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Chronique Focus   

Obsidious – Iconic


Ce serait un grotesque abus de langage de dire qu’Obsidious est né des cendres d’Obscura, ces derniers ayant continué à prospérer au fil des changements de line-up. Toujours est-il que c’est au sortir du groupe que trois membres (guitare, basse, batterie) ont forgé cette nouvelle entité. À cette triplette virtuose s’accole le chanteur Javi Perera, issu d’un milieu plus thrash et groovy mais dans lequel la technicité n’était pas non plus une denrée rare. Lui et le bassiste Linus Klausenitzer (qui officie parallèlement pour Alkaloid) sont des habitués des expérimentations progressives et autres croisements, et comptent bien insuffler le nécessaire à Obsidious pour ne pas être étiquetés comme un « Obscura Bis ». Le quatuor cosmopolite, pris sous l’aile solide de Season Of Mist, s’est payé pour ses débuts les services du producteur V. Santura, membre de Triptykon ayant justement servi Obscura en studio, entre autres faits d’armes. L’objectif martelé est assez clair mais non moins ambitieux : pousser à l’évolution des genres qui leur servent de base.

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Interview   

Lacuna Coil replonge dans le coma


S’il a conservé une essence mélancolique portée par son emblématique duo de voix – Cristina Scabbia et Andrea Ferro –, depuis sa formation au milieu des années 90, Lacuna Coil a beaucoup évolué. Les plus anciens fans se souviennent encore d’un premier EP éponyme plein d’innocence et de charme, qu’ils réécoutent avec tendresse. Ils se souviennent aussi de la sensualité et de la beauté gothique d’In A Reverie et d’Unleashed Memories. Mais c’est surtout sur Comalies que, pour beaucoup, Lacuna Coil a atteint le sommet de son art. D’ailleurs, dès l’album suivant, Karmacode, les Italiens commenceront à changer en partie leur formule et à explorer de nouveaux horizons.

L’époque Comalies semble aujourd’hui un lointain souvenir, les plus jeunes fans étant parfois davantage familiers avec des albums tels que Broken Crown Halo ou Delirium, si ce n’est pour les tubes « Swamp » et surtout « Heaven’s A Lie ». C’est donc une louable initiative de la part du groupe de ressortir Comalies à l’occasion des vingt ans de l’album, même si, forcément, l’entreprise de déconstruire, reconstruire et réenregistrer un tel album est risquée et fera râler les puristes. Mais c’est avant tout comme un nouveau regard, actualisé avec la sensibilité du Lacuna Coil de 2022, qu’il faut le voir, cette nouvelle version n’enlevant rien au caractère sacré de l’original, comme nous le confie Cristina Scabbia ci-après.

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Live Report   

Les Sheriff : on dirait le Sud…


Qui aurait cru un jour que Les Sheriff, le fleuron du punk rock français des années 1980-1990, reviendraient sur la plus haute marche du podium, après leur split de 1999 en pleine tournée italienne ? En effet, après avoir traîné leurs amplis en écumant toutes les rades et les scènes de France et de Navarre pendant de très longues années, quasiment tous les membres du groupe avaient cessé leur activité musicale. Ainsi, Olivier, le chanteur, s’était dirigé vers le métier de tailleur de pierre, tandis que le bassiste Michel et le guitariste Fred étaient devenus respectivement maçon et poseur de clims… pas très rock n’roll tout ça ! Seuls le gratteux Fab et le batteur Manu sont restés fidèles à leurs premières amourettes sonores au travers de leur groupe, l’excellent The Hop-Là avec qui ils ont sorti quelques albums.

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Interview   

Clutch : « écrire avec le cœur, pas avec la tête »


A trente ans de carrière passée, Clutch poursuit tranquillement sa route, avec toujours ces quatre piliers que son Neil Fallon, Tim Sult, Dan Maines et Jean-Paul Gaster. Un line-up qui n’a pas changé depuis le début et semble inébranlable dans son équilibre. Ce n’est d’ailleurs pas une pandémie qui aura changé la donne. Au contraire, puisque celle-ci, en chamboulant leurs habitudes et en leur offrant du temps, leur a permis de retrouver une approche créative plus audacieuse, plus proche de celles de leurs débuts. En résulte Sunrise On Slaughter Beach, un treizième album dans lequel se côtoient des brûlots de hard-stoner énergique et groovy dans la pure tradition du groupe et des morceaux plus élaborés, ambiancés, comprenant quelques surprises.

Neal Fallon nous explique ci-après comment les circonstances ont en partie rebattu les cartes dans leur processus et, par un souci d’authenticité, influencé leur créativité. En outre, parmi de nombreux sujets, nous évoquons ensemble « la beauté de l’imperfection » ou encore l’humour comme mécanisme de défense face à certaines absurdités, à l’image des théories du complot qui prospèrent à notre ère du numérique, et comme ciment de toute relation, ainsi que la remarquable longévité du groupe.

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Chronique Focus   

Dawnwalker – House Of Sand


« Les banlieues rêvent de violence. » C’est à travers cette citation du romancier J.G. Ballard que Dawnwalker présente son cinquième album. Une œuvre synonyme de prises de risques multiples pour ces Londoniens rassemblés autour de Mark Norgate. Après quelques volets imprégnés d’un post-metal vu à travers le filtre du folk, House Of Sand ouvre une fenêtre sur les versants indépendants et progressifs du rock so British. En appui de ce virage stylistique est venue une volonté de se distancer de la tendance à la surproduction qui se propage dans le metal moderne. Disparus, les pistes de clics et autres outils d’assistance à l’enregistrement. Les musiciens ont livré en studio de véritables prestations live à huit têtes (dont quatre donnent de la voix). Après tout, ce sont parfois les petits défauts qui donnent vie à une œuvre humaine, et Dawnwalker compte bien exploiter ce potentiel mystérieux.

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Interview   

Bukowski : à la vie, à la mort


Dire que la sortie du nouvel album de Bukowski a un arrière-goût amer est un euphémisme. Le décès de Julien Dottel – bassiste, hurleur, parolier et frère du frontman, Mathieu – a forcément mis un voile noir sur le sixième album des Parisiens, qui était déjà en boîte à ce moment-là. Après avoir éclairci les doutes sur la marche à suivre, Bukowski a finalement décidé d’ouvrir un nouveau chapitre et de poursuivre l’aventure, non sans bouleverser ses plans afin de rendre un vibrant hommage à son frère d’armes disparu : nouveau nom d’album – sans titre – et nouvelle pochette sur laquelle la silhouette de Julien est à l’honneur.

L’album lui-même suit l’évolution naturelle de Bukowski, c’est-à-dire avec plus d’ouverture – jusqu’à la concrétisation de l’influence hip-hop – sans pour autant trahir son identité. En d’autres termes, il s’agit de la création d’un groupe qui ne s’empêche plus rien, ou presque. Mathieu nous parle de ce disque, de l’impact de la pandémie sur celui-ci, des thématiques, mais aussi de Julien, forcément, et de famille.

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Chronique Focus   

Avatarium – Death, Where Is Your Sting


Le projet germé il y a exactement dix ans dans l’esprit de Leif Edling, leader de Candlemass, poursuit son évolution, en mettant désormais à profit l’indépendance prise à l’égard de son géniteur initial. Contraint en 2014 par ses soucis de santé de se retirer de ses activités musicales pour quelques années, ce dernier avait alors laissé le champ libre au guitariste Marcus Jidell, avec qui il avait fondé le groupe, à la chanteuse Jennie-Ann Smith et au reste du groupe pour s’investir dans la composition et orienter à leur manière Avatarium. Le précédent album, The Fire I Long For, avec seulement trois morceaux composés par Leif Edling (et retravaillés par le couple leader), entérinait cette émancipation. Après trois albums redéfinissant tour à tour les contours stylistiques du groupe, d’un doom traditionnel à un doom teinté de rock psyché, hard rock et rock prog 70’s, le quatrième incarnait une stabilisation de son identité musicale en réaffirmant son assise doom, portée par un son plus moderne et lourd, mais pour mieux faire ressortir les beautés aériennes de son spleen.

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Interview   

Alter Bridge avance ses pions


Quand les quatre membres d’Alter Bridge se sont retrouvés en Floride en 2022 pour travailler sur ce qui deviendra Pawns & Kings, le septième album du groupe, cela faisait pas moins de deux ans qu’ils ne s’étaient pas vus. Covid-19 oblige, Alter Bridge n’a d’ailleurs toujours pas repris la route depuis février 2020. Pour autant, les deux moteurs créatifs du combo, à savoir Mark Tremonti et Myles Kennedy, ne se sont pas tournés les pouces : le premier a réalisé un nouvel album de son projet Tremonti et a donné corps à sa passion pour Frank Sinatra par le biais d’un album à la fois hommage et œuvre de bienfaisance, tandis que le second a œuvré en solo et avec Slash. Un éloignement qui a eu du bon, donnant une forme de fraîcheur et d’excitation à leurs retrouvailles.

En conséquence, Pawns & Kings est finalement un album assez différent de Walk The Sky (2019), mais dans lequel on retrouve indéniablement la patte d’Alter Bridge. C’est là tout le jeu d’équilibriste auquel le groupe joue à chaque album : faire du neuf sans dépayser. Cette fois, c’est avec un son plus épuré, mais des structures plus longues et complexes – rappelant en partie l’album Fortress sorti il y a tout juste dix ans – que le quatuor revient. Nous en parlons ci-après avec Mark Tremonti.

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Chronique Focus   

Alter Bridge – Pawns & Kings


« Dans toute histoire d’outsider, des débuts ordinaires aboutissent à une conclusion extraordinaire. » Alter Bridge a le don de la présentation thématique pour évoquer sa propre existence en lien avec le sujet de sa dernière production Pawns & Kings. « Des pions qui deviennent des rois » en somme. Difficile d’aller contre l’historique du groupe emmené par Myles Kennedy et Mark Tremonti cependant. Depuis leurs débuts en 2004 avec One Day Remains, Alter Bridge n’a cessé de gravir les échelons jusqu’à enchaîner les succès critiques et commerciaux. Comme tant d’autres formations, le cycle promotionnel de Walk The Sky (2019) a été interrompu par la pandémie. Myles et Mark en ont chacun profité pour s’échapper en solo, avant d’entamer le processus d’écriture de Pawns & Kings avec une motivation renouvelée. Alter Bridge n’a pas d’autre ambition que de faire de Pawns & Kings un album « jalon », l’un de ceux qui marquent durablement le parcours musical d’un auditeur. Pawns & Kings a bel et bien des envies de monarque et pourrait pratiquement porter la couronne sans broncher.

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Interview   

Queensrÿche préserve son ADN


Ça fait maintenant dix ans et quatre albums que le chanteur Todd La Torre a intégré Queensrÿche. Si l’on met de côté le psychodrame de ces dernières années autour de l’ex-batteur Scott Rockenfield, le groupe poursuit avec régularité et en toute sérénité son entreprise de retour à son style originel. Queensrÿche a beau avoir été l’un des groupes de metal les plus novateurs dans les années 80 et début 90, les temps ont changé et surtout la scène a grandement évolué : difficile d’innover quand pratiquement tout a été fait. Nouvelle ère, nouvelle approche, vieilles méthodes. L’objectif est avant tout de faire de bonnes chansons, avec juste ce qu’il faut de progressif pour entretenir l’intérêt sans tomber dans la surenchère. Et force est de constater qu’avec Digital Noise Alliance, le combo s’en est donné les moyens, se regroupant en Floride accompagné de son producteur Christopher Harris alias Zeuss pour composer à l’ancienne et ressortant les vieux amplis de la grande époque.

A l’approche de quelques anniversaires clés – les quarante ans sur premier EP et ceux du premier album The Warning –, nous discutons de tout ça ci-après avec le chanteur, qui nous parle également des thématiques entourant le titre du disque, cette idée que la technologie ferait désormais partie intégrante de notre ADN en tant qu’êtres humains, pour le meilleur… et surtout pour le pire.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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