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Interview   

Papa Roach : double je(u)


Bientôt trente ans que Papa Roach existe. Avec une telle longévité et un tel succès, il y a de quoi prendre le melon. Le titre de leur onzième album, Ego Trip, a d’ailleurs de quoi faire (encore) grincer des dents chez les détracteurs des Californiens. Mais comme souvent chez Papa Roach, il faut regarder derrière les apparences, et la provocation, pour découvrir une forme de fragilité. C’est ce que révèle notamment notre échange ci-dessous avec un Jacoby Shaddix parfois philosophe, notamment sur la notion d’échec, et conscient de son parcours.

Chez Papa Roach, tout est une question d’équilibre, en particulier avec Ego Trip : expérimenter, bousculer un peu les fans, mais ne jamais perdre le sens de l’accroche fédératrice. Le contexte particulier dans lequel l’album a été conçu – un groupe parti s’isoler dans un manoir, sans pression, même pas celle d’une maison de disques puisqu’ils sont désormais indépendants – lui a d’ailleurs permis de pousser le bouchon un peu plus loin, de regarder vers l’avenir, sans oublier d’où ils venaient.

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Chronique Focus   

Watain – The Agony & Ecstasy Of


Plus de dix ans après la sortie de Lawless Darkness, souvent considéré comme son magnum opus, de l’eau a coulé sous les ponts pour Watain, entre vastes tournées et scandales, projets ambitieux et DIY radical, et, pandémie mondiale oblige, stase et réorganisation des forces. En six albums et plus de vingt ans d’existence, les Suédois ont imposé dans le monde du black metal et au-delà une approche singulière, sans compromis dans le fond – satanisme « anti-cosmique » proclamé lors de concerts-rituels dégoulinants de sang et de flammes – mais accessible dans la forme – guitares mélodiques, sens de l’accroche et du rock’n’roll. Après l’ambitieux The Wild Hunt en 2013 où le groupe poussait à l’extrême ses envies de grandeur au grand dam d’une partie de son public, Watain était revenu à une forme plus compacte et violente avec Trident Wolf Eclipse en 2018. Un split et une cassette autoproduite plus tard, le trio propose son septième album, dont le titre, The Agony & Ecstasy Of Watain, présage une synthèse des opposés, un mariage des contraires, et donc peut-être un retour à l’alchimie particulière de ses disques les plus mémorables…

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Interview   

Meshuggah : une mécanique inébranlable


Proposer du neuf sans sortir de son cadre. Telle est l’équation épineuse que nombre de groupes tentent de résoudre avec plus ou moins de succès. Finalement, la bonne solution, c’est peut-être celle de Meshuggah qui fait les choses sans trop réfléchir, en se tournant vers les albums de leur jeunesse pensés comme des ensembles dynamiques et pas comme des « formats ». C’est la somme des personnalités des musiciens composant le groupe qui fait, au final, la personnalité de ce dernier. Le résultat est que, malgré les multitudes de tentatives de copies – allant jusqu’à engendrer un genre, le djent –, Meshuggah reste inimitable, proposant à chaque album des variantes d’une même formule.

C’est ce que propose Immutable : un album plus « chaud », par opposition à la froideur de certains prédécesseurs, mais à l’atmosphère pas moins singulière, souvent malaisante, parfois jouant avec nos nerfs. Une expérience, en somme. Le batteur, co-compositeur et co-parolier Tomas Haake nous raconte leur philosophie artistique, et en particulier celle de ce neuvième album, mettant en avant les composantes et méthodes ayant, historiquement, façonné le son de Meshuggah.

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Chronique Focus   

Devil Master – Ecstasies Of Never Ending Night


Dans le metal peut-être encore plus qu’ailleurs, on ne sort jamais vraiment de l’éternel retour des années 80. Partout dans la pop culture, de Perturbator à Stranger Things, cette époque a longtemps été pour les metalleux synonyme d’âge d’or, de solos échevelés et de stades pleins à craquer. Mais pour une nouvelle génération de musiciens nés soit à la fin de cette décennie, soit dans les années 90, elle est bien plus que ça : explorée, révisée, fantasmée, celle-ci est un terrain de jeu qui recèle des sources d’inspiration variées, des scènes underground riches et des artistes audacieux. C’est le cas de Devil Master : le groupe, fondé en 2015 à Philadelphie par des membres britanniques et américains, a frappé fort d’entrée de jeu avec une série de sorties confidentielles qui lui ont valu une signature chez Relapse pour son premier album, Satan Spits On Children Of Light, en 2019. Il faut dire que le combo a des arguments : son mélange de D-beat et de black metal première vague qui n’hésite pas à piocher chez les pionniers du rock gothique, son énergie redoutable et son esthétique carton-pâte à prendre au premier ou au quinzième degré sont assez irrésistibles et les distinguent de groupes comme In Solitude, Tribulation ou Unto Others, plus sobres et moins punk dans leur approche. Trois ans et un remaniement de line-up plus tard, le désormais quatuor revient avec un nouvel opus intitulé Ecstasies Of Never Ending Night. Tout un programme…

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Interview   

Absent In Body libère la bête


« Une étude sur ce que c’est, en tant qu’organismes, de vivre à cette époque d’information globalisée », « un genre de BO de notre époque contemporaine, de la dureté de la société actuelle et des échecs humains » : selon ses propres créateurs, Plague God, le premier album d’Absent In Body, est le produit de son époque. Avec dans ses rangs des membres d’Amenra – Mathieu J. Vandekerckhove et Colin H. Van Eeckhout – et de Neurosis – Scott Kelly – ainsi qu’Iggor Cavalera (ex-Sepultura), ce projet fondé il y a cinq ans par Vandekerckhove mêle la lourdeur et l’obscurité des autres groupes de ses membres à la froideur de la musique industrielle. De quoi refléter les angoisses et les impasses de temps particulièrement tourmentés.

Avec la générosité et la sensibilité qu’on leur connaît, Mathieu J. Vandekerckhove et Colin H. Van Eeckhout nous présentent cette créature hybride qu’est Plague God, évoquant autant la genèse du projet, passé des expérimentations solitaires de Vandekerckhove à un véritable effort de groupe, que leurs réflexions sur le monde actuel…

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Chronique Focus   

Audrey Horne – Devil’s Bell


Le meilleur des deux mondes. C’est ce que cherche à atteindre Devil’s Bell, le dernier effort des rockeurs norvégiens d’Audrey Horne. Le groupe nommé d’après un personnage de Twin Peaks compte parmi ses membres des habitués de la scène metal dont Arve Isdal, le guitariste d’Enslaved. Il est l’un des exemples les plus parlants concernant la polyvalence des musiciens de la scène : depuis Youngblood (2013), Audrey Horne ne se présente plus comme un side-project mais comme un groupe capable de remplir les salles d’importance, à grands coups de riffs rock inspirés des seventies et des eighties. Devil’s Bell a bénéficié d’un soin particulier – pandémie oblige – et souhaite perpétuer la dynamique positive d’Audrey Horne. Pourtant, si le groupe aurait pu se contenter d’enchaîner les hymnes rock décomplexés, il s’est inspiré du contexte actuel propice à un album plus sombre et aux structures légèrement plus complexes. Une sorte de croisement entre l’Audrey Horne des débuts davantage concerné par les atmosphères et le visage récent où l’accroche est le maître-mot.

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Interview   

Manigance : de l’ombre à la lumière


Il y a vingt ans sortait Ange Ou Démon, premier véritable album de Manigance passé à la postérité comme un classique du heavy français bourré de tubes, à la fois traditionnel et moderne, avec une sensibilité prog tout en restant concis et accrocheur. Un tremplin qui aura permis à Manigance de se construire d’emblée une identité forte et d’entretenir un élan – malgré une carrière ayant connu son lot de doutes et de tensions – jusqu’à aujourd’hui.

Et cette année de 2002 est d’ores et déjà un nouveau jalon, presque aussi important dans la carrière de Manigance, puisqu’elle voit la sortie d’un septième album, Le Bal Des Ombres, le premier sans la voix emblématique de Didier Delsaux. La tâche de sa successeuse Carine Pinto était forcément pharamineuse, mais elle a l’avantage d’être une fan avant tout. Ça et l’arrivée de Lionel Vizerie à la seconde guitare (Bruno Ramos étant parti vers de nouveaux cieux au sein de Sortilège) et l’absence désormais de clavier attitré suite au départ non remplacé de Jean Lahargue, c’était aussi l’occasion d’apporter un vent de fraîcheur, de réviser voire rénover la formule de Manigance, tout en conservant les fondamentaux. Nous en parlons en détail ci-après avec Carine Pinto et François Merle, chacun racontant l’expérience du changement et de la conception de l’album, mais aussi de l’histoire de Manigance, sous leurs angles de vue complémentaires.

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Chronique Focus   

Destruction – Diabolical


Destruction a quarante ans. La légende du thrash allemand emmenée par Marcel « Schmier » Schirmer a passé presque ces quatre décennies à empiler les riffs sans jamais vraiment changer son fusil d’épaule : Destruction est un groupe qui doit agresser et rien d’autre. Seules les années 90 ont fait exception, le départ de son chanteur-bassiste emblématique ayant été synonyme de traversée du désert pour la formation allemande. Depuis le retour de Schmier en 1999, Destruction a choisi d’honorer ses racines et de s’épanouir dans un thrash old-school qui profite aujourd’hui d’un certain regain d’intérêt. Diabolical n’est autre que le quinzième opus du groupe et se concentre sur une seule chose : perpétuer cette agression. Un dessein qui s’accompagne d’un changement de line-up significatif, dans la continuité du renouvellement opéré depuis 2018. Mike Sifringer, l’un des membres fondateurs du groupe, a décidé de raccrocher l’an dernier. Il a été remplacé par le tour manager et technicien son du groupe depuis 2016, Martin Furia. En outre, Destruction a quitté le label Nuclear Blast après vingt ans de collaboration pour rejoindre Napalm Records. Diabolical est donc l’œuvre du nouveau visage de Destruction, qui se refuse à toute révolution.

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Interview   

Le corps et l’esprit de Stengah


De la presse spécialisée aux professionnels de la scène, beaucoup d’acteurs du metal s’accordent à dire que Stengah est un projet qui va faire beaucoup de bruit dans les prochains mois ou les prochaines années. Le groupe est d’ailleurs la première signature française du label Mascot Records avec l’album Soma Sema qui est la démonstration d’une singularité sonore dans un paysage musical parfois inondé de sorties en tout genre. Véritable magma entre musiques progressives et metal moderne tirant même vers les musiques extrêmes, Stengah offre un visage accessible, organique et accrocheur mais présente surtout un univers original complet déjà très cohérent pour un premier disque. Pour autant le groupe n’est pas un lapin de trois semaines, puisqu’il s’est quand même formé en 2013, et avait déjà arpenté pas mal de scènes dont celle du Wacken Open Air en 2017, la sortie de Soma Sema permettra par ailleurs au combo de se produire sur une mainstage de la prochaine édition du Hellfest. Pour arriver à ses fins, il y avait une règle à respecter en plus d’un travail acharné : surtout, ne pas se précipiter.

Ce principe même de ne pas sortir du matériel dans l’immédiat démarque Stengah de beaucoup d’autres projets de la scène actuelle, et ce n’est pas la seule différence notable. Son fondateur et compositeur est un batteur, qui par son expérience et sa formation perçoit forcément la musique autrement que ses collègues au sein du groupe. Si le projet était guidé par sa volonté d’expression et ses inspirations musicales variées, il n’était pas non plus défini dans un style précis, le metal s’étant naturellement imposé dans l’écriture. Enfin, si Stengah a des capacités évidentes au point que la technique est un qualificatif récurrent pour les caractériser, sa tête pensante Eliott Williame a un goût prononcé pour l’imperfection et l’organique. Nous nous sommes entretenus avec lui sur tous ces sujets mais aussi sur les rapports entre la création, le monde réel et l’imaginaire, qui sont au centre des thématiques de Soma Sema.

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Chronique Focus   

Ethereal Shroud – Trisagion


« Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, Aie Pitié De Nous. » Ainsi se présente traditionnellement le trisagion, littéralement « trois fois saint ». Si l’aspect saint de l’œuvre ici considérée sera discutable à loisir, on a sans conteste affaire à une trilogie ambitieuse et massive, qui mérite que l’on s’attarde sur ses composantes comme sur les chapitres d’un roman… ou d’un livre sacré. Pas moins de six ans séparent cet album de They Became The Falling Ash, et Joe Hawker, unique membre officiel d’Ethereal Shroud, en aurait même commencé la composition quinze ans avant la sortie, traversant diverses épreuves mentales qui ont fait de ce parachèvement un triomphe personnel.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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