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Chronique Focus   

Fvnerals – Let The Earth Be Silent


Le nom « Fvnerals » peut prêter à confusion. Pour mener à bien une cérémonie funéraire, il faut du personnel et une audience ; dans l’œuvre du duo belgo-suédois, il serait bien difficile de réunir le monde nécessaire, ou même de trouver une forme de vie notoire. Le projet est né en Angleterre de la collision entre la chanteuse-bassiste Tiffany Ström et le guitariste Syd Scarlet, comme deux particules donnant le jour à une énergie destructrice. Passés par l’Écosse, la Belgique et enfin l’Allemagne, ces ténébreux lurons invitent sur cet album Thomas Vaccargiu pour s’occuper des fûts et autres outils percussifs. Avec deux albums et autant d’EP au compteur, le groupe nous livre le troisième volet de leur aventure, Let The Earth Be Silent. Leur style, toujours difficile à caractériser, mêle la lenteur du funeral doom et du drone, sur laquelle se greffent des embruns ambiants, diverses nappes éthérées et un soupçon d’électronique.

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Track By Track   

Metallica : 1ères impressions sur 72 Seasons


La sortie d’un nouvel album de Metallica est toujours un événement qui soulève les passions. C’est à l’occasion d’une écoute (encadrée et en une seule fois) que nous avons pu découvrir 72 Seasons, onzième opus du groupe californien. De quoi en ressortir avec un sentiment général, et quelques notes sur les chansons. Impressions « à chaud » : des chansons souvent très (trop) longues, une vraie noirceur dans les textes, le sentiment de redites par rapport au précédent album. Quelques chansons sont déjà sorties : globalement étrillées par les commentateurs ou encensées par les fans. Un hiatus trop important pour être honnête.

La question est : qu’attend-on aujourd’hui de Metallica ? On lit ces jours-ci des critiques vraiment sévères sur les singles parus. C’est « trop » Metallica, trop long, pas assez original… On sait que produire un album « disruptif » (oui, le mot est lâché…) c’est prendre un gros risque, celui de se mettre à dos sa fan base. Il y en a qui ont essayé, Metallica les premiers, et le retour de bâton a souvent été violent. Ceci étant dit, à ce stade de leur carrière, les Four Horsemen n’ont plus rien à prouver, rien à perdre. Alors oui, ils auraient pu prendre plus de risques, mais ils ont juste fait ce qu’ils avaient envie. Privilège de rock-stars dont l’histoire et les succès sont déjà faits. Oui, les chansons sont souvent très longues ; oui, on poireaute avant que la voix entre dans le morceau. Les structures ne sont pas toujours évidentes à cerner. Ça semble imparfait, mais finalement, ça nous change un peu des formules classiques qu’on retrouve dans une majorité de chansons du genre.

Ce qu’on peut regretter en revanche, c’est que le groupe ne soit pas réellement encadré par un producteur, une oreille extérieure capable de l’orienter un peu plus dans ses choix. D’accord, il y a un thème, un fil rouge que les musiciens tirent tout au long des chansons, mais pas de vraie direction, ce qui peut rendre l’album assez confus. Découvrez nos impressions titre à titre.

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Chronique Focus   

Rise Of The Northstar – Showdown


Le sang saiyan. Quelque part, Rise Of The Northstar peut prétendre en avoir un peu. En raison de la pandémie, le groupe français a dû annuler une tournée prévue en avril 2020. Lorsqu’on sait que ROTN existe par et pour le live et que ce dernier s’est refusé à proposer des concerts en streaming pour préserver le côté viscéral de l’expérience, on pouvait douter de sa capacité à revenir sur le devant de la scène. Mais à l’image d’un Vegeta qui revient plus fort après avoir frôlé la mort – trait principal de son peuple – Rise Of The Northstar met un terme à trois années de silence pour accoucher de Showdown. Le shonen sans fioritures, troisième arc.

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Interview   

The Banishment : le laboratoire industriel de George Lynch


Certes, George Lynch a largement marqué le monde du hard rock et du metal de son empreinte par le biais des premiers albums de Dokken et de Lynch Mob, mais le réduire à ça serait vraiment passer à côté de l’artiste qu’il est réellement. Au fil des années, s’il n’a jamais abandonné la formule qui a fait sont succès, il n’a pas non plus hésité à sortir des sentiers battus. Parfois, c’était un fiasco auprès des fans – l’album Smoke This de Lynch Mob. Parfois, c’était une réussite – plus récemment, les albums de KXM.

C’est un nouveau chemin de traverse que propose désormais George Lynch avec Machine And Bone, premier album de The Banishment, qui aura mis une bonne dizaine d’années à voir le jour… Dans ce projet fondé avec Joe Haze, producteur-ingénieur aux multiples casquettes, et qui a vu passer en son sein plusieurs chanteurs, dont Tommy Victor de Prong, avant de se stabiliser sur Devix Szell, on découvre le mélange de deux univers : celui résolument électronique, industriel et expérimental de Haze et celui plus guitaristique de Lynch. Nous en discutons ci-après avec ce dernier dans un entretien toujours aussi riche et instructif.

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Chronique Focus   

Asylum Pyre – Call Me Inhuman


Par définition, le concept de « groupe à chanteuse » est nul et non avenu. Il revient en effet à mettre dans le même panier des formations aussi diverses que Nightwish et Arch Enemy. Et pourquoi pas les Pussycat Dolls tant qu’on y est ? Et puis, a-t-on déjà entendu parler de « groupe à chanteur » ? Mais que les fanas de la valse des étiquettes se rassurent, Asylum Pyre pourrait s’en voir coller une tripotée : power speed électro pop metal progressif avec des touches tribales. Et des influences celtiques aussi ? Y’en a… Pour son cinquième album, le second enregistré avec la vocaliste Oxy Hart, le groupe a choisi de nous emmener au cœur de l’union des « fighters » dans un univers pré-apocalyptique, en poursuivant son concept qui traque l’évolution des humains de nos jours jusqu’en 2062. Une façon peut-être de repousser encore un peu plus ses frontières musicales et de s’autoriser à aborder de nouvelles influences.

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Interview   

Hypno5e et l’éternel recommencement


Dans le domaine de la confusion des arts, Hypno5e est désormais un maître en la matière. Décrire minutieusement la musique du combo français sans passer par des images ou des concepts paraît compliqué, c’est d’ailleurs ça qui a attiré le groupe vers la lumière. La marque de fabrique reconnue du groupe repose évidemment sur la liaison intime entretenue avec le septième art, Emmanuel Jessua nous rappelant par ailleurs dans l’entretien qui suit que son premier rapport à l’art était par l’image et le cinéma, mais la curiosité naturelle du compositeur pour la peinture et la littérature se fait également ressentir pour l’auditeur qui s’attarde sur les concepts développés par la musique d’Hypno5e. Sheol découle ainsi de cette ouverture, se voulant encore plus narratif que les précédents travaux du groupe, quitte à ne pas bouleverser fondamentalement la formule musicale établie ces dernières années mais à l’affiner plus subtilement pour joindre les deux bouts de l’histoire entamée avec A Distant (Dark) Source.

L’enchevêtrement des arts ne signifie pas pour autant noyer le plus important : la musique. Si Hypno5e propose une histoire derrière un diptyque conceptuel travaillé et un soin particulier pour son imagerie notamment à travers des clips élaborés, ce n’est finalement qu’un « cadre » pour mieux saisir la proposition musicale, pour reprendre les mots du compositeur. Autrement dit, l’auditeur peut très bien se passer du concept pour être embarqué par les mélodies ambivalentes du projet, tout cela n’étant finalement que du bonus pour l’auditeur qui voudrait aller plus loin. Forcément, notre discussion dans une brasserie parisienne à l’heure du déjeuner nous a permis de creuser tous ces sujets avec Emmanuel, avec qui nous avons également évoqué les récents changements de line-up, le dernier album live, la composition, jusqu’à nous promener quelques instants en Bolivie.

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Chronique Focus   

Fågelle – Den Svenska Vreden


Les contrées nordiques peuvent s’avérer, musicalement parlant, cinglantes comme le blizzard (on pense notamment au black metal islandais) ou d’une délicatesse tout aussi caractéristique. Si la première minute de Den Svenska Vreden fera volontiers croire que ce nouvel opus de la Suédoise Klara Andersson, alias Fågelle, rejoint la première catégorie, un solide cadre sera bien vite monté et ne laissera plus de doute quant à sa tonalité.

Et pourtant ! Le titre de l’album se traduit par « La Rage (ou « Colère ») Suédoise ». À en croire Klara, les Suédois auraient tendance à enfouir ce type d’émotions, souffrant en silence, « patiemment », attendant la venue d’un futur plus radieux. Les normes du pays placent une forte estime sur la retenue émotionnelle et le fait de garder la tête froide – et ce de manière plus insistante encore pour les femmes –, pour le meilleur comme pour le pire. Cette pression déshumanise, réduit à l’état de « colle sociale », et pousse les opinions vers un tourbillon dangereusement consensuel. On trouve ainsi, au cœur de cette sortie, un sentiment d’isolement, le besoin de partager un ressenti profond, et le bouillonnement interne généré. Déménager en Allemagne a fourni à Klara le recul nécessaire pour comprendre et sublimer cette tempête intérieure.

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Interview   

Lordi fait son cinéma


Ça a bougé du côté de chez Lordi ces dernières années. D’une part, avec la sortie de Lordiversity en 2021 qui voyait le groupe sortir sept albums d’un coup, sept albums d’une discographie fictive, couvrant les années de 1975 à 1995. D’autre part, avec le départ du guitariste Amen en 2022, qui accompagnait Mr. Lordi depuis un quart de siècle, remplacé par Kone. Ça faisait donc beaucoup à digérer pour les fans qui méritaient bien qu’on les brosse dans le sens du poil.

Voilà précisément ce que fait Screem Writers Guild, un dix-huitième album qui débarque – métronomiquement – deux ans après Lordiversity. Un album volontairement « pas trop heavy, pas trop metal, et très orienté années 80, très traditionnel – très facile et simple » pour retrouver les monstres tels qu’on les a aimés au début (à quelques surprises près), alors que leur premier (vrai) album, Get Heavy, vient de passer la barre des vingt ans. Nous en parlons avec Mr. Lordi qui évoque également le cinéma d’horreur, ses funérailles et son chant clair…

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Chronique Focus   

Downfall Of Gaïa – Silhouettes Of Disgust


Au matin d’un hiver froid, sous la brume grisâtre d’une pluie s’écrasant sur le goudron craquelé d’une route de campagne déserte, le vent se lève. Un vent ravageur, une tornade exceptionnelle qui emporte tout sur son passage. Une bourrasque qui se transforme en tempête et qui cisèle les airs à feu et à sang. À l’origine de ce chaos se trouve le nouvel opus de Downfall Of Gaïa. Une fois de plus, les Allemands ouvrent d’immenses crevasses desquelles surgit l’éruption explosive qu’est Silhouettes Of Disgust, et confirment encore que la rage qu’ils contiennent est intarissable.

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Interview   

Kamelot : ancien monde, nouveau monde


« Se réveiller dans un monde différent ». C’est effectivement l’impression qu’on a pu avoir ces dernières années. Des années qui, du fait des confinements vécus lors de la pandémie et du ralentissement induit de la vie, ont été propices à l’introspection. Une idée qui est au cœur du nouvel album de Kamelot, intitulé The Awakening, sur le plan thématique mais aussi musical, puisque le groupe, après avoir opéré une certaine modernisation de son son sur Haven et The Shadow Theory, a fait un effort délibéré d’analyse de ce qui a constitué à travers son histoire l’ADN de Kamelot. En résultent des morceaux à la croisée des époques, avec lesquels on retrouve certaines caractéristiques d’albums passés, mais sous une forme modernisée.

Une démarche qui vient à point nommé, puisque cela fait désormais dix ans tout juste passés que le chanteur Tommy Karevik officie au sein du groupe, et The Awakening semble bel et bien être celui où il a mis le plus de lui-même, y compris en matière de composition. L’occasion de parler de cette nouvelle étape dans la carrière du groupe – qui est toujours en train de préparer sa biographie Veritas : A Kamelot Legacy qui prend plus de temps que prévu – mais aussi d’en apprendre plus sur un chanteur à part, qui a su rapidement se faire accepter à son arrivée mais qui se démarque par ses influences incluant Whitney Houston, Mariah Carey, Céline Dion et… sa sœur ! Entretien pour parler de tout ceci et plus encore avec Tommy et le guitariste et membre fondateur Thomas Youngblood.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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