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Interview   

Carpenter Brut : ça va saigner !


Changement de décor pour Carpenter Brut et le personnage de Bret Halford. Fini les tons flashy et sucrés du glam, Leather Terror annonce la couleur : celle de l’hémoglobine. Leather Teeth introduisait le contexte, celui d’un étudiant amoureux de la cheerleader du lycée qui n’a que faire de lui. Il finit défiguré après un bizutage traumatisant et une expérience de chimie ayant mal tourné. Devenu rock star dans le groupe Leather Patrol, Bret Halford se transforme en vengeur sanguinaire digne des grands slashers dans Leather Terror. La musique prend une tournure plus industrielle et virulente, mais pas moins tubesque. Plus variée aussi, avec sa pléthore d’invités : Alex Westaway (Gunship), Ben Koller (Converge), Jonka (Tribulation), Greg Puciato (ex-The Dillinger Escape Plan), Ulver, Kathrine Shepard (Sylvaine) et Persha.

Dans l’entretien fleuve qui suit, Carpenter Brut nous parle de la conception de Leather Terror qui a profité de plus de temps et de moins de contraintes pour concrétiser et peaufiner sa vision. L’occasion d’en savoir plus sur sa démarche artistique globale jusqu’à sa volonté de maintenir l’anonymat contre vents et marées au profit de sa musique et de son univers, sur la notion de tube, sur sa passion pour le cinéma – d’horreur notamment – des années 80 et même sur la suite et fin de la trilogie.

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Chronique Focus   

Joe Satriani – The Elephants Of Mars


Guitar-Hero un jour… Joe Satriani n’a pas pu défendre dignement Shapeshifting (2020) en live à cause de la pandémie. Un crève-cœur lorsqu’on sait que Shapheshifting est fortement inspiré de son travail avec le groupe de la tournée Experience Hendrix, à savoir une musique classic-rock dans son approche, enregistrée avec spontanéité dans des conditions proches du concert. Peu importe, Joe Satriani a très vite décidé de tirer parti du contexte singulier : The Elephants Of Mars – son nouvel effort dont le titre farfelu renvoie à l’histoire imaginée par le guitariste d’une planète Mars terraformée, habitée par des éléphants à la conscience développée – allait profiter de l’absence de contraintes temporelles. Chacun a pu enregistrer chez soi et s’est complètement dédouané des contraintes studio, sorte d’épée de Damoclès budgétaire. Joe Satriani parvient à présenter explicitement sa philosophie, qui plus est sous de multiples variantes : la mélodie et le groove doivent primer sur l’extrême technicité dont il n’est plus le représentant aujourd’hui.

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Interview   

Ghost : le sens de l’histoire


Après trois premiers albums centrés sur l’antéchrist et les thématiques religieuses, Tobias Forge s’est tourné vers l’histoire pour dessiner des analogies avec le présent. Sauf qu’il n’avait jamais imaginé être aussi clairvoyant voire prophétique en sortant Prequelle, un album tournant autour de l’époque médiévale et de la Peste noire, quand quelques années plus tard le monde s’est vu frappé d’une pandémie qui a parfois pu faire ressortir chez nous certains comportements arriérés.

Aujourd’hui, Forge s’attaque à l’ère victorienne, une époque de grands changements où « l’industrialisme effaçait progressivement l’humanité ». Impera se veut une réflexion sur l’essor des empires et leur inévitable chute, qui n’est pas sans trouver un écho dans ce qui se passe actuellement, entre les défis auxquels est confronté l’« empire » européen et celui qu’un autocrate voudrait reconstruire à l’est… Le cycle de l’histoire, en somme, comme nous l’explique l’homme qui, sur scène, incarne désormais Papa Emeritus IV, qui revient également sur son approche créative actuelle et avec qui nous dressons quelques parallèles entre ces thématiques et le groupe Ghost en tant que tel.

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Chronique Focus   

Papa Roach – Ego Trip


Papa Roach ne fera pas dans le sentimental. Pas question pour la bande à Jacoby Shaddix de revenir à l’époque jeans troués d’Old Friends From Young Years (1997) et du classique Infest (2000), et ce malgré la nostalgie proclamée de certains fans, peu convaincus par les récentes pérégrinations des Californiens. Lorsqu’on s’attarde sur la longévité du groupe et son succès, il est tout de même difficile de lui donner tort. Papa Roach concilie quelques bribes du neo-metal, du hip-hop et des développements plus récents de l’EDM pour certains arrangements. Bref, Papa Roach s’amuse au fourre-tout FM. Ego Trip, le onzième opus studio de la formation est le fruit d’une retraite créative durant l’été 2020 en Californie. Il entend se dégager de la « conformité » et « construire quelque chose de nouveau » pour reprendre les termes du frontman et ouvrir un nouveau chapitre pour Papa Roach. Vous avez dit Ego ?

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Interview   

Véhémence : la guitare et la plume


L’épopée de Véhémence commence véritablement en 2019 avec Par le Sang Versé qui a eu un rayonnement particulier dans la scène black metal underground, à commencer par la scène hexagonale. Les mélodies épiques de cet album ont conquis le cœur de bien de ceux qui ont voulu y prêter une oreille attentive, la deuxième galette se voyant s’offrir une place de choix dans bien des classements de fin d’année dans les webzines spécialisés. Ainsi de nombreux adeptes de métal noir se sont ornés de t-shirts Véhémence dans les salles obscures et le nom du groupe a progressivement circulé dans les conversations entre passionnés. Mais rien n’est jamais acquis et le véhément duo le sait, gagner une bataille ne signifie pas forcément gagner la guerre…

Derrière ce langage guerrier réside en réalité davantage une histoire d’amour, celle que les musiciens entretiennent pour un black metal artisanal, fait avec sincérité. Derrière ce savoir-faire, des paroles et des représentations qui maquillent des discours personnels, marquant une complicité qui semble sans faille entre les artistes, mais surtout un troisième disque qui s’étoffe en qualité de compositions et avec une production plus massive. Ordalies était très attendu par son public et poussés par la réception des précédentes œuvres, Hyver et Tulzcha y ont mis du cœur, comme ils nous le racontent dans cet entretien fleuve.

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Chronique Focus   

Meshuggah – Immutable


« Immuable : qui, par nature, demeure identique et ne peut éprouver de changement ». C’est précisément ce qu’Immutable – le neuvième effort de Meshuggah – veut signifier à propos de la condition humaine. L’homme est condamné à répéter les mêmes erreurs, peu importe l’ampleur de ces dernières. C’est aussi un titre qui renvoie à la carrière de Meshuggah selon ses membres : des musiciens plus âgés, installés dans leur existence et qui ont pourtant l’impression d’écrire de la musique comme au premier jour. L’absence de changement n’est alors pas nécessairement perçue comme négative, elle est synonyme de cohérence et d’honnêteté envers soi-même. Effectivement, Immutable ne présentera pas un Meshuggah qui aurait renié ses principes les plus élémentaires. Cependant, les Suédois parviennent tout de même à explorer au sein d’un univers qu’ils ont eux-mêmes créé de toutes pièces. Immutable ne peut pas être considéré comme l’expression d’une formation complètement figée.

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Interview   

Animals As Leaders et la libre expression


On a tous l’habitude, dans les musiques populaires au sens large, que la voix ait un rôle prédominant. Celle-ci est souvent au centre de l’attention parce que c’est l’instrument mélodique par excellence avec lequel l’auditeur peut immédiatement s’identifier. Alors quand on supprime la voix et qu’on se livre à l’exercice de l’instrumental, ça ouvre certes des espaces, mais ça devient aussi tout de suite plus périlleux. La donne change radicalement, nécessitant un effort supplémentaire sur l’éloquence et l’impact de la composition. Des guitaristes tels que Joe Satriani ou plus récemment Paul Gilbert ont fait le choix de faire porter le rôle de la voix humaine par la guitare en misant sur leur sens mélodique aiguisé, et puis il y a des guitaristes tels que Tosin Abasi qui innovent à la frontière de la technique extrême et de l’émotion pour intriguer voire fasciner l’auditeur.

Avec Tosin, la notion de liberté d’expression prend un sens purement musical, comme le démontre Parrhesia, le nouvel album de son projet Animals As Leaders. Sa musique, qui se veut parler autant à l’esprit qu’au corps – comme le montrent les derniers clips –, emmène l’auditeur dans des espaces éthérés pour mieux le pousser à la réflexion. Le guitariste a pris le temps de nous parler de tout ça, mais aussi d’apprentissage de l’instrument et du concept de guitar hero, de ceux de l’âge d’or dans les années 80 jusqu’à ceux des temps modernes dont il est certainement l’un des meilleurs représentants.

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Chronique Focus   

Carpenter Brut – Leather Terror


Le plan est très clair : Leather Teeth marquait le début de la trilogie centrée autour des péripéties de Bret Halford, un lycéen frustré qui devient défiguré et décide de devenir une rock star aux penchants sanguinaires explicites. Carpenter Brut respecte son programme en livrant désormais le deuxième volet, Leather Terror. Bret Halford est désormais le chanteur de Leather Patrol, un moyen de séduire les filles. Il est aussi déterminé à se venger de tous ceux qui l’ont renié dans sa jeunesse : Leather Terror n’est autre que le récit de l’ascension d’un tueur en série à l’esthétique « cuir-clous-hémoglobine » respectant les canons des slashers et l’imaginaire de violence des eighties. Si Leather Teeth laissait paraître des parentés avec le glam, Leather Terror en revient à des sonorités plus agressives, marquées par une influence indus indéniable. Il entérine aussi la volonté de Carpenter Brut de collaborer avec divers artistes pour enrichir sa formule, n’en déplaise à ceux qui n’ont d’affects que pour sa première trilogie. Surtout, Leather Terror entérine cette capacité à composer des tubes et à marier deux univers d’une manière aussi naturelle que possible.

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Interview   

The Hellacopters : redécollage réussi


L’annonce de la séparation de The Hellacopters en 2007 avait pu surprendre : pour beaucoup, le groupe de rock suédois était toujours au top et rien ne laissait présager cette issue. Ils auront tout de même sorti Head Off, un album de reprises, en guise d’au revoir quelques mois plus tard. Les perspectives d’une reformation les années suivantes étaient minces, et c’est pourquoi la surprise a été tout aussi grande lorsqu’on a vu le groupe fouler la scène sur Sweden Rock Festival en 2016 pour célébrer les vingt ans du premier album Supershitty to the Max! avec ni plus ni moins que le line-up d’origine. Une expérience positive qui aura servi de rampe de lancement pour un retour permanent – même entaché par quelques remous au poste de bassiste et la disparition de l’ancien guitariste Robert Dahlqvist.

Qui dit retour permanent dit nouvel album. Les Suédois auront mis le temps, mais voilà qu’Eyes Of Oblivion arrive enfin dans les bacs. Une ode au rock n’ roll comme on n’en entend plus à la radio et comme il nous tarde de retrouver sur scène après deux ans de pandémie. L’infatigable Nicke Andersson (Lucifer, Entombed, Imperial State Electric) nous raconte ce grand retour et l’état d’esprit dans lequel Eyes Of Oblivion a été conçu, poussant par là même un coup de gueule sur l’état de délabrement du rock dans le mainstream…

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Chronique Focus   

Michael Romeo – War Of The Worlds Pt. 2


Le « Pt. 1 » de War Of The Worlds – l’œuvre solo du guitariste et principal compositeur de Symphony X Michael Romeo inspirée du fameux roman d’H.G. Wells – ne laissait aucun doute quant à l’existence d’une seconde partie qui devait voir le jour peu de temps après. Aléas de l’emploi du temps et Covid-19 oblige, War Of The Worlds Pt. 2 nous a fait patienter quatre ans. En réalité Michael Romeo avait déjà effectué l’essentiel du travail dans la foulée du premier volet. Il s’agissait donc de profiter d’un surplus de temps disponible pour corriger les imperfections et retravailler certaines compositions. War Of The Worlds Pt. 2 reprend là où son prédécesseur s’est arrêté, avec le même goût pour l’orchestration et la grandiloquence, et la volonté timidement avouée de ne pas s’aventurer trop loin.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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