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Chronique Focus   

Disturbed – Divisive


Disturbed a toujours évité les clivages. Le groupe originaire de Chicago a réalisé un effort continu de fédération de courants musicaux comme le metal inspiré du néo et le rock FM porté par l’efficacité de ses refrains. Mis à part les puristes qui voient d’un mauvais œil toute tentative de succès commercial, Disturbed ne s’aliène personne. Au contraire, le groupe peut se targuer aujourd’hui d’avoir vendu plus de dix-sept millions d’albums dans le monde. Rien que ça. Alors qu’on le veuille ou non, Disturbed est l’une des grosses machines contemporaines et Divisive doit s’appréhender comme un petit évènement. Parallèlement à leur démarche musicale, Divisive se nourrit des thèmes autour des luttes grégaires et pour Disturbed, seul l’effort collectif et la musique permettent de transcender le jeu stérile des conflits « tribaux et partisans ». A la différence d’Evolution (2018) avec lequel il avait divisé son propos entre électrique et acoustique, autant qu’il avait divisé les fans, Disturbed ne va pas s’accorder avec son sujet : il respecte à la lettre son cahier des charges pour revenir à ses fondamentaux, certain de la bonne appréhension de sa formule.

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Interview   

Ugly Kid Joe vole vers sa destinée


Il y en a qui donnent l’impression de ne jamais grandir. En 1992, Ugly Kid Joe jetait un pavé dans la mare avec un America’s Least Wanted. A un moment où l’industrie vivait un tournant, lorsque le hair metal commençait à se faire enterrer par la déferlante grunge, Ugly Kid Joe est arrivé comme un cheveu sur la soupe. Il n’entrait dans aucune case, aucune mode, en allant picorer autant dans le hard rock et le heavy metal traditionnel que dans le rap et le funk, et pourtant ce premier album fut un succès retentissant, adoubé par Rob Halford venu pousser la chansonnette pour l’occasion, mais aussi Ozzy Osbourne, Motörhead et tant d’autres. Et pour cause : rarement un album aura été un tel recueil d’hymnes.

Trente ans et quelques remous plus tard, même si l’expérience et la maturité acquises ne font pas de doute, Ugly Kid Joe a gardé une âme de trublion et sa passion pour ses héros d’antan. Pour preuve, le nouvel album Rad Wings Of Destiny qui multiplie les clins d’œil à Judas Priest, AC/DC, Van Halen et consorts, sans parler d’une reprise des Kinks mais aussi une escapade dans la country. Oui, Ugly Kid Joe ne réfléchit pas et fait ce qu’il a envie, comme en 1992. Un album qui marque les retrouvailles du groupe avec le producteur Mark Dodson, comme pour appuyer un peu plus le parallèle. Nous discutons de tout ça avec Whitfield Crade. Un chanteur-compositeur qui, avec le temps, comme il nous l’avoue, a fini par vaincre sa peur du studio et veut désormais travailler, vivre sa passion à fond et célébrer la vie.

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Live Report   

Black Stone Cherry : Que c’est beau d’avoir vingt ans !


Les Black Stone Cherry ne sont plus ces quatre gars du Kentucky présents dans le groupe depuis les débuts. En effet Jon Lawhon a décidé de prendre du recul et a quitté le groupe. C’est Steve Jewell qui reprend les quatre cordes disponibles. L’actualité des cerises c’est aussi la sortie de leur album enregistré en concert au Royal Albert Hall de Londres, Live From The Royal Albert Hall… Y’All, cerises qui fêtent leurs vingt ans d’existence. Comme le temps passe ! Mais avec vingt ans de vieillissement en fût de rock, il est légitime de penser que la dégustation n’en sera que plus agréable.

Dans leurs valises, ils emmènent The Georgia Thunderbolts, groupe américain de Géorgie, ancré dans le « southern rock » et qui a sorti son premier album, Can We Get A Witness, en octobre 2021. Voilà pour les protagonistes. De votre côté, vous êtes prêts ? Trop tard, les lumières s’éteignent…

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Interview   

Cachemire transforme l’essai


Et si le rock français revenait sur le devant de la scène ? C’est en tout cas le rêve fou que nous a donné l’écoute du dernier album de Cachemire – Dernier Essai ! Ce troisième album transforme l’essai haut la main avec des morceaux énergiques et entêtants que l’on a envie de crier avec eux ; des textes en français incisifs marqués notamment par la période Covid, qui se veulent contemplateurs de notre société avec heureusement une bonne dose de second degré ; une production aux petits oignons… Tout est là pour faire un carton. On a eu par le passé des groupes comme Téléphone, Noir Désir, Dolly, Luke, mais cela fait un moment qu’on n’a pas eu un groupe de rock français sous le feu des projecteurs. Et pourtant à entendre le chanteur Fred Bastar, il y a bien une réelle attente dans notre pays, un public qui n’attend que ça et qui leur exprime cet enthousiasme lors de leurs concerts. N’hésitez pas à leur accorder une écoute que ce soit sur album ou en live, vous ne le regretterez pas. Ce Dernier Essai ressemble en tout cas bien plus à une consécration pour le groupe qu’à une dernière tentative.

Dans cette interview, Fred nous parle de l’histoire du groupe et nous explique la genèse de Dernier Essai. Il est aussi question, entre autres, de leur volonté de faire du rock en français pour partager encore plus d’émotions et de joie à travers de leurs textes et maximiser l’interaction avec le public lors des live, mais aussi de leur espoir de remettre le rock français en lumière comme à la bonne époque. Alors, prêts pour un retour vers le futur avec Cachemire ?

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Chronique Focus   

Darkthrone – Astral Fortress


On ne présente plus Darkthrone, les pionniers du black metal norvégien dans ce qu’il a de plus brut et minimaliste reconvertis dès le début des années 2000 – depuis toujours, en réalité – en fervents apôtres du metal des années 80 voire 70. Black de la première vague, heavy, doom ou punk, rapide ou lent, peu importe : il s’agit surtout de revisiter ses sources pour ne pas avoir à se répéter soi-même, faire du surplace, ou être condamné à l’auto-parodie. Avec leurs deux derniers albums, Old Star et Eternal Hails, sortis de manière très rapprochée en 2019 et 2021, c’était une facette plus lente de leurs décennies fétiches qu’exploraient Fenriz et Nocturno Culto. Un an plus tard seulement, Astral Fortress, leur vingtième opus, enregistré au Chaka Khan Studio d’Oslo comme son prédécesseur, s’annonce dans la même lignée, soit ce que le groupe lui-même décrivait comme de l’« epic black heavy metal »…

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Interview   

Earth suit le flux


En plus de trente ans de carrière, Dylan Carlson a tracé une trajectoire unique, suivant son propre rythme et ses intuitions qui l’ont mené de la très fertile scène de Seattle du début des années 90 où il a posé les fondations du drone metal alors que le grunge faisait rage, à Los Angeles où il vit désormais, en passant par l’Angleterre, diverses configurations de groupes, et même le fond du trou, où il renonce complètement à la musique. Earth a épousé ses tribulations, de l’abstraction du bourdonnement à l’accroche du stoner, de la lourdeur à l’épure. C’est là qu’on avait laissé le groupe en 2019 avec Full upon Her Burning Lips, un album aux allures de retour aux sources avec sa pochette 70s et son line-up minimaliste comprenant seulement Carlson et la batteuse Adrienne Davies, à ses côtés dans le groupe depuis 2001.

Une pandémie plus tard, Earth a repris les concerts mi-2022 avec une mini-tournée européenne. Croisé en train de discuter avec des fans lors de la date bruxelloise, Carlson nous a donné rendez-vous quelques jours plus tard à Anvers, où il devait se produire en solo dans un parc-musée de sculpture luxuriant, De Nor, devant un comité aussi restreint qu’enthousiaste. Adrienne Davis s’est jointe à l’interview comme elle s’est jointe à la performance, à laquelle ont été ajoutés quelques titres de Earth histoire de terminer en beauté cette remise en route. Généreux et disponibles, ce sont donc les deux musiciens qui nous ont parlé de ce dernier album, mais aussi de leur manière de fonctionner, de leur rapport à leur musique, et d’où ils viennent. Complices, capables aussi bien de terminer les phrases l’un de l’autre que de se contredire, ils incarnent autant qu’ils décrivent ce flux musical singulier qu’est Earth.

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Chronique Focus   

Remina – Strata


Le concert donné par Draconian en juin au Hellfest était le dernier du groupe avec Heike Langhans, qui avait annoncé en mai quitter le groupe, notamment pour se consacrer à ses projets personnels. Il faut dire que la musicienne n’en manque pas. En plus de son projet solo de darkwave, :LOR3L3I:, qu’elle mène depuis 2006, elle a formé de 2015 à 2020 le duo de post-rock atmosphérique Ison avec Daniel Änghede (qui a notamment joué dans Crippled Black Phoenix), avant de trouver un autre partenaire artistique en la personne de Mike Lamb de Sojourner. La tournée européenne que Sojourner a partagée avec Draconian début 2019 a en effet permis la naissance d’un duo créatif particulièrement prolifique puisque à Light Field Reverie, créé en 2020 par les deux musiciens, s’ajoute déjà un deuxième projet commun, Remina.

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Interview   

Avantasia : la société secrète de Tobias Sammet


Ralentir. Tel a été l’état d’esprit de Tobias Sammet ces dernières années quant à sa carrière. Pris au piège dans une cadence effrénée à enchaîner les albums et tournées alternativement avec Edguy et Avantasia, et par les attentes que, mécaniquement, cela suscitait auprès des fans et de son entourage, il était devenu vital de lever le pied. Chose qu’il avait déjà commencé à faire avec Moonglow d’Avantasia et la mise en hiatus d’Edguy depuis 2017. C’est pourquoi le ralentissement supplémentaire imposé par la pandémie a été le bienvenu pour l’artiste : sans les sollicitations du monde extérieur, il était libre de prendre son temps pour plonger dans le processus créatif, les détails et le simple plaisir de chanter et de faire de la musique. D’autant qu’avec la communauté de chanteurs et de musiciens qu’il a constituée autour d’Avantasia – qui a son propre groupe WhatsApp –, difficile de se sentir vraiment seul… Bref, un retour aux fondamentaux matérialisé sous la forme d’un nouvel album : A Paranormal Evening With The Moonflower Society.

Autre piège duquel Tobias Sammet a su s’extirper : celui d’un power metal devenu trop étroit pour continuer à avancer, sans pour autant l’abandonner totalement, à l’image du musclé « The Wicked Rule The Night », idéalement chanté par Ralf Scheepers – l’une des deux nouvelles voix ajoutées à l’univers d’Avantasia, avec celle de Floor Jansen. C’est donc toute la panoplie musicale du musicien que l’on retrouve sur ce neuvième album, où le sentiment d’évasion est plus que jamais palpable. Nous en parlons ci-après avec le principal intéressé, qui répond avec honnêteté et n’hésite pas à pousser ses réponses dans un peu d’introspection, avant de retourner s’occuper de ses cochons d’Inde – « La vie de rock star à la maison ! » comme il dit.

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Chronique Focus   

Dead Cross – II


C’est un euphémisme de dire que Mike Patton, Dave Lombardo, Michael Crain et Justin Pearson n’ont plus rien à prouver. Avec des carrières prolifiques accomplies dans des groupes aussi brillants et divers que Faith No More, Slayer, Mr. Bungle, The Locust, Retox et bien d’autres, les quatre musiciens se sont donc retrouvés autour du projet Dead Cross pour, avant tout, s’amuser. « Je ne suis pas un petit dur qui essaie de prouver quelque chose, expliquait Patton à la sortie du premier album du groupe en 2017. Pour moi, faire un disque comme celui-là, c’est uniquement une aventure musicale. Je trouve que c’est fun, et ça me fait beaucoup sourire. » Et en effet, le hardcore singulier de Dead Cross déborde d’énergie et d’agressivité aussi jouissives que fédératrices. Mais cinq ans plus tard, le temps n’est plus vraiment à la légèreté : en plus d’une pandémie mondiale et d’un paysage politique éreintant, le groupe a accumulé les épreuves. Un cancer a été diagnostiqué chez Crain en 2019, au point que c’est en parallèle d’un lourd traitement médical que le guitariste a travaillé sur le deuxième album du groupe. De plus, la santé mentale de Mike Patton a été mise à rude épreuve, entre dépression, agoraphobie et alcoolisme. Dernier coup dur : au début de l’année décédait Gabe Serbian, le chanteur des premiers jours du groupe. Mais rien de tout cela n’a entamé la motivation du quatuor, au contraire : II, son second opus au titre adéquat, est plus chaotique que son prédécesseur, mais il est aussi parcouru d’un sentiment d’urgence plus tangible que jamais.

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Interview   

Strigoi : la bande-son de l’effroi


Le but avoué de Strigoi – projet du guitariste de Paradise Lost, Gregor Mackintosh, créé avec le bassiste Christ Casket suite à l’arrêt de Vallenfyre – est de retranscrire musicalement les sentiments d’horreur et d’effroi. Autant dire que ces dernières années, avec les décomptes macabres aux infos, le senti d’enfermement et les retombées psychologiques en tout genre, ils ont été servis en la matière, même si à titre personnel, Gregor, en bon solitaire, a plutôt apprécié certains aspects de la pandémie… Bref, pour parvenir à leur objectif, ils recourent à tous les moyens : de la lourdeur doom la plus suffocante à la vitesse grind la plus terrassante, en passant par quelques effets sonores pour rendre les atmosphères encore plus palpables, sans oublier quelques filets de lumière pour mieux nous replonger dans le noir. Avec son second album Viscera, Strigoi, a peaufiné sa formule, moins brut que le premier album, Abandon All Faith, et plus travaillé sur le plan sonore.

Nous en discutons ci-après avec Gregor Mackintosh qui, à l’inverse de Nick Holmes dans Bloodbath, trouve allègrement son inspiration dans l’horreur bien réelle de la vie, plutôt que dans la fiction. L’occasion aussi pour lui, notamment, de déplorer l’uniformisation du metal et de revenir sur le cas du batteur Waltteri Väyrynen, récemment parti de Paradise Lost pour rejoindre les rangs d’Opeth.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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