion.

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Electric Callboy : retrouver le sourire


Quand on est jeune et qu’on crée son groupe entre potes dans son garage, on n’a jamais idée de la destinée qu’on pourra avoir, alors on se choisit parfois un nom idiot, on veut jouer les durs et on écrit des paroles grossières. Puis, les années passant, le groupe décolle et vient la notoriété. Avec la notoriété vient une plus grande exposition, des responsabilités et… les problèmes. C’est ainsi qu’Eskimo Callboy en est récemment arrivé à un point où son nom et certaines paroles n’étaient plus tenables face aux critiques.

C’était donc l’heure des grands changements pour les Allemands, après avoir vu l’arrivée de leur nouveau chanteur Nico Sallach – présenté à l’occasion de l’EP MMXX –, les voilà rebaptisés Electric Callboy pour la sortie de Tekkno. Un nouvel album qui, à la fois, fait rentrer le groupe dans une nouvelle ère et opère une sorte de retour aux sources. Après avoir progressivement évolué vers une musique plus sombre et sérieuse, Tekkno présente un Electric Callboy résolument fun, aux couleurs vives, avec ses clips délirants et son savant mélange de metal et de musique électronique dansante. Voilà tout ce dont on avait besoin pour retrouver le sourire à une époque des plus moroses… Alors que le groupe s’apprête à partir en tournée en janvier – avec pas moins de cinq dates dans l’Hexagone –, nous parlons de tout ça avec le claviériste Kevin Ratajczak.

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Malemort gagne ses lettres de noblesse


Xavier, le chanteur de Malemort, nous avait parlé en 2018 pour défendre l’excellent album Ball-Trap. Ce second album avait alors été encensé par la presse metal et leur avait permis entre autres de jouer sur la mainstage du Hellfest. L’attente pour un nouvel album était donc forte. Malemort allait-il nous proposer un album du même niveau, voire – soyons fous – encore meilleur ? Après une certaine attente, c’est donc avec joie et excitation que nous avons accueilli l’annonce d’une campagne de crowdfunding pour appuyer la sortie de ce Château-Chimères à venir. A la réception de cette nouvelle galette, force est de constater que le groupe a monté d’un cran tous les curseurs : il s’est attelé à l’écriture d’un ambitieux album concept. Il a réussi à se renouveler tout en gardant son style inimitable et, surtout, il nous propose des chansons toujours aussi jouissives qui restent longtemps en tête.

Xavier nous parle dans cette interview des difficultés et des doutes que connaît tout groupe en croissance, du travail acharné que représente la réalisation d’un tel album pour un groupe indépendant. Il revient également en détail sur le concept de l’album – le château d’Herbouville et sa riche histoire musicale et humaine –, ses projets futurs pour le groupe, et tant d’autres sujets.

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Obsidious : nouvelles perspectives


Avril 2020, coup de tonnerre chez Obscura : le guitariste Rafael Trujillo, le bassiste Linus Klausenitzer et le batteur Sebastian Lanser quittent simultanément le groupe. Si Obscura annoncera très rapidement avoir reconstitué son line-up avec d’anciennes connaissances, les trois musiciens ont poursuivi leur route ensemble et mettent en ligne un an après le premier clip de leur nouvelle formation Obsidious. Forcément, avec le déluge de notes introductif du single et morceau éponyme du nouvel album Iconic, la parenté avec leur précédente formation est immédiate, mais très vite, on se rend compte qu’ils ont profité de ce nouveau départ pour élargir leurs horizons, notamment sur le plan vocal avec le très polyvalent Javi Perera qui va du chant clair power metal au growl death metal, en passant par toutes les nuances intermédiaires.

La technique et la virtuosité sont donc au rendez-vous à tous les niveaux, mais pas que, puisque pour Linus et Javi, avec qui nous avons échangé, celles-ci ne sont que des outils et doivent servir la musique. Nous discutons donc de tout ceci avec eux, de la formation d’Obsidious à leur vision de « l’évolution moderne du metal progressif et technique », en passant par les thématiques relevant de l’humain inspirées par l’expérience du chanteur dans son métier d’infirmier dans divers services hospitaliers.

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The Melvins : l’humeur au beau fixe


Il y a les artistes maudits, ceux qui créent dans l’angoisse, qui doutent, ou dont les groupes se déchirent, et puis il y a Buzz Osborne. Tout semble en effet sourire au leader iconique des Melvins. En pas loin de quarante années de carrière, les Américains ont imposé leur style avec panache, influençant des générations entières de musiciens au passage, de Nirvana à Boris en passant par Faith No More, Sleep, Neurosis, Tool et bien d’autres. Aussi légendaire que sa coupe de cheveux, la productivité de Buzz, qui lui a valu de sortir pas loin de quarante albums avec les seuls Melvins – il a aussi travaillé en solo et avec d’autres projets comme Fantômas – n’a pas été inhibée par la pandémie qui a ébranlé le monde entier ces dernières années, bien au contraire. Bad Mood Rising, sorti il y a quelques mois, fait en effet suite à Working With God ainsi que le double album (quadruple en vinyle) acoustique Five Legged Dog sorti tous les deux en 2021.

Autant dire qu’il y a matière à conversation, mais ce qui se dégage de cette discussion avec le musicien, c’est son enthousiasme et son énergie débordants. Confiant dans le futur du groupe et le talent de ses camarades, fier du chemin accompli et volontiers fantasque, il évoque ces derniers disques, certes, mais surtout sa plus grande fierté – son mariage –, ou encore… Napoléon. De quoi revisiter une longue carrière unique, et rassurer les fans : la source ne semble pas près de se tarir.

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Dropkick Murphys : l’esprit du passé


Il faut parfois un genre d’accident pour que des artistes prennent le temps de faire un pas de côté dans leur carrière, pour se donner le droit de tenter autre chose, parce qu’après tout, on n’a qu’une vie, et qu’une discographie en forme de long fleuve tranquille, c’est un peu ennuyeux.

Pour les Dropkick Murphys, l’accident, c’est Al Barr, chanteur du groupe, qui s’est provisoirement mis en retrait pour s’occuper de sa mère souffrante. Ses comparses en ont profité pour faire un disque différent, qui leur trottait dans la tête depuis fort, fort longtemps. A l’intérieur, on trouve les textes de Woody Guthrie, un chanteur contestataire des années 1940-1950, sur de la musique originale en format acoustique. Les gars de Boston se sont lancés à fond dans le projet, avec pour obsession de rendre hommage à ce punk avant l’heure sans renier leur approche musicale. A l’occasion d’une visio entre deux dates de tournée, emmitouflé dans un épais manteau et coiffé d’un chapeau de trappeur molletonné, Ken Casey, chanteur du groupe et préposé aux interviews, nous invite dans l’univers de cet album hors norme.

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Threshold : l’harmonie au centre


Threshold est un authentique groupe de metal progressif. Fondé en 1988, il n’y avait pas à ce moment-là de scène metal progressive à proprement parler, en dehors de quelques groupes qui commençaient à en définir les contours (Queensrÿche, Fates Warning, Crimson Glory, Majesty qui venait tout juste de se rebaptiser Dream Theater…). C’est donc par une simple envie de mélanger le son du heavy metal à la liberté du rock progressif des années 70 que Threshold a donné naissance à ses premiers morceaux qui formeront en 1993 l’album Wounded Land. Pratiquement trente ans plus tard, s’il a évidemment évolué pour affirmer son style et ses connaissances, Threshold est resté fidèle à sa ligne de conduite : un metal progressif où riff et mélodie sont les maîtres mots, accessible autant aux musiciens qu’aux non-musiciens, sans technicité/virtuosité inutile, toujours au service de la chanson.

Après le double album Legends Of The Shires qui aura vu le retour de Glynn Morgan au micro et marqué les esprits par la qualité de ses ingrédients malgré le copieux menu, voilà Threshold de retour avec Dividing Lines. Un album qui a le mérite de trouver un équilibre entre les deux facettes du groupe : la concision heavy et les longs développements prog. Nous en discutons ci-après avec le guitariste-compositeur Karl Groom qui revient avec nous sur le style Threshold, les débuts du groupe, la place de celui-ci dans la scène prog d’hier et d’aujourd’hui, et tant d’autres sujets.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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